Quadra94 : "Rebondir après un forfait au MDP"

Publié: 17 mai 2011 dans Récits
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Alors que je viens de boucler complètement ma préparation au Marathon de Paris, je me retrouve empêché d’y participer pour cause de "stupides" blessures aux adducteurs. Dur de l’accepter, je me garde encore un espoir jusqu’à la veille de l’épreuve mais c’est bien devant mon téléviseur que je dois vivre les sensations du départ de la course. Ca fait mal, encore plus mal que la blessure en elle-même.

Il faut se faire une raison et tourner la page au plus vite. Dès le lendemain, je me lance sur un footing d’une heure. La douleur est toujours présente mais je sens une amélioration. Puis je me programme un 3×8’00" que je gère assez bien, suivi d’une sortie de 20 km test. A l’issue, je me considère "physiquement" remis. Et dire qu’à quelques jours près…

Reprise de l’entraînement

Malheureusement, mon temps libre devient trop restreint pour que je puisse envisager une reprise assidue des séances et je dois retrouver au plus vite mon maudit escabeau. Assez mauvais signe, je dois renoncer à boucler deux séances pour cause de soif, un 3 x 8’00" transformé en 2×8’00" et une SL avec un 2x5000m qui se termine en un footing de 18km. Ai-je perdu cette rage que je pouvais avoir lors de la préparation MDP ? "L’agueusie" de Charles Duchemin aurait-elle un équivalent chez le coureur à pied ?

Je choisis de m’inscrire au Marathon de Sénart et d’éviter tout "battage médiatique". Conscient que je ne serai pas au top puisque je n’ai pas d’autre choix que de poursuivre mes travaux, je ne m’attends pas à faire une performance. A une semaine de la course, re-blessure aux adducteurs. Je me dois de lâcher le pinceau jusqu’au 1er Mai.

Top départ…

C’est dans une incertitude totale que je me présente le jour de la course à Tigéry (91). L’ambiance est présente, pas aussi intense qu’au MDP mais malgré tout la pression monte. Boosté par des retrouvailles avec Fred, un ami joggersnaute qui participe dans le cadre de son plan des 100 km de Millau, je me prépare mentalement à cette épreuve. C’est sur le désormais célèbre "I gotta feeling" que le départ est lancé. J’envoie ma séance Marathon sur l’appli Joggers, j’en oublie même de démarrer ma Garmin.

Les premiers km se font à allure régulière, j’essaie de me caler à l’allure de 5min au km. Avant le 10ème km, je vois le meneur d’allure 3h30 qui me distance et je l’accepte. Savigny le Temple : Je recroise Fred de l’autre côté d’une boucle :-) Puis au km 17, premières douleurs, le "syndrome du peintre" me fait douter sur mon succès à cette course. La voûte plantaire commence à me faire souffrir (je paie les conséquences de mes positions accroupies sur la pointe des pieds pendant les travaux). Qu’est ce que je fais sur ce bitume alors que je pourrais agréablement profiter de cette belle journée en couple ?

C’est au semi que les choses basculent pour le mental. Je me mets en tête que quelque soit le résultat final, j’ai quelque chose à me prouver et que coûte que coûte, je dois franchir cette … de ligne d’arrivée. Je franchis la mi-parcours en 1h47, ce qui est loin d’être une perf. Néanmoins je maintiens un rythme. Les ravitaillements sont les bienvenus et je m’astreins à tous les honorer. Je repousse la limite de mes étirements que j’ai l’habitude de faire au bout du semi.

30e km, j’attends le mur…

Je franchis les 30 km toujours avec la même hargne, plus que 12 km. Je m’attends à subir le coup de bambou au fameux mur, mais je l’attends toujours. Au km 36, sans en ressentir véritablement le besoin, je fais quelques étirements. Je les improvise sur une barrière de sécurité puis reprends ma course. 500 m plus loin, des crampes commencent à se faire sentir, consécutives aux étirements, je décide de modérer ma foulée tout en essayant de garder l’allure. Puis au km 38, alors que j’entends la foule scander "3h45", je me retourne pour constater l’approche du meneur d’allure avec son fanion. A nouveau, ma rotation vers l’arrière me provoque de nouvelles sensations de crampes dans les cuisses. J’évite toute amplitude dans mes mouvements pour repousser leur apparition.

Une petite côte marque l’entrée dans Combs la ville. Je me résigne à marcher pour le franchissement de cet obstacle puis je reprends mon allure initiale. Le parcours se termine par une longue descente vers le stade Alain Mimoun. L’entrée sur la piste est un soulagement. Enfin le portique "arrivée" se dessine. Je réussis même le luxe de donner une accélération pour le finish. 3H50 : le chrono constitue ma pire performance sur la distance mais satisfait d’avoir dans mon contexte bouclé les 42,195 km.

Malédiction du marathon ?

J’estime avoir conjuré le mauvais oeil qui s’abat sur mes participations au MDP. Mon bilan ? Les 12 semaines du plan ne m’ont probablement pas été bénéfiques sur cette course parce que je n’ai pas pu maintenir la pression des séances pour arriver jusqu’à Sénart. De plus la démobilisation après le forfait et les travaux n’aident pas à l’accomplissement d’une performance. Malgré tout je me réjouis d’avoir connu des moments forts en émotion, comme toujours sur un marathon.

Et pour ce qui est de Sénart, je recommande cette course, une organisation au top, un parcours mi rural, mi urbain, une foule omni présente, des ravitaillements idéalement placés, tout pour bichonner le runner… même le « dépressif »

Crédit photo noir et blanc : http://pasaprespas.wordpress.com/2011/05/11/pourquoi-cette-photo/

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Commentaires
  1. Pasaprèspas dit :

    Bien pour une "pire performance", j’aimerais bien être pire comme ça à mon prochain ! ;) Et félicitations d’avoir été à la pioche, c’est important pour se rassurer ce genre de course je trouve.

  2. Un jour tu sauras vaincre la malédiction du marathon. Bonne continuation. Et belle performance malgré les crampes et le mur au 30 m. Félicitation.

  3. Quadra94 dit :

    Merci les amis :-)

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