SaintéLyon : récit d’une galère

Publié: 16 décembre 2011 dans Récits
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Quelques fois, les choses ne se passent pas comme prévu, la tête ordonne d’avancer, mais le corps refuse. Nous ne sommes pas des machines, et c’est d’autant plus vrai sur des ultras. Le moindre coup de « moins bien » sur une course comme la Saintélyon ne pardonne pas. La nuit, les conditions climatique, le kilométrage et surtout le dénivelé auront vite pris l’ascendant sur une préparation ou un organisme déficients. C’est Stéphane qui revient courageusement sur son abandon à cette course pour amateurs éclairés…

Après une première participation en 2008, et sous forme de relais l’an passé. 2011 été l’année de mon retour sur cette course mythique. J’avais axé ma saison sur 3 courses :

• Un 24 heures en avril,

• Un 100km en août

• La SaintéLyon en Décembre

Avec le foncier acquis tout au long de l’année, j’avais  prévu une préparation sur 8 semaines et j’allais surtout travailler le spécifique, mais, car il y a un mais, je n’avais pas prévu que j’allais rater 3 semaines sur les 8 ce qui j’avoue fais beaucoup, (problème personnel et de santé), beaucoup trop pour espérer être au top au moment du départ…

Objectif : Sainté d’Argent…
L’objectif en début d’année était d’aller chercher la barre des 7 heures, mais à quelques jours de l’échéance la Sainté d’argent (-de 7 h 20) me semblait plus raisonnable ! Autant sur les 2 derniers objectif de la saison, j’étais confiant, autant là, j’étais dans le flou le plus complet.

En clair, j’étais dans l’optique « ça passe ou ça casse », pour me rassurer avant la course je me suis dit que je n’arrivais pas surentraîné, que je connaissais bien le parcours, que je devais courir avec 2 copains. Cela suffira-t-il ?

Au départ de Paris déjà, j’avais l’impression de partir pour une belle galère. Le voyage fut sympa, j’ai retrouvé des anciennes athlètes que je coachais l’an passé. Je savais aussi que j’allais retrouver plein de copain avant le départ…. On se dirige vers la ligne de départ qui se tient devant le Chaudron, moi qui supporte L’Olympique Lyonnais, je suis Vert !

Minuit, l’heure du départ !
La tactique de course est simple, partir entre 12/13km/h dans Saint-Étienne, ensuite gérer jusqu’à la descente de Bois D’arfeuille et ne rien lâcher après. Ça, c’était sur le papier, car la course a été tout autre…

Je pars dans le sillage de Romain et Adrien jusqu’au premier ravitaillement. Il y a du monde dans Saint-Étienne pour nous encourager. Les premiers chemins de terre ou plutôt de boue arrivent assez vite. Dès le début les sensations sont très moyennes. J’ai intérêt à rester le plus longtemps possible avec mes camarades, sinon je sens la belle galère. Le mental n’est pas au top à ce moment de la compétition.

Au premier ravito, je passe avec 30" de plus que l’an passée, moi qui pensais gagné du temps sur cette portion. Un instant, je perds mes copains, mais retrouve Romain à la sortie du ravito et il m’apprend qu’Adrien est parti devant. Pour sa première expérience sur la STL, c’est audacieux ! Romain file telle une étoile dans la nuit…

Deuxième ravitaillement
Je retrouve Adrien qui n’est pas au mieux, on se motive mutuellement pour repartir. Nouvel objectif pour nous : « cette année, le but c’est de finir » !

Au 25e Km Adrien me lâche dans une côte, je ne vais plus le revoir. Je rentre de plain-pied dans la galère tant redouter. Il reste 45 Km avec des jambes bof bof et un mental dans les chaussettes. Plus les kilomètres passent plus je ralentis, j’arrête même ma montre cardio, le bip me gonfle.

Je commence à marcher, un peu beaucoup, passionnément, mais surtout trop ! Je n’arrive plus à relancer après les côtes. Entre le 2e et 3e ravito j’avais encore espoir de retrouver Adrien ou Romain, ce ne sera plus le cas et cette idée me plombe le moral. Je me fais doubler en permanence.

Je me demande ce que je fais là ?
Cela fait un moment que je ne prends plus de plaisir. Avec la fatigue, je commence à avoir froid et sommeil. Bref, le début de la fin. J’attends le ravito suivant pour abandonner, mais à St genoux il n’y a pas de navette ! Me voila reparti pour 7 Km, j’essaie de me motiver, mais les jambes et le moral ne suivent pas. Je pensais mettre 45mn / 1h. J’arrive à Soucieu  1 h 40  après , trop c’est trop !

Arrêter a 23 km ça peut sembler bête, mais la je partais encore pour minimum 3 heures de marche et je n’en ai pas eu le courage…

Je vois la navette
Je me dépêche de rendre ma puce à une bénévole  qui m’apprend que le car est juste devant le gymnase.  J’y vais en trottinant, mais pas assez vite car en arrivant, je découvre que la navette est partie sans moi ! La suivante est dans 2 heures, je sens que je vais craquer.

Finalement une âme charitable me ramène à Gerland. J’ai fais les 20 dernier kilomètres, au chaud dans une voiture. J’arrive à Lyon au alentour de 7 h 40, c’était mon chrono il y a 3 ans.

En résumé, je ne regrette pas d’avoir fais cette course, pas de regret non plus sur mon abandon. j’ai tenté j’ai raté , il y aura d’autres courses et d’autres SaintéLyon…

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Commentaires
  1. adrien dit :

    Merci Stéphane pour ce témoignage !
    J’ai été ravi de faire ces quelques kilomètres en ta compagnie, malheureusement ce n’était pas toujours simple de se suivre, je t’ai perdu a un moment ou je voulais réajuster ma frontale, et impossible de te retrouver après malheureusement. Après ça a été un vrai chemin de croix, qu’est ce que tu m’as manqué !!! 2013, on va chercher ensemble cette Sainté d’argent !

    bravo pour ton compte rendu en tout cas !
    a bientot

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