Interview d’Hélène alias LNRUN

Publié: 9 mars 2012 dans Portraits, Vidéos
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Qui n’a pas été ému en visionnant le reportage d’Hélène alias LNRUN ? Cette vidéo est apparue soudainement se répandant sur les réseaux sociaux comme une traînée de poudre. Les images sont d’une grande qualité, les propos justes, il n’en fallait pas plus pour toucher le cœur du public. J’avais envie d’en savoir plus sur cette coureuse, le rendez-vous fut pris pour une interview…

 

 

Pouvez-vous nous parler de votre vie d’avant ?
Ma vie d’avant, eh bien ce n’est pas évident à exprimer, pour résumer, je crois que je vivais dans ma tête et dans mes émotions mais pas dans mon corps ; je fumais pas mal, je mangeais mal j’avais verrouillé dans mon corps beaucoup de choses. Au terme d’un régime (weight watchers d’ailleurs, très équilibré), j’ai décidé d’arrêté de fumer, et là ça a été difficile parce que les couches qui me protégeaient avant sont tombées. Tout ce que j’essayais de cacher, d’étouffer avec mon « surpoids » est réapparu de façon violente et soudaine, je n’y étais pas vraiment préparée. Du coup, cela voulait dire beaucoup d’anxiété, d’angoisses même, j’avais en plus l’impression de ne pas me reconnaître avec tout ce poids perdu. Je ne savais plus qui j’étais, c’est comme si ce corps n’étais pas à moi et d’un coup il était là, bien vivant et il me réclamait de l’attention. Je n’avais jamais vraiment appris à lui en donner, d’où une période d’adaptation difficile où j’allais courir sans réfléchir car j’ai découvert que c’était la seule chose qui apaisait ce corps hyperactif, en demande constante, que je ne savais pas encore écouter, ni comprendre.

Dans le reportage, on apprend que vous avez perdu près de 30 kg, ce n’est pas rien…
Oui, ce n’est pas rien, c’est vrai, mais j’ai souvent pris et perdu du poids dans ma vie, donc ce n’était pas la première fois. Par contre, c’était la première fois que je ne le reprenais pas, d’où la nécessité de m’adapter à une nouvelle image qui, cette fois-ci ne bougeait plus, mais dans laquelle je ne me reconnaissais pas. Dans les magasins, je prenais toujours des pantalons du 44, et puis je sortais de la cabine chercher un pantalon du 42 quand je voyais qu’il était trop gros, et idem avec le 40 etc. Il m’a fallu des mois, voire plus, pour passer directement au 38 !!

Quel a été le déclic, pour tourner la page ?
Je ne sais pas si je parlerais de déclic, de tourner la page, de vie d’avant et vie d’après, je préfère parler d’une continuité dans mon histoire; ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé, je ne crois pas à ça, à la volonté, aux choses qu’on s’impose pour atteindre un objectif, car ça ne dure pas, on ne tient pas ; par contre je crois que si on s’écoute, si on écoute ce que son corps nous dit et qu’on le suit, pas à pas, dans la douceur, la bienveillance, dans l’indulgence, alors on peut petit à petit s’épanouir et aller vers ce qu’on désire vraiment être, et ce de façon durable car ça vient de l’intérieur. Je crois qu’il n’y a pas eu de déclic décidé, simplement je n’avais plus la nourriture comme addiction depuis un moment, et au moment où j’ai perdu ma dernière addiction (la cigarette), alors des choses se sont révélées à moi et finalement je suis tombée dans une autre addiction, physique, pour ne pas replonger dans l’immobilisme, dans l’enfermement de ma vie d’avant. J’avais tant d’énergie retenue en moi depuis si longtemps que c’est sorti de manière totalement incontrôlable. D’ailleurs à ce moment là, et pendant presque un an, j’ai arrêté  des choses dans ma vie, notamment l’astrologie, qui était ma grande passion depuis plus de 15 ans, et les tarots également. J’ai vraiment eu besoin, brutalement, de délaisser les activités trop « intellectuelles » et spirituelles dans lesquelles je m’étais perdue pour privilégier les activités plus physiques, pour sentir mon corps vivre simplement, découvrir ce que c’était que des sensations physiques !

Mais je ne sais pas si j’ai vraiment tourné la page, je crois que j’ai remplacé une addiction par une autre, certes plus saine, mais mes démons, mes failles, mes fragilités sont toujours là, je ne crois pas à l’avant et à l’après, je crois plutôt que toutes ces facettes coexistent en moi, simplement j’apprends à les accepter toutes aujourd’hui, à m’aimer dans mes imperfections et à simplement ne pas trop aller là où ça fait mal, et cette addiction là ne me détruit pas, au contraire, elle fait de moi une meilleure personne car elle m’a aidé à m’aimer et à aimer les autres. Avant je vivais dans une bulle, dans mes peurs, dans mon mental, et grâce à la cours eà pied ma bulle s’est agrandie, et maintenant elle englobe le monde entier. Mais ma bulle est toujours là, mes démons sont toujours là, simplement avec la course, j’apprends à courir avec, à vivre avec, à les connaitre, les apprivoiser, à m’en faire des amis, et plus des ennemis.

Pouvez-vous revenir sur votre démarrage dans le sport et la course à pied en particulier ?
Eh bien j’étais partie marcher au bord de la Meuse, et je sentais tellement cette boule d’anxiété dans le creux de mon ventre (pourtant j’avais des patchs à la nicotine pour lutter contre le manque), je me sentais totalement survoltée depuis que j’avais arrêté de fumer, totalement hyperactive, et donc j’ai commencé à courir, pas longtemps, 30 secondes je crois !! Mais ça m’a fait du bien, alors je marchais, je courais, je marchais, je courais. Quand je suis rentrée chez moi, j’ai téléchargé un plan d’entrainement très très progressif, pour les débutants, qui alternait marche et course, et j’ai mis 6 mois à courir 28 minutes, puis 2 minutes de marche, puis 28 minutes, donc presque une heure d’affilée. J’avais vraiment à cœur de me tenir à une discipline  et y aller progressivement. J’avais tellement entendu des gens qui se blessaient, je ne voulais vraiment pas que ça m’arrive car mon corps était devenu ma seule ressource, ma seule bouffée d’oxygène, et j’avais conscience que si je me blessais, alors ce serait l’horreur, car je n’aurais pas d’autre exutoire.

Ca va faire bientôt 4 ans
que je pratique le running.

 

Dans le reportage, on vous voit courir seule, c’est une réalité ou vous pratiquez aussi avec des amis ?
C’est une réalité, je cours toujours seule, j’ai essayé une ou deux fois avec des gens, mais alors je dois me concentrer sur l’extérieur et j’ai l’impression que je perds tout le bénéfice de ma séance. Et puis pour moi c’est vital, c’est mon moment à moi de méditation, d’évasion, j’ai besoin d’être seule, c’est vital, je n’ai pas d’autre mot.

Vos footings ressemblent parfois à des thérapies, vous aident-ils à trouver votre équilibre ?
Oh ce n’est pas parfois, c’est tout le temps, la course à pied pour moi est thérapeutique, c’est ce qui me sauve, c’est ma béquille, ce qui me rend plus forte, plus solide, ça m’a appris à me connaître, à m’accepter. Si je n’ai pas ça je perds pied de nouveau, je me désancre, je perds pied avec la réalité, avec le concret, le tangible, je repars dans mon monde, dans ma tête, et je me coupe de la réalité je crois. Avec la course à pied, je suis là et bien là, je suis présente dans mon corps, dans le monde, je me sens faire partie pleinement du monde, de la nature, je sens que j’y ai ma place, mon rôle, ça me permet d’unifier toutes les parties de moi qui ne s’entendent pas habituellement, c’est ma seule façon d’apaiser mes doutes, mes questionnements. Je cours ce que je ne comprends pas ! Il y évidemment encore des choses en moi que je n’arrive pas à expliquer, à comprendre, des émotions qui surgissent et que je n’arrive pas à gérer, des questions sans fin, alors je cours, et tout me semble plus clair ! c’est dur à expliquer, c’est comme méditer pendant une heure, on gagne en clarté, on s’apaise, on sent de nouveau l’énergie circuler en soi et relier son corps, son esprit et son âme.

Il y a des phrases très fortes dans le film comme : « J’ai découvert à 30 ans que j’avais un corps » où « Tant que je cours, je reste en vie ». Cela ressemble beaucoup à une philosophie de vie ?
Oui, une philosophie de vie, bien sûr, chacun a sa philosophie de vie, comme je l’explique dans votre prochaine question, la mienne c’est justement l’inverse du combat, de la lutte, c’est l’ouverture et la douceur envers soi-même. Je ne crois pas à la lutte, je ne m’impose rien, jamais. Je ne crois pas aux règles, aux règlements, à la force. J’ai vécu jusqu’à mes 30 ans dans ce système de lutte contre soi-même, je sais combien c’est dur de vouloir être autre que ce que l’on est, de se justifier, de se comparer, de vouloir atteindre tel objectif pour se prouver que, mais c’est perdu d’avance. Lutter pour maigrir, pour arrêter de fumer, je connais. Vous savez c’est le jour où j’ai décidé de ne plus rien m’interdire (à tous les niveaux, mais au niveau alimentaire entre autres) que j’ai perdu mes 30 kilos, sans efforts, jamais, sans régime, sans restriction. C’est quand j’ai décidé de tout m’autoriser, de m’aimer assez pour tout m’autoriser que j’ai finalement arrêté les excès, naturellement, et trouvé mon bien être et mon équilibre. Tout ce contre quoi je lutte perdure, si je l’accepte, les choses changent, contrairement à ce que l’on croit souvent car on croit la lutte nécessaire mais elle ne fait que maintenir les forces opposées. Ca c’est ce que la société nous vend, qu’on a besoin de s’améliorer, d’avoir peur, de changer. Je crois qu’au contraire, on a besoin de s’aimer tel que l’on est, simplement. Et ca je l’ai vérifié dans ma vie, depuis 4 ans, dans tous les domaines. Je suis persuadée que si l’être humain s’autorisait absolument tout, sans aucune restriction, alors notre société serait bien meilleure car elle serait constituée de gens en accord avec eux-mêmes, et donc heureux, et si on est heureux, on ne peut pas faire de mal aux autres. Mais les gens croient l’inverse, ils croient que s’ils arrêtaient de se contrôler, ils feraient n’importe quoi, mais ce n’est pas vrai, ils feraient peut être n’importe quoi pendant un temps, le temps de décompenser, mais ensuite l’équilibre reviendrait naturellement, j’en suis sûre.

Quoi qu’on recherche, on l’a déjà, c’est ça arrêter de lutter. Voir simplement que tout est fait, tout est dit, que chacun est au bon endroit au bon moment, que la vie est telle qu’elle doit être, que tout est parfait.

Enfin voilà, c’est ma vision de l’humanité, tout le monde ne la partage pas, et c’est tant mieux. Mais moi c’est ça qui m’a aidé à vivre, c’est ça que j’ai découvert grâce à la course à pied, grâce à la reconnexion avec mon corps, finalement je me suis reconnectée à mon âme en même temps.

Votre compagnon, joue un rôle très important dans votre vie, il a l’air de vous accompagner et de vous soutenir dans « ce que l’on pourrez nommer » votre combat ?
Oui mon compagnon est très important pour moi, dans « mon combat » dites-vous, oui, même si ce n’est pas un mot que j’affectionne, car j’ai justement appris à cesser de combattre, à cesser de me battre, à cesser de lutter contre, ces parties de moi que je ne comprenais pas ; et c’est au moment où j’ai cessé  de lutter contre moi même que tout a changé, que j’ai appris à m’aimer, dans ma globalité. Donc je n’aime pas parler de combat, au contraire, je crois que j’ai ôté des couches, ces couches faites de peur, d’anxiété, de raisonnements, de justifications, j’ai enlevé ces murs, ces résistances, pour m’ouvrir, simplement. C’est une ouverture intérieure, une acceptation de ce qui est, et de ce que l’on est, exactement tel que l’on est, à chaque moment, même si on ne correspond pas à l’image idéale que l’on aimerait avoir. Nous ne sommes plus dans le monde des images, j’ai laissé tomber les images, le maquillage, j’ai passé tellement d’années à porter mon fardeau, à vouloir cacher, farder. A un moment donné, j’ai simplement décidé de déposer les armes, de déposer ce sac plein d’attentes, de doutes, de tas de choses qui au fond venaient des autres, et de la société, mais pas de moi, pour simplement apprendre à m’aimer telle que je suis. Pourquoi sommes-nous ici-bas si ce n’est pour apprendre à nous aimer nous-mêmes, inconditionnellement, dans nos imperfections, apprendre à laisser entrer la vie, le bon, le bien être, apprendre à s’aimer assez pour aller vers ce qui nous fait du bien, simplement. Je crois que le seul devoir que chacun a c’est envers soi même, c’est un devoir sacré je crois de respecter ce corps qui nous porte chaque jour, qui travaille pour nous à chaque instant, et de lui témoigner de la gratitude simplement. Tellement de choses ont changé dans ma vie maintenant, j’apprends à écouter mon corps à chaque instant, à rester connectée, et grâce à lui je reste au plus près de mon point d’équilibre, jour après jour.

Pour revenir à la question sur mon compagnon, oui, chacun a sa passion, moi c’est la course à pied et l’astrologie, lui la musique, et on essaie de se pousser l’un l’autre sur son chemin, de s’accompagner, pour que chacun soit épanoui. Car je ne crois pas que quelqu’un d’autre puisse faire notre bonheur, personne n’a ce pouvoir à part nous-mêmes, donc si je me nourris de mon côté, et lui du sien, alors nous partageons quand nous sommes ensemble, en tant que deux individus complets et non deux individus en attente, qui cherchent chez l’autre ce qui les complètera… (ça, j’ai connu aussi, j’en suis revenue !)

Les images sont superbes proches d’un clip promotionnel, pouvez-vous nous parler du réalisateur ?
Je ne sais pas si c’est un compliment, j’imagine que oui ! Mais je ne crois pas qu’il ait voulu justement faire quelque chose qui ressemble à un clip promotionnel, quelque chose de léché, de trop parfait, d’irréel, bref de faux quoi ! Au contraire, les images sont, c’est vrai, magnifiques, mais elles sont mises au service d’une histoire, la mienne, une authentique, ce n‘est pas une pub, ou alors mon histoire sert ses images, on peut voir ça dans n’importe quel sens. Dans tous les cas, c’est un échange, l’image sans le fond, c’est vide, et le fond sans l’image ça ne serait pas aussi beau. Il a cherché, je crois à mettre en avant tout d’abord les émotions, les failles de l’être humain, ses imperfections, bref la réalité de l’homme, simplement ; et comme on est beau quand on est passionnés, que ce soit de course à pied, de lecture, de n’importe quoi. Je crois que ça va même plus loin que ça, comme on est beaux quand on est, tout simplement, sans fard. Son prochain sujet devrait d’ailleurs porter sur une personne en phase terminale de cancer. Donc vous voyez qu’il n’y a pas grand lien avec le sport, ce n’est pas ça qui compte, le sport était un moyen, un prétexte quelque part pour filmer une personne à part entière qui nous livre un bout de sa vie intérieure.

Comment est né ce film et pourquoi ?
En fait, le film est né à l’initiative de François Ducobu, qui est un collègue et ami de mon compagnon (tous les 2 cameramen), c’est lui qui a eu envie de tourner un petit film sur moi, car il m’a toujours trouvée assez déjantée je crois, et il a vu ma transformation, il connaît aussi la course à pied grâce à son père qui a beaucoup couru, lui aussi d’ailleurs. Et donc il a recruté mon compagnon pour lui servir d’assistant et un autre ami Lionel Daneau (réalisateur) pour l’aider à a réalisation. En fait, à la base, c’était un travail qu’il devait faire pour une boite à Paris qui lui avait demandé un genre de clip promotionnel justement qui servirait de projet pilote pour démarcher d’autres boites et essayer de lancer une série de portraits sur des gens à chaque fois passionnés par le sport. Il a envoyé une version à Paris, (qui a été montée par quelqu’un là-bas) mais il s’est pris au jeu pendant le tournage et a décidé de se faire plaisir, de sortir justement du coté promotionnel et léché et de faire une version juste pour lui, pour le fun, une version plus longue et où alors il était plus libre. Et cette version c’est LNrun, qui a été montée par notre ami réalisateur Lionel Daneau. Il a fait un formidable montage, vraiment magnifique, il a d’ailleurs su me poser les questions essentielles, il a su structurer l’interview pendant le tournage, et il a vraiment su exprimer dans le montage tous mes ressentis. Ah oui, et la musique aussi, a été faite mon compagnon, je la trouve évidemment très belle aussi…

Revenons au sport, vous parlez de 10 km et de semi-marathon, à quand le grand saut pour le marathon ?
Oh, je ne sais pas, j’y pense et puis j’oublie. Je ne me sens pas encore prête, je crois que je dois encore travailler au niveau mental, travailler pour ôter de ma tête les croyances limitatives que j’ai concernant le marathon, car du coup j’ai peur de ne pas être à la hauteur, je me dis qu’un semi ça va, c’est une distance qui ne fait pas de mal, mais qu’un marathon oui, que c’est trop pour mon corps. D’ailleurs ces pensées ne sont pas les miennes, je suis conditionnée, je me suis laissée influencer par les avis d’autres personnes, et j’ai laissé leur énergie contaminer mon désir qui au départ était pur et sans peur. Du coup, je ne suis pas encore prête, je sais que je ne pourrai me lancer dans le marathon que si je suis profondément convaincue d’en être capable et que mon corps en est capable. Car tout l’entrainement du monde ne vaut rien si on n’est pas aligné sur son désir, si on a encore des craintes et des doutes. Je dois d’abord terminer ce travail d’alignement sur mon désir dans ma tête, et ensuite seulement le corps suivra. Mais pour l’instant c’est encore une limite qui me bloque. Mais j’y travaille, je sais qu’un jour ça arrivera, et si je m’inscris un jour, ça voudra dire que je réussis à y penser sans peur, en toute confiance, et alors pour moi ce sera déjà une grande réussite, avant même le coup d’envoi !

Comment sont structurés vos entraînements, suivez-vous un plan ?
Ca dépend des moments, c’était plutôt avant, ça. J’avais besoin de tout chronométrer, tout contrôler, pour me rassurer j’imagine, un peu comme des rituels. D’ailleurs au niveau de l’équipement aussi, j’avais toujours besoin de ça ou ça pour me rassurer. J’ai évolué là dessus, j’ai appris encore une fois à élargir mes croyances, à dépasser ces espèces de superstitions qui me freinaient finalement, qui m’obligeaient à suivre un programme déterminé (si je ne mange pas telle chose avant ça n’ira pas, si je cours juste après avoir mangé ça n’ira pas, si je cours trop longtemps aujourd’hui ca sera trop pour mon corps etc.), et j’apprends chaque jour à identifier ces croyances les unes après les autres et à les dépasser. Il n’y a que ce qu’on croit vrai qui se réalise, je crois que le monde extérieur n’est qu’un reflet de notre monde intérieur. Maintenant, je cours au feeling, sans programme, aussi longtemps que j’en ai envie, que j’aie mangé ou non avant, et je ne me laisse plus déstabiliser si je n’ai pas de kway quand il pleut par exemple, ou si je n’ai pas pris de l’eau avec moi, je me vide de toute pensée, j’écoute simplement mon corps, je crois qu’il me dira tout ce que j’ai besoin de savoir, beaucoup mieux que n’importe quel livre.

Quelles sont les courses, dont vous rêvez ?
New York, bien sûr… comme tout le monde j’imagine ! Ca doit être mythique ! Et alors, j’aimerais bien retourner à Lisbonne (ma ville de coeur !) pour courir sur le pont Vasco de Gama ! (semi marathon du Portugal)

Vous parlez de plaisir, et surtout de « retrouver le plaisir » afin de devenir performant, pensez-vous que beaucoup de coureurs ont perdu le sens de cette valeur essentielle ?
Euh, beaucoup de coureurs je ne sais pas, en tout cas beaucoup d’êtres humains simplement. Je crois que c’est notre société judéo-chrétienne et capitaliste qui nous a vendu cette idée, croire qu’on doit souffrir pour s’améliorer, qui nous a inculqué ces idées de travail acharné, de mérite, de sacrifice, de compétition, de ressources limitées, de peur. Je ne crois pas à tout ça, je ne crois pas aux bienfaits du stress, de la peur, je ne crois pas à long terme que ce soit bon de forcer son corps à faire quoi que ce soit, simplement parce qu’on le veut, et qu’on va lui imposer. Le corps va se rebeller un jour ou l’autre si on lui imposer des choses. Ca fait 4 ans que je cours, Quand j’ai commencé il y a 4 ans j’ai démarré de rien, je courais même pas 30 secondes et j’étais essoufflée, un an plus tard je courais un semi marathon, donc j’y suis allée très progressivement, mais ce que je veux dire, c’est que je n’ai jamais, et à l’heure actuelle c’est toujours le cas, eu une crampe, une douleur quelque part, ou même une courbature. Je n’ai jamais eu une seule courbature. Pourquoi donc faudrait-il avoir des courbatures ? J’ai toujours fait des étirements d’au moins une demi heure après chaque séance, j’en fais une séance de relaxation, et puis j’ai toujours bu, avant, après, tout au long de la journée. Il y a des choses de base sur lesquelles je ne transige pas. Certains ont l’impression de se sentir plus vivants, que la séance « fonctionne » s’ils vident leur carburant, s’ils vont jusqu’au bout des capacités de leur corps ; moi je ne veux rien forcer. Je veux simplement me faire plaisir, et faire plaisir à mon corps en même temps ! Ce n’est pas en le forçant que je lui/me rendrai service. Chacun a ses objectifs et je respecte, mais c’est vrai que quand les objectifs de perf prennent le dessus sur le plaisir, que le mental veut constamment imposer des choses au corps, le corps lachera à un moment donné. Il faut que ce soit dans les 2 sens, on peut amener son corps à aller très très loin j’en suis certaine, en travaillant son mental, mais travailler son mental, pour moi c’est travailler aussi sa relation avec son corps, c’est le traiter comme un ami, et pas lui donner des ordres.

Avez-vous un message à faire passer en guise de conclusion ?
Oh, j’en aurais plein, je suis tellement bavarde ! Et en même temps, je ne sais pas, je ne prône rien de spécial pour les autres, je ne suis pas une militante, je cherche juste à faire ce qu’il faut pour me sentir bien, et une des manières que j’ai trouvées pour cela c’est de courir. C’est le seul message que je pourrais passer, cherchez ce qui vous fait du bien, et aimez-vous assez pour faire cela, allez là où c’est bon, là où vous vous sentez bien. Quand je dis « allez », ce n’est pas seulement en termes physiques, je veux aussi dire : pensez des choses qui vous font du bien, dites des choses qui vous font du bien, et à partir de là, vous ferez naturellement des choses et rencontrerez des personnes qui vous font du bien ! Voilà ma philosophie, ne penser qu’à soi et à son bien être, chaque jour dès le lever, prendre la résolution de chercher ce qui vous fera du bien tout au long de la journée. Je crois que si chacun était assez « égoïste » (selon les termes de notre société) pour veiller à son propre bien être physique, mental et spirituel, alors on aurait plus besoin de mourir pour aller au paradis, puisque le paradis serait ici.

Merci !!

Envies d’en savoir plus sur LNRUN : http://lnrun.net/
Pour les photos : © LNRUN2011
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commentaires
  1. adrien dit :

    Simplement MERCI !

    Cette interview est aussi intéressante que le clip vidéo ! La course à pied rend heureux, je suis entièrement d’accord avec ça !

    Un Grand Bravo Hélène !!

  2. Léna dit :

    J’étais absolutely FAN de cette vidéo dans laquelle comme beaucoup de coureurs je m’étais retrouvé sur beaucoup de points (notamment concernant l’arrêt du tabac, ce besoin de bouger…)
    Cette interview viens superbement bien compléter les 11 minutes de pure plaisir que j’ai passé devant cette vidéo. Merci JP d’avoir prolongé ce moment :)

  3. Anonyme dit :

    Merci jipe ! Bravo ln ! Si un jour tu viens sur Paris viens courir avec nous ! Tu verras c est chouette aussi de partager tout cela avec des gens qu on aime,! Tita

  4. thepinkrunner dit :

    P….. j’ai pris un grand coup de poing en pleine face tellement cette interview est différentes de tant de discours préconçus et propres sur eux!
    J’ai eu la chance d’en avoir pas mal d’émouvants et de sincères mais là c’est encore plus fort!

    Merci; sincèrement MERCI!!!

  5. Cyrille dit :

    Merci pour ce reportage qui permet de revenir sur ce film que j’adore !!!
    Merci Hélène pour ta générosité. Tu nous a tous fait fondre avec le film, et là tu te découvres un peu plus, c’est très inspirant ! Et si le clef du bonheur est de "chaque jour dès le lever, prendre la résolution de chercher ce qui vous fera du bien tout au long de la journée", alors je retourne voir le film une nouvelle fois. C’est du bonheur pour pas mal de kilomètres! :)
    Merci.

  6. [...] l’occasion de la parution d’une entrevue d’Hélène (la coureuse) sur le site http://www.runreporterrun.wordpress.com, je suis retourné voir le film. C’est toujours le même plaisir. Il faudrait se le mettre à [...]

  7. Julien dit :

    Merci pour cet interview !
    il complète tellement bien la vidéo déjà excellente

  8. Merci Hélène pour ce reportage!
    Merci pour ce film que J’adore!! Qui ma profondément émus
    Je me retrouve dans plusieurs point… tu nous fais du bien!
    Sincèrement, merci!

  9. chris labbe dit :

    comme tout le monde ,merçi Helene,merçi pr le film merçi pour l’interview qui est complémentaire au film.
    Vive le jogging par ce qu’Il nous apporte en nous!
    Bravo et encore merci!
    christian

  10. [...] Lire l’interview complète sur le site runreporterrun [...]

  11. […] Lire l’interview complète d’Hélène sur Run Reporter Run: runreporterrun.wordpress.com/2012/03/09/interview-dhelene-alias-lnrun/ […]

  12. très bel interview…. et je comprends bien le propos de Hélène pour avoir une histoire un peu similaire …. le corps est une richesse qu’on oublie trop souvent et qu’on ne cultive pas assez … en prendre soin est une nécessité qui permet de s’épanouir dans bien des domaines.

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