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Le week-end dernier avait lieu l’événement incontournable dans le monde du trail, l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc). L’édition 2012 aura été pleine de rebondissements, à commencer par les caprices de la météo rendant cette épreuve plus courte mais surtout plus dure. Nous avions publié quelques minutes avant le départ les impressions et les angoisses de deux athlètes participant à la CCC (Courmayeur, Champex, Chamonix). Nous les retrouvons une semaine après pour faire le « débrief » de leur course. Place à Pierre-Marc Giao Duong Huynh et Cédric Masip.

La CCC sur la route de la Diagonale des Fous par Giao
En France quand on pense 100 km, c’est Millau, pour le marathon c’est Paris et pour l’ultra-trail c’est L’UTMB. La première édition 2003 a été remportée par Dawa Sherpa qui est revenu pour la 10ème édition et a gagné la TDS©, la Trace des Ducs de Savoie. Tous les vainqueurs successifs sont assurés d’une notoriété mondiale dans le monde fermé des courses nature. Je participais cette année à la CCC© qui est loin d’être une sinécure déjà en conditions de météo et de température normales mais la montagne ne se laisse pas conquérir si facilement et les éléments étaient bien déchainés . Après la 6000D soit 60 km pour 4.000 m D+, la CCC© de 100 km pour 5.800 m D+ était la seconde marche qui devait me permettre d’accéder à affronter le Graal des ultra-trails, La Diagonale des Fous sur l’Île de la Réunion. Trois jours se sont écoulés depuis que j’ai passé la mythique ligne d’arrivée et plusieurs réflexions me reviennent

Les points de préparation concernent cinq volets : le physique, l’alimentation, le matériel, la logistique et le mental. Quelques heures avant de me lancer, j’avais eu mon ami Jean-Pierre de RRR au téléphone qui me fit la dernière recommandation : « Prends le maximum de plaisir et si tu te sens que c’est trop, ne prends pas de risque inconsidéré et n’hésite pas à arrêter, tu n’as rien à prouver, nous connaissons ta valeur« . Ces mots m’avaient gonflé à bloc, il trouve toujours les mots justes pour motiver ses amis le Jipé.

J’étais parti comme un vrai débutant que je suis puisqu’il s’agissait de ma deuxième course en montagne après la 6000D et hormis une bonne préparation physique et une meilleure connaissance de l’alimentation qui me convenait en course, j’étais dans les choux côté matériel et logistique.

Le physique et l’alimentation
Pour me préparer à un 100 km il me fallait courir 80 à 100 km par semaine pendant au moins deux mois, c’est ce que je fis méticuleusement pendant plusieurs mois en observant de temps des semaines plus légères de 40 à 60 kilos. Côté alimentation, je savais que j’allais privilégier le liquide comme le thé, le coca, le café et la soupe. Durant le périple, l’organisme dépense suffisamment d’énergie pour courir, lutter contre le froid et rester éveillé. Si l’on mange du solide, il en dépense en plus pour digérer la nourriture qui est moins rapidement assimilée que les aliments liquides. J’ai arrêté de prendre du gel en course au-delà de la distance marathon car j’avais constaté des problèmes gastriques quelle que soit la marque.

Les chaussures
Impossible de prendre les chaussures de route pour faire un trail car il fallait des chaussures qui accrochent bien le terrain et qui sont efficaces pour avancer sur toute nature de sol : la boue bien grasse, la neige, l’herbe mouillée ou le gravier. Pour ma part, j’avais choisi des Adidas Supernova Riot 4, bien adaptées à ce genre de voyage tout terrain.

Les vêtements
L’organisation conseillait quatre couches de vêtement pour lutter contre le froid, le vent, la pluie et la neige, il faisait jusqu’à -10°C en ressenti au sommet des cols. J’avais cinq couvertures, j’étais opérationnel, seulement je les ai gardées du début à la fin sans avoir de rechanges si bien qu’elles étaient bien jusqu’au tiers et ensuite mes vêtements étaient trempés et je finissais par baigner dans mon jus de sueur non totalement évacuée.

Le sac
J’avais pris pour l’occasion un Quechua Diosaz 27 litres que je prenais pour stocker mon pantalon de survêtement dont je ne me suis pas servi puisque j’avais mes boosters et mon corsaire de trois-quarts qui me recouvraient les jambes et les protégeaient efficacement contrairement à des participants que je voyais en short, j’avais mal pour eux.

Les bâtons
En rando course ils sont fort utiles car ils permettent de soulager les muscles des mollets jusqu’à 15% en montée et en descente, ils assurent une sécurité surtout en terrain gras. On peut en trouver en carbone en trois brins téléscopiques ultra-légers et solides mais je n’en avais pas pris. Pour le Grand Raid à la Réunion, ils sont interdits parce que les chemins sont encore plus étroits que ceux que j’ai traversés à la CCC©. De ce fait, les risques d’accidents sont décuplés. Parfois des traileurs me faisaient la réflexion que je n’avais pas froid aux yeux d’y aller sans bâtons, ils avaient raison car je galérais comme un beau diable. Je suis un coureur de route, la montagne m’était un terrain inconnu et je me révélais mauvais grimpeur et piètre descendeur.

Les autres matériels
Outre les changes que j’aurais dû prévoir, il aurait fallu prendre des sacs zip alimentaires pour garder les vêtements au sec et faire le vide afin qu’ils prennent moins de place, une serviette propre pour se sécher le corps avant de se changer. Je n’avais pas d’assistance personnelle mais j’aurais pu laisser les sacs à récupérer aux principaux ravitaillements.

L’éthique
Dans la volonté d’organiser une course propre, aux ravitaillements il n’y avait quasiment pas de verres de plastique proposés pour boire les boissons chaudes ou froides, chaque participant devait avoir son propre gobelet de 12 centilitres. J’avais perdu mon gobelet de la SaintéLyon, heureusement un coureur avait oublié le sien sur une table et j’ai pu le récupérer et le conserver jusqu’à la fin. Au retrait des dossards on nous fournit suffisamment de petits sacs pour jeter nos ordures et je trouvais déplorable que sur le sol on puisse voir continuellement des tubes de gels jetés par terre. Certains raiders peu respectueux n’avaient apparemment pas d’éthique pour prendre dix secondes et ranger leurs tubes usagés dans des sacs dont ils auraient pu se débarrasser aux ravitos.

Le mental
C’était assurément une de mes grandes forces avec ma faculté à récupérer rapidement d’un effort. Pendant plus de 20h, nous évoluions dans des températures situées entre 7°C et -10°C. Quand j’arrivais aux ravitos, j’étais transi de froid et j’espérais me réchauffer avec une boisson chaude thé ou soupe, j’y parvenais à peine et il fallait pourtant repartir pour affronter tel ou tel col. J’y allais résolument me répétant en mon for intérieur que tant que je n’étais pas blessé ou que je n’avais pas été rattrapé par telle barrière horaire, je continuais d’avancer coûte que coûte. Je voyais chaque distance à parcourir entre les refuges comme autant d’objectifs à remplir et les comparais avec un footing, une bonne balade en nature.

Sur un si long voyage, le corps voyage autant que l’esprit. Je suis entré en auto-hypnose et j’étais en quête d’un voyage intérieur à la recherche du meilleur de moi-même. Je me suis forgé une force de caractère capable non pas de déplacer des montagnes mais d’en monter les cols et les redescendre quels que soient le vent ou la température, la nature du terrain. La frontale éclairait juste les quelques mètres carrés situés à mes pieds et j’évoluais dans la nuit noire. Je n’avais plus peur, tel un homme sans peur je fonçais tête baissée et les runners qui continuaient à hésiter me laissaient volontiers prendre les devants pour les guider à travers l’obscurité. En me laissant aller au lâcher prise, j’avais l’impression de faire corps avec la nature. Je tombais, me faisais des entorses ou des égratignures aux genoux mais cela restait sans gravité et je repartais de plus belle. Je restais conscient du danger mais me sentais également plus léger au fur et à mesure que se rapprochait l’arrivée.

Le physique
Sur les cinq ascensions prévues au programme, nous avons finalement pu faire le Grand Col Ferret (2537 m) sur la première partie en faisant l’impasse sur la Tête de la Tronche (2584 m) et sur la seconde partie, nous avons gravi les cols de Bovine et des Tseppe sans faire la Tête au Vents. Les longues montées étaient éprouvantes et les descentes une libération à chaque fois d’autant qu’elles menaient vers les points de ravitaillement. Il faisait bien froid, quand nous étions dans les creux la température était acceptable et je pouvais bouger les doigts sans problème. Au sommet des cols, le temps était glacial puisque nous ressentions un mercure à -10°C à tel point que j’ai failli m’évanouir à cause sans doute du manque d’oxygène.

De plus, j’avais fait une crise d’hypothermie. Mon corps avait été soumis à une basse température pendant plus de vingt heures et n’arrivait plus à se réchauffer.

Bilan
Je suis très content d’être venu à bout de cette course tout comme 82% des 1 913 partants. Nous avons vécu un voyage extraordinaire. Je me sens empli d’une paix intérieure et d’une capacité à passer encore d’autres épreuves toutes plus difficiles. Avec cette course, j’ai engrangé 3 points qualificatifs pour l’UTMB©, ce qui fait ajoutés aux 2 points de L’Eco-Trail de Paris 80 km en mars et aux 2 points de la 6000D un total de 7 points soit l’intégralité des points requis pour participer au tirage au sort UTMB© 2013, encore une grande aventure à venir !

L’article sur le blog de Giao : http://thegiao2001.typepad.fr/inzesentier/2012/09/resultats-de-la-ccc-2012.html

 

 

Retour sur une expérience douloureuse par Cédric Masip

J’ai pris le départ de la CCC le vendredi 31 août 2012 à 10h de Courmayeur. Dès mon arrivée à Chamonix le mercredi soir, il y régnait une chaude ambiance, mais un temps pluvieux et une température digne de l’automne. Je me suis levé à 3h du matin le jeudi pour souhaiter bon courage à mon pote qui courait la TDS. Une pluie battante tombait déjà.

Le jeudi, je l’ai passé à attendre cette course que j’attendais avec impatience depuis plus de 8 mois. Le matin nous avons fait la queue dans la file d’attente pour retirer les dossards, ma veste « imperméable » a bien failli ne pas passer, ce qui n’aurait pas été plus mal quand je vois la suite des événements avec le recul. Puis nous sommes allés au village des exposants, il pleuvait sans cesse et avec les personnes avec lesquelles j’étais nous pensions à ceux qui couraient la TDS. Nous étions un peu tendus, les conditions météos ne s’annonçaient pas bonne du tout pour nous le lendemain. L’après-midi, j’ai retrouvé Greg de U-trail et nous sommes allés à la Conférence de Presse. Là-bas j’y apprendrai de la bouche de Catherine Poletti que la CCC sera décapitée de la Tête aux vents… Le lendemain, les conditions étant particulièrement mauvaises, on nous retirera les Tête de la Tronche.

Après la conférence de presse, je suis allé au restaurant manger avec Greg, Eric et Anne Valero. Les deux compères allaient être les assistants de cette dernière. Puis la nuit fut courte, mauvaise, nerveuse. Peu reposante. Le temps n’était pas au beau fixe, mais il n’était pas aussi mauvais que nous le pensions.

J’étais très stressé, je n’arrivais pas à parler
Pourtant je me savais prêt. Mais j’étais contrarié, par un tas de choses. Un mélange. Content de vivre ce que je vivais sur un plan de rencontres qui seront importantes pour la suite, mais sur le plan sportif je sentais que je n’étais pas autant en forme que cela. Le mauvais temps me stressait, je ne savais pas ce qui m’attendait. Et je n’étais pas assez bien équipé. Déjà je n’avais pas testé mon porte bidons double avant la course, et dès le départ il me gênait. Puis nous étions tous trop couverts sur le départ qui était clément mais a très vite changé.

La suite, c’est Boue, pluie, neige, vent très fort…
Un grand Col Ferret plus que chaotique. Pour ma part, j’étais saisi par le froid et une vive douleur s’est faite ressentir, j’ai compris que ça n’allait pas. Avant Champex, j’ai lâché prise, ma douleur à la hanche était bien trop violente, et m’empêchait de courir en descentes. Il a fallu que j’arrive à prendre cette décision très dure d’abandonner, de lâcher prise: un cheminement qui m’a paru long, et qui là encore me laisse profondément pensif. Je ne peux pas parler plus, je n’en veux qu’à moi-même. Pour lire un peu plus sur le descriptif, j’ai fait un récit sur U-Trail où je suis rédacteur. A force de ressasser ça ne me met pas bien. J’avance, je relativise, et je vais rebondir. C’est une terrible désillusion, j’ai pris une claque dans le grand Col Ferret. Voilà. Mon récit n’est pas très enthousiasmant, mais c’est ce qui s’est passé. A présent il faut rebondir.

Cédric du Team U-Trail
Retrouvez le récit complet de Cédric sur le site internet  U-Trail : http://www.u-trail.com/ccc-recit-et-photos-de-cedric-masip/

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Dans le cadre d’une préparation au marathon ou au triathlon la solution de l’hypoxie peut être envisagée. Pour ma part, je ferais avant le triathlon de Paris quelques séances afin de mettre toutes les chances de mon côté. Plus que jamais la recherche de bien-être et de performance figure au cœur des préoccupations. Aujourd’hui, SimAlti apporte une solution à cette quête incessante. Il s’agit ici de recréer les conditions rencontrées en altitude, à savoir la raréfaction de l’oxygène.

Dans ces conditions, notre organisme va chercher à ajuster en permanence les différents mécanismes physiologiques impliqués dans la diffusion de l’oxygène à nos cellules. Cette simulation d’altitude, autrement appelée hypoxie normobare (sans modification de la pression atmosphérique), que vous propose SimAlti va avoir un certain nombre de bienfaits sur votre système.

Rencontre avec Joséphine Boulinguez responsable du centre Simalti.

Joséphine parlez-nous de la méthode Simalti ?
SimAlti est né d’un voyage en Nouvelle-Zélande et d’une rencontre entre 2 jeunes femmes ayant la volonté de faire découvrir la simulation d’altitude au Français. Le centre à ouvert ses portes en février 2011 avec des machines Suisses et des protocoles étudiés par Frédéric Gazeau qui a un doctorat en Sciences de la santé et du sport. Le concept a pour but d’apporter une amélioration de la qualité mais également de booster les performances des sportifs de tous niveaux.

Comment démarre la première séance ?
Avant de commencer la première séance, on vous fait remplir 2 formulaires, le premier est un questionnaire de santé pour vérifier qu’il n’y ai pas de contre-indications (insuffisance respiratoire ou cardiaque et les femmes enceintes). Le deuxième est un questionnaire de qualité de vie pour évaluer comment les personnes se sentent en ce moment. Ensuite on installe la personne dans un fauteuil très confortable avec de la musique et là voilà partie pour un voyage d’1h à la cime du mont blanc ou du Kilimanjaro…

Vos offres s’adressent-elles seulement aux athlètes de haut-niveaux ?
Non au contraire, l’objectif de notre centre et de permettre a tous les sportifs et autres de pouvoir bénéificier des mêmes bienfaits que certains sportifs de haut niveau peuvent se procurer pour des coûts très honéreux. Nous avons aujourd’hui des sportifs allant du 10kms à l’ultra trail….

Existe-t-il différentes formules adaptés à chacun ?
Le protocole reste le même pour tous (sportifs ou non) : 10 séances sur 7 semaines ( 2 fois par semaine pendant 3 semaines puis 1 fois par semaine pendant 4 semaines). Ce qui va changer au cas par cas et au fur et à mesure des séances c’est l’altitude à laquelle les personnes vont monter, cela variera selon la saturation en oxygène. C’est un protocole qui aujourd’hui reste confidentiel.

Quels sont les effets de l’altitude sur les performances ou du quotidien ?

  • Développement capacité respiratoire (bronchodilatateur)
  • Amélioration de la récupération pendant les phases d’entrainement mais également après l’objectif final
  • Augmentation de la résistance et de l’endurance
  • Maintien de la forme physique malgrès la hause d’entrainement progressif.
  • ATTENTION : par contre ne pas sur sur-entrainer, rester sur sa ligne de départ

L’ hypoxie est-elle considérée comme un dopage ?
Non. L’utilisation de l’hypoxie n’est pas sur la liste des méthodes interdites par l’AMA (agence mondiale antidopagge). Vous pouvez retrouver plus de détail sur notre site.

Quel est le profil de vos patients ?
Attention se ne sont pas des patients, SimAlti n’a pas d’effet thérapeutique, SimAlti permet juste d’améliorer le quotidien de chacun à différent niveau selon : bien-être, sportifs….

Aujourd’hui 45% de notre cientèle vient pour le côté bien-être, lacher prise, relaxation…. 45% viennent pour booster leur performances sportives et 10% viennent pour se préparer spécifiquement pour faire une ascension.

Où retrouver SimAlti ?
 Aujourd’hui nous avons qu’un seul centre à Paris mais en septembre un autre centre devrait ouvrir ses portes dans le sud de la France et d’autre d’ici janvier 2013.

Renseignements complémentaires sur le site : http://www.simalti.com/

Doit-on parler de la sportive ou de la photographe ?  J’ai découvert Cécile au travers de ses clichés, de superbes photos en noir et blanc prises lors des régionaux de cross sous un léger manteau de neige. Je prends contact avec le personnage et m’aperçois au fil de la conversation qu’elle n’est pas, que, photographe mais aussi une athlète de bon niveau.

Si tu le veux bien, nous allons commencer par la photographe. Comment est venue cette passion pour la photo ?
La photographie occupe maintenant une place relativement importante dans ma vie, mais c’est un fait récent. Certes, plus jeune, j’avais déjà pratiqué avec un réflex argentique, notemment lors de voyages. Mais ce n’était que ponctuellement. J’avais aussi d’autres priorités et la pratique de la photographie demande de la disponibilité. Cependant, j’ai été très tôt passionnée de cinéma et il y a eu une période, disons de 20 à 30 ans, au cours de laquelle je fréquentais assidument des festivals consacrés à des réalisateurs. Cette culture cinématographique m’a certainement aidée à construire mon regard.

En 2007, suite au décès de mon père, qui a toujours été un passionné de photo, j’ai repris son réflexe numérique de l’époque. C’est donc ainsi que j’ai débuté en photographie numérique. Ce n’est pas un hasard. Fondamentalement, je pense que la photographie est liée à la disparition et à l’éphémère, quelque soit le genre de photographie que l’on pratique. Photographier, c’est tenter de fixer cet éphémère, c’est refuser en quelque sorte cette disparition. Cela participe bien sûr également à la mise en place d’une mémoire.

J’ai donc débuté tout simplement en photographiant des sujets très proches de moi, en l’occurrence les amis de mon club de course à pied, qui était à l’époque le Vanves Running Club (VRC92). Avec des reportages lors des cross ou des compétitions Interclubs. En septembre dernier, j’ai rejoint le Photoclub de Palaiseau (Essonne) qui réunit des photographes amateurs et quelques professionnels. C’est une excellente manière d’échanger autour de la photographie, d’avoir des avis critiques et argumentés sur ses photos, de se motiver autour de projets collectifs, d’avoir des opportunités pour exposer…et surtout de progresser car je suis encore vraiment une débutante !

As-tu des sujets de prédilection ?
L’animateur du Photoclub de Palaiseau m’a dit que j’étais plutôt une photographe de l’instant (et m’a avertie que c’était un genre difficile). Il est vrai que j’affectionne particulièrement le genre reportage, que ce soit le reportage sportif ou le reportage de société, comme celui que j’ai fait en décembre dernier sur les marins-pêcheurs du Guilvinec et la criée (j’y retourne en avril et je compte passer une journée sur un bateau de pêche). Prochainement, avec quelques membres du Photoclub, nous partons en reportage sur la course cycliste Paris-Roubaix, dans la tranchée d’Arenberg. Mais ma pratique de la photographie est éclectique comme vous pouvez en avoir un aperçu sur ma galerie web. Je suis d’ailleurs d’avis que c’est la meilleure façon de progresser.

As-tu  déjà exposé tes clichés ?
Mon reportage sur la criée du Guilvinec va faire partie d’une exposition collective l’année prochaine à la MJC de Palaiseau. D’autre part, j’ai un projet à plus long terme sur le sujet du cross-country. J’ai décidé de me déplacer l’hiver prochain sur différents cross, que ce soit des petits cross départementaux ou des grands cross nationaux, pour photographier non seulement les courses, mais aussi tous les à côtés, qui apparaissent finalement assez peu dans les revues ou sites spécialisés. Je trouve d’ailleurs vraiment dommage que le cross qui est si photogénique soit si peu médiatisé.

Maintenant la sportive, tu possèdes un palmarès à faire pâlir les plus aguerris. Combien de marathon au compteur ?
J’ai couru 26 marathons, mon premier à Paris en 1995. Egalement un 100 kms à Cleder (Bretagne) en 1996. Quelques trails aussi de plus courte distance.

Quel est ton record sur marathon ?
 J’ai un record de 3h04’00 » réalisé en septembre 2003 au marathon de Berlin (à 40 ans, j’en ai actuellement 48).

Quels autres sports pratiques-tu ?
Depuis quelques années, je pratique aussi le vélo. J’aime surtout les ascensions de cols en montagne. En 2009, j’ai participé à l’Etape du Tour Montélimar-Le Mont-Ventoux (170 km et D+=3200m). Je suis une « Cinglée du Ventoux » (c’est le nom d’un club qui regroupe ceux  qui ont réalisé les trois ascensions du Géant par les trois versants différents dans une même journée). En 2010, j’ai  participé à mon premier duathlon, un duathlon longue distance, celui du Val d’Aran (avec l’ascension du col de Mente). Dans le passé, j’ai fait aussi un peu d’initiation à l’alpinisme (arête des Cosmiques, aiguilles de Chamonix), l’ascension du Grand Paradis (4000m), l’ascension du Kilimandjaro (5880m) et des treks de haute altitude au Pérou ou en Inde dans le Zanskar.

Comment s’articulent tes saisons, de façon méthodique ou à l’envie ?
Il fut une période où j’accumulais beaucoup de compétitions. Maintenant, avec l’âge, je deviens plus raisonnable. Il est indéniable que le corps récupère moins vite. Ma priorité est de ne pas me blesser et de préserver ma santé afin de d’avoir le plaisir de courir et de faire du sport le plus longtemps possible. Il y a des périodes où je suis une programmation relativement structurée, mais ce n’est pas systématique. L’essentiel de toute façon est bien d’avoir la motivation et le plaisir.

Es-tu dans un club, si oui lequel ?
J’ai pris ma première licence FFA assez tard, seulement en 2003, en rejoignant le Vanves Running Club (VRC92), alors que cela faisait plusieurs années déjà que je pratiquais la course à pied, notemment avec le club des Front Runners de Paris. De septembre 2009 à septembre 2011, j’étais licenciée à Essonne Athlétic (j’habite à Gif sur Yvette). En septembre dernier, j’ai rejoins l’US Triathlon Palaiseau, afin de mieux équilibrer ma pratique entre le vélo et la course à pied.

As-tu des rêves en sport ?
Faire le marathon de Big Sur, le long de  la côte californienne. Ou un long trail dans l’outback australien. Plus proches géographiquement, il y a de magnifiques cyclosportives en France et en Italie auxquelles j’aimerais participer.

Ta prochaine compétition ?
Les compétitions d’ores et déjà prévues sur mon calendrier sont la Vélostar le 1er mai, une cyclosportive en Essonne de 155 km avec 1000m de dénivellé positif, deux cyclosportives dans les Pyrénées cet été dont la Massi-Font-Romeu (149km et D+=3000m), et fin septembre, la Gentleman du Coeur, un contre-la-montre à vélo par équipe de deux, organisé par l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque.

Galerie Photos de Cécile : http://cecilem.smugmug.com/

L’Ultra India Race est une course à pied de 210 km en 5 étapes et en autosuffisance alimentaire. Elle s’est déroulée du 18 au 22 janvier dernier dans la région du Kerala en Inde du Sud. A suivre les motivations de Fabien et l’interview de Jérôme Lollier.

Avant son départ pour l’Inde via Paris CDG, Fabien debaucheron le Lillois est de passage à la maison pour sa dernière nuit en France. Nous nous sommes connus il y a une vingtaine d’année à Marseille, nous étions dans le même club d’athlétisme la SCO Sainte-Marguerite. Lui sur 800 m, moi sur 3000m.

Il parle de son projet avec les yeux qui brillent. Il déballe pour mes enfants le contenu de son sac contenant la totalité de son autosuffisance. Tout est préparé, il y a cinq petit sacs, contenant la ration pour les cinq étapes. L’on y trouve des poudres mais aussi des mini-saucissons…

Son corps lui fait mal, mais son mental reste d’acier, il participe à cet ultra non pas pour la performance, mais pour aller au bout de lui-même et rendre un hommage à son frère parti trop tôt. Il me promet un billet pour le blog Run, reporter, run… nous le savons Fabien est un homme de parole. Donc voici sa vision de l’épreuve et de son combat.

Ma participation à l’Ultra India Race en janvier dernier avait une saveur bien particulière pour moi !

En effet, mon année 2011 fût pénible et triste, avec en premier lieu une opération au tendon d’Achille à la mi-février, puis en mars, la perte tragique de mon jumeau dans un accident de la route ! Touché dans ma chaire et mon physique, je n’ai pu à cette période évacuer cette souffrance, ce déchirement! Le manque de la course à pied me pesait d’autant plus!

La découverte d’une course en inde en janvier 2012 me donnera un but, une branche à laquelle me raccrocher. Je repris l’entraînement en septembre, doucement, prudemment et retrouva des sensations petit à petit. Pourtant en décembre lors d’un week-end choc, une douleur intense à un genoux fit son apparition! Le dernier mois avant la course fut orphelin d’entraînement. Qu’importe, mon objectif était ailleurs! L’envie d’aller sur la course, dans mon élément, pour rendre hommage à mon frère, à ma manière.

21h40 d’effort plus tard, je finissais l’épreuve, le bras tendu, portant bien haut mon bidon, sur lequel j’avais collé la photo de mon frère à jamais parti.

Pour suivre l’actualité de Fabien Debaucheron, il faut lire son blog : www.extremebusrunner.com

L’organisateur de l’épreuve Jérôme Lollier nous explique les détails de cette compétition hors norme.

Faisons dans un premier temps un point sur votre parcours professionnel ?
Mon parcours professionnel m’a permis de participer à l’organisation de nombreux événements sportifs comme le Tour de France Cycliste ou les Championnats du Monde de Judo. Ma passion du voyage m’a également conduit à mettre mes services à disposition d’organisateurs d’Ultra marathon. En 2010, après une dizaine d’années d’expérience dans l’événementiel j’ai décidé d’organiser mes propres événements.

J’ai commencé avec l’organisation de THE TRACK en Australie en mai 2011: 520km en 9 étapes. La course en autosuffisance la plus longue au monde. Puis en janvier 2012, j’ai organisé l’Ultra INDIA Race: 200km et 5000 D+ dans le Sud de l’Inde. Une distance plus « raisonnable » pour toucher un public plus large.

Comment vous est venue l’idée d’une course en Inde ?
Mon moteur est de trouver des destinations qui inspirent « l’aventure » et le dépaysement. Je souhaite que mes courses empruntent des itinéraires uniques et plein d’authenticité. L’Inde et en particulier la région du Kerala réunissent ces ingrédients. L’Ultra INDIA Race fut l’occasion de découvrir un parcours original ponctué de plantations de thé, de cultures d’épices et de nombreux villages. Les nombreuses rencontres faites le long du parcours sont un facteur indéniable du succès de cette course.

Y-a-t’il en plus de la compétition un but éthique ou humanitaire à cette épreuve ?
Il y a évidemment dans ce type de course plus qu’une compétition. Nous souhaitons que les participants découvrent une culture et une population. Nous organisons des épreuves sportives mais surtout des aventures humaines. Le partage, le respect et la découverte de l’autre sont des valeurs essentielles dans l’organisation de nos épreuves. L’une de nos ambitions est de donner l’occasion aux participants de découvrir un nouvel environnement source de tolérance et de respect. Dans ce sens, nous pouvons dire que nos événements ont un but éthique.

Quel est le profil des concurrents d’une telle course ?
L’un de nos objectifs pour l’organisation de nos courses est d’avoir plusieurs nationalités présentent au départ. Nous avons pour le moment avec l’organisation de nos 2 courses réunis une quinzaine de nationalités différentes. (Française, Allemande, Néerlandaise, Espagnole, Coréenne, Australienne, Canadienne, Indienne, Jordanienne, etc.)

Les femmes représentent 40% de nos participants. Les profils pour l’Ultra INDIA Race sont variés. Nous avons eu des coureurs très expérimentés comme Salameh El-Aqra (Jordanie) et aussi des coureurs pour qui ce type d’épreuve (par étape et en autosuffisance) fut leur première expérience comme pour Emmanuelle Blanck (France) qui termina première féminine.

Si THE TRACK en Australie s’adresse à des compétiteurs expérimentés, l’Ultra INDIA Race et notre future course en Afrique sont des courses accessibles pour le plus grands nombres d’ultra marathoniens. Enfin, je tiens à préciser que contrairement à beaucoup de course si l’un des participants est défaillant sur une étape ou hors délai, il n’est pas pour autant hors course. S’il n’y a pas de contre indication médicale nous lui donnons la possibilité de poursuivre la course le lendemain. Nous prenons alors en compte non plus son temps de course mais la distance totale qu’il aura courue pendant l’épreuve. Ainsi, nos participants profitent pleinement de l’aventure.

Y aura-t-il une seconde édition de l’Ultra India Race et si oui serat-elle toujours à Kérala ?
Oui – Nous souhaitons organiser l’ultra INDIA Race au kerala pendant quelques années. La prochaine édition aura lieu du 16 au 20 janvier 2012. Les modalités d’inscription seront disponibles courant février.

Après l’Australie et l’Inde qu’elle sera la prochaine destination de rêve ?
Nous travaillons sur 2 projets en Afrique et un en Amérique du Sud. La prochaine course après l’Australie en mai sera en Afrique en novembre 2012. Nous pourrons vous donner toutes les précisions dans quelques semaines.

Avez-vous d’autres projets que l’ultra ou sous d’autre forme ?
Pour le moment nous avons des idées mais rien de précis.

Peut ont trouvé des vidéos de l’India Race sur Youtube ?
Oui, la voici !


Retrouvez les activités de Jérôme Lollier sur son site internet http://www.canal-aventure.com 
Les photos présentent sur cette page (hormis la première) ont pour crédit : Jérôme LOLLIER/Canal-Aventure.com

Quelques fois, les choses ne se passent pas comme prévu, la tête ordonne d’avancer, mais le corps refuse. Nous ne sommes pas des machines, et c’est d’autant plus vrai sur des ultras. Le moindre coup de « moins bien » sur une course comme la Saintélyon ne pardonne pas. La nuit, les conditions climatique, le kilométrage et surtout le dénivelé auront vite pris l’ascendant sur une préparation ou un organisme déficients. C’est Stéphane qui revient courageusement sur son abandon à cette course pour amateurs éclairés…

Après une première participation en 2008, et sous forme de relais l’an passé. 2011 été l’année de mon retour sur cette course mythique. J’avais axé ma saison sur 3 courses :

• Un 24 heures en avril,

• Un 100km en août

• La SaintéLyon en Décembre

Avec le foncier acquis tout au long de l’année, j’avais  prévu une préparation sur 8 semaines et j’allais surtout travailler le spécifique, mais, car il y a un mais, je n’avais pas prévu que j’allais rater 3 semaines sur les 8 ce qui j’avoue fais beaucoup, (problème personnel et de santé), beaucoup trop pour espérer être au top au moment du départ…

Objectif : Sainté d’Argent…
L’objectif en début d’année était d’aller chercher la barre des 7 heures, mais à quelques jours de l’échéance la Sainté d’argent (-de 7 h 20) me semblait plus raisonnable ! Autant sur les 2 derniers objectif de la saison, j’étais confiant, autant là, j’étais dans le flou le plus complet.

En clair, j’étais dans l’optique « ça passe ou ça casse », pour me rassurer avant la course je me suis dit que je n’arrivais pas surentraîné, que je connaissais bien le parcours, que je devais courir avec 2 copains. Cela suffira-t-il ?

Au départ de Paris déjà, j’avais l’impression de partir pour une belle galère. Le voyage fut sympa, j’ai retrouvé des anciennes athlètes que je coachais l’an passé. Je savais aussi que j’allais retrouver plein de copain avant le départ…. On se dirige vers la ligne de départ qui se tient devant le Chaudron, moi qui supporte L’Olympique Lyonnais, je suis Vert !

Minuit, l’heure du départ !
La tactique de course est simple, partir entre 12/13km/h dans Saint-Étienne, ensuite gérer jusqu’à la descente de Bois D’arfeuille et ne rien lâcher après. Ça, c’était sur le papier, car la course a été tout autre…

Je pars dans le sillage de Romain et Adrien jusqu’au premier ravitaillement. Il y a du monde dans Saint-Étienne pour nous encourager. Les premiers chemins de terre ou plutôt de boue arrivent assez vite. Dès le début les sensations sont très moyennes. J’ai intérêt à rester le plus longtemps possible avec mes camarades, sinon je sens la belle galère. Le mental n’est pas au top à ce moment de la compétition.

Au premier ravito, je passe avec 30″ de plus que l’an passée, moi qui pensais gagné du temps sur cette portion. Un instant, je perds mes copains, mais retrouve Romain à la sortie du ravito et il m’apprend qu’Adrien est parti devant. Pour sa première expérience sur la STL, c’est audacieux ! Romain file telle une étoile dans la nuit…

Deuxième ravitaillement
Je retrouve Adrien qui n’est pas au mieux, on se motive mutuellement pour repartir. Nouvel objectif pour nous : « cette année, le but c’est de finir » !

Au 25e Km Adrien me lâche dans une côte, je ne vais plus le revoir. Je rentre de plain-pied dans la galère tant redouter. Il reste 45 Km avec des jambes bof bof et un mental dans les chaussettes. Plus les kilomètres passent plus je ralentis, j’arrête même ma montre cardio, le bip me gonfle.

Je commence à marcher, un peu beaucoup, passionnément, mais surtout trop ! Je n’arrive plus à relancer après les côtes. Entre le 2e et 3e ravito j’avais encore espoir de retrouver Adrien ou Romain, ce ne sera plus le cas et cette idée me plombe le moral. Je me fais doubler en permanence.

Je me demande ce que je fais là ?
Cela fait un moment que je ne prends plus de plaisir. Avec la fatigue, je commence à avoir froid et sommeil. Bref, le début de la fin. J’attends le ravito suivant pour abandonner, mais à St genoux il n’y a pas de navette ! Me voila reparti pour 7 Km, j’essaie de me motiver, mais les jambes et le moral ne suivent pas. Je pensais mettre 45mn / 1h. J’arrive à Soucieu  1 h 40  après , trop c’est trop !

Arrêter a 23 km ça peut sembler bête, mais la je partais encore pour minimum 3 heures de marche et je n’en ai pas eu le courage…

Je vois la navette
Je me dépêche de rendre ma puce à une bénévole  qui m’apprend que le car est juste devant le gymnase.  J’y vais en trottinant, mais pas assez vite car en arrivant, je découvre que la navette est partie sans moi ! La suivante est dans 2 heures, je sens que je vais craquer.

Finalement une âme charitable me ramène à Gerland. J’ai fais les 20 dernier kilomètres, au chaud dans une voiture. J’arrive à Lyon au alentour de 7 h 40, c’était mon chrono il y a 3 ans.

En résumé, je ne regrette pas d’avoir fais cette course, pas de regret non plus sur mon abandon. j’ai tenté j’ai raté , il y aura d’autres courses et d’autres SaintéLyon…

Retour sur l’exploit de Jean-Philippe Brunon lors des 24h du Quai du Cher. S’agissant de sa première tentative sur le double tour d’horloge, il ne se donne pas d’objectif précis, si ce n’est d’avancer durant ces 24 heures. Franchir la barre symbolique des 200km serait pour lui, un acte très fort. Un récit à l’image du personnage, tout en précision et humilité. Chaque rencontre avec Jean-Philippe est un enrichissement.

Avant la course
Je briefe J2J mon « suiveur » sur l’utilisation des doses préparées (80 doses d’Effinov Hydraminov menthe et 40 doses d’Hydraminov soupe de 14 grammes chacune) et du mesurage de la quantité d’eau grâce à un verre doseur gradué. Nous apprenons que la longueur précise d’un tour est de 1 031 mètres (au lieu des 1 000 mètres pile annoncés), ce qui ne change pas vraiment la donne au niveau hydratation ou énergétique, mais il faut réajuster les temps de passage : 12’ 20” au lieu de 12’ 00” pour 2 tours, soit environ 6′ pile pour les tours intégralement courus, et 6’ 20” pour les tours avec ravitaillement.

Nous sommes un peu plus de 60 à vivre cette aventure temporelle, dont beaucoup d’habitués des circuits, même s’il n’y a pas de « grosse pointure ». Pour moi, c’est un peu comme un premier rendez-vous : un mélange d’excitation et d’appréhension, mais globalement je reste « zen ». Pas le temps de tergiverser, il est 11 heures et le coup de feu retentit, c’est parti pour un double tour d’horloge…

Départ de la course
Ça part très vite, quasiment la moitié du peloton est devant moi, je ne m’affole pas, je suis pile dans mon allure de course : 10,3 km/h. Je profite de ces premiers tours pour prendre mes marques et étudier le circuit. Des concurrents et concurrentes commencent à me prendre un tour bien avant la fin de la première heure, je reste concentré sur mon allure, ce qui est important en début de course. Je sais que la grande majorité d’entre-eux sont partis bien trop vite pour leur niveau.

Depuis le début ma fréquence cardiaque est assez élevée et monte régulièrement pour dépasser les 70 % FCM (65 % à l’entraînement). J’ai maintenant franchi la distance du marathon (passé en 4H13), et je commence à être totalement « en équilibre » : Plus aucun tiraillement musculaire, sensation d’extrême facilité comme en promenade, maîtrise du rythme à quelques secondes près.

La mi-course
Je  poursuis sur ce rythme, jusqu’à la mi-course sans m’occuper du classement, juste en m’appliquant à courir relâché et à bien m’économiser pour arriver le plus frais possible aux 12 heures. La fin d’après-midi approche, toujours aucune fatigue ni douleur en vue, et aucune lassitude mentale : c’est assez normal car je suis en terrain connu pour le moment.

La température commence à baisser, ce qui enfin met un terme à ma dérive cardiaque inquiétante. L’envie de salé arrive, et je commande de la soupe tiède (Hydraminov goût légumes) qui est excellente, et j’alterne avec de la menthe/Saint-Yorre car je n’ai que 40 doses de soupes, et je dois les économiser.

Je dois passer les 100 km très peu après 21 heures, « plus que » 100 autres en presque 14 h et je suis encore en pleine forme ! Je pointe même en 3e position vraiment sans le chercher, la nuit est maintenant installée et va durer longtemps…

Depuis un bon moment, j’ai des envies de bière fraîche, je sens qu’il ne va pas être possible d’attendre le lendemain 11 h pour y goûter (j’avais amené des bières bio légères pour l’arrivée), je décide d’attendre la mi-course pour passer ma commande, je me sens un peu comme un marin qui franchit l’équateur pour la première fois… Le tour suivant n’est qu’attente du breuvage houblonné qui apparaît enfin dans son gobelet transparent… J’ai rarement bu une bière aussi délicieuse, et je déguste les 18 cl jusqu’à la dernière goutte sur les 75 mètres en marchant tranquillement.

Je totalise environ 118,5 km en 12 heures, soit un peu plus que les 117 escomptés initialement, mais surtout je suis encore en pleine forme, sans douleur ni gêne d’aucune sorte et toujours sans baisse d’allure. Je suis même 2e, et dans le même tour que la première.

De la 12e à la 18e heure
Cette 13e heure me voit prendre la tête de course, je dépasse également mon maximum de kilomètres (127,2 aux 12 h des Yvelines) juste un peu avant les 13h de course. Il est alors minuit, et je me demande quand le gros coup bambou va arriver, si je vais pouvoir éviter de faire « une Gouzy », si la machine va se dérégler au niveau digestif, si je vais avoir froid, si une tendinite va apparaître,…

J’avais initialement prévu de commencer à marcher tous les tours, mais comme ça va, je continue sur mon rythme de 75 mètres de marche tous les 2 tours. Je marche juste un peu moins vite, idem dans la côte. Je ne sais pas jusqu’à quand ça va tenir, je suis toujours dans un rythme « facile », même si je n’ai plus besoin de me freiner maintenant.

Côté course ça tourne toujours plutôt bien, je commence à découper mentalement le circuit en deux :

1. Courir jusqu’au pied de la côte (je perçois désormais cette bosse comme une « récompense » car je peux y marcher et non pas comme une difficulté).

2. Courir jusqu’au ravitaillement

Cela va durer jusqu’aux 3/4 de la course, je passe commande d’une 3e bière pour le passage des 18 heures (vers 5 h 15 du matin).

De la 9e à la 21ème heure
Je ne sais pas exactement quand ni comment c’est arrivé, mais une énorme fatigue me tombe dessus assez brutalement, en quelques minutes j’ai une très forte envie de dormir. Il ne me reste plus de lucidité.

À chaque fois que j’ai un semblant de dialogue, je dis « je suis cuit », pourtant je continue à trottiner, même si c’est à moins de 9 km/h. Les arrêts pipis sont prétexte à fermer les yeux.

J’ai bien pensé à commander du café pour me rebooster, mais étant bien au niveau de l’estomac, je n’ai pas osé prendre le risque de détraquer quelque chose, je préfère prendre mon mal en patience pour voir où ça va mener.

Coté physique tout va toujours bien : pas de douleurs musculaires ni de tendon qui couine, pas de soucis de baisse d’énergie ou de digestion. mais à chaque fois que je passe dans le coin le plus sombre du parcours, je n’ai qu’une envie : m’allonger sur le bas-côté pour dormir.

Je passe les 200 km peu avant les 21 heures de course (20 h 54), je ne sais plus qui me dit que je suis « double cent bornard », mais cela ne me fait absolument aucun effet à ce moment-là bien que même dans mes projections les plus optimistes je ne pensais pas franchir cette barre si tôt, mais ce qui me préoccupe c’est plutôt qu’il reste encore 3 heures de course qui risquent d’être très longues… !

Le jour s’est levé, ça commence à aller mieux, et je sais maintenant que sauf incident j’irai au bout.

De la 22e à la 24ème heure
Ma vitesse commence à augmenter, certes pas de façon spectaculaire, mais je n’ai plus l’impression de me traîner comme une loque. Apparemment, c’est une renaissance assez générale, tous ceux qui peuvent encore courir accélèrent un peu. Je commence même à envisager la victoire, même au cas où il faudrait que je marche beaucoup car j’ai suffisamment d’avance. Il commence à pleuvoir sérieusement, heureusement que ces 24 heures touchent à leur fin…

J’accélère tout de même un peu pendant la dernière 1/2 heure et je retrouve plus ou moins ma vitesse de course initiale, même si ça n’est pas dans la facilité cette fois !

Nous entendons un premier coup de pistolet quand nous passons vers la côte, la dernière ligne droite sera parcourue à près de 11,5 km/h, l’attente du second coup qui signale la fin de la course une minute plus tard se fait attendre, et finit par retentir, je m’arrête net, J2J pose la marque à mes pieds. C’est fini, mais je ne réalise pas trop que je viens de courir pendant 24 heures et que je suis circadien ! Résultat, 227,645 km.

Après la course
Je m’assois, heureux, bien fatigué mais pas tout à fait exténué. Je ne m’alimente pas, pas envie, je bois juste un peu de Saint-Yorre.

Je n’ai pas encore pris suffisamment de recul par rapport à ce premier 24 heures, mais une chose est sûre, c’est que ça ne sera pas le dernier. Je pense être capable d’améliorer un peu cette marque tout en y prenant autant de plaisir. Je vais aussi aller voir du côté des courses en ligne non-stop, avec sans doute l’Ultrabalaton en Juin 2012 pour commencer, avec en ligne de mire le Spartathlon 2013.

Ce 24 heures était une étape importante et la manière, plus encore que le résultat, me donne confiance pour la suite car je n’ai jamais douté : je sais désormais que je suis capable de terminer une course comme le Spartathlon, même si le format de course est totalement différent.

Le blog de Jean-Philippe : http://jp75018.blogspot.com/

Pour beaucoup d’entre nous le marathon représente la distance ultime, la barrière physiologique. Pour d’autres comme Stéphane Stutz curieux de nature, il y avait cette envie de voir plus loin, pas juste un peu comme sur un trail de 50 ou 70 km, non beaucoup plus loin. Stéphane fait parti de la famille des Ultras, ceux pour qui le marathon ne suffit pas, il revient pour Run, reporter, run… sur ses 24 h de Rennes.

Après avoir terminé ces 24 h, comment le résumer ? Pas évident, sur un tour de cadran il y a énormément de chose à dire, commençons par quelques chiffres avant d’entrer dans le détail du récit : 10 semaines 44 sorties 756 km en 71 h Si j’ai réussi mon objectif je le dois à deux personnes, mon coach Juan Carlos Pradas qui m’a fait une prépa aux p’tits oignons et Amandine qui m’a accompagné sur ce périple.

Pourquoi je me suis lancé dans l’aventure de la Circadie (qui suit un rythme biologique de 24 heures) ? Pour moi c’était l’étape naturelle au-dessus du 100 km, tu rentres dans un autre monde ! C’était l’occasion de repousser mes limites et la je peux dire que je suis allé très très loin durant ce week-end.

Retour en détail

J’arrive à Rennes le vendredi, la soirée se passe plutôt bien, je me sens Zen… Même le réveil qui ne sonne pas le matin ne m’a pas stressé… P’tit déj’à 6 h 30. J’ai le temps de prendre mes marques tranquillement. Le grand moment, je suis sur la ligne de départ pour des tours de 1,829 m. Les premiers partent vite, mais je ne me laisse pas embarquer Juan m’a fait un tableau d’allure à respecter heure par heure je compte bien m’y tenir…

Pendant les 6 premières heures je dois courir entre 10/9,5 km/h alors que j’ai fait ma prépa à 11,5 km/h autant dire que j’ai l’impression de courir avec le frein à main ! Les premiers SMS ne tardent pas à arriver et cela va durer pendant 24 h c’était génial de se sentir aussi soutenu, et cela m’a bien aidé…

Après 5 h 30 de courses et déjà quelques tours à mon compteur, Amandine arrive, un petit bisou au passage et je repars elle va avoir le temps de regarder le p’tit Road Book que je lui ai fait. Je passe le 1/4 de course avec 54,800 km pour 55.09 demandé par Juan. je bois un mélange maison, 1/3 coca 2/3 eau, de l’eau pétillante, je ne prends rien d’énergétique sur le conseil du coach.

Dépassé les 6 h Amandine va avoir du boulot pour me booster, je lui avais dit auparavant, « n’hésites pas a m’engueuler si je vais trop vite ou trop lentement ». Comme me la répéter Juan dans ces moments-là, repense à tes entraînements, tes sacrifices pendant les 10 semaines, cela fonctionne je repars assez rapidement.

Ravitaillements

J’alterne chocolat banane tuc gruyère pates etc… je picore en faite à chaque tour. Toutes les heures Amandine me donnent mes granules d’Harnica 9CH ou ma Sporténine (toutes les 4 h).

À minuit dernier coup de tél de la journée de Juan qui me booste bien je lui dis que j’ai passé les 100 km en 12 h comme prévu (J’avais Brinouille à ce moment au tél qui me dit, tu es double centbornard ) Il me dit que mon mur sur FB est rempli de messages cools. La nuit va être très longue et là une autre course commence. J’ai parfois l’impression d’être le seul à tourner, je fais 1-2 tours sans voir personnes ou de très loin.

J’ai de plus en plus de mal, je m’arrête plus longtemps à chaque tour, et va arriver la 18/19 heures de course ou la je vais craquer mentalement pendant plusieurs tours je ne cours plus j’essaie de marcher en pleurant, sans vraiment savoir pourquoi. Je crois que je fais un peu peur à Amandine ses quelques mots me font du bien et la sa présence est comme une bouée de secours dans le néant dans lequel je me trouve à ce moment-là…

Je continue quand même !

J’arrive à avoir des hallucinations en marchant. Je me dis que je suis en train de passer un nouveau cap. Certain pendant la nuit chantais en trottinant, moi je commence à m’engueuler car le physique n’était pas si mal que ça… je repars en marchant je me dis que je ne peux pas continuer comme ça que si je dois continuer à pleurer je vais le faire en courant car il y en a qui souffre beaucoup plus que moi en ce moment.

En 2 minutes je retrouve toute ma motivation, mes jambes je me dis également que j’ai perdu assez de temps que je vais tout faire pour le rattraper pour moi mais aussi pour Fanny et je me lance dans une sorte de contre-la-montre alors qu’il reste 4 h de course.

J’ai retrouvé mon sourire j’encourage les copains (es) de galère, les oiseaux chantent le jour se lève enfin, je vais avoir 3 h de folie ou je vais réussir à courir aussi vite qu’au début. Je vais même avoir de l’aide de Régis qui n’a pas tenue la vitesse souhaitée et qui va m’aider à terminer, il me demande de lever les genoux !

Je veux arriver au moins à 170 km

Je vois que je continue à grimper au classement 11/12 cela me booste, aller encore un effort je ne lâche plus rien Régis me motive bien… les 170 sont atteints à la 23ème heure, je suis 10/9. Cerise sur le gâteau, il m’annonce qu’on a le temps de faire encore 6 tours pfffffffffffff je me prends à rêver aux 180 km, mais je craque à nouveau. Je n’arrive plus à suivre Régis je vais essayer de limiter les dégâts. Amandine m’annonce 175 km, je ne veux pas la décevoir je m’accroche, je relance pour la dernière fois. Au sol, il y a des marquages 450/500/550 etc. il me reste 3 minutes, je passe le dernier petit faux plat. 2 minutes, je sens que le km va être dur à avoir 1er coup de pistolet qui annonce une minute, je fini au sprint, enfin j’en ai l’impression. Deuxième coup de pistolet, c’est la fin de course, je pousse un cri de soulagement, heureux d’avoir réussi à tenir le tour d’horloge, je m’appuie à un lampadaire, un arbre, et je craque dans les bras d’Amandine. Je ne fais rien pour retenir mes larmes.

Je vais être mesuré à 178,357 km

J’ai réussi à repousser mes limites au-delà de mes espérances, je suis passé par des moments que je n’imaginais même pas vivre sur les 24 h, mais sur un ultra c’est aussi cela que l’on vient chercher.

Le point de vue d’Amandine sur la course

Si j’ai décidé de me lancer dans l’aventure des 24 h en tant que « suiveuse » c’est parce que c’était enfin pour moi l’occasion de remercier Stephane pour tout le travail qu’il fait pour les autres en tant que coach. Depuis un an que je cours j’ai déjà pas mal progressé et je lui dois beaucoup pour cela. Quoi de plus naturel que d’être là pour lui les jours ou il se lance ce défi de malade. J’étais très curieuse de découvrir ce milieu de fous furieux qui ne trouve rien de mieux à faire que tourner en rond comme des hamsters.

Au début, tout se passe bien, Steph maintient une bonne allure mais au fil de la nuit et des kilomètres il va de moins en moins bien. Steph s’est mis à marcher depuis un bon moment déjà et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas de la marche rapide. Disons qu’il met un pied (plus ou moins) devant l’autre. Il est vraiment dans le dur.

Franchement je ne sais plus quoi lui dire tellement sa souffrance est impressionnante. J’aurais tellement envie de courir à sa place ou de pouvoir marcher à ses côtés pour essayer de lui donner du rythme mais ce n’est pas possible… Je me sens totalement impuissante, c’est frustrant.

Passé 19 heures (5 h 00 du matin) j’ai vraiment peur pour Steph, le mental ne suit plus et je sens qu’il est en train de craquer.

Puis le ciel s’éclairci enfin…

Les oiseaux chantent et là (c’est le cas de le dire !) c’est le jour et la nuit ; je vois Steph arriver en courant. Quel soulagement ! Il a retrouvé le moral et ça se voit ;-)

Cela fait maintenant un petit moment que je sais qu’il n’atteindra objectivement pas les 180 km mais là je suis convaincue qu’il peut accrocher les 175.

Au coup de pistolet j’en suis certaine il a passé 178 km, lui pense qu’il lui manque quelques mètres… L’émotion est énorme ! Ca y est c’est fait l’objectif est atteint il a tout donné ses efforts ont payé, ses sacrifices pour effectuer la préparation… Il n’y a pas de mot pour décrire ce moment-là, il faut juste le vivre pour se rendre compte…

Verdict 178,357 km, juste admirable !

Franchement impressionnent ! Cette journée aura au final été l’occasion de faire connaissance de gens tout formidable et tellement sympathique. L’ambiance était extra. Je pense que je me souviendrais toujours de ces moments-là, des émotions partagées avec Steph. Ma première expérience de l’autre côté de la barrière, très éprouvante par moments mais tellement enrichissante.

Et je suis maintenant sûre d’une chose : je ne veux JAMAIS faire un 24 h ! Si je change d’avis j’espère en tout cas que quelqu’un de sain d’esprit m’en empêchera !

Retrouvez l'intégralité de la préparation de Stéphane sur son blog : http://jackbauer.over-blog.com/