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L’ami Giao est un touche à tout de talent, il débute la course à pied il y a seulement quatre ans et le voila engagé dans l’une des courses les plus dure du monde. Folie ou aventure humaine ? Il revient pour nous sur son incroyable périple en terre réunionnaise. La parole à Pierre-Marc Giao…

Il est des courses qui font rêver nombre de coureurs même parmi les plus expérimentés, parmi les plus dures de la planète figurent Le Grand Raid de La Réunion dont c’était la 20ème édition cette année. J’ai eu l’immense privilège d’y participer, quelle course de folie c’est le cas de le dire.

La Réunion se situe à 9.300 km de Paris et de l’autre côté de l’Equateur, l’été commence vers le 10 novembre, l’hospitalité y est exceptionnelle surtout chez Fabienne et Johnny Pérot, le soleil toujours présent dans leur coeur et dans le ciel depuis leur terrasse. Comme je ne supportais pas la chaleur, j’étais parti une semaine avant ma plus grosse course de l’année pour m’acclimater aux 26°C et à l’humidité ambiante. J’avais même poussé la blagounette jusqu’à courir deux heures sur un site prisé par les traileurs, le Piton-Babet du nom d’un des anciens maires de Saint Joseph, la ville du Sud où j’avais posé mes trail-runnings. Tout se passait bien et je coulais des jours heureux bien chargés de sommeil réparateur et préparateur jusqu’au matin du 18 octobre le jour de la course. Le premier contrôle matériel avait lieu à 19h heure locale et le départ à 22h. Je retrouvais Le Bagnard de Kikourou et Daniel qui faisait sa deuxième traversée de l’Île après 2010 et ses 140 km. Pour la vingtième édition, le comité directeur de la course organisée par Robert Chicaud avait sélectionné un plateau relevé des anciens vainqueurs du Grand Raid entre autres Cléo Libelle, Vincent Delebarre et Kilian Jornet.

Le Grand Raid n’est pas une course comme les autres !
La sécurité est primordiale. Après que Johnny m’ait déposé vers Saint Philippe à 800 m du Cap Méchant, je me présentais au point de contrôle. Les bénévoles vérifièrent que je transportais bien mes deux bandes adhésives, ma couverture de survie, ma frontale, mon téléphone, mon sifflet et ma réserve d’eau. Après avoir passé ma puce au premier point pour homologuer mon départ, je m’installais dans un coin en attendant de voir des têtes connues. Ce fut Le Bagnard de Kikourou que je reconnus en premier puisque nous avions fait l’objet d’un article chez Maya et d’encouragements de la part de Jean-Pierre Run Run.

Puis ce fut mes retrouvailles avec Daniel du groupe OVS du samedi matin du BdB – le Bois de Boulogne – il me disait que nous étions des branques à nous taper 170 km et 10845 m de D+ alors que les copains allaient faire leur 9 ou 13 km avant de passer à l’apéro. Plus nous approchions des 22h plus la tension était palpable, les tamtams réunionnais marquait le rythme des encouragements d’une manière tribale, tous les yeux étaient rivés vers le compte à rebourg ou plutôt l’heure officielle de la course. Les raideurs laissèrent passer les favoris de la course pour ne pas les gêner ensuite ce fut le plus gros des 2.783 coureurs à entrer en position. Je m’étais mal débrouillé et était resté en quasi-dernière position avec Daniel.

Quand le signal de départ fut lancé, une grande clameur se fit entendre et tous les coeurs battaient en même temps au rythme des chaussures de trail battant le bitume de St Philippe. Nous avions devant nous 5,5 km de faux plat montant puis descendant. Après le rond point, je fis la bise à Johnny et Abraham qui s’étaient postés pour m’encourager dès le départ, deux heures trente d’attente pour dix secondes de moments de partage, c’est beau.

Le début de La Diagonale est ce qu’il y a de plus facile
7,7 km de route bitumée de la RN2 suivie par des passages larges dans la forêt jusqu’au second point de contrôle au début du Chemin de Ceinture (7,7 km). A partir de là, cela commençait à grimper mais ce n’était pas méchant, 500 m de D+ pour 3,4 km c’était un bon début car sur un sentier relativement plat. Premier bémol de la course, lorsque nous sommes arrivés au ravitaillement de Kiosque Mare Longue / Le Banc (11,1 km) , il ne restait plus rien juste des morceaux de sucre et de l’eau pour nos Camelbak, plus d’eau chaude, des bananes ne restaient que les peaux et quelques morceaux de fruits secs se battaient en duel dans les assiettes cartonnées éparses. Je vis déjà le premier abandon à cet instant. La course commençait à peine et derrière ce ravitaillement sans point de contrôle, nous allions attaquer le gros morceau de la première partie : l’ascension du GR2 Puy Raymond. Une sucessions d’escaliers en single-track, les coureurs en file indienne. C’était interminable, on avançait d’une marche ou de deux puis on attendait, des petits malins s’amusaient à nous dépasser quand même, avec l’avancée de la nuit, l’excitation et l’énervement commençait à se faire sentir. L’ascension de 15,5 km pour 1.900 m de D+ avait duré 8h car j’étais parti à l’arrière et avait perdu plus de temps à attendre qu’à avancer. Nous commencions à voir des raideurs rebrousser chemin tout penauds, d’autres étaient habillés en short, tee-shirt et manchons, un peu léger pour affronter les -2°C ambiante. La vue était sublime avec le soleil rasant le sommet des volcans. Je me retournais pour prendre quelques clichés. J’arrivais à 6h56 au point de contrôle de Foc Foc ( 29 km) et le temps de prendre une soupe, du coca-cola, de consulter et d’envoyer deux textos, j’étais reparti vers la Route du Volcan et j’avais 7 km à boucler en 1h40.

J’étais reparti dans un schéma de course à étapes
J’attaquais chaque échéance l’une après l’autre. Le Piton de la Fournaise émergeait majestueux des nuages et je poursuivis mon chemin dans un paysage lunaire en direction de l’Oratoire Sainte Thérèse (38,9 km) puis au point de contrôle du Piton Textor (42,2 km). Je venais de passer la distance symbolique du marathon sur la Diagonale des Fous et il était 10h15 soit 12h15 après avoir pris mon départ, jamais un marathon n’avait été aussi long et intense. Quand je pouvais je trottinais, essentiellement sur les faux-plats descendants. Dans l’étape suivante, je devais rejoindre Mare à Boue soit 9 km en 2h30 et je perdais au passage 500 m de dénivelé. Facile je vous aurais dit, en réalité à La Réunion, la descente n’est jamais en ligne droite et plutôt une succession de montées et des descentes, avec une tendance pour l’ensemble plutôt en D+ ou en D-. La difficulté supplémentaire est qu’il commençait à bien pleuvoir et j’affrontais un nouveau terrain de jeu, la boue de ladite Mare. Les chemins que nous empruntions en était gorgés, je croisais une femme qui avait été écoeurée moralement et physiquement de patauger autant dedans. Je n’avais pas de technique pour pratiquer ce genre de chemin, je fis comme je peu. Sur les trois derniers kilomètres, nous retrouvions du bitûme et je me remis à trottiner car nous étions limites pour arriver hors délais. Mon état d’esprit était de poursuivre la course coûte que coûte, sauf en cas de blessure ou de rattrapage par les barrières horaires. A 13h15 je pointais tout content à Mare à Boue (52,4 km) et retrouvais un bon plateau repas avec du thé, du coca, de l’eau, du délicieux poulet cari et des pâtes coquillettes. Trois minutes plus tard, les arrivants étaient hors délais et disqualifiés mais n’avaient aucun moyen de revenir au point de départ ou d’arrivée, deuxième gros bémol d’organisation de la course. Non seulement on était amer d’avoir abandonné mais aussi le rapatriement était une deuxième galère et c’était la loi du système D et de la débrouille.

De Mare à Boue, je devais joindre le fameux Gîte du Piton des Neiges, j’étais bien requinqué par le repas et j’attaquais la suite de mon périple fantastique en pleine possession de mes moyens. Après un passage bucolique en rase campagne, je déchantais vite car la pluie avait fait son office et la boue était maintenant détrempée et gorgée d’eau. C’était pire qu’auparavant. L’autre principe de l’Île est que lorsqu’une difficulté est posée, elle n’existe pas pour quelques centaines de mètres, elle perdure sur plusieurs kilomètres pour bien nous la faire sentir. J’avais en théorie 5h pour parcourir 12,3 km pour un coureur sur route cela peut paraître un jeu de foetus, pour un traileur de campagne, c’est facile mais à La Réunion, cela m’a pris 8h.

A la difficulté de la boue, s’ajouta celles des rochers et des racines
La succession de descente et de montée entamait bien mon moral, je pris un bâton pour tenter de poursuivre mais l’avance que je croyais avoir se réduit comme une peau de chagrin. Je devais être dans les derniers coureurs quand je croisais deux nouveaux abandons puis Mano un réunionnais qui avait fait la course en 2000 et la trouvait bien dure cette année. Il avançait bien contrairement à moi qui commençait à perdre les pédales. J’avançais de plus en plus difficilement quand je croisais un cabri qui retira ses écouteurs quand je lui posais la question : "Dans longtemps le prochain ravitaillement ?" Il me répondit "3 heures" mais c’était à son allure pas du tout à la mienne, puis il remit son casque et quand je me retournais pour le voir partir, il avait déjà disparu. Il avait quand même eu le temps de me dire : "tu continues sur le sentier, tu suis les balises et surtout tu ne t’arrêtes pas".

Là je commençais à en avoir marre
Les montées, les descentes, ce n’était plus de la marche ou de la randonnée mais de l’escalade. J’avais des racines plein le sol et quand ce n’était pas elles, c’était la boue avec beaucoup d’eau. Je commençais à réaliser mon calvaire quand je vis un panneau indiquant "Gite du Piton des Neiges 6 km (3h30)". J’étais démoralisé. A ce moment, Mano me rattrapa accompagné d’un curieux bonhomme en jupe. En fait il s’agissait de David un serre-file qui fermait la marche et avait la double mission de reprendre toutes les balises et de raccompagner les retardataires vers le poste de contrôle le plus proche. Et le plus proche pour moi était en théorie à 3h30 de l’endroit où nous nous situions. J’avais de plus en plus de mal à poursuivre même avec mon bâton qui m’aidait bien et quelques instants plus tard, nous fûmes rejoints par quatre autres serre-file donc Karine, Théo, Miguel et Eusébio. C’était la première fois que je rencontrais des serre-file dans une course et il faisaient un travail formidable. Il fallait déployer des trésors de psychologie pour m’encourager et me faire avancer malgré la fatigue, le manque de sommeil et l’hypoglycémie qui commençait à poindre  son nez. David affirma que nous étions à une heure du Gite puis à vingt minutes. Mais étonnamment, vingt minutes succédèrent aux vingt minutes puis encore vingt minutes.

C’était sans fin , un vrai calvaire, on montait des blocs de rochers, on en descendait, on passait par une rivière de boue et rebelote. L’histoire a duré et duré et duré. Miguel et David se relayaient pour m’aider à avancer car je commençais à aller mal. Finalement nous sommes tout de même arrivés au Gite du Piton des Neiges (64,7 km) à 21h au lieu des 18h30 escomptés.

J’étais exténué, à bout de forces
Très malheureusement, le gite ne pouvait pas garder les six raideurs car ils n’avaient pas l’infrastructure suffisant pour nous gérer, nous offrir un lit pour la nuit puisqu’ils devaient se préparer pour la course qui allait débuter le lendemain qui était le Trail du Bourbon (le semi-raid).

David et les serre-files décidèrent donc de nous faire descendre le bloc jusqu’au stade de Cilaos en pleine nuit jusqu’à vers minuit. Mon calvaire n’était pas terminé mais je commençais à prenre l’habitude, c’était La Réunion dans une course pas comme les autres, très très technique et où il n’y a absolument rien de facile, tout est difficile et quand c’est difficile, c’est aussi très long.

La descente du Bloc ne fit donc pas exception. Souvent à pic, avec des montées et des descentes, des marches, mais heureusement sans rochers et surtout sans la boue. Juste des virages et le précipice sans garde-corps mais à la limite dans la nuit noire, c’était le détail qui gênait le moins. Le mot "interminable" à La Réunion est une évidence et la descente qui devait durer 2h30 prit un peu plus longtemps et à la fin je n’étais pas beau à voir, un serre-file pour le bras gauche, un pour le bras droit, un à l’avant pour anticiper les difficultés et une pour me montrer les pas à suivre. J’ai appris l’humilité sur ce raid car j’avais compris que je ne savais pas marcher, poser les pieds et surtout les lever, assurer mes appuis. Je vous passe les détails car nous sommes arrivés à Cilaos et pour moi c’était bien la fin de mon Premier Grand Raid après 24h d’efforts intenses où je suis allé au bout du chemin où mon courage et mon entraînement m’avaient emmené.

C’était une superbe expérience
Même si elle ne s’est pas terminé par une médaille, j’étais content d’en sortir sain et sauf puisque l’épreuve s’est trouvée endeuillée par la chute d’un raideur de 53 ans au lieu-dit Col des Fourches à Salazie. La fatigue, le manque de sommeil et de lucidité ont eu raison de cet athlète pourtant expérimenté qui avait fait fait deux fois l’UTMB et deux fois le Grand Raid. Pour ma part, c’était bien d’en arrêter là car je n’avais pas le niveau pour continuer plus loin, j’ai envie de retourner à La Réunion pour faire des reconnaissances sur la suite du périple, de m’entrainer et pour aller plus loin les prochaines tentatives de ce monstre ultime qu’est La Diagonale des Fous.

 La route est longue vers le succès mais ce qui importe le plus c’est peut-être pas la destination, mais le chemin que l’on emprunte pour y arriver, plein d’enseignement et plein de richesses !

Je remercie tous mes amis pour leurs nombreux témoignages de sympathie et de soutien sur tous les supports possibles et inimaginables, pour leur accueil mémorable et exceptionnel mes formidables amis Fabienne et Johnny Pérot de Jean Petit que j’ai rencontrés grâce à Elé, une pensée particulière émue pour Carine, Guillaume, Gilbert et Amandine.

Pierre-Marc Giao

Retrouvez les tribulatons de Giao sur son blog : http://thegiao2001.typepad.fr/

Classement et résultats de la diagonale des Fous ici 

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Dimanche 7 octobre avait lieu les 10 km de Paris Centre sous la houlette de Nike qui a transformé l’événement en fer de lance de sa communication.

L’organisation me confia pour cette édition la gestion des meneurs d’allure. Une mission très excitante d’un point de vue sportif, mais surtout humain. Être meneur, c’est se mettre au service des autres, avoir un devoir de régularité mais également d’animation. Surtout en fin de parcours, quand cela commence à faire mal…

Retour en arrière
L’expérience débute le vendredi avec la remise des dossards, ou plutôt la remise des tee-shirts ! En effet, le numéro de chaque compétiteur est inscrit sur le maillot. Ce qui donne au peloton une couleur uniforme, noire l’an passé et blanche cette année. Ce qui fait la spécificité de cette course fait aussi l’objet de toutes les critiques. En effet, imposer un maillot comme un uniforme fait grincer pas mal de dents. Pourtant, il est possible de demander un dossard papier et de courir avec le maillot de son choix. Mais peu de gens le savent…

C’est toujours un pur bonheur que de participer de l’intérieur à une organisation. Paris-Versailles la semaine précédente, Paris Centre cette semaine. Un véritable village a été créé sur la place du Palais Royal, avec en prime une vue imprenable sur le Louvre. Un Dj rythme l’événement, c’est parfois un peu gênant pour la compréhension. L’ambiance est bon enfant, nombreux sont ceux qui participent pour la première fois à une compétition. Je ne pensais pas qu’un jour j’aurais à expliquer à quoi sert la puce dans l’enveloppe…

Les meneurs sont là
Je retrouve dimanche matin aux aurores mon équipe, nous ne serons pas moins de 12 pour mener à bien cette opération. Nous sommes répartis sur les tranches suivantes : 45 mn, 55mn et 60 mn. Il manque bizarrement le créneau 50 mn qui est pour moi le plus important, avec le 40 mn. Nous serons quatre à assurer le tempo mais aussi l’ambiance par sas.

Mais qui c’est celui-là ?
Avec mon maillot jaune fluo, je fais un peu tâche au milieu de la marée blanche, bien sur c’est le but. J’entends des chuchotements derrière moi, ils sont nombreux à se demander qui je suis et ce que je fais… Les plus hardis me demandent, cela veut dire quoi « meneur d’allure » ? Je leurs explique que mon rôle est de les amenés sur un rythme régulier jusqu’au 55 minute. Ils ont l’air dubitatifs…

Mon action trouve écho auprès d’un groupe de filles. Coup de pistolet ! Nous voilà parti en direction du majestueux Opéra Garnier. Le parcours est l’un des plus beau de Paris, il serpente à travers les beaux quartiers.

Notre groupe prend corps
je leurs parle, les rassures et surtout les freines ! Car le défaut du débutant c’est de partir trop vite. Nous avons 10 km pour nous exprimer, savourons chaque instant. Les premiers temps sont un peu pénibles car il y a beaucoup de monde, et les routes étroites.

Les panneaux kilométriques défilent, je ne vois pas le temps passer. Nous sommes au dernier ravitaillement, les visages se ferment, plus personne ne parle, c’est maintenant que ma mission prend tout son sens. Je dois garder mon petit groupe intact, jusqu’au bout…

Sprint final
Nous voyons au loin, l’arche d’arrivée, ceux qui le peuvent encore entame un sprint final, je les accompagne jusqu’au bout et les félicitant. J’essaye d’enrôler d’autres recrues à notre groupe, mais je me heurte à une incompréhension. Quand je leur dit : « allez, venez avec nous » ! Ils me regardent avec de grands yeux, du genre : « c’est qui celui-là » ?  Notre joyeuse troupe franchie la ligne, ils sont heureux, et moi je suis fier !

Après coup, je dois l’avouer je suis un peu déçu par ma prestation, le public n’était pas réceptif. C’était pour la plupart des débutants et ils n’avaient envies que d’une seule chose : « faire LEUR course » ! C’est une chose qu’il faut respecter plus que tout et garder en tête que nous sommes au service des coureurs.

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La grande classique de la rentrée a tenue toutes ses promesses. Une organisation sans faille, un peloton de 25 000 coureurs, le tout sous un soleil radieux. Alors que demander de plus, à part un nouveau record personnel sur la distance ?

Depuis la fin août, je traîne une douleur au mollet droit, qui m’empêche de me projeter sereinement dans un avenir proche. Les dernières séances d’entraînements n’avaient pas apporté de réponse à ma question : « serais-je prêt pour le marathon de New York » ?

Retrait des dossards
Le week-end sportif commence en tant que bénévole sur le retrait des dossards. Quel bonheur de rencontrer tous ces coureurs et d’échanger quelques mots avec eux. Je suis en compagnie de la Runnosphère et de Versailles Triathlon. Mon rôle, attribuer le bon tee-shirt à la bonne personne, il faut un sacré coup d’œil !

La Veille de course
Le matin, je tente de pousser un peu la machine pour me rassurer, mais ce footing n’apporte aucune bonne sensation. Je passe l’après-midi à la piscine avec les enfants. Bref, j’ai plein d’excuses dans ma besace en cas de contre performance.

Le grand jour !
J’ai rendez-vous avec mes co-équipiers du club de Nanterre AC. Nous avons tous un « petit » dossard qui nous permettra de partir juste après les élites. J’avais établi un plan de route, plutôt tranquille : 4’ 15’’au kilomètre jusqu’au sommet et dans la descente advienne que pourra…

Top départ
Coup de pistolet, les jambes tournent bien. Je passe le premier kilomètre en 3’ 55’’ c’est un peu rapide. Je ralentis pour atteindre les 4’ 10’’ et me stabilise jusqu’à la côte. Nous voilà enfin face au « gros morceau » la fameuse côte des Gardes. Je n’ai pas d’appréhension, je suis plutôt un bon grimpeur. Je baisse la tête, je raccourcis ma foulée et tire sur les bras. Elle passe comme une lettre à la poste…

La descente qui suit est l’occasion de grandes enjambés, la vitesse est vertigineuse ! je suis à 3’ 40’’ / km . Je termine la course dans le sillage de trois autres membres du club. Nous entamons la longue, très longue ligne droite qui mène à l’arrivée. Je vois au loin l’arche et le chrono. Je termine en 1h 07’ 48’’ je suis ravis, c’est un nouveau record personnel.

Paris-Versailles in love !
Il y a quelques années, je vivais encore dans ma ville natale, Marseille. J’étais monté à la capitale pour faire Paris-Versailles. Le speaker de l’épreuve Jean-Pierre Bouix, qui est un ami, m’a fait monter sur le podium pour recueillir mes impressions. J’en profite pour encourager ma nouvelle fiancée parisienne qui va participer à sa première course sur route. Je crie : « Nathalie, je t’aime » face aux 20 000 coureurs. Séquence « émotion » la foule applaudit.

Un produit étonnant
Je voudrais revenir un instant sur ma performance. Même si ce record n’a rien de « stupéfiant » je dois quand même vous informer d’une chose. Je suis en test en ce moment avec le laboratoire CT-Well et j’ai pris ce matin là un « shot » de Hello. Un produit naturel essentiellement à base de plantes avec des apports naturel de caféine et vitamine C. D’après le dossier de presse, le produit est garantie non dopant. Alors effet réel ou placebo à vous de juger ?

Pour les commandes : http://www.soins-aunaturel.fr

Retour sur la 11e édition de l’épreuve qui a eu lieu le samedi 25 aout 2012 sur un parcours plat en 3 boucles. Cyril Vigneau revient pour nous sur son 100 km, qui fut plus douloureux que prévu, même si ce fut son deuxième titre de « centbornard ». Lui qui a l’habitude de mener l’allure et d’encourager les autres, il fut bien seul par moments…

Je me suis lancé dans cette aventure en solitaire afin de tenter de battre mon record de Chavagne. Même si l’objectif n’a pas été atteind, je me suis encore aperçu que le monde des runners qui est souvent associé à la solitude est un monde de fraternité et de partage.C’est également une remise en question permanente. Car quand on se  retrouve dans de longue ligne droite complètement isolé truffé de faux plat je peux vous assurer que vous avez tout le temps de refléchir comme dirait mon pote centquarante;-)

Le départ a lieu à 6h30 et je capte direct mon allure
Les 10 premiers kilos sont un réglage permanent. Certains coureurs alternent marche et courses.Les  premiers km sont passés en 01h04’45". Je me sens super bien ça déroule, je ne suis pas stressé. 15ème je croise Régis Raymond le futur vainqueur. Lui est au 25ème. Il court juste à l’allure que je fais aux 10 km. Je m’arrête et prend le temps de le photographier.

20 Kms passé en 02h09′ je suis content car mon travail de meneur paye bien. De plus ma mixture en ravitaillement est idéale. Pas de problème de digestion. 30ème en 03h12’50′ vraiment tout vas bien régularité sans faille. Maintenant je suis vraiment seul. Personne devant, personne derrière. J’alterne en écoutant soit mon ipod soit le vent dans la forêt.

Le paysage est magnifique
J’arrive au marathon en 04h33′. Un poil plus long car j’ai décidé de réduire volontairement l’allure. Tous va trop bien. Je me méfie.Le virage 45ème km la douleur du muscle de mon tibia gauche commence à se réveiller. Je refuse d’écouter cette alerte car tout va trop bien. 47ème il faut que je me fasse une raison la douleur s’installe et je ne suis pas encore à la moitié.Je suis fou de rage et insulte la terre entière à voix haute.

Je reduis l’allure, change de foulée. Je perds ma foulée travailler à l’entrainement.Du coup, je positionne mal mon genou qui commence à me gêner. Et des crampes appraissent derrière la cuisse droite.Au ravitaillement du 50ème je comprends que le chrono ne sera plus d’actualité…qu’il faudra juste finir. Mais est-ce que j’aurai le mental ?

La deception, l’inquiètude, la douleur….ça m’énerve.Les longues lignes droites avec de légers faux plats se multiplient et voila le vent de face qui se mêle de la partie.Autant galérer juqu’au bout…La gêne du tibia devient douleur, mon genou est douloureux aussi.Sur la route mise à part les limace au sol et les cadavre de renards écrasés il n’y a plus rien. Pas âmes qui vivent. Mais où sont les autres coureurs.Lignes droites à perte de vue, le vent, cette fois c’est tendu….Abandon ? j’y pense …mais j’ai mon plan B…ma résistance…Les messages sur facebook pleuvent ainsi que les sms ça me fait un bien fou.

55ème km je vois en ligne de mire en tout petit, un runner. Je sais que ce sera mon salut.David, le coureur qui m’a accompagné le matin en voiture sur le lieu du départ. Nous décidons de rester ensemble. Nous ne serons pas trop de deux pour affronter l’enfer qui nous attend. 65ème : ravitaillement.

Les boissons déposées la veille me font un bien fou…
Je passe de l’eau fraiche sur ma jambe endolorie, ça soulage. Le pire dans tout ça c’est que je sens que j’ai encore de l’énergie mais je refuse de reprendre une allure correcte pour ne pas casser la machine. Avec David on alterne marche et course… ligne droite encore et toujours… rien à l’horizon… rien du tout… faux plats montants. Chaque virage nous emmène sur des longues lignes droite… le chrono défile… maintenant ça n’a plus d’importance.

70ème je tente des étirements mais ma crampe a raison de ma jambe gauche…elle a  raison de mes efforts. Chaque visage, chaque sourire le moindre détail est un rafraichissement pour nos corps meurtris.

75ème : les bénévoles sont justes géants, ils savent nous parler. La cerise sur le gateau une voiture de l’organisation s’arrête pour nous demander s’ils doivent nous ramener… on se regarde avec David et on rigole… merci… mais l’abandon c’est pas pour nous. Au 75ème un regain de moral nous envahit… je repense au phrase que je dis aux coureurs quand je suis meneur… aller !!! 25 bornes, c’est quoi ? une sortie longue… rien de bien méchant !

On arrive au 80ème…. c’est la croisée des chemin…
le vent redouble de violence et nous déssèche. Ligne droite encore et toujours. C’est à ce moment là que je cogite… pourquoi j’en suis rendu là ? Qu’est qui a cloché ? J’ai peut être trop forcé sur l’entrainement. Qu’est qui m’aidera à faire mieux ? Cibler encore mieux mon entrainement. Bref une armée de questions qui finalement me font du bien.

80 c’est un semi…cette fois la fatigue se fait ressentir et ma jambe droite sur laquelle je m’appuie un peu plus commence à ressembler à un morceau de bois.

85ème, c’est un Paris Versailles…mais un supplice…des décharges electrique dans mon tibia. Avec David on sert les dents, ça fait mal vraiment très mal. A chaque fois que l’on relance la foulée on pousse tous les deux un cri de guerre. 90ème on se dit que c’est bon… mais les lignes droites nous font trés mal et ce foutu vent qui ne faiblit pas.

Le 100 bornes n’a pas dit son dernier mot et nous fera souffrir jusqu’au bout…
Au ravitallement, on nous annonce qu’il y a eu beaucoup d’abandons. Le malheur des autres nous soulage parce que finalement on arrive à tenir. 95ème on se dit que c’est bon mais les lignes droites et le vent redouble. Mes pieds sont en feux. J’ai les aisselles en sang malgré toute la protection que j’avais mise. 98ème on sait que plus rien nous arrivera maintenant. On tente avec David une belle charge qui durera 800 mètres mais la décharge électrique me rappelle que je peux casser la machine.

99ème on marche jusqu’à 500 mètres de l’arrivée. on retente de redémarrer en criant et cette fois ci c’est notre dernière charge. 100 mètres de l’arrivée on se tient par les bras. Le speaker annonce notre arrivée.Ont sert les poings de rage.

Après ce trés long bras de fer nous avons eut le dessus sur ce mur de 100 kms
On franchit la ligne ensemble et on fera pas un mètre de plus… Cent bornard pour la deuxième fois mais à quel prix…La joie laisse trés rapidement place à la reflexion…comment éviter à nouveau cette souffrance. Mon premier 100 bornes m’a appris que c’est possible, mon deuxième me pousse encore plus à la reflexion et l’anlyse et à prendre les événements avec plus de recul. J’ai découvert également que je pouvais élever un peu plus mon niveau dans l’encaissement de la douleur. se transformer en machine et avancer encore et toujours.

Je revois tous ces messages sur facebook….la famille des runners est juste magnifique et généreuse.

Le week-end dernier avait lieu l’événement incontournable dans le monde du trail, l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc). L’édition 2012 aura été pleine de rebondissements, à commencer par les caprices de la météo rendant cette épreuve plus courte mais surtout plus dure. Nous avions publié quelques minutes avant le départ les impressions et les angoisses de deux athlètes participant à la CCC (Courmayeur, Champex, Chamonix). Nous les retrouvons une semaine après pour faire le « débrief » de leur course. Place à Pierre-Marc Giao Duong Huynh et Cédric Masip.

La CCC sur la route de la Diagonale des Fous par Giao
En France quand on pense 100 km, c’est Millau, pour le marathon c’est Paris et pour l’ultra-trail c’est L’UTMB. La première édition 2003 a été remportée par Dawa Sherpa qui est revenu pour la 10ème édition et a gagné la TDS©, la Trace des Ducs de Savoie. Tous les vainqueurs successifs sont assurés d’une notoriété mondiale dans le monde fermé des courses nature. Je participais cette année à la CCC© qui est loin d’être une sinécure déjà en conditions de météo et de température normales mais la montagne ne se laisse pas conquérir si facilement et les éléments étaient bien déchainés . Après la 6000D soit 60 km pour 4.000 m D+, la CCC© de 100 km pour 5.800 m D+ était la seconde marche qui devait me permettre d’accéder à affronter le Graal des ultra-trails, La Diagonale des Fous sur l’Île de la Réunion. Trois jours se sont écoulés depuis que j’ai passé la mythique ligne d’arrivée et plusieurs réflexions me reviennent

Les points de préparation concernent cinq volets : le physique, l’alimentation, le matériel, la logistique et le mental. Quelques heures avant de me lancer, j’avais eu mon ami Jean-Pierre de RRR au téléphone qui me fit la dernière recommandation : "Prends le maximum de plaisir et si tu te sens que c’est trop, ne prends pas de risque inconsidéré et n’hésite pas à arrêter, tu n’as rien à prouver, nous connaissons ta valeur". Ces mots m’avaient gonflé à bloc, il trouve toujours les mots justes pour motiver ses amis le Jipé.

J’étais parti comme un vrai débutant que je suis puisqu’il s’agissait de ma deuxième course en montagne après la 6000D et hormis une bonne préparation physique et une meilleure connaissance de l’alimentation qui me convenait en course, j’étais dans les choux côté matériel et logistique.

Le physique et l’alimentation
Pour me préparer à un 100 km il me fallait courir 80 à 100 km par semaine pendant au moins deux mois, c’est ce que je fis méticuleusement pendant plusieurs mois en observant de temps des semaines plus légères de 40 à 60 kilos. Côté alimentation, je savais que j’allais privilégier le liquide comme le thé, le coca, le café et la soupe. Durant le périple, l’organisme dépense suffisamment d’énergie pour courir, lutter contre le froid et rester éveillé. Si l’on mange du solide, il en dépense en plus pour digérer la nourriture qui est moins rapidement assimilée que les aliments liquides. J’ai arrêté de prendre du gel en course au-delà de la distance marathon car j’avais constaté des problèmes gastriques quelle que soit la marque.

Les chaussures
Impossible de prendre les chaussures de route pour faire un trail car il fallait des chaussures qui accrochent bien le terrain et qui sont efficaces pour avancer sur toute nature de sol : la boue bien grasse, la neige, l’herbe mouillée ou le gravier. Pour ma part, j’avais choisi des Adidas Supernova Riot 4, bien adaptées à ce genre de voyage tout terrain.

Les vêtements
L’organisation conseillait quatre couches de vêtement pour lutter contre le froid, le vent, la pluie et la neige, il faisait jusqu’à -10°C en ressenti au sommet des cols. J’avais cinq couvertures, j’étais opérationnel, seulement je les ai gardées du début à la fin sans avoir de rechanges si bien qu’elles étaient bien jusqu’au tiers et ensuite mes vêtements étaient trempés et je finissais par baigner dans mon jus de sueur non totalement évacuée.

Le sac
J’avais pris pour l’occasion un Quechua Diosaz 27 litres que je prenais pour stocker mon pantalon de survêtement dont je ne me suis pas servi puisque j’avais mes boosters et mon corsaire de trois-quarts qui me recouvraient les jambes et les protégeaient efficacement contrairement à des participants que je voyais en short, j’avais mal pour eux.

Les bâtons
En rando course ils sont fort utiles car ils permettent de soulager les muscles des mollets jusqu’à 15% en montée et en descente, ils assurent une sécurité surtout en terrain gras. On peut en trouver en carbone en trois brins téléscopiques ultra-légers et solides mais je n’en avais pas pris. Pour le Grand Raid à la Réunion, ils sont interdits parce que les chemins sont encore plus étroits que ceux que j’ai traversés à la CCC©. De ce fait, les risques d’accidents sont décuplés. Parfois des traileurs me faisaient la réflexion que je n’avais pas froid aux yeux d’y aller sans bâtons, ils avaient raison car je galérais comme un beau diable. Je suis un coureur de route, la montagne m’était un terrain inconnu et je me révélais mauvais grimpeur et piètre descendeur.

Les autres matériels
Outre les changes que j’aurais dû prévoir, il aurait fallu prendre des sacs zip alimentaires pour garder les vêtements au sec et faire le vide afin qu’ils prennent moins de place, une serviette propre pour se sécher le corps avant de se changer. Je n’avais pas d’assistance personnelle mais j’aurais pu laisser les sacs à récupérer aux principaux ravitaillements.

L’éthique
Dans la volonté d’organiser une course propre, aux ravitaillements il n’y avait quasiment pas de verres de plastique proposés pour boire les boissons chaudes ou froides, chaque participant devait avoir son propre gobelet de 12 centilitres. J’avais perdu mon gobelet de la SaintéLyon, heureusement un coureur avait oublié le sien sur une table et j’ai pu le récupérer et le conserver jusqu’à la fin. Au retrait des dossards on nous fournit suffisamment de petits sacs pour jeter nos ordures et je trouvais déplorable que sur le sol on puisse voir continuellement des tubes de gels jetés par terre. Certains raiders peu respectueux n’avaient apparemment pas d’éthique pour prendre dix secondes et ranger leurs tubes usagés dans des sacs dont ils auraient pu se débarrasser aux ravitos.

Le mental
C’était assurément une de mes grandes forces avec ma faculté à récupérer rapidement d’un effort. Pendant plus de 20h, nous évoluions dans des températures situées entre 7°C et -10°C. Quand j’arrivais aux ravitos, j’étais transi de froid et j’espérais me réchauffer avec une boisson chaude thé ou soupe, j’y parvenais à peine et il fallait pourtant repartir pour affronter tel ou tel col. J’y allais résolument me répétant en mon for intérieur que tant que je n’étais pas blessé ou que je n’avais pas été rattrapé par telle barrière horaire, je continuais d’avancer coûte que coûte. Je voyais chaque distance à parcourir entre les refuges comme autant d’objectifs à remplir et les comparais avec un footing, une bonne balade en nature.

Sur un si long voyage, le corps voyage autant que l’esprit. Je suis entré en auto-hypnose et j’étais en quête d’un voyage intérieur à la recherche du meilleur de moi-même. Je me suis forgé une force de caractère capable non pas de déplacer des montagnes mais d’en monter les cols et les redescendre quels que soient le vent ou la température, la nature du terrain. La frontale éclairait juste les quelques mètres carrés situés à mes pieds et j’évoluais dans la nuit noire. Je n’avais plus peur, tel un homme sans peur je fonçais tête baissée et les runners qui continuaient à hésiter me laissaient volontiers prendre les devants pour les guider à travers l’obscurité. En me laissant aller au lâcher prise, j’avais l’impression de faire corps avec la nature. Je tombais, me faisais des entorses ou des égratignures aux genoux mais cela restait sans gravité et je repartais de plus belle. Je restais conscient du danger mais me sentais également plus léger au fur et à mesure que se rapprochait l’arrivée.

Le physique
Sur les cinq ascensions prévues au programme, nous avons finalement pu faire le Grand Col Ferret (2537 m) sur la première partie en faisant l’impasse sur la Tête de la Tronche (2584 m) et sur la seconde partie, nous avons gravi les cols de Bovine et des Tseppe sans faire la Tête au Vents. Les longues montées étaient éprouvantes et les descentes une libération à chaque fois d’autant qu’elles menaient vers les points de ravitaillement. Il faisait bien froid, quand nous étions dans les creux la température était acceptable et je pouvais bouger les doigts sans problème. Au sommet des cols, le temps était glacial puisque nous ressentions un mercure à -10°C à tel point que j’ai failli m’évanouir à cause sans doute du manque d’oxygène.

De plus, j’avais fait une crise d’hypothermie. Mon corps avait été soumis à une basse température pendant plus de vingt heures et n’arrivait plus à se réchauffer.

Bilan
Je suis très content d’être venu à bout de cette course tout comme 82% des 1 913 partants. Nous avons vécu un voyage extraordinaire. Je me sens empli d’une paix intérieure et d’une capacité à passer encore d’autres épreuves toutes plus difficiles. Avec cette course, j’ai engrangé 3 points qualificatifs pour l’UTMB©, ce qui fait ajoutés aux 2 points de L’Eco-Trail de Paris 80 km en mars et aux 2 points de la 6000D un total de 7 points soit l’intégralité des points requis pour participer au tirage au sort UTMB© 2013, encore une grande aventure à venir !

L’article sur le blog de Giao : http://thegiao2001.typepad.fr/inzesentier/2012/09/resultats-de-la-ccc-2012.html

 

 

Retour sur une expérience douloureuse par Cédric Masip

J’ai pris le départ de la CCC le vendredi 31 août 2012 à 10h de Courmayeur. Dès mon arrivée à Chamonix le mercredi soir, il y régnait une chaude ambiance, mais un temps pluvieux et une température digne de l’automne. Je me suis levé à 3h du matin le jeudi pour souhaiter bon courage à mon pote qui courait la TDS. Une pluie battante tombait déjà.

Le jeudi, je l’ai passé à attendre cette course que j’attendais avec impatience depuis plus de 8 mois. Le matin nous avons fait la queue dans la file d’attente pour retirer les dossards, ma veste "imperméable" a bien failli ne pas passer, ce qui n’aurait pas été plus mal quand je vois la suite des événements avec le recul. Puis nous sommes allés au village des exposants, il pleuvait sans cesse et avec les personnes avec lesquelles j’étais nous pensions à ceux qui couraient la TDS. Nous étions un peu tendus, les conditions météos ne s’annonçaient pas bonne du tout pour nous le lendemain. L’après-midi, j’ai retrouvé Greg de U-trail et nous sommes allés à la Conférence de Presse. Là-bas j’y apprendrai de la bouche de Catherine Poletti que la CCC sera décapitée de la Tête aux vents… Le lendemain, les conditions étant particulièrement mauvaises, on nous retirera les Tête de la Tronche.

Après la conférence de presse, je suis allé au restaurant manger avec Greg, Eric et Anne Valero. Les deux compères allaient être les assistants de cette dernière. Puis la nuit fut courte, mauvaise, nerveuse. Peu reposante. Le temps n’était pas au beau fixe, mais il n’était pas aussi mauvais que nous le pensions.

J’étais très stressé, je n’arrivais pas à parler
Pourtant je me savais prêt. Mais j’étais contrarié, par un tas de choses. Un mélange. Content de vivre ce que je vivais sur un plan de rencontres qui seront importantes pour la suite, mais sur le plan sportif je sentais que je n’étais pas autant en forme que cela. Le mauvais temps me stressait, je ne savais pas ce qui m’attendait. Et je n’étais pas assez bien équipé. Déjà je n’avais pas testé mon porte bidons double avant la course, et dès le départ il me gênait. Puis nous étions tous trop couverts sur le départ qui était clément mais a très vite changé.

La suite, c’est Boue, pluie, neige, vent très fort…
Un grand Col Ferret plus que chaotique. Pour ma part, j’étais saisi par le froid et une vive douleur s’est faite ressentir, j’ai compris que ça n’allait pas. Avant Champex, j’ai lâché prise, ma douleur à la hanche était bien trop violente, et m’empêchait de courir en descentes. Il a fallu que j’arrive à prendre cette décision très dure d’abandonner, de lâcher prise: un cheminement qui m’a paru long, et qui là encore me laisse profondément pensif. Je ne peux pas parler plus, je n’en veux qu’à moi-même. Pour lire un peu plus sur le descriptif, j’ai fait un récit sur U-Trail où je suis rédacteur. A force de ressasser ça ne me met pas bien. J’avance, je relativise, et je vais rebondir. C’est une terrible désillusion, j’ai pris une claque dans le grand Col Ferret. Voilà. Mon récit n’est pas très enthousiasmant, mais c’est ce qui s’est passé. A présent il faut rebondir.

Cédric du Team U-Trail
Retrouvez le récit complet de Cédric sur le site internet  U-Trail : http://www.u-trail.com/ccc-recit-et-photos-de-cedric-masip/

Il est difficile de passer à côté de ce phénomène (de mode ?) tant l’actualité nous rappelle à l’ordre. Le mouvement barefoot/minimalisme est né, il y a peu de temps aux Etats-Unis. Il prône un retour aux origines de l’homme en réaction au « toujours plus d’amorti » proposé par les équipementiers.

Réservé à quelques passionnés à ses débuts, il est  devenu aujourd’hui l’une des mutations majeures de la pratique de la course à pied. Jusqu’où ira ce mouvement ?

Frédérique Brossard et Daniel Dubois signent un livre ou plus exactement un manuel, entièrement consacré à ce « courir naturel » pour lequel notre corps a été formé à l’origine !

L’origine du mouvement prend sa source dans un livre « Born to run » de Christopher McDougall qui est considéré comme le livre des origines. Il nous parle des études de postures mais aussi des rencontres, notamment celle de la tribu Tarahumaras, capable de courir des heures dans les montagnes. Lors de la sortie du livre de vifs débats ont éclaté entre partisans et sceptiques.

Les équipementiers n’ont pas pris le mouvement au sérieux et pour cause, il allait à l’encontre de leurs croyances commerciales. C’est une « petite » marque qui lancera le premier « vrai » modèle : Vibram avec sa désormais célèbre Five Fingers.

C’est d’ailleurs avec ce modèle que Fred fera ses premières armes de minimaliste. De fil en aiguille, il s’intéresse à cette pratique et devient l’un de ses porte-drapeaux sans même s’en apercevoir. Alors germe dans sa tête de littéraire, l’idée d’écrire un livre qui serait un peu le manuel de vulgarisation du "courir au naturel". Il pense immédiatement à un homme, qu’il n’a pourtant jamais vue, mais dont il apprécie les propos. Il s’agit de Daniel Dubois, un vétéran du Barefoot qui totalise près de 30 ans de pratique de course minimaliste. À cela vous ajoutez ses compétences de kiné-ostéo et vous obtenez le co-auteur idéal.

Le livre est articulé en neuf chapitres, qui tour à tour retracent l’historique du mouvement, nous parlent d’anatomie et de biomécanique puis rentre dans le vif du sujet avec l’apprentissage de la foulée et surtout nous livre un plan de conversion. C’est à mon goût la partie la plus intéressante du manuel. Car la plupart des métamorphoses « ratées » le sont à cause de la précipitation du coureur. Il faut, et cela est répété à de nombreuse reprise dans le livre, un temps d’adaptation, qui va de 3 mois pour les plus rapides à 1 an de patience, de façon progressive et sans risque tout en précisant les limites à ne pas dépasser.

Enfin, ils vous guideront dans le choix, toujours difficile, du matériel adéquat en fonction de vos caractéristiques et de vos attentes.

Un guide incontournable pour tous ceux qui souhaitent courir autrement…

BAREFOOT ET MINIMALISME : COURIR NATUREL
Auteur(s) : Frédéric BROSSARD, Daniel DUBOIS
Prix : 18,50 € TTC
Éditions Amphora
www.ed-amphora.fr

Dimanche 26 août aura lieu le 3e Castle Triathlon Series de Chantilly, le parc du château chargé d’histoire servant de décor somptueux à cette course. Ainsi Le Grand Canal, site de l’épreuve de natation, fut dessiné et créé par Le Nôtre ; le parcours vélo qui fait le tour de la Forêt de Chantilly, avec ses chemins cavaliers et ses ronds-points en étoile, ont tous été également conçus par Le Nôtre. Le Parc de Sylvie, site de l’épreuve de course à pied, doit son appellation à la célébration de Marie-Félicie des Ursins – femme de Henri II de Montmorency. Comme vous le constatez, tous les ingrédients sont réunis pour allier culture et sport. Afin d’en savoir plus sur cette épreuve nous avons rencontré Colin CHILDES, Président du Club de Chantilly Triathlon et bénévole au sein de l’organisation de l’évènement.

L’épreuve française s’inscrit dans un challenge réunissant 5 épreuves à travers l’Europe dont le point commun est le château comme lieu d’accueil. Parlez-nous des autres épreuves :
Castle Triathlon Series est composé de 5 épreuves tous, dans des cadres exceptionnels chargés d’histoire. Les Series démarrent le 3 juin à Lough Cutra (South Galway, Irlande). Il est suivi le 24 juin par Cholmondeley Castle (Cheshire, Angleterre), le 22 Juillet à Castle Howard (York, Angleterre), le 26 Août au Château de Chantilly pour finir le 29-30 Septembre à Hever Castle (Kent, Angleterre).

Quelle est l’épreuve la plus ancienne de ce circuit ?
Le Triathlon Hever Castle est l’événement phare des Markel Castle Triathlon Series. L’événement a été créé en 2009 par Brian Adcock, un ancien Royal Marine et triathlète qui vit à proximité de Hever Castle. Brian a reconnu le potentiel de ce lieu pour un événement de triathlon. Fort de l’énorme succès remporté lors de la première série, Brian a décidé de développer le concept sur quatre châteaux en 2010 et à partir de cette année, le Markel Castle Triathlon Series inclura cinq châteaux et une série de soirées Sprint. Avec 8000 participants qui devraient prendre part cette année aux épreuves, les événements sont rapidement devenus des rendez-vous clés sur le calendrier annuel des épreuves sportives.

Pourquoi le choix de la France ?
Ce sont à la fois le charme du château de Chantilly comme site de premier choix pour un triathlon et la croissance du marché du sport en France qui ont suscité le lancement du Triathlon du Château de Chantilly en 2010. Le Château de Chantilly offre aux concurrents une magnifique épreuve, en commençant par la natation en eau libre dans le Grand Canal, suivie d’un parcours cycliste qui contourne la forêt de Chantilly et pour finir une course autour du château du 17ème siècle.

Considérez-vous le triathlon comme un sport d’élite ou un sport pour tous ?
Castle Triathlon Series souhaite avant tout promouvoir le Triathlon comme un sport pour tous. La natation, le vélo et la course à pied sont les sports les plus pratiqués par les français. Pour des distances raisonnables, la combinaison des trois sports sur un parcours sécurisé est réalisable par tous, de 8 ans jusqu’à plus de 65 ans. L’objectif principal étant de se faire plaisir dans un cadre exceptionnel et convivial, en famille, en groupe ou en solo.

Justement quel est le profil de vos participants ?
L’événement est ouvert aussi bien aux triathlètes confirmés qu’aux débutants, élites, enfants (âgés de 8 à 15 ans) et familles car il comprend six courses différentes adaptées à des capacités différentes. Les concurrents peuvent également prendre part à une équipe de relais de deux ou trois personnes. La participation des familles est une tendance croissante mais le profil moyen du triathlète reste un homme entre 30 et 40 ans (70% hommes et 30 % femmes), mais cela évolue rapidement avec l’introduction d’épreuves exclusivement féminines et le soutien de partenaires tels que Shock Absorber. En Angleterre, l’épreuve Avenir de Hever Castle, attire presque un millier de jeunes, pourquoi pas cela à Chantilly ?

Vous obtenez cette année le label de triathlon durable, l’écologie est-elle au centre de vos préoccupations ?
Castle Triathlon Series a le privilège d’organiser des événements dans des parcs de châteaux magnifiques, aussi  prend-il en compte avec énormément de respect l’environnement. Castle Triathlon Series est très attentif et fait toujours en sorte de respecter les politiques environnementales des lieux de ses événements. Il possède une solide organisation mise en place lors de chacun de ses événements qui assure un nettoyage complet après les épreuves. Enfin, il soutient l’agenda 21 de la Fédération et le triathlon durable.

Êtes-vous triathlète vous-même ?
Oui. J’ai eu le plaisir de découvrir le Triathlon grâce à des amis et lors de la toute première Edition 2010 de Castle Triathlon Series à Chantilly. Suite à cela, nous avons décidé de créer ensemble le club "Chantilly-Triathlon" pour que les gens de la région puissent découvrir et pratiquer le Triathlon en toute sécurité et convivialité. Le Club aujourd’hui est fort de 40 triathlètes de la région de 16 à plus de 50 ans et de tous niveaux. C’est une belle réussite !

L’évènement se déroulera sur la journée, pouvez-vous nous donner rapidement le programme ?
Je profite de cette question pour remercier nos partenaires locaux Fédération Française de Sport en Entreprise, Groupe La Poste, Cofely Ineo GDF Suez, Caisse d’Epargne Picardie, Toyota Saint Maximin, FMC Radio, La Ville de Chantilly, le Domaine de Chantilly, Lions Club Connétable, et PLAN France.  Leurs soutiens montrent à quel point ce genre d’épreuves mobilise grâce aux valeurs sportives qu’elles représentent.

La journée démarrera à 8h00 avec la première vague "Le Chantilly". C’est la course phare : Français vs. Anglais vs. Irlandais (1500 m de natation / 40 km de vélo / 10 km de course à pied).

• Ensuite entre 9h00 et 11h00, des vagues "Le Condé" s’enchaîneront (800 m de natation / 40 km de vélo / 8 km de course à pied).

• A 10h00 s’élanceront les participants au Sprint "Le Louis XV" (400 m de natation / 20 km de vélo / 4 km de course à pied).

• Enfin à partir 14H, 3 vagues successives de jeunes (de 8 à 15 ans) s’aligneront sur des distances adaptées et sécurisées dans le parc du Château.

Informations pratiques et inscriptions en ligne pour la Série 2012
www.castlestriathlonseries.co.uk
www.triathlonchantilly.com

Suite à mon entorse de la cheville, j’étais privé de compétition alors c’est équipé d’une caméra que j’ai fait la course, pour immortaliser les exploits de mes camarades. J’ai réalisé près d’une heure de rush, de quoi monter plusieurs films. Le premier montre l’exploit d’une femme déterminée.

Mathilda est une vétérante 2 du club de Nanterre. J’ai suivi lors des 10 km de l’Equipe sa tentative de record, emmené par Abdel Rezzag le coach du club. Mathilda est une personne entière, quand elle donne, elle y va à fond, et à en juger son état à l’arrivée, on imagine qu’elle a tout donné ! Je suis toujours admiratif par les personnes qui donne tout, qui y vont à fond… peu importe le niveau. Mathilda je te tire mon chapeau.

La 25e édition de cette course nature aura lieu le dimanche 24 juin. Cette année l’accent sera mis sur deux valeurs chère aux organisateurs à savoir la solidarité et l’éco-responsabilité.

Par solidarité, ils soutiennent des actions de prévention-santé et en particulier des maladies cardio-vasculaires. Sur chaque inscription deux euros sont reversés à Alliance du cœur, association de malades cardiaques, et à l’AFAF. D’ailleurs le Professeur Cabrol, qui réalisa en 1968 la première transplantation cardiaque en Europe sera à Gigondas le samedi 23 juin. Il parrainera la course et parlera des bienfaits du vin sur la santé cardiaque.

Éco-responsable ensuite, car l’empreinte carbone de cet événement est entièrement compensée. L’organisation s’engage à soutenir des actions sur le massif des Dentelles de Montmirail ce qui préservera, espérons le, plus longtemps possible ce magnifique endroit.

Trois questions à Emmanuelle Blanck coureuse émérite et membre de l’organisation.

Comment une Parisienne devient membre de l’organisation d’une épreuve se déroulant dans le Vaucluse ?
Par le hasard des rencontres! Je fais partie de l’organisation des Foulées de l’Assurance, un 10 km qui a lieu au mois de mars dans le bois de Boulogne. Il se trouve que mon collaborateur connait très bien la région de Gigondas depuis plus de 20 ans, et y passe tous ses étés et pas mal de week-end. C’est tout naturellement qu’il s’est porté volontaire pour reprendre les rênes de l’organisation de la Traversée des Dentelles, et qu’il m’a embarquée dans cette belle aventure.

Quels sont les atouts de cette épreuve ?
La Traversée des Dentelles c’est 3 épreuves: la classique 21 km, le 10 km ainsi qu’une marche de 10 km. Elle sont en commun d’empreinter les circuits dans le massif des Dentelles de Montmirail. Le cadre est absolument magique et unique. Entre vignobles et pins, les parcours dans la moyenne montagne constituent de véritables épreuves sportives avec des pentes parfois difficiles mais toujours fantastiques.

La Traversée des Dentelles c’est aussi un événement solidaire et responsable. Des dons sont récoltés sur chaque inscription au profit de la préservation du massif protégée des Dentelles et pour aides des associations oeuvrant pour la santé cardiaque. Un village dédié au thème de la santé, du vin et du terroir avec des stands dégustation de produits ouvre ses portes en plein coeur du centre historique de Gigondas dès samedi 23 juin à 14 heures. Un événement pour la bonne cause et pour la forme!

La solidarité et l’Ecologie sont-elles des valeurs que tu partages également ?
Bien sûr, c’est d’ailleurs ma "marque de fabrique"! Je me mobilise pour le "Running solidaire et responsable", une démarche pour le sport "autrement" : solidarité et éco-responsabilité au service d’une santé durable. Le but est de fédérer une nouvelle génération de sportifs éco-responsables et solidaires, et d’inciter les organisateurs de courses à adopter de nouveaux comportements. De plus, l’aspect solidaire des événements sportifs me semble important, car la solidarité est l’une des valeurs du sport.

Informations et inscriptions sur : www.traverseedesdentelles.fr

Après mon triathlon de la semaine dernière à Cergy comme lièvre, j’avais hâte de savoir ce que je valais sur cette saison 2012 en mode compétition. Sans dévoiler la fin de cet article, je peux d’ores et déjà vous dire que le résultat ne fut pas à la hauteur de mes espérances.

A l’invitation de Salvio je répond présent à ce triathlon courte distance (1,5 km/ 41 km/ 10 km) histoire de me tester en vue de Paris au mois de juillet. Pour l’occasion, toute ma famille a fait le déplacement pour voir comment papa se débrouille dans ce nouveau sport. Malgré cela je suis confiant, le soleil brille sur la région parisienne et la température de l’eau ne sera pas glaciale. Je dois vous l’avouer tout de suite la natation en eau vive est mon gros point faible.

Nous arrivons sur place près de deux heures avant le départ, afin de nous imprégner de l’ambiance. Il est attendu près de 450 concurrents, la ville grouille de vélo. Un rapide tour au plan d’eau et une main plongé dans le lac et j’estime une eau à 17° ce qui n’est pas mal. S’en suit un choix stratégique : combinaison complète ou shorty (jambes courtes et sans manches) ? La complète offre un vrai rempart à la température basse, et une meilleure flottaison, par contre c’est un calvaire pour la retirer ! Je dois à chaque fois m’asseoir dans le parc de transition pour retirer les jambes. Alors qu’avec le shorty, je peux quasiment l’ôter en courant. La décision est prise, j’opte pour la version courte.

Nous sommes avec Salvio mitoyen dans le parc à vélo, ce qui nous permettra de partager notre stress. Il est comme moi effrayé par la partie aquatique, pour lui c’est l’aspect saumâtre de l’eau et son odeur qui le rebute.

Nous sommes parmi les premiers à nous mettre à l’eau
Le départ sera donné immergés à une dizaine de mètres du bord. C’est l’occasion de tester ma combi, pas de soucis, mes bras nus supportent bien la froideur de l’eau. Pour nous économiser, nous nous accrochons au bateau du commissaire de course. Top départ, les 450 triathlètes s’élancent.

Nous sommes avec Salvio très bien placés sur la gauche de la meute, nous esquivons bien les coups. J’aperçois à 500m du parcours Salvio qui me dépasse. Il nage bien plus rapidement que moi, je le laisse filer impuissant. Je me retrouve à nouveau isolé dans la dernière partie du trajet et pour cause je suis dans les derniers.

J’avais l’appréhension comme à chaque fois d’avoir la tête qui tourne en sortant de l’eau, alors je termine les 50 derniers mètres en brasse afin de donner un peu d’inclinaison à mon corps. Cela ne change rien, je regagne le ponton et impossible de marcher, je m’agrippe à une barrière et attendant que cela passe. Je rentre dans le parc à vélo, mon fils me dit « mais qu’est ce que tu fais, tu as avalé une grenouille ? » Je suis à ce moment 424e sur 450, le parc est quasi-dessert, l’avantage c’est que je trouve facilement mon vélo !

La partie cycliste
Je suis dans un premier temps avec des gens en VTT ou des vieux vélos. Ce n’est pas grave, je file ! Au bout de 5 km, nous rejoignons les premiers concurrents, car il y a trois tours à faire. Je me retrouve avec les « cadors », je m’accroche, je roule, je grimpe. Il y a à mi-parcours une côte d’environ 200 m avec un dénivelé de 20%, c’est énorme. J’ai rarement vu cela hormis dans les Alpes.

C’est là que je sors mon arme secrète
J’utilise mon triple plateau, qui m’a valu tant de moquerie à l’achat de la machine. Il me sauve la vie, je laisse la plupart des concurrents sur place, j’adopte un rythme que je ne quitte pas jusqu’en haut de la côte. Ce triple plateau m’avait déjà bien servie dans l’Alpe d’Huez l’an dernier. Il s’en suit un faux plat descendant, suivie d’une grande descente dans laquelle il est impossible de se mettre en position « aéro », à cause des nombreux trous sur la chaussée et des ralentisseurs. Dans le deuxième tour et surtout dans le dernier, il y a de nombreuses personnes qui mettent le pied-à-terre terrassé par l’ascension. C’est une chose assez rare en triathlon. C’est d’ailleurs dans cette monté que je passe à mi-parcours Salvio en difficulté.

Je suis regonflé à bloc
J’entame mon retour au parc, sur la fin du parcours ma famille, mais aussi Adrien et Christophe scandent mon nom. Cela fait du bien au moral. J’opère un rapide changement, je ne change que de chaussures. Je passe le premier kilo en 4’ 15’’ c’est trop rapide, il faut que je trouve, surtout pour le début, un rythme plus proche des 4’ 30’’. Les concurrents semblent à l’arrêt je les passe un à un, cela flatte mon égo. Il s’agit dans cette partie aussi de boucles, deux exactement. Nous avons donc l’occasion de nous croiser, c’est comme cela que j’aperçois Salvio sur mon premier retour, il a l’air bien et adopte une foulée aérienne. Mes supporters sont toujours là, ils crient, ils encouragent, quel bonheur !

La ligne d’arrivée est en vue, pas d’accélération, je termine au train. J’ai les pieds en feu, j’avais pris l’option de courir sans chaussette. Je passe le portique dans un grand soulagement, il fait chaud, très chaud, j’ai soif…

Quelques instants après c’est l’arrivée de mon ami Salvio il a signé une très belle course à pied. Nous sommes très heureux d’en terminer et retrouvons nos supporters afin de « refaire la course ». Le triathlon offre des sensations indescriptibles, une sensation de dépassement. Le fait de changer de sports donne sa chance à chacun des concurrents, je vous invite à découvrir ce triple effort !

La course en chiffres :
Temps total 2h 50’ 48’’
Partie natation (avec le changement) : 42’ 17’’ 424e temps
Partie vélo (avec le changement) : 1 h 22’ 58’’ 92e temps
Partie course à pied : 45’ 33’’ 91e temps
Je termine 29e de ma catégorie soit en triathlon V2