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William notre reporter revient sur sa participation au marathon mythique de Boston 2012.

Je viens de terminer mon 5ème marathon et pas l’un des plus faciles. Je pense qu’il mérite ses lettres de noblesses du plus vieux marathon du monde. Cette 116ème édition fût la plus chaude depuis la fin des années. 26°c au départ à 10h et 32 à 35 °c durant l’épreuve.

Ce fût un enfer pour les 23 000 coureurs. L’organisation a demandé aux coureurs débutants de ne pas prendre le départ au vu des conditions climatique extrême et de reporter en 2013 leurs inscriptions 2012. Pour information 1200 coureurs ont fait des malaises, 152 ont été hospitalisés et 10 coureurs étaient dans un état critique. 21 556 coureurs franchiront la ligne d’arrivée dans les 8h imposé par l’organisation au lieu des 6 heures habituel.

Après cette mise en situation des conditions dans lequel les marathoniens ont dû faire face, je vais vous conter mon périple américain. Nous sommes partis de France vendredi 13 avril.

Un accueil chaleureux
Nous sommes accueillis comme des princes par les américains : « OH vous êtes français … Bonjour… c’est votre premier Boston YEHAHA… « Good Jobs …. Va revenir tout le week-end. Une fois le dossard 6766 retiré, nous visitons les stands. Toute les grandes marques sont présentes. Nous profitons d’un passage au stand Brooks pour faire quelques emplettes. Je me fais plaisir en me prenant les dernieres « pure cadence » avec le dernier  t-shirt ainsi que des manchons pour les bras… Résultat 170 dollars claqué en un instant !

En prélude une course de 5 km
Dimanche matin fait place à  la course de 5 km BAA. La course se déroule dans le centre de boston avec départ et arrivée à Cold-Play square. Nous participons avec Nathalie au départ à 8h00 du matin au sein de la foule d’une course populaire de 6000 personnes. L’ambiance est familiale. Nous y retrouvons des parents avec leurs enfants et des joggeurs qui sont là pour le plaisir … Les premiers mettront  14’ et le dernier plus d’1h10. Nous terminerons le jogging matinal en 26’32’’ pour Nathalie qui établit un nouveau record sur la distance avec 2’ de mieux.

Nous récupérons notre médaille et la dotation des coureurs (un pack avec nourriture, eau et fruit). L’après-midi sera consacré à la visite de Harvard et du quartier  de MIT mais comme le lendemain il y a marathon, un peu de repos s’impose !

Lundi 16 avril, jour du marathon
Grand départ vers Hopkinton vers 6h en school-bus. 45minutes après nous arrivons sur le site du départ. Un village qui va accueillir 23000 coureurs. Un superbe accueil nous est réservé avec des bénévoles au petit soin, ainsi que des ravitaillements avec café, thé, boisson à volonté ainsi que des barres de céréale…. Adidas distribue de la crème solaire vu le temps. 9h30 départ vers la ligne de départ qui se situe à 2 km du village et là la pression commence à monter. Nous avons 25° et il n’est que 9h35 … Je me pose un tas de question sur comment gérer ma course. L’idée, aujourd’hui, ce ne sera pas la performance mais la patience et la prudence. Il va falloir penser à s’hydrater et à gérer la course de façon à ne pas être dans l’orange avant le 30éme. Ça va être difficile. L’hymne américain est sonné ainsi que le départ des handisports. Le départ des femmes a été donné vers 9h30.

10h, Le départ est enfin donné
Des frissons m’habitent et me transcendent. Je dévale la pente, le public est massé sur le bord de route d’une densité impressionnante. La course se déroule bien je passe le 5 km en 23’30 à Ashland, le 10ème en 46’30’’à Framingham. Je décide à ce moment-là de levé le pied pour atteindre le semi-marathon en 1h41’ à Wellesley car le parcours est descendant mais vallonné. Le risque vu la température est de terminer épuisé. Cette attitude sera la bonne et me permettra de tenir par la suite et de ne perdre que 10’ sur le deuxième semi avec des pics de température aux alentours de 32-35°c dans les Hill et l’entrée dans Boston.

On peut dire qu’ils sont fort au niveau de l’organisation
Tout était réglé comme du papier à musique. Nous avions tous les miles un ravito (eau, eau sucré, barre de céréale … et même un arrosage par des spectateurs ! L’ambiance de folie … Go runners, Go.. Good jobs, keep running … kiss me bref tous les encouragements pour nous motiver sous cette chaleur de plomb. J’ai même eu droit à mes deux Mr frizz au 35ème avec des glaçons dans mon t-shirt pour faire baisser la température corporel

J’arrive au 25e kilomètre et le profil commence à vallonner un peu. Je commence à avoir du mal à relancer franchement et je finis mon 5 eme gel alors que je n’aurai du en consommer que 3 à ce moment de la course. Au  26e les crampes me montent  dans la cuisse gauche ouah… la ferveur des spectateurs me donne l’envie de forcer, mais mon cerveau me dis le contraire.

Au 30ème je sens que le jus reviens je maintiens alors l’allure de 12- 12.5 km/h et là arrive une succession de bosse que l’on ne voit pas énormément sur le plan mais qu’elle dégât cela engendre dans le peloton (du 25ème km au 36-37èmekm). Je remonte énormément de concurrent partis trop vite et au 33ème se profil une bosse ou des acclamations son digne des images du tour de France ou l’ascension finale de Marseille-cassis.

Nous sommes dans heartbreakhills « la cote de l’arrêt cardiaque » TU PARLE D’UN NOM…. Bref je passe la bosse à 9.5 de moyenne et la deuxième cuisse me fait des siennes à son tour… la poisse quoi.

Je passe le 35ème et mes crampes me lâche un peu mais je ne peux pas accélérer donc je maintiens encore mon allure à 12 mais je vois que sur la moyenne horaire je ne pourrais  pas maintenir 3h30 donc je décide dans prendre plein les yeux et de profiter du moment et le chrono sera pour une autre fois !

Le 40ème kilomètres se profil et l’entrée dans kenmore avec l’arrivée sur boylstone Streets… une foule immense, des acclamations du tonnerre… bref un cocktail merveilleux pour en prendre plein les yeux. A l’arrivée l’émotion prend le pas, la souffrance à été là mais l’émotion est positive … je repense à cette qualification à rome en 2011 et mon temps 3h12’ qui ‘a permis de me qualifier d’une petite minute cette année au lieu des 3 h15 dans ma catégorie 35-40 ans. Je prends ma médaille tant méritée ainsi que ma couverture de survie et file me restaurer.

J’ai la tête pleine d’émotion encore difficilement exprimable sur papier à ce jour mais l’envie de revenir à boston est forte.

Ah oui mon temps 3h35’32’’, un peu déçu mais heureux d’être entier… je prendrais ma revanche à ma prochaine qualification. J’espère sous un temps plus clément…

William Guillot

Retrouvez l’intégralité du récit sur le blog de William : http://courirlemonde.canalblog.com/archives/2012/04/23/24079848.html