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Le sport est un plaisir mais aussi un luxe pour nous les valides, c’est pourquoi il faut le partager avec ceux qui n’ont pas la chance de gambader librement. C’est en partant de ce constat que l’association a décidé d’agir ici pour aider là-bas des personnes à Vivre Debout à nouveau.

Cette année encore, mon club le Nanterre AC était représenté par une trentaine de membres dont plus de la moitié pour accompagner deux Joellettes afin de faire vivre la course à deux handicapés. C’est sous l’impulsion de Hamlili Masmoudi le responsable du handisport, secondé par Vincent Orgeuil que ce beau projet a vue le jour. Quel bonheur de voir les visages s’illuminer aussi bien chez les coureurs que les « invités » dans leurs sièges confortablement installés.

La course démarre à 10h30 dans le bois de Boulogne, nous avons rendez-vous une heure avant pour un dernier briefing. Je serais lièvre pour Sonia qui tente de battre son record sur la distance et rêve d’un 45 mn sur 10 km.

Après une courte nuit…
Je serais accompagné de mon ami Adrien qui comme moi était la veille à l’anniversaire de Giao des Étoiles du 8e, où nous avons célébré ses 44 ans comme il se doit. C’est donc avec le peu de force qu’il nous reste que nous prenons le départ. Par sagesse et amitié nous suivrons Cyril le meneur d’allure officiel qui porte fièrement la flamme des moins de 45 mn. Sonia part un peu vite, je la laisse gérer son départ, mais elle s’emballe et passe le premier kilo en 4’ au lieu des 4’ 30’’ escomptés !

Je reste avec le peloton formé autour de la flamme
Nous en profitons avec Adrien pour faire un peu l’animation. Ce qui ne sera pas du gôut de tout le monde comme l’a témoigné avec peu de ménagement un concurrent à mon ami. Je retrouve Sonia seulement au 4e km, elle est en surchauffe, je l’invite à ralentir est à reprendre son souffle. J’ai bien peur que cette échappée, son corps lui fasse payer « cash » en fin de parcours. Nous gérons les différents dénivelés que comporte cette course et nous retrouvons pour les derniers kilomètres qui s’annoncent difficiles. Elle peine, mais ne lâche rien. Elle sait que le record est au prix de souffrances.

Elle franchi la ligne en 46’ 38’’ à bout de souffle, d’abord déçue de ne pas avoir réalisé son objectif, mais très vite le coach lui rappelle que c’est quand même son record sur 10 km, alors un grand sourire s’affiche sur son visage.

Notre sport a cela de magique, chacun à son niveau réalise des « exploits », aussi bien le premier de la course qui aux fruits de nombreux entraînements réalise une « perf », que le coureur lambada ou l’handicapé en fauteuil qui ce matin là est allé chercher le dépassement. Bravo à tous, cette matinée fut un grand moment de partage et de sport.

Marathon de Boston 1

Trois membres du Nanterre Athletic Club avait fait le déplacement à Boston pour vivre ce marathon mythique. Christophe revient sur sa course qu’il avait préparée, comme toujours, avec la plus grande minutie. L’histoire qui avait commencé comme un conte de fée ne se termina pas pour diverse raison comme prévue…

Il est 4H45, je n’ai plus sommeil
J’ai plutôt bien dormi. La crève que j’ai chopé 3 jours plutôt ne s’est pas volatilisée comme je l’aurai rêvé… Il faudra donc faire avec et je décide de l’oublier et de me concentrer sur mon objectif du jour. Car aujourd’hui, c’est le Jour J, le jour tant attendu après 13 semaines d’entraînement intense, 13 semaines pendant lesquelles j’ai du organiser mon agenda afin de concilier entraînement boulot et vie de famille. Pas facile. Je me suis fixé cette année comme d’habitude plusieurs objectifs. Un objectif réaliste qui correspond à mon record sur la distance 2H44H55s, un objectif ambitieux qui sera d’une minute plus rapide et un objectif pessimiste qui est de finir ce marathon à plus de 15 à l’heure. J’étais jusqu’à ces derniers jours assez confiant vu ma bonne préparation, un temps au semi me satisfaisant et aucune blessure ce qui ne m’est pas arrivé souvent. Je le suis un peu moins depuis que cette satanée crève m’est rattrapée…  Seb, mon pote du Nac s’éveille et arbore comme toujours un grand sourire. Ce mec est un véritable PMAM (positive mental attitude men !! ).

Nous avalons notre Gatosport
Le mien est à la noisette. Une des noisettes viendra d’ailleurs à bout de ma couronne… Fallait-il y voir un mauvais signe ? Le runner est souvent superstitieux et je le suis un peu. Après notre douche, nous rejoignons Anthony, un exfiltré du Nac à Vancouver et Martial, un autre pote avec qui j’ai fait une grande partie de mes sorties longues. Nous nous dirigeons avec notre Groupe, Planet tour ,vers le départ des bus situé à un bon kilomètre de là. Nous passons encore fois devant la ligne d’arrivée. Le ciel est d’un bleu profond et le soleil se lève tranquillement, la température est fraiche, presque pas de vent, les conditions sont excellentes. La tension monte, j’ai le cœur qui palpite, une certaine appréhension comme toujours. Je sais que je vais me pousser à fond et que ça va être dur, mais je ne sais pas faire autrement. J’ai toujours un peu peur.…

Notre Groupe nous fais prendre un short cut dans la longue file d’attente… (French Style) et nous manquons de nous faire doubler par des italiens (ceux la sont encore plus fort que nous dans cet exercice)

L’organisation américaine est parfaite
Le 117ème marathon de Boston est rodé comme une machine. Des dizaines de bus en convoi arrivent charge et repartent avec des milliers de runners de plus de cent nationalités. Après ¾ d’heure de route ou nous sirotons tranquillement nos boissons d’efforts, nous arrivons dans la jolie Ville d’Hopkington. Il fait un peu froid, mais nous savons tous que ça ne va pas durer. Après le traditionnel passage au toilette, nous nous dirigeons comme les 27 000 autres runners vers les bus ou nous laisserons nos affaires, les mêmes que nous récupérerons après l’arrivée. A maintenant une heure du départ, nous nous mettons maintenant en tenue de gala. J’aime beaucoup ce moment de la course. Le calme avant la tempête. L’ambiance est un doux mélange d’euphorie et d’inquiétude. Les sacs déposés, nous nous mettons doucement en mouvement pour un échauffement d’une vingtaine de minute. Nous sommes tous les 4 dans la Vagues n°1 et nous partirons donc tous presque en même temps.

Marathon de Boston 2Nous rejoignons notre sas de départ
L’hymne national américain retentit, puis le coup de feu. Il est 10h… Que la fête commence. L’une des spécificités du marathon de Boston réside dans son dénivelé. Le parcours descend beaucoup les 5 premiers km avec néanmoins quelques petites remontées, puis est en faux plat montant et descendant pendant les 20 km suivants. Au 25ème km, après une belle descente, nous commençons la partie la plus difficile du parcours, les 4 collines de Newton dont la fameuse Heartbreak Hill. Le parcours redescend du 33ème au 39ème avant de finir quasiment à plat.

J’ai décidé de partir en 3’52 au kilo, ce qui me pourrait me permettre de faire un marathon en 2h43… (douce illusion !)

Je tiens donc cette allure les 5 premiers km sans que cela soit vraiment facile. Je me dis que c’est normal, il faut que mon cœur monte un peu. Je suis assez rapidement rejoins par Martial ce qui me réconforte car nous avons l’habitude courir ensemble. Je passe les 5 suivants au même rythme mais mon souffle est court, j’ai l’impression que mes pulsations sont trop hautes… Je me concentre malgré une foule importante sur le bord de la route.

Je laisse partir Martial qui à l’air d’être en forme et je m’inquiète un peu déjà sur mon sort. Je ne pose jamais de questions aussi rapidement. Je viens de perdre 15 secondes entre le 10ème et le 15ème mais ce n’est pas ça qui m’inquiète le plus. Je ne me sens pas bien, les jambes ne tournent pas comme d’habitude…

La foule et les supporters deviennent de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l’on s’approche du semi marathon et collège de Wellesley. On peut entendre à des centaines de mètres à l’avance le cri strident des collégiennes et cheerleaders qui sont la à encourager de toutes leurs forces les runners de tous poils…

Un peu à contre cœur, je me placerai au milieu de la chaussée et ne participerai pas comme je le fais souvent à taper des mains. Certains s’arrêtent carrément et font la bise à ces jeunes femmes ce qui ne fait que galvaniser la foule… Grand moment auquel je ne participe pas, je me concentre car mon subconscient sait déjà ce qui va se passer… Je vais en chier comme jamais.

Mon rythme continue de ralentir
Je suis passé sous la barre fatidique des 4mn au kilo entre le 15 et le 20ème km. Je passerai le semi en 1h23. Je sais d’ores et déjà que mes 2 premiers objectifs seront inatteignables… mon moral en prend un coup. Je ne tourne plus qu’en 4mn 10 entre le 20 et le 30.

Après une belle descente au 25ème, nous allons attaquer les difficultés… Je suis exténué et je me demande comment je vais faire pour continuer. Je décide de me reconcentrer et d’oublier complètement le chrono. Après la seconde colline, une forte douleur lancinante irradie ma cuisse droite… Une belle crampe me tourne autour et ne me lâchera plus. La cuisse puis le mollet droit seront pris à tour de rôle dans l’étau ce qui m’obligera à m’arrêter parfois de façon impromptu sur le coté du parcours et de m’étirer un maximum sous les yeux hagards des supporters qui en me regardant me demande si il faut appeler du secours… Je me dis que je dois vraiment faire peur. En regardant quelques photos de moi prises à ce moment, je les comprends mieux… Je fais peur… Mon regard est noir comme me le diras Thomas un ami supporter au 17ème mile. Je ne m’en étais pas rendu compte tellement je me concentrai sur mon effort et ma souffrance. Anthony me dépasse maintenant et me fait une tape amicale dans le dos. Il ne s’attendait pas à me voir là… J’essaie de l’encourager et je le vois rapidement disparaître à travers le flot des coureurs. Je passe le 30ème km en plus de 2h et je sais maintenant que mon objectif pessimiste vient d’être dépasser et que vu ma forme, je ne le reverrai jamais… Enfin un peu de lucidité !!

Le parcours continue de monter
Les crampes me tuent à petit feu, j’envisage d’abandonner mais je ne peux m’y résigner. Je m’arrête. Ça fait bizarre de s’arrêter. Je bois un verre de Gatorade et je repars rapidement. Je ne peux pas ne pas ramener ma médaille. Je pense à ma compagne Lydie, à ma petite fille Clémentine et je me remets à courir. Peu importe le temps, il faut que je ramène cette médaille… Je ne sais plus sur quel colline je suis, j’ai l’impression que ça ne va jamais en finir mais si ça y est , vers le 33ème, la pente s’atténue et s’inverse… Mon mollet et ma cuisse s’en réjouisse, mes quadriceps vont bientôt être en feu. Les 10 derniers km, la foule est dense et en délire mais je ne la regarde pas, je ne participe pas, je ne peux pas. Je vois au loin la tour de Prudential et donc l’arrivée…

Les 7 deniers km me paraitront une éternité. Je continue à me faire doubler par une masse de plus en plus importante… Mon dieu ce que cette impression est désagréable mais je m’en fous, maintenant mon seul objectif est de finir. Au 35ème, je regarde mon chrono et je me dis que je peux encore passer sous les 3h. Commence une nouvelle course ou je cherche la foulée la plus économique possible. La moindre cote positive est fatale et les crampes reviennent me faisant perdre à chaque fois des secondes précieuses. Au fur et à mesure des km, ma vitesse se réduit et je ne sais pas si je vais y arriver. Je pense à Lydie, je Pense à Clem, je pense au Nac, mon club.

Ça y est, je passe le 41ème km en 2H53mn 30, il me reste 6mn 30 pour faire 1, 2 km… Je passe les derniers virages, consulte ma montre une dernière fois sur la ligne droite, ça va le faire… Ma foulée est celle d’un papy de 70 ans… mais je finis ma course.

2H59mn 10 sec de souffrance…
Mon plus mauvais chrono en 9 ans de course… je continue à marcher avant de devoir à nouveau rapidement m’étirer pour faire passer cette crampe lancinante. J’ai froid, le vent souffle, le ciel s’est couvert. On me donne enfin ma médaille. Je l’ai mérité. Je suis exténué, heureux d’être aller au bout malgré la souffrance, triste de ne pas avoir fait ma course le Jour J. Le marathon est ainsi fait. Martial fera un PB avec un superbe 2H49 malgré un arrêt au stand. Anthony, éclate son record personnel de 8mn, Seb qui ne partait pour faire un temps fait un très beau 3h04 en ayant passé un moment savoureux avec la foule de Boston. Je sais d’ores et déjà que je reviendrais à Boston tant l’organisation et l’ambiance sont top. Je reviendrais pour faire la course que je n’ai pas faite aujourd’hui.

Moins de 2 heures plus tard, une autre histoire bien plus grave de déroulera proche de la ligne d’arrivée reléguant ma petite désillusion personnelle à des années lumières. Un coup dur pour Boston, pour le marathon, pour le sport.

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10 km de Vincennes Jean-Pierre et Adrien

Il est des 10 km qui comptent en région parisienne et cette course remporte chaque année un grand succès pour des raisons que je ne m’explique pas. Le départ en double sas est chaotique. Le parcours est étroit et sans grand intérêt. Pourtant j’attends chaque année beaucoup de cette compétition.

Je n’avais pas couru depuis le mois de novembre, date du semi de Boulogne en remplacement du marathon de New York annulé. J’étais dans le flou, j’avais besoin de repères. L’épreuve de Vincennes est celle de mon record personnel. C’est sûrement la raison qui me pousse chaque année à venir me frotter ou plutôt a jauger à mon état de forme.

L’année du changement
J’ai pris fin novembre la décision de me faire « coacher » de suivre une préparation sur mesure avec une préparatrice physique et athlète de haut niveau : Anne Valéro. Pourquoi se faire suivre quand on est dans un club avec un entraîneur que l’on apprécie ? Tout simplement pour avoir un plan sur mesure et des données précises adaptées à mon niveau, à mon âge et surtout à mon objectif, à savoir le marathon de Paris. Nous convenons que la préparation commencera en début d’année 2013, suite à une trêve de 15 jours afin de démarrer dans les meilleures dispositions les différentes charges de travail.

J’aborde les Foulées de Vincennes avec une préparation de trois semaines et considère cette course comme un test VMA ou plutôt un instantané de ma forme actuelle. Donc en théorie pas de pression, mais juste « dérouler » pour voir où j’en suis. La méthode « Anne Valéro » est basée sur la puissance et de nombreuses séances de seuil plus adaptée à mon âge que les séances sur piste. J’aborde cette course les jambes chargées d’acide lactique.

10 km de Vincennes échauffementMise en jambes
Je retrouve mon club, le Nanterre Athletic Club qui, comme à son habitude, squatte le parking souterrain de la mairie. Nous sommes 60 inscrits sur le 10 km, une véritable vague rouge va déferler sur la banlieue Est ! Nous procédons à un échauffement commun de 25 mn afin de mémoriser le tracé. Nous retrouvons notre parking ou nous terminons l’échauffement avec des éducatifs et des lignes droites. Soixante athlètes lancés dans les sous-sols, cela a quelque chose d’inquiétant !

Dans le sas de départ
Je retrouve la plupart de mes amis dans le sas préférentiel : il y a Adrien, Guy, Grego, Emmanuelle, Thomas… il ne manque que Salvio ? Il est temps de se concentrer et de parler tactique. Certainement lié à mon expérience ou à mon inconscience, c’est moi qui donne les instructions et les rythmes à suivre. Nous partirons sur un tempo de 3’ 45’’ au kilomètre jusqu’au 5e km et ensuite nous accélérons si nous le pouvons.

Coup de pistolet, c’est parti
Il y a beaucoup de monde dans les rues étroites de Vincennes, ce départ est une cohue. Notre groupe est compact jusqu’au premier kilomètre. Je regarde le chrono, je passe en 3’ 43’’ j’ai deux secondes d’avance. Je ralentis un peu, laissant filer Guy et Thomas. Adrien me fait confiance est reste à mes côtés. Il en sera ainsi jusqu’au 5e km. Je regarde chacun des kilomètres et le tempo n’est pas bon, je suis en 3’ 50’’. Je perds entre 5 et 7 secondes chaque kilo. J’en suis conscient mais impuissant, je n’arrive pas à aller plus vite…

Deuxième boucle
Nous entamons la dernière moitié de parcours. Adrien place une accélération qui me laisse sur place, je ne le reverrai plus. Je continue sur ma lancé sans défaillir. Je sent un coup de mou au 7e km que je passe en 3’ 56’’ mon pire temps de passage. Il faut réagir ! Je m’accroche à un groupe devant moi et tente de grappiller quelques secondes.

10 km de Vincennes ConcentrationEmballage final
Nous voilà de retour sur le centre ville, je donne tout ! Je fais le vide, me relâche et tente de reprendre un ami du NAC que j’aperçois à une centaine de mètre. Dernier kilomètre il y a une foule qui encourage et nous invite au dépassement. Je suis comme en apesanteur, je ne sens plus mon corps, une seule obssesion : « finir vite ! ».

J’entame la dernière ligne droite, je sprint et aperçois le chrono. Je termine en 38’ 28’’. Une déception m’envahie ! Je me voyais tranquillement sous la barre des 38’. Mais ce ne sera pas pour aujourd’hui.

La joie des autres
Je retrouve mes amis qui savourent leurs belles victoires. Je n’ai pas le droit de gâcher leurs sentiments par mon attitude mélancolique. Alors soyons positif, je n’avais pas couru depuis plusieurs mois, je manque de rythme et de compétition et je suis à plus de 15,5 km/h. Mon objectif étant le marathon de Paris au mois d’avril, la route est encore longue… Prochain rendez-vous le semi-marathon de Paris le 3 mars.

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Un nouvel épisode de la série « j’irai courir chez vous », il se déroule dans une petite ville magnifique située au centre du pays : Hoi An. J’avais rendez-vous avec un ami français d’origine vietnamienne : Siph.

Ce footing, nous l’avions programmé depuis des mois, nous en parlions lors de nos entraînements au club de Nanterre. Une fois sur place, il a fallu ajuster nos calendriers pour trouver le bon moment. Et ce fut Hoi An.

Entre ciel et terre
Notre périple part de l’hôtel situé en bord de mer pour se diriger rapidement dans les rizières toutes proches. Il est tôt, 6h30, mais déjà pas mal de monde dans les champs et les routes aux alentours. Nous nous enfonçons dans les rizières avec pour témoins des buffles.

La salle de sports
A l’entrée de la ville, nous croisons une salle de sports, qui malgré l’heure est remplie d’hommes de tous les âges. Nous décidons de rentrer jeter un œil. Nos sourires et nos salutations ne réussissent  pas à détendre l’atmosphère. Ils se demandent ce que deux touristes viennent faire là ? Je dois l’avouer, je ne n’étais pas en totale confiance.

La vieille ville
Le marché bat son plein, nous le traversons en courant, il y a plein d’odeurs et de couleurs. Nous apercevons au loin le monument le plus représentatif de la ville : le pont-pagode japonais (Chùa Cầu). L’endroit est magnifique !

Une ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO
Divers styles architecturaux se retrouvent à Hội An : chinois, japonais, français. Huit cent quarante-quatre bâtiments sont répertoriés pour leur intérêt historique et architectural. Certaines toitures sont recouvertes de milliers de tuiles concaves et convexes, de style yin et yang. Ce symbole se retrouve également sur les portes des maisons et protège ainsi ses habitants. De nombreuses maisons sont construites dans un bois noir et très dur, le jaquier.

Les maisons aux façades colorées de jaune et aux volets turquoises qui se reflètent dans la rivière, le trafic des sampans, son marché riche aux mille produits, parfums et saveurs sont autant d’images typiques de la ville. Au petit matin, les pêcheurs amènent leur prises nocturnes au très pittoresque marché aux poissons. (source Wikipedia)

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La grande classique de la rentrée a tenue toutes ses promesses. Une organisation sans faille, un peloton de 25 000 coureurs, le tout sous un soleil radieux. Alors que demander de plus, à part un nouveau record personnel sur la distance ?

Depuis la fin août, je traîne une douleur au mollet droit, qui m’empêche de me projeter sereinement dans un avenir proche. Les dernières séances d’entraînements n’avaient pas apporté de réponse à ma question : « serais-je prêt pour le marathon de New York » ?

Retrait des dossards
Le week-end sportif commence en tant que bénévole sur le retrait des dossards. Quel bonheur de rencontrer tous ces coureurs et d’échanger quelques mots avec eux. Je suis en compagnie de la Runnosphère et de Versailles Triathlon. Mon rôle, attribuer le bon tee-shirt à la bonne personne, il faut un sacré coup d’œil !

La Veille de course
Le matin, je tente de pousser un peu la machine pour me rassurer, mais ce footing n’apporte aucune bonne sensation. Je passe l’après-midi à la piscine avec les enfants. Bref, j’ai plein d’excuses dans ma besace en cas de contre performance.

Le grand jour !
J’ai rendez-vous avec mes co-équipiers du club de Nanterre AC. Nous avons tous un « petit » dossard qui nous permettra de partir juste après les élites. J’avais établi un plan de route, plutôt tranquille : 4’ 15’’au kilomètre jusqu’au sommet et dans la descente advienne que pourra…

Top départ
Coup de pistolet, les jambes tournent bien. Je passe le premier kilomètre en 3’ 55’’ c’est un peu rapide. Je ralentis pour atteindre les 4’ 10’’ et me stabilise jusqu’à la côte. Nous voilà enfin face au « gros morceau » la fameuse côte des Gardes. Je n’ai pas d’appréhension, je suis plutôt un bon grimpeur. Je baisse la tête, je raccourcis ma foulée et tire sur les bras. Elle passe comme une lettre à la poste…

La descente qui suit est l’occasion de grandes enjambés, la vitesse est vertigineuse ! je suis à 3’ 40’’ / km . Je termine la course dans le sillage de trois autres membres du club. Nous entamons la longue, très longue ligne droite qui mène à l’arrivée. Je vois au loin l’arche et le chrono. Je termine en 1h 07’ 48’’ je suis ravis, c’est un nouveau record personnel.

Paris-Versailles in love !
Il y a quelques années, je vivais encore dans ma ville natale, Marseille. J’étais monté à la capitale pour faire Paris-Versailles. Le speaker de l’épreuve Jean-Pierre Bouix, qui est un ami, m’a fait monter sur le podium pour recueillir mes impressions. J’en profite pour encourager ma nouvelle fiancée parisienne qui va participer à sa première course sur route. Je crie : « Nathalie, je t’aime » face aux 20 000 coureurs. Séquence « émotion » la foule applaudit.

Un produit étonnant
Je voudrais revenir un instant sur ma performance. Même si ce record n’a rien de « stupéfiant » je dois quand même vous informer d’une chose. Je suis en test en ce moment avec le laboratoire CT-Well et j’ai pris ce matin là un « shot » de Hello. Un produit naturel essentiellement à base de plantes avec des apports naturel de caféine et vitamine C. D’après le dossier de presse, le produit est garantie non dopant. Alors effet réel ou placebo à vous de juger ?

Pour les commandes : http://www.soins-aunaturel.fr

J’avais (re)démarré ma carrière de triathlète l’an passé à l’occasion d’un pari avec les membres de mon club d’athlétisme (NAC). J’ai immédiatement (r)attrapé le virus, acheté un vélo, une combinaison, etc… Je revenais cette année en connaissance de cause et pour améliorer mon chrono.

Ma préparation débute fin avril après le marathon de Paris ; il faut savoir que je ne nage et ne roule en vélo que 3 mois dans l’année. J’avais à cœur de progresser en natation et de vaincre le stress du départ en eau libre. Pourtant pas de recette miracle lors de mes entraînements en piscine, je me mets à l’eau, dix minutes tranquilles et ensuite j’effectue la distance de 1,5 km à allure compétition, s’en suit un retour au calme, ce qui totalise un kilométrage proche de 2 km. Pour certains cela semble ridicule, d’autant que je ne nage qu’une seule fois par semaine. Tant pis, je ferais avec…

Pour le vélo, ce sera deux séances par semaine. Une en salle le mardi, avec un travail de seuil et l’autre le dimanche avec les membres de la Runnosphère. Notre terrain favori, la Vallée de Chevreuse qui offre le dépaysement et le dénivelé qui manque cruellement en région parisienne.

Pour la course, partant du constat que c’est mon point fort, ce sera une séance de VMA avec le club de Nanterre et un footing de récupération.

Cette année, j’avais effectué quelques « répétitions » avant Paris en prenant part à deux autres triathlons. Celui de Cergy ainsi qu’Enghien-les-Bains, l’occasion de se rassurer et de travailler les transitions. J’arrive donc à Paris avec beaucoup plus de confiance que l’an passé.

Il est 5h30 Paris s’éveille sous la pluie
Depuis quelque temps, il règne sur la capitale comme une ambiance humide, il n’arrête pas de pleuvoir. J’ai rendez-vous à 7h dans le parc à vélo 3 situé sous la Tour Eiffel. Cette année, il y aura 4500 concurrents pour partager mon anniversaire, soit 3 vagues de 1500 triathlètes : premier départ à 8h, le second à 8h15 et ma vague à 8h30.

Il est temps de se mettre à l’eau
La descente dans la Seine est un peu chaotique. La température de l’eau est idéale, la pluie vient de s’arrêter. Top départ, je me suis placé au milieu du fleuve, je ne prendrais aucun coup cette année. Je suis parti devant, donc personne à doubler. A mi-chemin, je dois faire une pause car mes lunettes sont pleines de buée et prennent l’eau. Elles sont à cheval sur le bonnet et l’étanchéité n’est plus assurée. Et c’est reparti de plus belle, j’ai la Tour Eiffel en point de mire.

T1
La sortie de l’eau est difficile par un escalier métallique qui plonge dans la Seine. Il faut maintenant rejoindre le Champs de Mars et le parc 3, soit 820 m selon mon Garmin 910 XT.

Départ vélo
La pluie qui a été incessante durant la nuit a complètement détrempé la chaussée, il faudra être vigilant. Dès les premiers kilomètres, les crevaisons sont légion, il y a tous les 200m un pauvre triathlète qui s’affaire. Malgré la promesse faite à ma femme de rouler prudemment, j’effectue une partie vélo le couteau entre les dents, je freine le dernier et à chaque virage en épingle je double des concurrents par dizaines. Je profite de l’autorisation du drafting (rouler en peloton) pour me mettre à l’abri d’un vent persistant. Je suis remonté à un niveau qui est le mien, chaque fois que je tente une échappée le peloton me rattrape, alors à quoi bon, je reste au chaud.

T2
La distance entre l’arrêt vélo au pied de la Tour Eifel est le début de la course à pied est de 550 m que j’effectue à 9 km/h mais avec des chaussures de vélo aux pieds sur un sol glissant. Un bel exercice de style.

Course à pied
C’est parti pour faire la différence, je suis dans mon domaine. Le parcours n’est pas le même que l’an passé, je le découvre… Nous ne franchirons qu’une fois la montée du Trocadéro qui possède un fort dénivelé. S’en suit une belle descente qui, nouveauté, est suivie d’une nouvelle côte de courte distance. Retour le long des quais et c’est une longue ligne droite qui nous mènera jusqu’à l’arrivée. Cette année le portique a été déplacé tout en haut des jardins du Trocadéro. C’est dans un dernier sprint que je termine un grand sourire aux lèvres. Je découvre mon chrono : 2h12’ soit 17’ de mieux que l’an passé, je suis sur un nuage !

Ma course en détail
Natation 1500 m : 25’12’’
Vélo 40 km : 1h03’19’’
Course 8,6 km : 34’45’’

Ce triathlon fut l’occasion de tester la montre GPS Garmin 910 XT
Il est trop tôt pour faire un compte-rendu précis, mais les premières impressions sont bonnes. Les menus de configuration sont très intuitifs et faciles d’accès. Je pense que la fonction première d’un tel outil est l’entraînement, il permet une approche « scientifique » et précise. Je continuerai à explorer les fonctionnalités de cette montre et vous livrerai à la fin de l’été un premier bilan. Garmin France

Autre test durant la course les produits énergétique Isostar
Dans le cadre du partenariat Runnosphère/Isostar mais aussi par goût personnel, j’ai pris pour cette compétition la totalité de mes besoins énergétiques sous la même enseigne : Isostar. J’avais donc dans le bidon vélo deux capsules de Power tabs Fast Hydratation, dans la poche une barre salée "Bretzel" et un gel Energy Lemon.

Au final les produits Isostar ont joué pleinement leurs rôles. Pas de coup de barre, ni de crampes et au finish une amélioration de 17 mn de mon chrono de l’an passé. Que demander d’autres… La gamme Isostar

Suite à mon entorse de la cheville, j’étais privé de compétition alors c’est équipé d’une caméra que j’ai fait la course, pour immortaliser les exploits de mes camarades. J’ai réalisé près d’une heure de rush, de quoi monter plusieurs films. Le premier montre l’exploit d’une femme déterminée.

Mathilda est une vétérante 2 du club de Nanterre. J’ai suivi lors des 10 km de l’Equipe sa tentative de record, emmené par Abdel Rezzag le coach du club. Mathilda est une personne entière, quand elle donne, elle y va à fond, et à en juger son état à l’arrivée, on imagine qu’elle a tout donné ! Je suis toujours admiratif par les personnes qui donne tout, qui y vont à fond… peu importe le niveau. Mathilda je te tire mon chapeau.

Lorsque le réveil sonna à 6h30 ce dimanche, je ne savais toujours quelle serait ma stratégie de course ? Le constat était pourtant simple, je n’avais quasiment plus couru depuis le marathon de Paris. Quatre semaines d’inactivités relatives, puisqu’entre-temps j’étais passé en mode «triathlète» et avais remplacé les nombreux footings par des séances de vélo et natation.

Pourtant l’entraîneur comptait sur moi, nous avions une équipe de vétérans qui pouvait obtenir la qualification pour les championnats de France les minimas étant de 2h 50’. Je n’avais aucune idée de mon état de forme ? Je décidai de jouer la prudence et de courir au cardio, départ à 90% et ensuite une vitesse de croisière aux alentours de 92% de la FCM. Cela me laissait en théorie une plage de confort. Verdict dans quelques heures…

L’Ekiden de Pontault Combault est toujours l’occasion d’une fête pour le club, nous alignons pas moins de 11 équipes de 6 concurrents soit 66 compétiteurs. Vous rajoutez les supporters et vous obtenez le chiffre impressionnant de 80 «Nacards» !

La définition de l’Ekiden
Selon Wikipédia : épreuve d’origine japonaise consiste à la succession de relais sur route pour six compétiteurs. La distance est celle du marathon (42,195 km). Les six coureurs ont des distances imposées à parcourir dans l’ordre suivant: 5 km, 10 km, 5 km, 10 km, 5 km et pour finir 7,195 km. Ils se transmettent un témoin léger, pour ne pas entraver le coureur.

J’ai en charge le dernier relais, c’est un poste ingrat, car en cas de retard de l’équipe, c’est sur les épaules de celui-ci que pèsent de rattraper les précieuses minutes. Durant l’échauffement, j’ai les jambes en coton, pas de jus ! Je ne vois pas comment dans quelques instants je vais pouvoir «aller vite» ! Je m’échauffe seul et ne force pas l’allure. Je rejoins la zone de passage de témoin pour attendre le dernier 5 km.

Le voilà, je l’aperçois au loin
Je me place afin de récupérer au mieux le précieux témoin. Le départ est accompagné d’une décharge d’adrénaline, tout à coup je me sens bien ! Je surveille mon cardo, il est bien sûr 90% de la FCM. Je passe le premier kilomètre en 3’ 49’’. C’est une bonne allure lorsque la forme est là, mais en cette période j’envisage plutôt un 3’ 55 / 4’

Partir en dernier, confère un avantage, celui de remonter les retardataires, c’est toujours grisant. Je maintiens jusqu’au 5e km un tempo de 4’ 55 puis j’accuse un peu le coup. À ce moment-là, les  nombreux supporters du club scandent mon nom, je suis durant quelques secondes sur un nuage.

Derniers virages et c’est l’arrivée, j’aperçois mon fils au loin. Quand je le passe, il emboîte mon pas et durant quelques centaines de mètres nous sommes côte à côte, c’est émouvant !

Je franchis la ligne les yeux rivés sur le chrono général, nous terminons en 2h 40’ 13’’, la qualification pour les championnats de France était fixée à 2h 50’ nous y sommes largement. Ma montre indique un temps de 28’ pour ce dernier relais soit pile 15 km/h, je ne suis pas mécontent du résultat…

Place à la fête !
Nous pouvons passer au barbecue, oui vous lisez bien ! Le club emmène en plus de la tente pour faire office de vestiaire et un barbecue de compétition ou seront grillés pas moins de 10 kg de viandes. J’ai le souvenir que les diététiciens du monde entier recommandent un repas léger et sans protéines après un gros effort. La convivialité possède également de grande vertus !

En résumé, des amis, des chronos, des merguezs, what else…

Les albums photos du club :

https://picasaweb.google.com/ptittraileur/EkidenNac13052012

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Les marathons se suivent, mais ne se ressemble pas ! Je fus privé de marathon de Paris l’an passé pour cause de déchirure au mollet, j’avais donc cette année soif de revanche. Pour comprendre cette nouvelle aventure, il faut remonter 8 semaines en arrière.

Mardi 21 février, début de la préparation qui doit me mener aux 3h. Je progresse chaque année de quelques minutes, mais à mes yeux ce n’est pas assez rapide, j’avais imaginé passer sous les 3h plus rapidement ! Pour cette course je met toutes les chances de mon côté et me concentre sur l’essentiel. Je laisse tomber les « gadgets » montre GPS et autres cardios, désormais je vais courir à la sensation, je veux être encore plus à l’écoute de mon corps.

Je décide aussi de revoir mes temps sur fractionner légèrement à la baisse, avec mon précédent entraîneur, chaque séance était une compétition. Après les séances difficiles, il n’était pas rare que je ne trouve pas le sommeil ou que je n’ai plus d’appétit, tellement j’étais épuisé.

Je suis reparti sur de nouvelles bases grâce à Abdel Rezzag l’entraîneur du club de Nanterre. Dans un premier temps, définition de la vitesse VMA afin d’établir les vitesses de travail. J’ai une VMA de 17,5 km/h grâce à ça je vais pouvoir étalonner toutes mes séances. Autre étape importante augmenter mon volume  kilométrique, passer de 60/80 km à 80/90 km par semaine. Ça ce sont les bonnes résolutions, place à la course.

La préparation
De mémoire, je pense que c’était ma première préparation sans blessure. J’ai souvenir de déchirures, de périostites, etc… Celle-ci comme dans un rêve, le corps obéissant à l’esprit ! Mes résolutions sur les vitesses de fractionnés n’y sont pas anodines. Idem pour les sorties longues réalisées toutes avec le club de Nanterre. Il n’y a pas à dire, quand un groupe se met en marche, rien ne peut l’arrêter !

La dernière semaine
Les jours qui précédent sont très importants, ils servent à récupérer et à « compenser » les huit semaines de charge de travail intense. De longues nuits de sommeil et une alimentation stricte sont de rigueur. J’avais décidé de ne plus prendre de Malto, je ne le digérais plus. Je passais à la méthode ancienne, pâtes et riz à tous les étages !

Marathon expo
Toujours un grand moment que cette foire dédié au running. Il y a de tout et pour tous les goûts. C’est en général ici que ce font les réserves de gels et autres boissons énergétiques. Les prix ne sont pas plus intéressants qu’en boutique, c’est juste l’offre qui est pléthorique… Depuis trois ans, j’organise une pasta party le vendredi midi afin de réunir les gens que j’aime, pour partager nos espoirs de chrono et nos craintes.

Le matin de la course
Rendez-vous avec le club à 7h30 près de l’arrivée. Chacun des participants possédera son lièvre, une personne dédiée qui aura en charge de donner le tempo, mais aussi de prendre les ravitaillements pour éviter les pertes de temps. Ce sont donc les derniers échanges avec le coach et les lièvres. Sébastien m’attendra au 22e km et portera pour moi les gels ainsi que quatre petites fioles de boisson énergétique. Au final plutôt une mule qu’un lièvre !

Objectif de course
Le tempo avait été décidé depuis 10 jours, je suis conscient que je n’ai pas le niveau pour faire 4’ 16’’ au kilo pour faire 3h, alors j’opte pour un plan B. Je partirais sur un rythme de 4’ 20’ / 4’ 23’’ ce devrait m’assurer un chrono de 3h 04’/ 3h 05’

Le départ
Nous rejoignons nos sas respectifs. Le froid et le stress m’empêchent de respirer correctement. Je connais de nombreuses personnes qui sont dans ce sas et bizarrement, je suis seul ! Je suis concentré et confiant, ce sera un jour avec… Coup de pistolet, c’est parti… je fais parti de la première vague avec les élites. La descente de la plus belle avenue du monde est toujours un grand moment ! Je regarde mon chrono à chaque kilomètre, car il est facile de partir trop vite.

10e km
Nous entrons dans le bois de Vincennes, le 10e km se trouvant au pied du grand rocher de l’ancien zoo. Je suis dans les temps, j’ai même 13 secondes d’avance (Temps au KM 10 : 00:43:37), je dois l’avouer, j’ai même l’impression de faire un footing, pourvu que ça dure…

15e km
Nous sommes à l’hipodrome de Vincennes dans une partie qui monte légèrement et malgré cela je possède encore 30’ d’avance sur l’objectif. (Temps au KM 15 : 01:05:08)

Semi-marathon
Le passage au semi est très important sur un marathon, il est un bon indice chronométrique et de fraîcheur et puis je sais que c’est la que je retrouverai mon lièvre Sébastien. J’ai 50’’ seconde d’avance et je me sens bien. Je retrouve une bonne partie du club, et leurs encouragements me font chaud au cœur. (Temps au KM 21.1 : 01:31:08)

30e km
Pour moi la plus belle partie de cette course est après Bastille lorsque nous descendons sur les quais avec un panorama sur Paris magnifique. Les tunnels ne me gênent pas contrairement à beaucoup. La tour Eiffel indique au loin le 30e km et aussi le début de la vraie course, car il est assez facile de courir jusque là c’est ensuite que les ennuis commencent ! Je suis un peu rapide, j’ai 1’ 25’’ d’avance sur le tempo, mais je me sens toujours bien alors pourquoi pas un hold-up ?

35e km
Dépassé la maison de la Radio, commence un long faux plat qui mène à Molitor, l’ascension pénible casse bien les jambes. Nous contournons Roland Garros et à nouveau un faux plat pour atteindre le rond point d’Auteuil où cette fois une vrai côte achève les concurrents. Je suis toujours bien malgré le dénivelé, Abdel Rezzag apparaît sur un vélo et m’encourage énergiquement. Sébastien joue à merveille son rôle de lièvre, il s’occupe des gels et des boissons. Nous sommes toujours en avance d’une minute. (Temps au KM 35 : 02:32:28)

40e km
Je déteste cette dernière partie, elle est triste est monotone, les longues lignes droites ont le don de vous saper le moral. Depuis le 37e km, je fatigue, j’arrive au 38e km complètement épuisé, j’ai l’impression de ne plus avancer. Sébastien entame son coaching mental et me donne la force de continuer…

Nous apercevons au loin Rogedi un membre du club, il est entouré de deux lièvres et malgré cela, il est en pleine détresse. Je suis triste pour lui ! Nous le rattrapons au 40e km, ma tape sur l’épaule et des encouragements n’y feront rien. J’ai moi-même du retard 35’’

42e km
L’arrivée n’est plus loin j’entends les bruits de la sono et pourtant je n’en peux plus, je suis vidé ! Je ne vais pas fléchir si près du but ?  Pourtant mon réservoir est vide !

Dernier rond-point et c’est l’arrivée. Je donne tout, je ferme les yeux, je suis dans un état second. Derniers mètres, dernières souffrances !

Temps final
La ligne franchie, je titube, je suis blême. Je demande à Sébastien de rester près de moi car je sens que je vais tomber dans les pommes. Je récupère t-shirt et médailles et m’enfile deux bouteilles de Powerade assis sur mon bout de trottoir. Je me sens mieux !

Un coup d’œil sur le chrono : 03:06:42, ce n’est pas les 3h 05’ escomptées, mais cela représente quand même mon nouveau record. L’ancien datant de 6 mois à Amsterdam en 3h 10’.

Je décide d’être positif est m’autorise à être heureux !

L’après-course
Le meilleur moment d’une compétition, c’est lorsqu’elle s’arrête ! Et que tranquillement installé avec ses amis, l’on refait la course. Globalement, ils sont tous ravis et leurs sourires font plaisirs. Beaucoup jurent que c’est le dernier, car la distance est trop dure, le dernier jusqu’au prochain…

J’aime le marathon car cette distance est une vraie aventure humaine, rien n’est certain à l’avance, la défaillance peut survenir à n’importe quel moment…

Quand on court et qu’on part habiter a New York, on s’assure de se voir poser 1000 fois la question « tu vas courir le marathon ? ». Mais voila, le marathon de New York est en novembre alors que bien sur je suis outre atlantique de decembre a juin, et meme si –quand meme- je me suis inscrite au tirage au sort, les dossards sont rares… Bref, qu’a cela ne tienne, la cote est est riche en magnifique villes a courir, et il y a quelques mois déjà que j’avais porte mon choix sur Washington.

4h de bus m’amenent vendredi apres midi en plein cœur de « DC », et je prends le metro pour aller vers « DC armory », ou se fait le retrait des dossards. Le batiment appartient a l’armee donc on a le droit a la fouille complete a l’entree, mais a l’interieur, l’environnement habituel : les stands de sport, courses et autres organisations qu’on aime tant a visiter, avec les coureurs d’un peu partout. L’organisation est americaine, comprendre : ultra efficace. En 3mn j’ai retire mon dossard et change mon numero de sas (je me suis inscrite en objectif 4h15, apres un marathon de Paris en 4h20 en 2011, mais, confiante de mon entrainement, vais viser plus haut).

Dimanche matin, temps magnifique, temperature clemente… Je vais prendre un metro plein a craquer de coureurs. Le depart est commun au semi, qui compte l’ecrasante majorite des participants, et au marathon. Dans le sas, ceux qui s’elancent pour 42km – pardon 26.2 miles- se reconnaissent avec leurs dossards bleus et echangent des regards entendus.

Le depart, apres l’hymne americain habituel
Il est donne a 8h pile, je franchis la ligne quelques minutes a peine apres le coup de feu. La premiere moitie de la course (le trajet du semi donc) est en pleine ville, on tourne autour du Capitole en point de repere, on longe la maison blanche, on profite des encouragements de la ville sur la place animee de Dupont Circle, on comprend quand on en avale le dénivelé pourquoi on parle du « Capitol Hill » (colline du Capitole). Le temps superbe, la floraison des cerisiers, qui est arrivee tres tot cette annee et pour laquelle les touristes se pressent chaque annee dans les rues de la ville que nous courrons, rendent la course superbe. Je fais les deux premiers miles trop rapidement, mon chrono est formel (a moins que je ne pense finir en 3h30…), donc me freine un peu, et me retrouve bientôt a la hauteur des meneurs d’allures de 3h40. A ce moment la résonne dans mes oreilles la derniere conversation avec le coach du Nanterre Athletic Club (NAC) qui, malgre les kilometres, a suivi de pres ma preparation, et m’a repondu la veille alors que j’expliquais que mon objectif était de passer sous les 4h qu’il savait que j’etais capable de mieux, et qu’il me fallait viser entre 3h40 et 3h50. Objectif totalement irrealiste mais je me repeterai un bon millier de fois dans la suite de la course « s’il a dit que c’était bon, tu peux le faire », et decide de m’accrocher a ce petit groupe autour des 3-4 meneurs d’allure. Les miles filent, accompagnes d’un petit soupir decourage quand nous passons sous le panneau « half to the left, full to the right » et que tous les coureurs du semi marathon tournent a gauche vers leur ligne d’arrivee quand les rangs clairsemes des marathoniens continuent pour la deuxieme partie sur la droite.

On se tape dans la main au passage du semi avec la meneuse d’allure que je ne lache plus d’une semelle, elle me garantit que la 2eme partie, sur les bords du fleuve Potomac, n’a plus de denivele. Le paysage, moins citadin, est un peu moins joli, ou peut etre est-ce que je commence a vraiment souffrir, mais je m’accroche, les miles et les gels d’effort defilent, et je tiens toujours. Quand je dis, vers le 19eme mile, a un des meneurs que j’ai fait mon dernier marathon a 4h20, il m’assure « you’re gonna crash that » ! Un coureur devant moi a un T-shirt avec marque au dos « pain is the weakness going out of your body » (la douleur, c’est la faiblesse qui sort de votre corps). Je pense au T-shirt du NAC que je porte, au statut facebook triomphant que je vais poster sitot arrivee… On s’accroche aux motivations qu’on peut… d’autant plus que le soleil commence a trop taper et les jambes a trop tirer.

3 miles avant la fin, les meneurs d’allure me lachent
Je n’avance plus que dans la douleur, mais je sais déjà que je suis en train de faire une belle course et je m’interdis de ralentir. Un dernier pont et je vois le stade de l’arrivee, je m’offre meme le luxe d’un mini sprint et termine en 3h41 et 22secondes, une performance que je n’aurais jamais pense atteindre. Oui, vraiment j’adore Washington !

A peine la ligne passee, un bagel (obligatoire…) avale, la medaille autour du cou, j’envoie mon temps a ceux, ici et en europe, dont les pensees m’ont portee dans la course. Illico le coach Abdel, le gourou devrais-je dire, passe un petit coup de fil. Je ne sais pas s’il se rend compte a quel point je dois cette perf au NAC et a son coaching.

Plus tard, apres une apres midi passee, sans repit, en visites et balades dans la ville, et apres etre sortie jusqu’à 3h du matin (apres tout c’est la Saint Patrick), les jambes lourdes mais dopee par le plaisir pris a la course, je me poserai la question qui me confirme que je suis atteinte de la grave pathologie psychologique du coureur accro aux endorphines… alors, a quand le prochain ?

Stéphanie Woringer