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Depuis quelque temps, le minimalisme s’est introduit dans le paysage du running  avec pour fer de lance Christian Harberts et « le professeur » Fred Brossard. Alors que dire et que penser de ce mouvement ? Pour certains un simple coup marketing et pour d’autres une évidence biomécanique. Afin d’y voir un peu plus clair, moi qui suis un coureur « old school », je prends rendez-vous avec Benoit Grangier de la boutique Espace Vibram FiveFingers  les importateurs pour la France de la marque minimaliste.

Quels seraient tes conseils de départ pour les « non-initiés » comme moi ?
Le premier conseil serait la motivation ; les VFF permettent de progresser en corrigeant des défauts élémentaires comme la foulée et/ou la prise d’appuis. Ce travail implique souvent de faire un effort sur soi pour remettre en cause sa technique.

Comme l’explique Blaise Dubois, si vous courez 20 minutes par mois, ne vous êtes jamais blessé et ne souhaitez pas progresser, pourquoi ne pas continuer avec des grosses chaussures ; dans le cas contraire, vous aurez tout à gagner à essayer le minimalisme, à condition de justement vouloir s’améliorer techniquement et physiquement.

Est-il facile de « switcher » ?
La transition se fait immédiatement car le mouvement est naturel et après quelques mètres, le corps comprend que l’amorti talon est impossible ; quant aux orteils, ils se mettent en action comme s’ils l’avaient toujours fait.

Une période d’adaptation est-elle nécessaire ? Faut-il choisir son camp ?
Oui le plus important est d’être progressif. Il faut alterner avec son ancienne paire au cours des premières sorties et ne pas dépasser 15 minutes malgré l’euphorie de légèreté, de liberté de mouvement que procurent la soudaine mobilité des pieds et des chevilles qui retrouvent leur usage naturel.

Il ne faut pas hésiter non plus à courir directement pieds nus sur les surfaces qui le permettent. (piste d’athlétisme, route lisse, pelouse synthétique…)

Car c’est en étant le plus proche du sol  que vous trouverez vos appuis idéals ; vous verrez ensuite que le corps mémorise un certain temps cette zone de contact même en étant chausser autrement. Pour continuer à effectuer le bon geste le plus longtemps possible, le plus facile est donc de diminuer au maximum l’épaisseur entre le pied et le sol pour ne pas interférer la transmission d’information sol-pied-cerveau.

Quand j’ai découvert les VFF
j’ai compris qu’il était possible
de courir sur toutes les surfaces"

Revenons à toi Benoît, comment t’est venu l’idée ou l’envie de courir pied nu ?
Il m’arrivait de courir pieds nus de temps en temps avant les VFF car en plus des sensations agréables j’avais constaté que mes douleurs aux chevilles et genoux disparaissaient et que ma foulée devenait plus dynamique. Mais je me limitais à la pelouse et/ou au sable, alors quand j’ai découvert les VFF j’ai compris qu’il était possible de courir sur toutes les surfaces comme si on était pieds nus.

Comment c’est passé la transition ?
J’ai commencé par alterner avec mes anciennes chaussures les premiers mois, mais très vite il m’est devenu impossible de continuer avec cette paire que je trouvais trop lourde avec des semelles trop épaisses donc  je suis passé sur mes paires de compet beaucoup plus fines en complément des VFF. Désormais je cours uniquement ou presque avec des VFF sauf sur les parties accidentées en montagne, car même avec un modèle comme les nouvelles Spyridon je n’ai pas encore la technique nécessaire pour passer entre les pierres.

Souffres-tu du manque de reconnaissance du minimalisme ?
Il s’agit plus pour le moment d’un manque de notoriété car à partir du moment où on prend le temps d’expliquer le concept et de le faire tester, il faut être de mauvaise fois ou…concurrent pour ne pas s’apercevoir qu’il y a une logique à courir avec une foulée naturelle ; et quoique pour les concurrents…ils commencent à créer leur modèles minimaliste au risque d’être incohérent avec le reste de leur gamme, c’est qu’ils ont compris qu’il faisaient fausse route avec leurs anciens modèles.

Comment s’organisent tes entraînements ?
Par manque de temps, je m’entraîne sérieusement uniquement à l’approche des compétitions. Ma prochaine grosse échéance étant le marathon du Mont-Blanc (où Vibram sera présent quelques jours avant pour le stage Alpine Baraefoot avec l’Ucpa)  je commence doucement à travailler le dénivelé et essaye comme les vrais (Dawa, Killian) d’aller vite en descente sans poser le talon.

Aujourd’hui quelle place occupe le sport dans ta vie ?
Etant sportif et ayant la chance de travailler pour une marque de sport,  le sport occupe toute ma vie ou presque.

Est-ce pour cela que tu as décidé d’ouvrir une boutique à Paris ?
L’Espace Vibram FiveFingers est le lieu idéal pour présenter toutes les VFF qui existent.

Parle nous de la gamme VFF ?
Vibram continue d’élargir la gamme running, avec un modèle (Seeya) qui va encore plus loin dans l’approche Barefoot ;  la finesse et la souplesse de la semelle ont été poussées à l’extrême pour avoir la chaussure qui se rapproche le plus de l’état pieds nus (c’est le but ultime de la marque).

Mais Vibram n’en oubli pas pour autant, la gamme trail qui voit l’arrivée de 2 nouveaux modèles Spyridon et Spyridon LS pour une pratique plus sûre sur les surfaces techniques (nouvelle semelle Vibram XS Trek)  mais toujours avec d’excellentes sensations de sol et de dynamismes.

Comment vois-tu l’avenir du minimalisme ?
Je dirais plutôt le minimalisme c’est l’avenir. Si on regarde les chiffres dans le monde et notamment aux US : une paire sur dix vendue est minimaliste et on prévoit cinq sur dix dans 5 ans ; et en se projetant plus loin on peut même prédire que la tendance va progressivement s’inverser et que d’ici 10 ans, on se demandera comment on a fait pour courir avec des chaussures de 400g avec des triples systèmes de stabilité qui agissent contre nature.

Retrouvez l’espace Vibram FiveFingers à Paris – 10 rue Dupuytren (Metro Odeon)