Semaine 3 de Running Guy

Publié: 10 février 2011 dans Récits

Comme l’a si bien dit Jeannot, la semaine dernière fut consacrée « à faire du jus » en vue du 10K « Les foulées de Vincennes » du dimanche.

Sur mon plan, c’est mon premier véritable test. L’objectif fixé par Abdel est de 39’16 ». Avais-je déjà mentionné que je lui avais dit que je souhaité réalisé 39′ sur 10K ? Non, ben maintenant c’est fait. Après les 10K du 14ème, les promesses entrevues il y a 15 jours doivent maintenant se concrétiser.

Alors c’est parti pour une semaine relativement cool axée sur l’endurance avant l’événement dominical tant attendu.

Mardi et Jeudi

45′ d’endurance à l’allure de 4’43 »

C’est la 4ème et 5ème fois que je réalise cette séance. Donc comme les papys, je ne perds pas mes habitudes et direction le stade de Courbevoie.

Une petite crainte le jeudi où une douleur me saisie dans la jambe gauche au démarrage ; comme la semaine dernière pour ceux et celles qui suivent ma chronique. Bref une fausse alerte. A bien y réfléchir, je me demande si ça ne vient pas du fait que je suis plus du matin que du soir (?).

Toujours jeudi, je vois enfin Brice (coach au Nike Running Club) courir avec un de ses athlètes ; d’habitude je le vois dispenser ses consignes et surveiller ses coureurs au loin. Là il court et pour marquer sa présence – dont je ne m’étai pas rendu compte – me tire sur le maillot.

La séance de jeudi a été vraiment sympa, car il n’a pas fait froid et que du coup, j’ai laissé le coupe-vent à la maison (tout en gardant 3 fines couches de vêtement quand même et le cache-col), et il y avait plein de monde sur la piste : plusieurs groupes d’athlétisme bien sûr, sprinteurs, demi-fondeurs et sauteurs mais aussi des triathlètes. Vu la séance que je devais faire, j’ai couru dans le second couloir voire le 3ème, ce qui n’est pas très gênant, mais quand il sera question de fractionné, alors là ce ne sera pas la même limonade : « Dégagez la piste ! »

Samedi

40′ d’endurance + 5 x 100m en 19″ avec récup’ de 35″

Comme tous les samedis, direction le château de Vincennes pour rejoindre coach Abdel, JP, Alexandre, Alain et … Hodha.

C’est la première fois de l’année que je la revois après son mois de janvier dédié aux voyages, au bronzage et sa remise sur pieds après sa blessure de l’année dernière qui l’a contrainte à stopper la course à pied un bon moment.

Petit aparté : je ne ferais jamais au micro climat qui règne au bois de Vincennes, il doit faire 2/3 degrés de moins que partout ailleurs à Paris ou sa banlieue et il y a du vent.

Alexandre nous fait part de sa stratégie pour le lendemain : poser des pièges le long du parcours 🙂

Alors pour ne pas tomber dedans, pour l’échauffement, nous partons en repérage. Mais ceux-ci tournent généralement à la farce car il y a toujours un grain de sable qui fait qu’on est jamais « dans le sens de la marche ».

Petite anecdote, l’année dernière la semaine précédent le marathon de Paris (2010 donc), je suis parti avec les quelques coureurs (NDLR : je n’y ai pas participé) – Alain, JP, Alessandro et Alexandre pour ne pas les citer – faire la reconnaissance des 12 derniers kilomètres donc à partir du Trocadéro emplacement du KM30. A noter que la ligne bleue du tracé n’était pas encore imprimée sur le bitume. Au cours de ce périple certains kilomètres ont dû faire 500m, d’autres 2000m, il y en a même qu’on a carrément jamais vu. Et voilà comment 12km se sont transformés en presque 20 bornes.

Retour à samedi dernier, nous nous dirigeons donc dans le bois de Vincennes pour nous échauffer dans l’optique d’appréhender un peu le parcours. Mais le fameux grain de sable vient s’immiscer dans le rouage de cette séance alors dans l’ordre on croise le km 9, puis 4, 5 et enfin 1.

Après 35′, Abdel nous amène vers un chemin qui représente une quasi ligne droite pour que nous puissions faire nos 100m. Avec Alexandre et Alain, nous réalisons nos 5 répétitions avec un peu plus de récupération que prévu mais sous l’œil attentif d’Abdel.

Lui se consacre à Hodha qui suit un programme aménagé de retour à la course à pied, donc elle a le droit à des séries de gammes avant d’exécuter 8 x 200m. Avec Alain nous nous glissons dans leur sillage pour ne pas rester inactif.

Retour au parking, la séance est terminé.

Le retrait des dossards ne démarrant qu’à 12h00, Alain convie Hodha et moi chez lui pour patienter. Une attention d’autant plus délicate qu’il m’offre sa salle de bain pour me débarbouiller et un café avec du miel fait par des abeilles artisanales J Ces instants de partage me sont très chers.

Grâce au talent de fine organisatrice d’Hodha, le retrait des dossards nous permettra de revoir Abdel, JP, et les sœurs JOUOT Sandrine et Cécile. Que de sourires et de bonne humeur 🙂

Alors voilà le jus c’est fait, maintenant il va falloir le consommer.

Dimanche

10K Les foulées de Vincennes.

La veille au soir, difficile de trouver le sommeil, le stress monte. Comme je l’indiquais cette course est mon premier objectif et je ne dois pas me louper. J’ai vraiment de grands espoirs après les entraînements et le 10K du 14ème.

Réveillé à 7h30 (3 heures avant la compétition), tout va bien. Je fais mon sac puisque la veille je n’étais pas arrivé à me décider quelle tenue mettre – hormis les chaussettes neuves et après mure réflexion je décide de faire ma première course avec mes LunarEclipse au lieu de mes traditionnelles Vomero – ; alors collant/short ? manches courtes/longues ? Bon j’opte pour le short et le t-shirt mais molletonné le t-shirt … et j’emmène le reste aussi, sait-on jamais 😉

Je vais alors connaître un grand moment de panique lorsqu’arrivé à la gare de La Défense, j’apprends que le trafic du RER A est interrompu entre La Défense et Auber pour cause de colis suspect à Etoile. Et quand on sait que la ligne 1 du métro est hors service jusqu’à 10h00, je ne sais plus trop quoi faire. Je me rabats alors sur le train qui va à Saint Lazare pour ensuite gagner la station Auber. Je coure. L’échauffement a commencé pour moi. Et loi de Murphy oblige, lorsque j’arrive à Auber, les agents RATP me signale que le trafic est de nouveau reparti. Tout ça pour rien. Ah si peut-être l’adrénaline.

Le rendez-vous étant fixé à 9h30 sur le parvis de la Mairie de Vincennes et en sachant bien que j’aurais quelques minutes de retard, je me change dans le RER au milieu des autres passagers ; qui ne sont pas si nombreux que ça non plus. J’en profite pour me huiler les jambes à l’arnica pour préparer les muscles. Une potion magique ?

J’arrive enfin et tous mes amis sont encore là, ouf ça fait du bien de les voir. Le stress redescend d’un coup.

J’ai déjà évoqué le cas micro climat de Vincennes, et bien je ne suis alors pas loin de penser m’être trompé de tenue en optant pour le court. Il y a du vent et la température ressenti est très fraîche, mais heureusement que le sac poubelle d’avant épreuve me conserve au chaud. Une fois qu’Abdel et Alain sont de retour (Louis le fils d’Alain participait au 2K), nous partons nous échauffer avec Christophe qui va courir son tout premier 10K. Tranquillement mais sûrement. Dernier conseille d’Abdel : ne pas partir trop vite sous peine de le payer par la suite ; mon objectif de 39’16 » doit m’amener au 5ème kilo en 19’40 ». Contrairement au 10K du 14ème, cette course je vais devoir la gérer seul, pas de coach pour mener l’allure.

Il est alors l’heure de rejoindre le sas de départ. Je suis rouge impair – enfin mon numéro de dossard – donc du côté droit de la chaussée avec les premiers. Par conséquent je vais éviter la cohue et je ne devrais donc pas être ralenti ou être obligé de slalomer dès le départ.

Et le coup de feu est donné, c’est parti.

Après quelques centaines de mètres, Sébastien me dépasse (nous étions dans le même sas de départ), je lui glisse un petit encouragement au passage. Le premier kilo est avalé en 3’49 », je me dis alors que c’est un peu rapide et qu’il faut réduire un peu la voilure. Le second se fera en 3’54 », jusqu’au KM5, mon allure oscille entre 3’52 » et 3’53 ». Le premier verdict tombe : 19’20 » à mi-course. Je suis très en avance. Ma première réaction est de me dire que j’ai un matelas de 40″ pour finir la course dans l’objectif. Mais je me dis également que je dois retarder au maximum le moment où je flancherais ; tant que les cannes répondent, je ne calcule pas. Les kilomètres 5 et 6 sont très durs, une interminable ligne droite en faux plat montant. L’allure a d’ailleurs très légèrement diminué, je sens que j’ai lutté pour me maintenir  et que l’effort va se payer. Mais deux heureux évènements combinés surviennent alors.

Premièrement le profil qui se présente est en légère descente, j’en profite donc pour relâcher les bras et me détendre un peu. Mais surtout qui vois-je à quelques dizaines de mètres devant : JP ! La machine repart, je m’accroche pour conserver l’écart, je constate vite que mon allure est de nouveau plus élevé. A l’approche des 2 derniers kilomètres je me rends compte que Jean-Pierre prend ses distances. Je me dis alors que je suis en train de fléchir, mais pas du tout, j’ai même légèrement accélérer. En fait Jeannot est en train de tout donner sur la fin de course, et là je ne peux pas suivre son rythme.

Pendant toute la course je me suis forcé à ne regarder ma montre qu’au passage des différents kilos pour vérifier mon allure, mais passé le 9ème, je la regarde une fois pour savoir combien de temps il me reste à courir. C’est idiot car ça ne sert strictement à rien à ce moment-là. Le dernier virage s’annonce et en voyant le chronométrage officiel, je me fixe comme objectif d’arriver avant les 38’40 ». Chose faite en 38’39 » et 38’34 » réel soit un deuxième 5000m en 19’14 » et des allures tout au long de cette compétition entre 3’48 » et 3’54 ».

Objectif largement atteint et record personnel pulvérisé (n’ayons pas peur des qualificatifs !) de 52″ … en 15 jours.

Au-delà de ma performance personnel, ce qui me rend véritablement heureux dans cette journée, c’est de voir mes collègues (à prononcer à la marseillaises pour que sa prenne toute sa saveur et son sens) un à un confier leur propre résultat et de faire le bilan ahurissant que tout le monde à réaliser et dépasser ses objectifs. Tous sauf Alain, qui malheureusement est en manque de rythme en ce début de saison mais qui réalise tout de même une bonne minute de moins qu’il y a deux semaines. Je ne peux imaginer sa déception ou sa frustration tellement il a mis la barre très haute cette année maintenant qu’il est passé V2 et qu’il a tout pour se qualifier pour les championnats de France que ce soit sur 10K, semi ou marathon. Nous sommes ses premiers supporters et nous savons touts foi en lui, nous savons qu’il y arrivera.

C’était une journée phénoménale ! Bravo à toutes et à tous. La semaine s’achève sur une note positive, la satisfaction des uns n’a d’égal que la fierté des autres.

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commentaires
  1. giao dit :

    beau moment de camaraderie évoquée bravo pour ton record pulvérisé, Running Guy !

  2. Ptigouda dit :

    tres beau recit de course 🙂 et t’as pas parlé de ta tres bonne galette des rois encore merci !

  3. Un superbe temps sur ce 10km. Bravo.

  4. Un très beau chrono et un très beau récit, en un mot, tu es un champion !

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