Bio de Laure

Publié: 9 mars 2011 dans Récits

Je suis tout sauf sportive. Et j’en veux pour preuve, mes prouesses au collège et lycée, dont les résultats arrivaient à peser dramatiquement sur ma moyenne.

Par contre, la seule discipline qui m’ait laissé un souvenir agréable au collège, ce sont ces tours de piste que je finissais sans trop d’effort et qui m’ont permis d’exister aux yeux des professeurs d’éducation physique, puisque là je devais être dans les premiers sans me forcer. Sinon, tout autre sport : du tennis  même à la gymnastique qui me terrorisait avec son cheval d’arçon et ses barres qui puaient le danger, en passant par les sports collectifs, où je fuyais le ballon dès que je le voyais s’approcher, je brillais par mes sous-performances.

En revanche, j’avais une passion entre art et sport que j‘ai pratiquée avec bonheur et labeur pendant 20 ans, c’est la danse classique. A 5 ans, ma mère, professeur de patinage artistique m’inscrit à la danse, je faisais de la danse comme j’aurais pu faire de l’équitation ou des majorettes, bref, peu de souvenirs. C’est à 13 ou 14 ans, que la passion est née ; J’étais au conservatoire, et je jonglais entre école, cours de danse plusieurs fois par semaine et solfège obligatoire, avec examens et galas en fin d’année. Ca ne rigolait pas. Mais moi, c’était ma vie.  L’école et tout le reste me gonflait, je vivais au rythme de mes leçons et de tout ce qui touchait à la danse.  Je me souviens encore de l’odeur de cuir d’agneau mêlée à celle un peu surannée de colophane et de poudre de la boutique où j’achetais mes pointes et demi-pointes…..

Sauf qu’un jour, mes résultats ont alerté mes parents sur le danger « eh oui !» que constituait la danse, menaçant mon devenir scolaire. Et hop, on arrête la danse d’autant que, ma petite fille c’est un milieu terriblement dur et bouché (Black swan à cet égard n’est pas complètement une fiction !), continue tes études, ce sera plus sûr.

Je ne connais pas vraiment de domaine où règne les Bisounours et où on vous attend les bras ouverts, et alors encore moins sans passion.

Bref, jusqu’à 25 ans, j’ai beaucoup déménagé et ai continué la danse à l’Opéra de Lyon en dilettante et en ayant perdu le feu sacré.

Puis, comme j’ai fini par le découvrir, à l’instar d’un grand nombre d’entre vous, les études, le boulot, et mon statut de danseuse mué en celui d’intello n’ont pas milité pour la pratique de quelque discipline que ce soit.  Mais, les kilos disgracieux ont commencé à poindre le nez, j’ai donc tenté sans conviction la course à pied. Je travaillais alors chez Coca-Cola, je me fais « cornaquer » par le directeur des finances, on échange sur nos exploits, mais les miens ne me procurent aucun plaisir, au contraire, me voilà contrainte d’arrêter pour des tendinites dues à un entraînement subit et excessif très mal géré. Enfin un accident, une voiture qui me passe sur le pied ont achevé de me détourner définitivement de la course à pied.

Un enfant, puis deux, des kilos en moins !

Et un beau souvenir d’un été en Bretagne, dans une maison de rêve, où un ami partait tous les deux jours courir au-dessus de la falaise. Chiche je l’accompagne deux, trois fois, avec pour tout équipement une paire de converse et un bermuda de ville so chic pour le suivre, et là le paysage sublime de la mer, la température douce estivale, le coucher de soleil de ces longues journées d’été, la foulée facile m’ont redonné goût à la course à pied, même si j’ai perdu mes poumons, parce qu’en plus je fumais.

La rentrée arrive,  je prends mon mercredi pour emmener l’un de mes enfants chaque mercredi matin au poney. Et c’est là que je décide de rechausser une vraie paire de running et tout ce qui va avec, et de courir. Forte de mon expérience malheureuse suite à mon entraînement fou précédent, je décide de courir très progressivement tant en allure qu’en distance. Vingt minutes la première fois, puis de plus en plus. Je retrouve les sensations fugaces de la Bretagne, et surtout celles de l’effort accompli,  et contre toutes attentes, le bien être ressenti à la fin de mes « leçons » de danse. Ce jeu de muscles, de mouvement, que j’orchestre, accompagnée de la musique me galvanise comme la danse. Une fois par semaine, deux, puis trois fois par semaine.

Je m’équipe, je contrôle ce que je fais, j’analyse, et pendant plus d’un an je fais cela toute seule sans autre but que le bien-être quotidien, la soupape de sécurité, ma source d’équilibre, entre autres. Pas la moindre douleur, que du bonheur. Mais je ne me malmène pas non plus. Je dois préciser que je ne puise pas dans mon travail tout l’épanouissement souhaité, j’ai vraiment trouvé là le complément qui me permet d’atteindre un certain équilibre.

Facebook….

je retrouve Jean-Pierre, mon ancien collègue de travail, nous ne nous étions pas revus depuis bien 7 ans.  Au cours d’un repas chinois, nous découvrons notre passion commune, et pourtant à l’époque ni l’un ni l’autre n’était dans ce trip.

-Je cours !

– Ah oui moi aussi,

– oui mais moi beaucoup,

– moi aussi !

….C’est là que le Running Club fait son entrée. J’y allais pourtant à reculons, parce que je m’accommodais très bien de mes sorties solitaires et musicales ;  Et la distance comme la plage horaire de la parenthèse des Tuileries- Champs Elysées coïncident difficilement avec mes obligations familiales. D’autant que je ne suis pas vraiment encouragée dans cette pratique ….

Un grand nombre de membres qui ont déjà écrit sur ce blog ont très bien dépeint ce qui se passait ces dimanches matins magiques. Je me retrouve parfaitement dans leurs mots. Je me demande comment ces quelques heures peuvent à ce point nous dispenser cette énergie pour attaquer plus sereinement chaque semaine qui suit. C’est dimanche, souvent précédé de nuits courtes, difficile de se lever, le temps n’est pas forcément bon, mais on vient, on est là. On flirte avec la marque swooooosh, elle fait partie du décor, elle nous permet de croiser les pas de Bob Tahri et Christelle Daunay ;  Des runners, des hommes et des femmes de tout âge, toutes nationalités animés par la même passion, et qui pour certains sont vraiment des amis.

Passage à vide l’année dernière jusqu’en décembre, des douleurs dans la jambe m’empêchent de courir. Je suis déstabilisée, mais surtout par l’ignorance de la cause. Médecin, kiné, radio, un premier ostéo, repos, podologue et semelles, c’est le fiasco. La douleur s’installe à la cuisse, puis au genou, puis au mollet,  elle s’accroche. Jusqu’à ce que j’entende parler d’un ostéopathe, celui de Jean-Pierre, puis de Fatima. Et là… Je le vois une fois, et il m’aide –c’est idiot ! j’avais complètement oublié- à faire le lien avec la voiture, le pied écrasé, etc… je reprends rendez-vous une deuxième fois, et je lui dois énormément. Il  m’a décrit précisément l’évolution de la douleur sous forme de gêne,  J’ai suivi scrupuleusement ses conseils de reprise, et depuis je m’entraîne, en parcourant  cinquante kilomètres environ par semaine, en retrouvant la capacité de ma jambe, sans jamais avoir la moindre douleur.

C’est au contact de cette équipe de coureurs et de coaches du Nike Runnin Club, gagnée par leur belle énergie que je me suis décidée à m’inscrire à des courses. Petit à petit ; la parisienne, Odyssea, un premier semi avec la course Paris Saint-Germain et  à venir le deuxième semi-marathon le 6 mars, mon premier marathon, le mythique Marathon de Paris.

Premier marathon, première préparation, premier plan… Fini donc pour un moment les footings plaisirs, place aux sorties minutées, assorties de fractionnés, fartlek et autres minutes de récupération. Je me professionnalise, je fais des sacrifices, je m’entraîne autant que je peux, les pauses déjeuners, les matins parfois très tôt en semaine,  parce que mon vœu est de courir ce premier marathon avec plaisir et avec temps dont je veux être fière !

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commentaires
  1. Running Guy dit :

    Je ne me lasserai jamais de te lire…
    Point de passage sur ton total look, étudié jusqu’au bout des ongles 🙂

  2. cécile dit :

    C est magnifique !

  3. Quadra94 dit :

    Bravo Laure, une bio si complète qu’elle aurait mérité une préface 😉 Tes sacrifices vont payer

  4. jouot dit :

    trop mimi notre LAURE!ca va payer ! j en suis sur !et vive facebook , et vive jipe sans eux on ne t aurait pas connu !

  5. Ptigoufa dit :

    Magique …Laure ta douceur et ton sourire c’et ce qui m’a marquée le plus, je me souviens une phrase que tu m’as dite et qui me motive a chaque fois « si tu cours 10 tu cours 20 » 🙂
    Aujourd’hui je me dis si tu cours 21…écoute Laure et tu courras 42 🙂

  6. giao dit :

    Je comprends mieux ta sensibilité et ta finesse, elles viennent d’une pratique de la danse classique qui exige rigueur et assiduité
    tu es une personne bien agréable malgré cette discipline, jeune fille de bonne famille !

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