Trois petites séances et puis le marathon…

Publié: 7 avril 2011 dans Récits

Laure nous livre ses dernières impressions avant le grand saut. Ce sera pour elle la première fois sur cette distance. Nous lui souhaitons bonne chance…

Avant-dernière semaine avant le marathon, ça y est, enfin les séances , même si j’en compte toujours 4 dans la semaine, sont plus humaines et ressemblent davantage à mes sorties fétiches d’avant marathon.

Avant-dernière semaine avant le marathon, penser MDP, me fait battre le cœur plus vite même au repos, avec cette impression de décharge électrique qui pousse dans le creux du ventre.

Avant-dernière semaine avant le marathon,  la fatigue s’accumule, les traits sont tirés, les insomnies plus spectaculaires…. Je suis irritable. Mes séances solitaires au jardin des Tuileries entre midi et deux m’épuisent plus qu’elles ne me régénèrent comme avant.

Mes proches et moins proches perdent patience et me reprochent mes fermetures en clair.  Mais que se passe-t-il ?

En période de compétition, lorsque n’on ne se consacre pas à ses entraînements, que l’on est au travail et si l’intérêt est moindre, le corps se met en veille, le cœur est au ralenti, on économise inconsciemment au maximum ses muscles et son énergie. Et ça s’est vu…. Je me suis fait avoir.  La pression monte, je suis harcelée, les tensions éclatent…  Vendredi, une demi-heure avant de partir en week-end ma boss fond sur moi, tout y passe….

Le lendemain matin, après une nuit blanche complète,  ma dernière sortie longue commence par une respiration heurtée par un trop plein d’émotion. Je n’avais jamais testé cette sensation. C’est simple ou vous éclatez en sanglots ou vous courez, ça vous coupe net le souffle.

Soudain, je réalise, on est à J- deux semaines ; je suis au bord des larmes là toute seule à 8 heures du matin, j’ai une heure et demie à tenir, je ne vais pas la rater celle-ci. Je ralentis à peine. Je rajuste mon casque, sors un mouchoir et m’exhorte à penser juste à l’instant présent, un tout petit peu à l’avenir, le marathon à venir.  Je ne pense qu’à ma foulée, ma sensation de soif, penser à boire, guetter la chaleur, peu vêtue, de peur de transpirer, j’ai froid au début, j’accélère, pour avoir plus chaud, j’augmente la musique et je retrouve mon souffle, plus régulier, plus serein,  consacré aux seuls muscles qui travaillent…

Le lendemain au Nike Running Club, je retrouve Sandrine, Manu, Fatima : la surprise, Yannick, Monique, avec tous leurs sourires, pareil, je suis obsédée par l’effort à accomplir, ma dernière séance de fractionnés, je me concentre sur mes bras, mes jambes, mes pieds,  je me raccroche aux semelles de Brice, me suspends aux encouragements de Fred, et finis contente, ravie.

Dernière semaine avant le marathon, trois petites séances côté footing complètement éclipsées par les événements qui se bousculent côté job. Tant pis, j’avance les deux parallèlement, ma préparation au marathon et le virage que je dois amorcer professionnellement. Je voulais à tout prix éviter cet enchevêtrement, c’est raté.

Mais dimanche… dimanche…. je rentre du Nike running club après une sortie chaleureuse effectuée au Bois de Boulogne.. Ca m’a fait du bien, mais mon quotidien très mouvementé, avec dix semaines  de plus de 50 kilomètres dans les jambes, je suis épuisée. Alors, pour le moral, exceptionnellement, je suis restée jusqu’au bout pour avoir droit à ma pom’pote !!!.

J’ai rendez-vous ensuite à un anniversaire, peu attentive, je suis désorientée, je fais un détour, hésite, et arrive enfin. Quelques gouttes d’un parfum masculin disséminées dans le hall me font l’effet de la madeleine de Proust. Tout ça  (ces errements hasardeux) pour ça… je tombe nez à nez sur mon « parrain de course ».  Absolument inattendu et imprévu. Celui qui m’a emmenée courir au bord de la mer en plein été,  avec des Converse aux pieds pour parcourir une dizaine de kilomètres.  Je ne l’avais pas vu depuis deux ans, peut-être trois. Je lui apprends ma participation au marathon. Il m’attendra, bon derrière son téléphone, mais il sera là, je le sentirai.  C’est promis je ne m’écroulerai pas, j’archive tout le reste.

Voilà, je n’attendais que ça, le petit signe qui m’aidera à m’envoler, à prendre un incroyable recul, à ne penser qu’à mon challenge, à passer un super moment avec  tous ceux qui se sont lancés dans cette aventure cette année., et que je remercie aussi pour leur soutien et encouragements.

Lundi je retrouve Pierre-Damien à la boutique des Champs Elysées, je me laisse guider par ses conseils sûrs et ses arguments justifiés prodigués d’une voix douce pour repartir avec des chaussures à ressort et un tee-shirt orné d’ailes dans le dos…

Je l’aurai !

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commentaires
  1. Quadra94 dit :

    C’est ce fameux Tshirt qui va te permettre de t’envoler sur le parcours dimanche. Lâche tout à 8h45, bon courage Laure

  2. Giao dit :

    Entre l’article de Jipe et le tien Laure, on est en pleine séquence Émotion. Au vu de ton semi et au sérieux de tes sorties, nul doute sur la qualité de ta prestation ce dimanche ! La vraie course démarre au 27eme km a la sortie du tunnel de la Voie George Pompidou, ton mental fera la différence ;o)

    • laure dit :

      merci Giao pour tes encouragements et précieux conseils… ouf plus que deux jours de malto;…
      A toi aussi je te souhaite de prendre une belle revanche.

  3. Bonne chance pour ton marathon et essai de ne pas avoir de nuit blanche.

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