Lewis Smith : « Un anglais court comme un français…mais moins vite ! »

Publié: 18 avril 2011 dans Récits
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Je me dois me doit d’apporter des précisions sur ce blog, dans la vraie vie je m’appelle « Lewis Smith », mais pour le Marathon de Paris 2011 j’ai eu l’énorme privilège de courir sous le nom de « Jean-Pierre Giorgi » qui m’a gentiment prêté son dossard pour dépanner le retardataire que je suis.

L’histoire de mon Marathon commence véritablement dans la forêt de Chantilly lors d’un entrainement pour le semi-marathon quand Thierry m’annonce qu’on va courir avec Abdel , qui est accompagné d’Ali,deux coureurs chevronnés. Pendant le footing les deux inconnus transpirent seulement de leur passion pour la course pendant que moi,  je transpire vraiment. Je me rends alors compte de ce que ça veut dire que de préparer  une course.

Dimanche 6 mars, lors du Semi-marathon de Paris,  je découvre pour la première fois ce qu’est une compétition et surtout le plaisir qu’on peut avoir à courir parmi une foule de plusieurs milliers de personnes. C’est aussi à cette occasion que je rencontre Jean-Pierre.  La course se passe très bien et j’ai de bonnes sensations. Je suis sur un nuage pendant une semaine et, sans doute pris de folie, je demande par hasard à Thierry s’il y a moyen de trouver un dossard pour le Marathon de Paris.

Quelques jours plus tard le dossard est repéré. Jean-Pierre s’étant blessé lors du semi de Paris, il déclare forfait pour le marathon. C’est cette semaine également que je découvre les entrainements intensifs au parc Monceau, puis sur la piste de Champerret où je m’initie au fractionné.

La semaine précédant le Marathon, lors d’un dernier footing au jardin des Tuileries, je constate qu’il y a déjà une ambiance de pré-Marathon : les jardins frémissent du souffle des joggers aux visages inquiets, comme s’ils préparaient le « débarquement ». Moi aussi, je suis inquiet. Vais-je y arriver ?

Dimanche 10 avril, le réveil sonne à 5h45 afin d’avoir le temps de me préparer les œufs à la coque (un des rares plats que les Anglais savent faire aussi bien que les Français !), puis je me rends chez Thierry à 6h45 pour le départ en voiture. Ayant la chance d’avoir des bureaux sur les Champs Elysées (à 15m du magasin NIKE) on profite de nos vestiaires « VIP » avec vue sur le départ pour les dernières préparations avant de rejoindre JP, les drôles de Dames, Folly et les autres membres du clan.

Au départ du Marathon l’ambiance est bonne, les soucis sont oubliés et ce Paris, si connu pour sa beauté au printemps, nous appartient pendant quelques heures.

Je dois avouer que pendant les 25 premiers km j’ai l’impression d’être embarqué par le courant, on respecte les consignes en termes de ravitaillement sans avoir de sensation de soif et on reste ensemble comme on a prévu. Je réalise que les « allez Jean-Pierre » me sont adressés, et je décide que ma nouvelle identité ne peut que me porter chance. Vers les 29 km on décide de prendre chacun son rythme et c’est là ou le manque d’expérience se fait sentir : j’imagine que les 13 km restants vont être aussi faciles que les précédents. Erreur !  Car aussitôt entré dans le  bois de Boulogne les jambes commencent à se dérober et je lutte tout le reste du parcours contre l’envie de marcher. Focalisé sur mon objectif, terminer la course, j’en oublie de profiter de ces instants auxquels j’avais tant pensé avant le départ. Je suis concentré sur la nécessité de continuer à courir, et ne ressens aucun sentiment d’euphorie à l’idée de traverser la ligne d’arrivée sans avoir marché.

Anesthésié par la fatigue, incapable de parler, c’est en véritable zombie que je passe la ligne d’arrivée. J’ai la sensation d’avoir tout donné, au-delà même de ce à quoi je m’estimais capable. C’est seulement bien après avoir traversé la ligne d’arrivée que je me rends compte que j’ai véritablement atteint mon objectif. Le temps de récupérer mon souffle, je prends à peine le temps de faire des étirements, et ne réalise pas encore que ce que je viens d’accomplir. Je retrouve cependant mon sourire en recevant le célèbre T-Shirt rouge des finishers : j’ai réussi !

Le dossard « emprunté » avait effectivement des pouvoirs magiques ! Moi qui n’avais comme seul objectif que de finir sans marcher, j’ai fait un temps honorable (3h53m21s).

Tout ça pour dire un grand merci à Thierry de m’avoir présenté Jean-Pierre, et à tous les deux de m’avoir si bien guidé dans cette aventure que fut mon premier marathon. Cela ne m’a donné qu’une envie : en faire un autre !  Vos conseils ont été précieux tout au long de la préparation et pendant la course, mais je crois que j’ai dû attraper le «running  virus », c’est contagieux !

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commentaires
  1. Bravo Lewis pour cette performance ! On est très fier de notre anglais marathonien !

  2. Lewis, je vais te décevoir mais je t’ai menti !
    Le dossard n’avait rien de magique, c’est à toi et à toi seul que tu dois cette victoire. Je suis ravi de notre rencontre, et je te le promets, ce n’est qu’un début !

  3. cécile dit :

    3h53′ c est super , bravo !

  4. Hodha dit :

    Premier marathon en 3h53′ !!! Bravo tu as fais honneur a ton dossard !

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