Le marathon de Rome de Christophe

Publié: 26 avril 2011 dans Récits
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À l’heure ou certains ont couru leur premier marathon, Christophe nous parle de sa 17e présence sur la distance mythique !

Réveil à 5h après une bonne nuit de sommeil. Je me prépare tranquillement dans ma chambre d’hôtel pour descendre prendre le petit déjeuner vers 6h au menu : un bol de céréales et une tasse de thé. 6 h 50 je pars de l’hôtel pour me rendre en métro sur l’aire de départ à 7 h 15 sans stress.

Ce dimanche matin ensoleillé et sous une douceur printanière me permettent de savourer les alentours du colisée relativement calme avant l’effervescence du départ. L’organisation est parfaite je repère très facilement le camion dans lequel sera rangé mon sac à dos ASICS offert lors du retrait du dossard (les italiens ne sont pas radins). Je décide donc de me changer et d’enfiler ma tenue fétiche avec dessus la photo mon fan club, à savoir mes deux enfants (voir photo). Doucement mais sûrement l’excitation commence à m’envahir en voyant arriver les vagues de coureurs, nous y voilà au jour J ; je suis serein sur de mon état de forme après une préparation rigoureuse et sans bobo. Ce marathon a pris une dimension internationale, en effet nous étions pas moins de 7 000 coureurs de divers pays sur 16 000 participants.

Après avoir déposé mon sac à la consigne bagages, je pars m’échauffer et faire quelques lignes droites. Très vite, je m’aperçois qu’il n’est pas très aisé de s’échauffer, aucun parc proche et la foule commence à s’activer comme dans une ruche ; je choisis alors de courir autour de l’enceinte du colisée (c’est impressionnant de pouvoir fouler les pavés emprunter jadis par les légions romaines).

J’en profite également pour effectuer le repérage du dernier km : je constate une montée de 50m assez raide et située proche du 42km, je me dis alors qu’il faudra conserver assez de jus pour relancer après cette bosse et sprinter jusqu’à la ligne d’arrivée. Maintenant direction le sas de départ pour me placer parmi les coureurs. 8 h 45 l’excitation commence à monter surtout après avoir entendu l’hymme national italien et entonné par une majorité d’italiens.

Voilà, je vais entamer mon 17e marathon et toujours la même sensation de bonheur qui m’envahie au moment du départ. Que de concessions au cours de ces précédentes semaines pour connaître ce bonheur ultime au plus profond de soi. Souvent je me dis que le fait de s’aligner sur la ligne de départ est déjà une victoire en soi. En somme je compare cette foule de coureurs comme un grand rassemblement de pèlerins, de fidèles qui se rendent sur un lieu de culte pour partager une passion commune : la course à pied.

Départ donné avec quelques minutes de retard à 9 h 05, comme à son habitude des coureurs se bousculent pour grapiller quelques places, pour ma part je démarre doucement pour mettre la machine en route et trouver le rythme de croisière. Lors des premières foulées je me rends compte que les pavés italiens ne sont pas du tout plat et comportent des trous ou des bosses. Espérons que je n’aurais pas trop mal aux chevilles qui seront soumises à rude épreuve. Le rythme de croisière est trouvé au bout du KM 3 au sein d’un groupe composé d’une vingtaine de coureurs dont l’allure est basée sur un semi en 1 h 27, je reste donc au contact de ce groupe car je sais que c’est le bon wagon pour faire moins de 3 heures. Le plan de marche est respecté à la lettre avec des passages intermédiaires aux 5km (20mn53), 10km (41mn30) et 15km (1 h 02). A ce moment les jambes tournent bien, le mental gonflé à bloc, à ce moment de la course je me suis mis à espérer d’égaler le record du coach qui a couru ce marathon en 2 h 56 en 2007. Néanmoins, il ne faut pas baisser la garde car le parcours nécessite des relances incessantes suite à de nombreux faux plats. La mission est à moitié accomplie avec un passage au semi en 1 h 27, conforme aux consignes du coach qui m’avait rappelé lors de la causerie d’avant match de ne surtout pas partir trop vite les principales difficultés se situent dans les dix derniers km.

Désormais, le marathon débute réellement et dévoile ses difficultés : conserver une allure régulière alors que l’organisme commence à se fatiguer au fil des km. Au 25km j’accuse un passage à vide sur une portion en faux plats montants et ponctuée par des petites bosses. Nous sommes alors dans le nord de ROME, tout proche du stade et de la piscine olympique ; je compris à ce moment que je n’aurais pas les jambes de berlin qui m’ont permis de réaliser mon record personnel (2 h 57). Malgré tout je m’accroche à l’objectif de le boucler en 2 h 58 ou 2 h 59. Passage au 30km : 2 h 06, je suis encore dans les temps pour descendre sous les 3h mais il va falloir que je me concentre sur la fréquence de ma foulée et penser à relancer. Le 35km arrive au bout de 2 h 28 d’effort, il faut maintenant aborder les dernières difficultés, notamment dans le centre historique jonché de pavés et parcours très sinueux. Second coup au moral : je me fais dépasser par les meneurs d’allure des 3h, ils devaient être sur des bases de 2 h 58 ; je me dis alors qu’il faut que je les garde en ligne de mire pour passer les dernières difficultés notamment le secteur de la piazza spania. A cet instant, je me remémore les propos du coach qui m’avait évoqué le souvenir d’un passage casse pattes, je te le confirme il faut vraiment puiser dans ses réserves pour avancer. Mais mon mental prend le relais de mes jambes et me rapelle qu’il faut absolument passer en 2 h 50 au 40km pour espérer finir en moins 3h, ce regain d’énergie je le dois également à l’effervescence du public. Dans ces rues étroites, la foule de spectateurs est compacte et vous porte littéralement, je me suis cru dans une étape de montagne du tour de france cycliste. Je tourne la tête à droite pour voir cette foule, au loin la fontaine de trevi. Plus que quelques km, nous repassons alors sur les premiers km empruntés lors du départ du marathon. Verdict au 40km, j’ai un minute de retard (2 h 51), je constate à ce moment que je n’ai pas suffisamment de jus pour relancer la machine (l’analyse post course me dira que j’ai peut être puisé dans mes réserves lors du semi marathon de PARIS pour gagner 5minutes). C’est sûr je ne réédierai pas l’exploit de BERLIN. Je vois le colisée à 500m mais il faut encore gérer la dernière montée de 50m avant de terminer devant le colisée. Chrono final : 3 h 02 et quelques secondes.

Malgré une petite déception de n’être pas descendu sous la barre mythique des 3h, j’en ressorts avec une sentiment très positif. Je pense sincèrement que ce chrono est très honorable, équivalent sans nul doute à un 2 h 55 sur un parcours plat. Cette sensation de bien être sans courbatures du lendemain et d’acide lactique au niveau des cuisses est la preuve d’une préparation physique optimale établie par mon coach Abdel. Je n’ai q’une envie de m’aligner très prochainement sur un nouveau marathon : c’est cela la magie du marathon.

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commentaires
  1. Un très bon temps sur ce 17ième marathon. Bravo.

    • guillot dit :

      salut, pour ma part j’ai réaliser un temps de 3h12’45 et 3h13’15 officiel.
      Que de souvenir et d’émotion lors de ce marathon en lisant ton compte rendu.
      J’ai ressentis quasi les mêmes jusqu’a la place du popolo mais j’ai réussit à puisser et retrouver des jambes sur les 4 derniers pour réaliser mon record passer de 3h25 a 3h13 au 3 eme marathon.

      sportivement

      william

  2. edouard dit :

    Bonjour,
    Mon commentaire est tardif je sais 🙂 Mais j’aime lire ces messages car je prépare mon 1er marathon (en ligne et ….mais sur le terrain aussi :-))).Je prépre aussi le voyage pour Rome, il y a des consignes comme pour http://www.holibag.io à Rome. Je logerai certainement à l’hotel ou Airbnb donc je veux trouver de quoi poser mes affaires.
    Bon récit
    Merci

  3. Bonjour Edouard, le marathon de Rome est réputé difficile à cause des pavés, mais majestueux !
    Bonne course

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