Semi de Lille : révélateur d’un retour à la compétition

Publié: 16 septembre 2011 dans Récits
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J’avais laissé les lecteurs du blog de Jean-Pierre en plein milieu de ma préparation du marathon de Paris 2011. Suite à une blessure – qu’aucun médecin n’a réussi à déterminer -, j’avais été contraint de stopper l’entraînement et dire adieu au semi et au marathon de Paris. Je pensais qu’au bout de quelques semaines, je serais rétabli et que je pourrais reprendre la course à pied relativement rapidement. Que nenni. 4 mois d’arrêt ! Je pense que rares sont les sportifs qui redémarrent leur activité sans douter de leur état de forme et de la durée nécessaire pour retrouver son niveau “d’avant”. Je ne déroge pas à cette catégorie.
Donc j’ai recommencé à courir fin juin, doucement en terme de kilomètres parcourus. Dans ces moments-là je me demandais bien si je serais capable de courir plus de 10km. Bref, au fil des semaines et des 4 sorties hebdomadaires, j’ai augmenté peu à peu le volume et la vitesse sans pour autant faire de séances de fractionné qui  restait une véritable appréhension. Lorsque celle-ci s’annonça, j’étais réellement dans l’expectative. Ca sera un premier indicateur du chemin à parcourir. 10×300. Et une bonne surprise m’attend, car je réalise la série à une allure quasi régulière de 1’01” soit l’allure “d’avant” … à 2” près.

A partir de la 4ème semaine d’août j’entame la préparation du  marathon d’Amsterdam sous l’égide d’Abdel qui me concocte un plan sur 8 semaines à 4  séances hebdomadaires. Les objectifs sont revus légèrement à la baisse par rapport au  marathon de Paris. Le plan va se dérouler sans accroc ; les fractionnés courts, moyens et longs se déroulent aux allures convenues, même un peu plus rapides.

Arrive alors mon premier rendez-vous avec la compétition après ma blessure : le semi-marathon de Lille. L’objectif chronométrique proposé par mon coach est de 1h29m35s (allure 4’15”/km). Et comme la course à pied pour moi est avant tout une aventure que je partage avec mes amis du  Nike Running Club Paris, le récit de cette course commencera avec eux et finira avec eux.

On vient, …

En bons Franciliens que nous sommes, il nous faut bien nous déplacer à Lille. Compte-tenu de  la délégation à ce rendre dans le Nord, plusieurs voitures sont affrétées pour le transport des as du bitume à des horaires différents. Que soient encore remerciés nos chauffeurs anges  gardiens qui nous ont menés à bon port dans la joie et la bonne humeur. J’avais pris l’option Audi  Q7 de Stéphane avec un départ le vendredi matin. Dans ce salon roulant s’étaient installés  également Folly – le plus beau sourire de France et de Navarre – et Sébastien – alias Charlie (c’est une histoire qu’il ne m’appartient de vous conter). En voiture  Simone(t) et en deux temps  (2 heures) trois mouvements, nous voilà arrivés à Lille à l’heure du déjeuner.

Un passage à l’hôtel de ville pour retirer nos dossards et hop on se dirige vers une brasserie pour se restaurer. Nous avons le droit à la cave où nous sommes seuls et où l’air est un plus frais. Bon un premier  dilemme survient : il y a une course le lendemain et on est dans le Nord où les brasseurs ont  bonne réputation, alors bière ou pas bière ? Ben bière évidemment ! Et autant découvrir les  produits locaux : Goudale, 3 Monts, Choulette. Le repas fini, un café dans le bel et confortable atrium de l’hôtel et nous voilà parti pour arpenter les rues lilloises en attendant l’arrivée de l’équipe féminine partie en début d’après-midi. Un petit tour par la boutique Nike pour aviser le Running Club de notre présence et faire connaissance. Un peu d’attente devant la porte de Paris et nos gazelles arrivent en fin d’après-midi.

Le scénario de la mi-journée se répète : retrait des dossards et ensuite direction la grand place pour aller manger … des pâtes pour faire sérieux. Ensuite nous nous dirigeons vers l’hôtel qui se trouve en dehors de Lille. Le GPS est en avance sur les travaux !!!  C’est bien connu, dans le BTP, les chantiers sont toujours en retard. Les chambres sont plutôt  spacieuses et confortables. La répartition initiale des chambres chez les garçons va être modifiée puisque pour des raisons évidentes les coureurs de semi vont partager le même lit et se lever plus tôt que les 10 bornards. Après s’être rafraîchis, avoir préparé les affaires pour le  lendemain (attache du dossard et de la puce, etc…), nous nous retrouvons tous à l’espace  accueil en tenue de nuit pour papoter, discuter des objectifs, des allures et des temps de  passage à suivre. 23h00 passé, nous regagnons nos chambres mais une after improvisée se  dessine et tout le monde se retrouve dans notre chambre où quelques révélations vont apparaître au détour de quelques phrases lâchées, mais chut c’est secret. Presque minuit, là il  faut vraiment se coucher et toute la clique rejoint ses pénates.

Je n’arrive pas à trouver le  sommeil, et le matelas est un peu trop ferme pour moi. La nuit va être longue et il me tarde déjà  qu’elle finisse. 6h00 le chant du coq et nous nous retrouvons au petit-déjeuner. A priori les filles elles ont bien dormi. Nous prenons notre temps, peut-être un peu trop car nous avions  décidé de partir à 7h30 pour rallier la mairie de Lille pour 8h00 …en prenant le métro. Lavage,  habillage, massage plus tard, nous partons de l’hôtel. Il fait tout juste un peu frais. Mais la  journée promet d’être chaude ; le plein soleil est annoncé et les prévisions vont s’avérer justes. Nous sommes accueillis au métro par des supporters improvisés et clairement éméchés qui chantent pour nous encourager dans l’épreuve qui arrive. Une correspondance plus tard, nous voilà rendus à la porte de Paris où je dois rejoindre Jean-Pierre pour lui donner son dossard que nous avions retiré la veille pour lui car lui a vécu un véritable périple pour arriver : 4h00 dont 2h00 d’embouteillage.

Je le retrouve assez rapidement. Nous rencontrons une partie du Nike Running Club de Lille aisément reconnaissables à leur haut rouge et blanc. Quelques instants après nous rencontrons les fusées de notre groupe d’entraînement emmenées par Abdel. Il est alors l’heure de prendre place sur la ligne de départ. Nous arrivons à nous insérer juste derrière les élites. Donc nous ne serons pas trop gênés dans les premiers kilomètres à zigzaguer pour dépasser les coureurs un peu moins véloces.

… on court, …

Le coup de feu retentit et c’est parti ! Ma stratégie est simple, courir avec JP ou plus précisément dans sa foulée. Nous avons le  même objectif : moins de 1h30. Le premier kilo est toujours un peu rapide, nous le terminons en  4’, nous savons qu’il faut ralentir mais l’allure reste encore élevée pour les kilomètres 2 et 3 à environ 4’07”. Les jambes répondent mais je sens déjà que les muscles des cuisses sont déjà bien sollicités.

Ensuite nous trouvons un rythme de croisière aux alentours des 4’12”. Le premier ravitaillement arrive bientôt et ô mauvaise surprise, ce sont de grand gobelets qui nous sont tendus par les bénévoles. Quelle horreur ! Il est impossible de boire en courant. On arrive péniblement à avaler un quart de gorgé. On verse le reste sur la tête pour se rafraîchir. Entre des gobelets peu pratiques et dans bouteilles d’eau d’un demi litre trop grande, je pense qu’il doit exister un compromis que peu d’organisateurs de cours ont trouvé. Etant données les  circonstances de course et la lourde chaleur, on aurait eu le droit de s’attendre à un ravitaillement plus adapté. Heureusement il y avait également des zones d’épongeage qui n’était vraiment pas du luxe et plutôt bienvenues pour rafraîchir tête, nuque, bras et jambes.

Vers le 6ème kilomètre nous apercevons Abdel qui était parti avec Alexandre pour faire un chrono de moins de 1h20. On s’interroge avec Jean-Pierre, on se doute qu’il a un problème. Le parcours emprunte maintenant quelques zones pavées ce que je n’apprécie pas du tout et il y a également des faux plats montants qu’il faut gérer mais rien de bien méchant. A l’approche du 10ème kilomètre je parviens à sa hauteur et que je prends de ses nouvelles. Il m’apprend que sa douleur au mollet qui s’était déjà réveillée à l’échauffement ne lui permette pas de poursuivre un effort soutenu ; il finira par abandonner au 16ème kilomètre. Prompt rétablissement coach ! Entre-temps, JP a légèrement décroché. Je ne le reverrai plus jusqu’à l’arrivée. J’apprendrais par la suite qu’il a était victime de douleurs intestinales qui l’ont obligé à s’arrêter par deux fois.

Je passe donc le 10K en 41’50” soit 40” au-dessus du temps de passage prévu, tout va bien. Le passage du km 11 sonne pour moi la mi-course et psychologiquement ça fait du bien. Et les kilomètres défilent. Les cuisses sont un peu plus dures et je me demande bien pourquoi je m’inflige tout cela. Et quand je gamberge, les jambes prennent le relais et telle une machine, j’avance.

Nous sommes maintenant dans une partie où il n’y a point d’ombre et la chaleur est terrible, mais heureusement il y a une distribution d’éponge … que je rate lamentablement. Je demande alors au coureur devant moi s’il peut me donner la sienne une fois qu’il aura fini. Il me la tend et je peux m’asperger le crâne et la nuque. Je ne sais pas qui il est mais je le remercie pour son geste de solidarité et de fair-play.

Le “ravito” du km 15 me casse les jambes. J’avais décidé de vraiment ralentir l’allure pour vraiment boire – bon ok tout est relatif – mais ça ne fonctionne pas et je n’ingurgite quasiment rien. Et la relance nécessaire pour reprendre le rythme est très difficile à tel point que je pense un instant que je n’y arriverais pas. Les deux kilomètres qui suivent vont être mes plus lents en 4’17”. Fort heureusement les jambes tournent à nouveau et je retrouve mon allure de 4’10” au kilo quand on entre dans la Citadelle de Lille.

Le parcours est alors certes ombragé mais le terrain n’est pas régulier et plus sinueux et légèrement montant. Bref j’ai quelque peu lutté dans cette partie pour me maintenir. Je pense que bon nombre de coureurs ont également souffert à cet endroit car j’en double quelques uns. Le km 20 se situe quasiment à la sortie de la Citadelle, un coup d’oeil à ma montre : 1h23m40s (le 2ème 10K en … 41’50”, soit exactement le même temps que pour le 1er).

Pour la fin de course, j’essaie d’accélérer et  je finis à près de 15km/h profitant au passage pour dépasser d’autres concurrents qui grimacent dans les derniers hectomètres. Je franchis finalement la ligne d’arrivée en 1h28m11s : le contrat est rempli et mes doutes se dissipent quelque peu. Dans le sas d’arrivée je vois juste devant moi Christophe qui a connu quelques déboires pendant la course qui finit une 20 ou 30 secondes devant moi, mais ça ne reflète pas du tout ses performances habituelles. Je retrouve JP très peu de temps après, il finira en 1h31 mais en s’étant arrêté 2 fois ça en dit long sur l’allure en course qui devait être supérieure à la mienne donc il aurait dû vraisemblablement terminer devant moi sans ses pauses techniques. Je pense que compte-tenu des circonstances, il est plutôt satisfait de son chrono.

La course terminée, le groupe participant au semi réuni, nous allons encourager nos amis du 10K. Nous nous plaçons sur la marque des 21km donc nous sommes … à 100m de l’arrivée. Nous sommes 5 à guetter l’arrivée de nos coureurs préférés. Impossible qu’ils passent sans qu’on les aperçoive. La première à se projeter devant nos yeux de lynx est Hodha. On l’effraie presque à hurler et à l’encourager. Je crois qu’elle ne se doutait pas que ce comité d’accueil soit aussi tonitruant. Quelques minutes s’égrènent et c’est sur un rythme de sénateur que Stéphane approche. Nous lui réservons le même accueil et je crois qu’il apprécie et en profite d’ailleurs. C’est ainsi que le volet courir à Lille s’achève … mais pas nos pérégrinations.

… et on s’en va.

Le programme était connu à l’avance : après l’effort, le réconfort ! Et qui dit braderie dit moules/frites/bière (+ dessert). Alors direction l’établissement “Les 3 brasseurs” qui est déjà bondé et où devons nous annoncés en précisant le nombre de couvert pour que nous puissions êtres placés dès qu’une table suffisamment grande puisse réunir 7 coureurs affamés. Nous allons être bien chanceux car nous n’allons pas attendre bien longtemps pour aller siéger en terrasse … à l’ombre. Ce repas n’est pas forcément succulent (loin de là) mais il a le mérite de nous remplir la panse et c’est bien l’essentiel. On échange tous nos impressions avec force de détails. Il y a ceux qui ont apprécié et les autres (dont je fais parti). Il faut de tout pour faire un monde. Tout le monde arbore une mine radieuse et chaque visage est illuminé d’un éclatant sourire. C’est toujours ainsi même pour celui qui a vécu un véritable calvaire. On savoure tout simplement. Une fois rassasiés, nous partons à la découverte des bradeurs. Bon je ne suis pas spécialement fan de ce genre d’événement d’autant plus que nous étions dans une zone principalement occupée par des professionnels ou pseudo-professionnels. La foule, la chaleur et la fatigue ne vont pas nous pousser à y rester des heures durant.

Nous rentrons à l’hôtel récupérer nos bagages et nous reprenons la route pour la Capitale. Les mêmes équipages se reforment mais cette fois-ci nous roulons en convoi. Après une heure à rouler, une pause glacée dans une station service et c’est reparti. Un petit crochet pour déposer Folly chez lui et une demi-heure plus tard Stéphane me dépose avec Sébastien devant de Palais des Congrès de la Porte Maillot.

L’aventure s’achève et l’orage va éclater.

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commentaires
  1. giao dit :

    Merci pour ton superbe récit et félicitations pour ta forme olympique de retour, ça sent la perf pour Amsterdam ;o)
    Que les Dieux du Running soient avec toi pour ces dernières semaines de préparation et à tout bientôt cher ami

  2. Greg Runner dit :

    Et bien bravo! Nous aurons eu l’occasion de nous croiser rapidement avant la course…

  3. alain dit :

    Grace a ton récit jai partagé un peu de ce voyage..

  4. Sandrine dit :

    Tu as magnifiquement resume notre voyage et course !!! Bravooooooo pour ton temps et welcome pour ton retour tu nous a manque ! Bisous

  5. laure dit :

    Merci Guy pour ce récit passionnant ! et plutôt d’excellente augure pour la compétition plus nordique d’octobre, continue comme ça, gère bien!…et tu vas atteindre ton objectif marathonien !

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