Semi marathon du Luxembourg

Publié: 23 septembre 2011 dans Récits
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Christophe un habitué de nos colonnes nous parle de son semi-marathon. Il est dans l’optique de battre son record sur la distance, pourtant, il n’a pas fait de compétition depuis son marathon de Rome, il est dans le flou mais pour nous il fait une mise au point sur sa course.

Départ samedi 11 juin en direction du luxembourg ou se déroule le semi marathon international. Après 3h30 de voiture, nous arrivons sous un orage, je commence à croire que le Nord est toujours pluvieux  fidèle à sa réputation. Ces conditions de course ne seront pas agréables pour nous coureurs, mais je pense surtout à mon fan-club composé de ma femme et de mes 2 enfants.

Direction le hall des expositions pour le retrait du dossard, lieu situé au nord de la ville. Pour s’y rendre nous traversons le centre ville je mémorise les premières images : les rues du centre ville sont piétonnes avec des batiments modernes, n’oublions pas que nous sommes proche de l’Allemagne d’ou l’influence de  l’architecture et également du style de ville. Très vite je constate que le parc automobile n’a rien à envier à la principauté de Monaco. Le retrait du dossard se fait sans encombre, il faut dire qu’il n’y a pas encore foule en ce début d’après midi, le top départ n’est seulement donné à 19h; heure bien tardive pour un marathon mais les organisateurs veulent à cette manifestation une atmosphère particulière avec la tombée de la nuit.

Le dossard en poche, il nous reste un peu d’énergie à dépenser en arpentant les ruelles piétonnes du centre ville ou les bénévoles s’affairent pour les préparatifs : stand, banderoles, sécuriser les accès, distribution de gadgets en tout genre pour les spectateurs. Retour dans le hall des expositions ou très vite l’effervescence du départ est palpable chez les coureurs. Des images se dégagent, comme une impression de ruche : les uns se changent dans les couloirs, d’autres effectuent quelques exercices d’étirement, certains restent au calme pour rentrer dans leur bulle. Ce sont des Images que j’aime à observer.

 Attention départ

Il ne reste plus que 45 mn avant le départ, le temps pour moi de me changer, de déposer mon sac à la consigne, d’effectuer quelques lignes droites sans trop d’échauffement et de placer mon fan club en position d’attente proche de la ligne de départ. Plus que 10 mn avant le top, je me dirige tranquillement vers le sas départ réservé aux concurrents en mois de 1h25. les gens ne se bousculent pas contrairement dans les grands évènements comme le marathon de Paris. Bien au contraire il règne une certaine discipline parmi les coureurs.

Le départ est donné à 19H précises sous quelques gouttes, mais très vite les nuages se feront moins menaçants et aucune averse n’est à déplorer sur le reste du parcours. Mes premières sensations sont bonnes malgré une fatigue accumulée les jours précédents. L’objectif dicté par mon coach est de se faire plaisir dans une compétition mais très vite l’esprit du compétiteur reprend le dessus, je me dis que la préparation de ce semi a nécessité 2 mois  d’entraînement, l’objectif est d’égaler la performance du semi de Paris en 1H23mn41S, voire de l’améliorer.

Les premiers kilo se passent bien, la foulée est souple et la fréquence des jambes est rapide. J’avais hâte de reprendre la compétition après le marathon de Rome couru fin mars 2011. Très vite, les coureurs forment de petits groupes qui s’entendent pour courir ensemble en affichant des temps de passage identiques en vue de réaliser un temps final  compris entre 1H21 et 1H22. Je décide donc de faire partie de ce groupe. les premiers kilo sont avalés sur des bases de 3mn 50, 1er verdict au 5 km où je passe en 18mn40, soit sur des bases de 1h21. Il faut dire que la topographie du parcours a favorisé cette allure, pratiquement des faux plats descendants. Le décor est bucolique à travers la campagne, nous sommes en dehors de la ville pour emprunter de longues lignes droites vers le centre ville. La foule n’est pas au rendez vous sur cette partie.

A mi-course…

Mon chrono au 10 km : 39 mn 12s soit une vitesse moyenne de 15,31km/h. Comparé à Paris avec un passage en 38mn56, je suis légèrement en retard mais je ne m’affole pas pour autant car le stress est le pire ennemi du coureur. La course à pied se définit comme la gestion du temps sur le long terme. Je suis toujours en compagnie du même groupe de coureurs, autre caractéristique de cette épreuve est que les coureurs inscrits pour le marathon et le semi partent en même temps, ce n’est qu’en cours de parcours que la bifurcation s’effectue. Le danger pour les marathoniens est de vouloir suivre les participants du semi qui ont des objectifs de gestion de course bien différents, à cela viennent se mélanger les coureurs participant au marathon relais par équipe de quatre qui sont de véritables flèches.

Passage au 15,5 km en 58 mn24, soit une moyenne de 3,30 entre le 10 et 15 km. J’avais remarqué que l’allure du groupe s’était accélérée dans les ruelles du centre ville, de plus sous les acclamations du public venu en nombre la foulée se trouve décuplée. Au 16 km nous laissons nos amis marathoniens pour revenir en direction du hall des expositions et entamer les 7 derniers kilo. Très vite cette portion en montée est plus difficile à gérer et laisse sans nul doute des forces. Maintenant, nous allons voir si la gestion de la course a été bonne ou si nous sommes partis sur des bases trop rapides.

Le groupe se disloque, je me retrouve très rapidement avec trois autres coureurs qui lâchent prise progressivement. J’ai la sensation d’avoir des jambes de feu, mais la succession de faux plats montants calment mes ardeurs, l’objectif affiché maintenant au vu du chrono est de rééditer la performance du semi de paris, fini le rêve de terminer en 1H21.

Résultat…

Je rattrape quelques concurrents dans les derniers kilo, c’est toujours grisant de dépasser à ce stade. Enfin, je franchis le km 20 en 1h19 et des poussières, j’essaie de maintenir la cadence pour grapiller quelques secondes;  ridicule de penser cela mais à ce niveau chaque seconde gagnée est une victoire sur soi-même.

J’aperçois le hall des expositions et  je rentre en trombe à l’intérieur sous une ovation des spectateurs; un petit signe au passage à mon fan club sur le cote qui m’encourage à tue tête avant de franchir la ligne d’arrivée en 1h23 et 11s. Objectif atteint et je suis satisfait de ma course : j’ai amélioré mon record personnel de 30 s malgré un parcours final ne favorisant pas la performance avec la succession de longues lignes droites en montée.

De toute évidence je me dis que j’ai conservé mon niveau de course grâce à un entrainement adapté à mes capacités et à une programmation des courses cohérente avec mes objectifs. Cet hiver a été consacré à travailler le foncier en vue du marathon de ROME. Le plus dur ensuite pour le coureur est de maintenir ce niveau tout au long de l’année. Il faut dire que j’ai eu la chance de rencontrer un coach hors pair qui m’a transmis son expérience de la gestion de la course à pied et de savoir prioriser ses objectifs pour éviter le surentraînement et la saturation de la compétition.

Désormais cela me faire rire lorsque je  discute avec lui pour quelques poignées de secondes mais je me rends compte qu’elles ont leur importance pour le mental du compétiteur qui sommeille en nous.

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