Le marathon de Philadelphie en live

Publié: 25 novembre 2011 dans Récits
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Luc est notre touche « exotique », il vit au Quebec est participe à différent Marathon avec pour objectif la qualification au marathon de Boston, c’est d’ailleurs le nom de son blog « training for Boston ». Il revient sur son marathon américain  à Phillie.

La préparation
En  avril dernier, je m’inscris au marathon de Philadelphie. C’est toujours un moment excitant l’inscription à un marathon. Par la suite, c’est l’entraînement et cette partie n’est pas toujours excitante. Ce fut le cas pour le marathon d’Ottawa en mai dernier, qui fut une mésaventure. Ce n’est pas ma sinusite en août puis l’otite en septembre, qui vont m’aider à prendre confiance.

Une fois rétablie, j’ai fait un programme de remise en forme sur 7 semaines. Avec mon coach, nous avons décidé de faire de cette remise en forme une période de test pour ma prochaine tentative de qualification pour le marathon de Boston. Nous avons fait une modification des entraînements avec du fartlek, des longues sorties en mode footing, de la récupération active et des tempos le dimanche. Le total hebdomadaire variait entre 50 km à 70 km pour la plus grosse semaine. L’entraînement a porté fruit et les résultats ont été intéressants. À la fin de cette préparation, je n’avais pas de blessure (un léger inconfort au niveau de la cuisse gauche, mais qui a disparu) et je n’avais pas de fatigue importante.

J’ai eu à faire des choix et j’ai choisi de conduire pour mon rendre à Philadelphie. Une belle randonné de 8 heures en auto à partir de Gatineau (Québec) Canada. J’étais un peu angoissé pour le retour avec un marathon puis j’avais décidé de faire les 8 heures de route après le marathon. Heureusement, tout s’est bien passé.

Philadelphie, PA
Je découvre pour la première fois Philadelphie, PA, qui est une belle ville. C’est le genre de ville qui me fascine avec ses lieux historiques et son inspiration Européenne pour l’architecture. J’ai également rendu visite à Rocky.

De plus, je logeais en plein centre-ville et avec à peine 30 minutes de marche, je me retrouve dans un parc grandiose assiégé par des coureurs de tout calibre. Je l’ai peu visité cette ville, mais j’ai bien aimé. Je n’avais même pas encore couru le marathon que déjà je prévoyais être de retour l’an prochain. À moins d’un évènement majeur, je devrais être au départ en 2012.

De ma propre analyse, le parcours du marathon se divise en deux sections, soit une urbaine et une section nature. Dans la partie urbaine, les rues sont étroites, comme dans les vieilles villes, et la foule est proche et dense. Il y a des gens à tous les mètres. Les encouragements proviennent de partout et ils abondent. C’est saisissant d’entendre « Lets go Luc » par des inconnus, mais tellement réconfortant. Par contre, c’est étroit pour un marathon de cette taille (10100 coureurs) et nous courons coude à coude.

Dans la partie plus nature, la foule est moins présente. Nous pouvons entendre les pas des coureurs tellement c’est silencieux. Dans cette section, j’étais livré à moi-même et je me concentrais sur mon allure.

J’ai décidé, quelques minutes avant le marathon, de revoir ma stratégie de course (revoir, j’en avais pas) et mon objectif de 3h35. Je me sentais en pleine forme et j’avais bien dormi la nuit avant le marathon. Je décide d’opter pour 3h25, soit 1h38 au demi et 1h47. En regardant le parcours de plus près, j’avais constaté que c’est en descendante pour les 10 premiers km, en montée du km 10 au km 20 (avec toute une côte au km 16), un faux-plat ascendant de km 21 à 31 et un faux plat descendant du km 31 à l’arrivée.  Bref, il n’y a presque pas de plats pendant le parcours.

Le marathon
À 7 heures, le départ est donné, mais nous avons 2 minutes 30 secondes à attendre car les départs se font par vague. Je suis dans le « Coral Black-3 », donc la troisième vague après les élites et les bruns. Je ne peux donc pas me fier au chrono officiel pour connaître mon temps.

Je me fie à ma stratégie de course et tout va bien. Je cours avec Steve T., un ami virtuel de Dailymile.com pour les 2 premiers miles. Puis il accélère et je lui souhaite bonne course. Steve fera 3h18 alors que son objectif était de 3h12. Néanmoins, il s’est mérité une qualification pour Boston en 2013.

J’ai ma Garmin et je suis mon allure. Un peu plus vite en descente et un peu plus lent dans les montés. Je vise 4’50 au km. La côte au mile 9 (km15) est astronomique, soit une montée de 7% sur près de 1 km. Une fois montée, j’ai les jambes en feux. Quelques pas pour récupérer et les jambes reviennent, mais j’ai des raideurs musculaires.

Je passe au semi en 1h42
Je suis en retard de 4 minutes pour faire 3h25 car j’ai du faire une pause pipi de 44 secondes en plus des quelques secondes de récupération après la côte. Maintenant, je veux faire en dessous de 3h30 et c’est ce qui me motive.

Km 27 Je ne sens plus mes jambes, mais je n’ai pas de douleurs. Les raideurs musculaires ont disparu et je me sens bien. Mais à vrai dire, je ne ressens rien, pas mes jambes et pas mes pieds. Néanmoins, je conserve l’allure de 4’51 au km. Je me dis que dans quelques kilomètres, nous allons commencer à redescendre. Je suis dans les temps pour 3h25, mais je n’ai pas de marge de manœuvre.

Km 37 À ce moment, je suis confus dans mes temps. Je n’arrive pas à calculer, le cerveau ne répond plus. Le chrono officiel annonce un temps, mais ce n’est pas le bon, ma Garmin à du retard à cause de la pause. Je ne sais pas quel temps je vais faire. J’ai beau calculé, mais je n’ai rien de précis. Je fini par me convaincre que je peux faire 3h26. Je décide d’augmenter l’allure … mais rien n’y fait. Le turbo ne répond pas. Non seulement le turbo ne répond pas, mais je vois mon allure qui descend graduellement de 4’51 au km à 5’15 au km alors que j’ai le sentiment que je cours plus rapidement que 4’51 au km. Je tente de nouveau de relancer l’allure, mais rien n’y fait.

Km 39 Je n’ai plus d’énergie et il ne me reste que 3,2 km à faire.  Je sais que je peux le faire. Pour me motiver, je décide de faire du 30-30 en fin de course. Vive le 30-30 ! J’accélère sur 30 secondes et je récupère pendant 30 secondes. En agissant de la sorte, je réussi à maintenir mon allure moyenne à 5’04 au km. Je sais qu’en fin de marathon, c’est le mental qui embarque. Au point où j’en suis rendu, j’ai épuisé toutes mes ressources et ce qui me reste, c’est ma volonté de franchir la ligne au plus … sacrant.

km 42 Je vois enfin la ligne d’arrivée
Mes jambes ne me font pas mal, je n’ai juste plus d’énergie. Je tente de sprinter les derniers mètres. Rien n’y fait. Je gambade les derniers mètres et je traverse enfin la ligne d’arrivée en 3h28’20 ce qui me donne la 1290 ième position sur 10 100. C’est excellent. Je retranche 5 minutes à mon record personnel. Également, j’ai fait 1h42 et 1h46. Seulement 4 minutes de différence entre les deux demis du marathon. C’est mieux qu’espéré. Je ne pensais pas être capable d’avoir une si petite différence.

Je suis très satisfait de ce marathon car la préparation n’a pas été dès  plus adéquate en manquant presque un mois avec des petites maladies. Ma plus longue sortie n’a été que de 24 km. Somme toute, c’est un marathon qui me redonne confiance et j’ai eu énormément de plaisir à le courir. J’ai enfin couru un marathon comme je l’ai toujours désiré. De ce marathon, je ressors plus expérimenté et encore plus mordu du marathon. Je ne sais trop si c’est bon signe d’être encore plus accro. C’est lundi matin au moment où j’écris mon récit, j’ai des raideurs musculaires et je veux courir un autre marathon, encore. Ce septième marathon à vie, dont mon troisième en 2011,

Je me donne une ou deux semaines mollo en course à pied et je reprends l’entraînement pour mon premier Ultra marathon, un trail de 50 km à Huntsville en Alabama le 31 décembre. Ben quoi ! C’est ça un accro aux endorphines. Aussitôt une compétition terminée que je me prépare pour une autre. C’est ce qui me fait courir en plus des médailles, elle est pas mal celle de Philadelphie. Je vais l’ajouter fièrement à ma collection.

Retrouvez les aventures de Luc sur son blog : http://trainingforboston.wordpress.com/

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commentaires
  1. Merci Jean-Pierre d’être ta touche exotique. Avec l’hiver qui arrive, l’exotisme me réchauffera.

    Prochaine course, un ultra-trail de 50 km à Huntsville en Alabama le 31 décembre. Alors au lieu du foie gras, je vais prendre pleins de gel.

  2. Adrien dit :

    Super récit ! Bravo, ça donne envie de découvrir ce marathon ! Alors c’est bon pour Boston 2013 ? Courage !!

  3. sylvie Jacques dit :

    Bravo Luc, Ce recit me rappelle bien des souvenirs; dommage qu’on n’est pas se croiser avant la course…il y avait beaucoup de monde. Je pensais qu’il y avait 35000coureurs….peut-etre qu’il y en avait plus qui faisaient plus qui faisaient le 8K.

    J’aurais aime contribuer a ton succes- en te faisant un petit transfer…mon experience a ete inverse; mon IT band a lache dans les cotes mais j’avais beaucoup d’energie. C’est comme si le transfert d’energie ne se faisait pas dans les muscles.

    Je ne vais pas attendre au jour de l’an et vais te souhaiter la sante pour pouvoir performer a tes longues courses!
    Sylvie

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