SainteLyon 2011 : voyage au bout de la nuit !

Publié: 9 décembre 2011 dans Récits
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Prendre le départ de la SaintéLyon, c’est s’engager dans une aventure. Même les plus aguerris sont dans leurs petits souliers. Les intempéries du mois de décembre peuvent transformer ce trail en vrai chemin de croix. Nous allons suivre Adrien, jeune runner à la sauce triathlète, spécialiste du macadam oscillant entre 10 km et marathon. Il nous fait revivre son premier trail.

Participer à la Saintelyon peut paraître un défi un peu fou. Comme les témoignages le laissaient transparaître cette course nature est à vivre une fois dans sa vie. Il n’en fallait pas plus pour me motiver et prendre part à cette 58e édition. Ce fut une expérience magique !

Samedi 20h, nous arrivons au parc des expositions de Saint-Étienne, la tension monte, les visages à 4 heures du départ sont déjà fermés, tout le monde est concentré, nous croisons de nombreux visages connus, les coureurs parisiens de la runosphere étaient venus en nombre pour participer à la fête !

Très vite le moment est venu de rejoindre la ligne de départ située dans le chaudron de Geoffroy Guichard. Le temps n’est pas clément, pourvu qu’il ne pleuve pas durant la nuit, tant pis, si c’est le cas on ferra avec…

Une heure d’attente sur la ligne et la pression monte… Ça y est, le départ est donné, les premiers mètres et même les premiers kilomètres sont rapides, je profite de l’instant présent et me fais plaisir !

Jusqu’ici tout va bien
En sortant de Saint-Étienne, la première montée est en vue, les frontales des participants s’allument presque en même temps, il n’y a plus un seul bruit dans le peloton… on avance dans les terrains boueux, à vive allure, je suis dans la foulée de mes deux acolytes.

Le ravitaillement de Saint-Christo (16e km) se profile, il est temps de faire le plein et de charger le Camelbag pour la suite. Dans la cohue, je perds Romain, je ne le reverrai qu’à Lyon… (moi qui n’aime pas trop courir seul, je vais être servi), c’est à ce moment précis que la pluie cesse, le moral remonte, on continue !

Le ballet des lampes frontales est magique, il n’y a pas un bruit, les coureurs sont concentrés pour progresser méthodiquement. L’ambiance est formidable, très différente de ce que je connaissais jusqu’ici, j’adore !

Arrivée à Moreau (20e km et 865m d’altitude), la vue sur les lumières lyonnaises est magnifique, mais je n’ai pas vraiment le temps de profiter du décor, il faut vite se remettre en route, le chemin est encore long.

La Saintélyon est composée de 50% de bitume et 50% de « chemins » à la place de chemins, je préfère l’appellation « glaises » tellement les pas sont difficiles.

J’avance, quoi qu’il arrive !
Malgré ce terrain peu accueillant j’avance en restant dans la roue du coureur devant moi, cela me permet de savoir comment appréhender la prochaine foulée, le silence est toujours présent, tout le monde est dans sa bulle.

Au 42 ème kilomètre, je tiens toujours le choc, c’est maintenant que commence l’inconnu, c’est également ici que les galères commencent, comme si mon corps me disait: « on arrête les frais, à partir d’ici je ne connais pas, je ne veux plus continuer ». J’essaie de ne pas trop penser aux 26 prochains kilomètres et surtout de rester concentrer sur ceux qui me séparent du prochain ravitaillement (sur la Saintelyon, l’on ne compte pas en kilomètre mais plutôt en ravitaillement).

J’arrive à Soucieu en Jarrest (45e kilometre), il est 5h45 du matin,  je galère énormément, ça tire de partout, je vois au loin encore une grosse montée, parfait, je vais pouvoir marcher un peu, ça devient très dur …

Le téléphone portable comme produit dopant
Au ravitaillement, je sors mon portable et me remotive en regardant tous vos messages d’encouragement (pendant quelques instants, je n’ai plus mal aux jambes), malheureusement ce moment d’euphorie retombe très vite et ça tire encore plus en sortant de la tente, la suite s’annonce compliquée…

Vers Beaunant il fait vraiment jour, j’en ai plein les bottes au sens propre comme au figuré, mais je n’abandonne pas, j’appelle mes parents qui sont étonnés de me savoir encore en course (à un précédent check-point ma puce n’avait pas marché et mes temps intermédiaires ne s’affichaient plus) je leur dis qu’il me reste 10kms et que je devrais être à Lyon dans une heure… Quelle erreur de jugement, il me faudra en fait une heure trente pour rejoindre l’arrivée. J’alterne entre marche rapide et marche très lente, depuis longtemps je ne peux plus courir, mais j’avance, c’est le principal!

Enfin je vois Gerland…
Mes parents sont là pour m’encourager et me motiver sur les derniers mètres que je dévore à 20km/h (enfin dans ma tête, en vrai je suis à 7km/h et c’est déjà rapide pour moi). Ça y est c’est fini, je peux enfin me dire que je suis finisher de la Saintelyon !! En 9h05, le principal n’est pas le chrono mais de s’être dépassé !

Cette course est simplement magique, mais à ma prochaine participation, je serai entraîné de façon adéquate et peut être arriverai-je à rejoindre Lyon avant la fin de la nuit (c’est une sorte de Graal, comme terminer un marathon en 3h…).

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commentaires
  1. totorunning20 dit :

    Bravo adrien pour ton premier trail et bonne récupération

    • amarlault dit :

      Merci !! une expérience incroyable, je ne connaissais pas du tout ca avant.
      Pour les prochaines éditions (en 2013 pour moi) je reviendrais mais vraiment plus entrainé ! Et toi, tu as prévu de la tenter prochainement ?

  2. Julien dit :

    bravo !
    il fallait se lancer dans la boue et la nuit quand on fait surtout de la route
    et il fallait aller au bout, même si c’est dur et qu’on ne peut plus courir.

    En plus tu pars avec une belle base pour claquer un chrono l’année prochaine 😉

  3. amarlault dit :

    Pas sur que je tente de nouveau l’aventure en 2012 … il faut quand meme etre bien préparé spécifiquement pour ce genre d’épreuve, en 2013 pour la 60eme édition je serai dans les inscrits en tout cas !
    Merci en tout cas julien ! tu tentes l’aventure nocturne en 2012 ?

  4. Bravo !
    Je termine en 9H02 ! On a du se croiser 🙂

  5. Inspirant, tout un premier trail.

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