Marathon de Paris, l’histoire était trop belle pour y croire ?

Publié: 9 avril 2013 dans Récits
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Marathon de Paris Run Reporter Run 1

J’avais suivi la meilleure des préparations, mêmes les intempéries de cet hiver rude n’ont pas eu raison de ma motivation. J’abordais ce marathon comme un simple aboutissement de longues répétitions. J’avais confiance en moi et le soleil était au rendez-vous. Tous les ingrédients pour une belle fête !

7h30, je retrouve les membres de mon club de Nanterre, nous sommes une vingtaine à participer à l’épreuve et pour chacun un lièvre nous attendra au 22e km afin de nous accompagner et nous soutenir jusqu’à la fin. Pour la deuxième année c’est Sébastien qui sera à mes côtés et sera rejoint au 32e par Running Guy.

Sas des 3h
Participer au marathon de Paris, c’est l’assurance d’un voyage sur la planète Running avec des coureurs de toutes les nationalités et de tous les âges. Départ avec les deux Philippe (Thuret et Albinet) dans le sas des 3h. Coup de pistolet et nous dévalons la plus belle avenue du monde. J’emmène avec moi Julien un camarade de club qui est très motivé pour battre son chrono.

Je dois suivre un tempo de 4’ 15’’ au kilomètre, ce ne sera pas chose facile tant la ferveur et la forme me poussent à être un peu plus rapide, entre 5 et 10 secondes. Ce sera un début d’excuse pour la suite. Le soleil exceptionnel malgré le froid relatif explique la foule nombreuse massée sur le bord de la route. Il ne passe pas un kilomètre sans que l’un d’entre nous soit salués de façon sonore. Le Bois de Vincennes pointe son nez, c’est la partie que j’aime le moins du parcours. J’ai hâtes d’aborder la descente de Gravelle avec son retour sur Paris. La porte de Charenton ressemble à une étape du Tour de France, la foule nombreuse et compacte forme un couloir dans lequel nous nous engouffrons avec plaisir.

Marathon de Paris Run Reporter Run 2Semi-marathon
L’avenue Daumesnil nous emmène à la mi-parcours, je passe au semi marathon en 1h 28’ 45 ce qui correspond à la cible fixé (entre 1h 28’ 30’’ et 1h 29’ 00’’). Jusque là tout va bien, je retrouve mon lièvre Sébastien qui officiera aussi de porteur d’eau, un véritable luxe pour éviter la cohue des ravitaillements. Nous entamons le tour de la Bastille puis la descente sur les quais nous offrant un panorama splendide sur Paris. J’adore cette partie, nous sommes toujours avec Philippe et Julien. Nous sommes au coude à coude avec Philippe Albinet jusqu’au 30e km où je laisse une bonne partie de mes forces à la Tour Eiffel, la suite sera un vrai calvaire ou j’alternerai marche et course à partir de Rolland Garros.

Je suis rejoint au 35e km par Anne Valéro qui vient à ma rescousse. La voire me renvois un sentiment partagé, je suis très heureux car elle va m’aider à trouver la force et triste à la fois car j’aurais aimé lui offrir une belle course. Je franchis l’arrivée en 3h11, un chrono qui, il y a seulement 2 ans, m’aurait fait sauter au plafond, mais là me plonge dans une grande tristesse…

Analyse de la contre performance
Il n’y a pas de fait marquants, mais avoir un coup de mou comme le mien au 30e km ressemble à un départ rapide ou une mauvais alimentation. Si l’on analyse les résultats de la Garmin on s’apperçoit qu’hormis quelques kilomètres au début je suis dans le tempo de 4’ 15’’. Je penche plus pour une sous-alimentation au petit-déjeuner surtout compte tenu du froid au départ. Le stress et le froid (j’étais en short et débardeur par 2°) m’ont fait brûler des calories qui m’ont sûrement manqué à la fin. Autres facteurs et pas des moindres la pression que je me suis mis tout seul était énorme car j’avais à cœur de bien faire. Le marathon n’est pas une science exacte, c’est ce qui le rend si beau et si diffcile…

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commentaires
  1. Très émouvant… Merci pour ton récit si touchant. On a envie de te serrer dans nos bras et de te réconforter. Mais n’oublies pas que ta performance est sublime, 3h11…

  2. Jean-Marc dit :

    ma foi, bravo pour ta performance, c’est pas donné à tout le monde, et puis par ce froid !
    ne sois pas trop dur avec toi-même, Rattigan ! moi je dis : chapeau !

  3. Lloc dit :

    Oh ! Jean-Pierre !
    Je retiens une phrase, la plus belle à mon sens, et celle qui a le plus de sens : « Le marathon n’est pas une science exacte, c’est ce qui le rend si beau et si diffcile… »
    Vous êtes plusieurs dans votre sphère d’amis à faire à peu près le même compte rendu, et franchement cela me chagrine un peu. J’ai pas commenté les autres, je commente ici, mais cela peut très bien être pris par tous, ou pas, c’est pas à moi d’en décider.
    Bordel, vous êtes beaux, vous courez super bien, vous arrivez à avoir de belles perfs. En ce jour de marathon vous vous êtes rentrés dedans, c’est pas passé, mais je trouve ça beau, même magnifique. Crois-tu que si tout se passait comme sur des roulettes, la CAP serait aussi belle ? De cette déception vous sortirez sûrement plus grand.
    Des raisons, on peut en trouver une liste longue comme le bras si on y réfléchie bien. Mais ça sert à quoi, à part se triturer l’esprit ?
    Pour finir, félicitations !

  4. runmygeek dit :

    Un beau marathon quand même avec les amis, le froid a du en effet te bouffer pas mal d’énergie tu es un peu à poil comparé aux autres. Par contre rassurement tu ne parles pas de ravito solide pendant la course c’est un oublie ou tu n’as vraiment rien pris ? Si c’est le cas c’est une autre piste de contre performance 3h à bon régime la machine a besoin de carburant.

  5. massol joel dit :

    Une belle performance tout de même !!! 3h11 c’est pour beaucoup de coureurs simplement impossible… Au marathon de Marseille je comptais faire 3h30 puis finalement avec la pluie et un parcours délicat j’ai mis 3h57… Mais j’ai été au bout et c’est le principal. En tout cas votre site et votre récit sont magnifiques.. Bravo

  6. Eric dit :

    Dommage pour ton objectif, mais clairement, 3h11 est un super temps !! Comme tu le dis très bien, tu vas rebondir et ça va repartir !

    • Christophe MORVAN dit :

      Pourquoi toujours nier le fait que l’on est parti trop vite ! Tu recommencera cette même erreur comme tant d’autres, si tu penses valoir 3h, il ne faut surtout pas partir sur un tempo plus rapide car c’est le mur assuré, ce que tu crois gagner au début, tu le perds au moins d’un facteur 3 sur la fin. Il vaut mieux partir en négatif split avec une allure de quelques petites secondes de moins de moins 1 de voir 3 par km. Sinon le plus simple c’est toujours la même allure. J’espère aussi que tu as pris des gels au nombre de 4 ou 5 mais surtout pas de solide. C’est dommage de passer tant d’heures à l’entraînement pour finalement faire cette grossière erreur et finalement penser que ce n’est pas l’erreur principale. Ce qui compte c’est apprendre de ses erreurs. Quand on dit que le mental est important, ce n’est pas à la fin car si tu n’as plus de jambe, c’est trop tard, c’est au début que le mental est important, savoir se réfréner car évidemment, son cerveau archaïque a envie de prendre le dessus et au passage du 5, du 10 etc. on est bien loin de l’allure de son record sur ces distances et on a envie d’accélérer car on se sent bien mais c’est un leurre car il ne faut pas oublier que l’objectif principal c’est 42,195. Bonne récup !

      • runmygeek dit :

        Pourquoi surtout pas de solide ???
        Les gels ça ne réussi pas à tout le monde hein, perso moins de 3h en 2010 sur Paris sans gel mais avec un barre et des bananes et orange aux ravitos.

  7. Giao dit :

    Très dommage pour ton objectif mon Jean-Pierre car il n’y a qu’un seul MDP par an, c’est ce qui rend d’autant plus beau la quête du Saint Graal.
    Remarque tout le monde s’attendait tellement à ce que tu réalises cet exploit que cela aurait semblé presque banal que tu y parviennes cette année.
    Tu t’es sans doute mis trop de pression, tu as voulu bien faire, tu es resté concentré et tu as fait ton job.
    Cela nous laisse du suspense et on sait comme cela que cela n’est pas si facile que ça même pour un champion comme toi qui doit jongler entre la famille, le boulot, les sollicitations people du monde du Running. Je préfère un Jipé qui est toujours là pour ses amis, qui répond présent et toujours est de bon conseil et qui faillit de peu devant le mur des 3h, qu’un zombie qu’on ne voit jamais car il vit dans sa bulle et reste cantonné à son seul objectif chronométrique. Tu es entier et on t’aime comme tu es, sans doute presque plus aujourd’hui pour y être « presque » arrivé que si tu avais réussi ton objectif.
    La Victoire n’en sera que plus belle et je veux être là pour te serrer dans mes bras mon ami.
    Quand même, le privilège d’être accompagné par Seb, Guy et Anne Valéro la championne de l’Eco-Trail c’est un truc de fou !

  8. Durond monique dit :

    Je comprends ta déception

  9. Run-O dit :

    Comme tu le dis si bien, cette épreuve n’est pas une science exacte. C’est aussi pour ça qu’on l’aime. Je comprends bien ta déception, même si ce chrono en fait rêver plus d’un.
    Mais quand on a la passion comme toi, cette expérience ne peut être que positive pour la suite. Ce n’est que partie remise…
    Bravo Jean-Pierre. Récupère bien,

  10. Durond monique dit :

    Après tant d’efforts, je comprends ta déception mais pour moi tu resteras un véritable champion.
    Je t’admire!! Si les objectifs n’ont pas été atteints comme tu le souhaitais,ce n’est que partie remise
    Le prochain sera le bon.
    A bientôt
    Bizz
    Durond Monique

  11. Philippe dit :

    Je dois bien avouer que l’histoire eût été plus belle et même complètement inoubliable si nous avions été capables ensemble d’aller jusqu’au bout avec le chrono escompté. Mais on ne la réécrit pas. Et comme tu le dis justement le marathon n’est pas une science exacte. Il faudra recommencer 🙂

    • Christophe MORVAN dit :

      « Pourquoi pas de solide ? ».
      La digestion utilise du sang ; sang dont l’on a besoin dans les jambes pour courir. La digestion fait travailler les muscles utilisés pour la digestion. Donc moins de sang pour les jambes ce qui veux dire moins d’oxygène et un travail avec d’autres muscles donc plus (+) de fatigue etc…

      • runmygeek dit :

        Mouais, on est pas obligé de s’envoyer un cassoulet non plus. A part me faire mal au ventre les gels n’ont pas de grand intéret. Autant je consois que sur une épreuve plus courte on puisse lacher le solide mais à partir du marathon les aliments type bananes ça fait du bien et en plus ça remonte le moral. Je ne parle même pas des ultras où la le solide est obligatoire sinon tu termines pas la course

      • Philippe dit :

        Quand je pense de Fred B finit frais comme un gardon en 3h11 avec 6 gorgées de flotte
        Personnellement je n’ai jamais eu aucun souci au bide avec les gels. tout ça pour dire que les stratégies alimentaires sur marathon dépendent énormément du bonhomme. ce qui convient à l’un empêchera l’autre de bien terminer.

  12. chantaki dit :

    Moi aussi je comprends ta déception Jean-Pierre, mais je ne peux pas m’empêcher d’admirer ta performance 😉 Bravo

  13. olipucci dit :

    Malgréta deception tu mérites de grandes félicitations pour ton super temps!

  14. Thomas Rison dit :

    J’aime bien la fin : Le marathon n’est pas une science exacte, c’est ce qui le rend si beau et si difficile… (j’ai corrigé la faute au passage Lol)

  15. Thomas Rison dit :

    Les raisons… Surement pas un sous-entrainement, je dirais comme toi plutôt le stress et le froid au départ (tenue légère qui aurait pu te faire perdre de l’énergie) mais le stress je pense fait perdre plus d’influx que le froid.

  16. fabienne garnier dit :

    C’est tres émouvant de te lire mais je crois quand meme que tu peux etre tres fier de toi , tu n’es pas une machine mais un etre humain et tu as déja réussi une belle performance ! Bravo

  17. lyne dit :

    Bravo JP, très beau récit, tu as fait une très belle course et. Tu sais bien que nos meilleurs chronos en compétition c’est lorsque l’on s’y attend le moins car pas de pression, bises et bonne récup

  18. pam15 dit :

    Sympa +++ ton récit / pour t’accompagner je fais un peu la même course… départ un peu rapide 41′ au 10 puis 1h28 au semi avec un obj moins de 3h. Petits pb juste après la prise du 1er gel avec un point de côté vers le 11e kilo. heureusement un collègue du club m’accompagne à ma surprise et me fait oublier les douleurs au ventre entre le 19 et 26km… Je passe au 30 en 2h06 (c’est encore bon pour les 3h) mais la côte de Mirabeau me révèle la petite forme et le grand mur. Je m’accroche car mes fils m’attendent vers Roland Garros. Mon escorte rapide m’oblige à tenir à petit rythme jusque l’arrivée en 3h06. Grosse déception sur le moment mais il faut savoir tirer profit de ses échecs. Cela sera mieux la prochaine fois et le marathon en moins de 3h sera peut être pour nous. Le débrief avec ses amis fait du bien aussi et permet de relativiser tout cela. Vive les prochaines courses.

    • Christophe MORVAN dit :

      Je pense que si tu été passé au 10 km en 42:45 au lieu de 41 tu serai passé sous les 3 heures sans problème en négatif split au lieu de terminer en 3:06. 😉 Bonne récup

  19. Running Gou dit :

    C’est une belle course JP! Mais tous les commentaires enjoués ne remplaceront pas ta déception que je comprends parfaitement. Tu auras d’autres occasions, à n’en pas douter. Ce qui ne nous pas nous rend plus forts. Vive le run. R.Gou

  20. DaJo dit :

    « Ce qui ne nous TUE pas nous rend plus forts. »

    Je n’aurais pas dis mieux (le Gou est un sage…) : tu ne t’es pas blessé et c’est le principal !
    Les <3h viendront cet automne à Berlin ? Amsterdam ? Francfort ? Turin ?… et elles n'en seront que plus belles 😉

  21. […] L’année 2013 maintenant derrière nous aura été à bien des égards « différentes » ! Pas le moindre record… Que ce soit sur 10, 21 ou 42 km pas le moins chrono ! Par contre du long en pagaille et du plaisirs (enfin) retrouvé. Le début d’année fut classique avec pour janvier et février des 10 km, l’incontournable semi de Paris au mois de mars et en avril l’Everest que représente pour moi le marathon de Paris. Je tente chaque année la difficulté par une face différente (différent coaching) mais le résultat est sensiblement le même : un chrono entre 3h 06’ et 3h 10’. Lire l’article sur le marathon de Paris […]

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