Eco-Trail de Paris Ile-de-France 2014

Publié: 28 avril 2014 dans Récits
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Ecotrail Monia 1

Pour sa sixième édition, l’Eco-Trail de Paris a fait preuve de maturité. L’épreuve fait désormais partie du paysage course nature faisant armes égales avec les plus grandes. Cette année encore les concurrents auront été privé de Tour Eiffel toujours pour cause de travaux, mais n’ont pas perdu au change avec une arrivé « féérique » sur le Trocadéro. Un reportage « inside » avec à la narration Monia et Alain…

Nos deux protagonistes possédent deux profils différent … Monia est une habituée des trails et courses longues tandis qu’Alain découvre la discipline. Laissons leur la parole :

La course de Monia : Mais que fait le chauffeur ?

Cela fait maintenant 20 minutes que nous attendons dans la navette dont le moteur tourne. Bravo pour un écotrail. Cette navette remplie de coureurs angoissés, stressés, excités, enjoués à l’idée de se lancer dans ce périple. J’ai rêvé ce jour, je l’ai attendu, je l’ai appréhendé, je l’ai imaginé et maintenant qu’il se présente, je rêve de demain, me dire que je suis allée au bout, que je n’ai pas failli, que cet écotrail n’a pas eu le dernier mot même c’est moi qui ai subi les maux.

Me voilà dans l’arène. Nous sommes exactement 1582 fous furieux à se lancer dans cette fabuleuse aventure, 1582 à se motiver mutuellement, à se conseiller, à se rassurer, à rigoler. Pour ma part, je n’ai aucun conseil à donner. C’est ma première participation. Je les écoute en tirant le meilleur du pire de ce que je peux entendre.

C’est y est, le départ est donné
Me voilà partie pour 80kms de souffrance, de partage, de bonheur. Je suis surmotivée, je veux aller au bout. Aller au bout signifie pour moi une grande victoire et pas seulement sportive. Nous faisons un tour de la base de loisirs de Saint Quentin en Yvelines. Vigilante je suis car, le terrain est parsemé de petites bosses qui, malheureusement font chuter une coureuse qui a dû abandonner après 1km de course. 2kms plus loin, c’est un coureur qui tombe et fait une crise d’épilepsie. Je suis peinée pour ces derniers. Mon amie Maeliz est près de moi, nous avons la même allure. Pendant 3 mois, nous nous sommes entrainées ensemble, alors aujourd’hui, c’est ensemble que nous allons parcourir ces quelques 80kms. Devant moi, j’aperçois Stéphane. Je ne le connais pas. Comment puis-je connaitre son prénom bien qu’il soit inscrit sur le dossard vu qu’il est de dos. Il est aussi inscrit sur son postérieur. Le bon dieu nous a doté d’yeux fait pour regarder alors je regarde. J’arrive près de lui et on entame la conversation. Je cours tranquillement n’ayant aucun objectif temps, juste passer les barrières horaires. Il me parle de sa femme, me dit qu’ils s’aiment profondément et que de cet amour est née une petite Ambre une semaine auparavant. Je bois ses paroles. C’est très émouvant d’écouter un nouveau papa parler de son enfant comme de la huitième merveille du monde. Je suis tellement absorbée par ce qu’il me dit que les 22kms que nous venons d’avaler sont passés sans aucune difficulté. Première barrière horaire franchie. Je rempli ma poche d’eau, je bois bien que je n’ai pas soif, je mange bien que je n’ai pas faim, je danse, parce que j’ai très envie de danser. Les musiciens présents sur le ravitaillement jouent une musique très entrainante. Le chanteur à une voix à tomber par terre.

Ecotrail Monia 3Bon, il faut repartir maintenant
Parle-moi encore de Ambre Stéphane. Non, à ton tour Monia de me parler de toi. Eh bien moi aussi j’ai la huitième merveille du monde à la maison. Cette huitième merveille qui me disait encore hier soir combien elle était fière de moi, qu’elle n’avait aucun doute quant au fait que je finisse cette aventure, que j’étais la plus forte, la plus belle dotée d’un mental d’acier. Ces mots-là gravés dans moi à jamais m’ont portés tout au long de la course. Maéliz faiblit, je l’attends mais elle m’encourage à continuer sans elle, elle a un coup de mou et me dit qu’en aucun cas, je dois gâcher mon écotrail. Je poursuis donc sans elle mais toujours avec Stéphane qui quand je fatigue un peu se met devant moi et me demande de lire son prénom. Il me fait rire. On parle, on rigole, on refait le monde. Il évoque le souhait de faire un petit frère ou une petite sœur à Ambre, que toute sa vie il a rêvé d’être papa, qu’il n’a toujours pas réalisé qu’il l’est devenu. Il est malin ce Stéphane, à me raconter sa vie, nous arrivons au km47 sans avoir vu le temps passer. Enfin, je n’ai pas vu le temps passer mais le dénivelé, je l’ai vu, mes cuisses l’ont subi. J’ai la peau dorée par le soleil qui brille au-dessus de ma tête. Je me mets à pleurer car je réalise que j’ai dépassé 42,195km. Je n’étais jamais allée au-delà d’un marathon. Je suis fière de moi et même si je commence à fatiguer, le mental est là et je prends du plaisir. Salut Monia, comment tu vas ? Tiens, Thibault un ami que je n’ai pas vu depuis longtemps est présent sur l’écotrail. Me voilà escortée par deux garçons à présent. Nous reprenons la route enchainant des côtes très longues et très difficiles mais quand ça monte, ça descend ensuite. Je commence à avoir terriblement mal aux pieds. Les ampoules les ont attaqués. L’ongle de mon orteil droit me fait terriblement mal, il tape dans ma chaussure dans les descentes si bien que je fini par préférer les côtes. Stéphane est devant moi me demandant toutes les 30 secondes ce qu’il y a d’inscrit sur son corsaire quant à Thibault, il est derrière me disant que ma jupette me sied à ravir. Passe devant Thibault, si tu veux lui dis-je. Ca va aller Monia, je me sens bien derrière toi. Le coquin ! Le temps commence à s’assombrir. Je deviens de plus en plus vigilante car le chemin est parsemé de pierres, de racines. Je fatigue vraiment et là paf, je tombe sur les genoux, aïe! Stéphane et Thibault sont à mes petits soins.

Nous en sommes à 7h00 de course
Un bénévole nous annonce que le prochain ravitaillement est proche, que de la soupe, du fromage et de la charcuterie nous attendent. J’ai faim, je mangerais un sanglier avec ses poils. Mon dieu comme elle est difficile cette côte qui se présente. C’est la plus dure du parcours me dit-on. J’ai mal aux cuisses, aux pieds, au dos. Devant moi, un coureur est allongé par terre hurlant de douleur, un autre allongé aussi et dont on peut deviner ce qu’il a mangé auparavant tellement il vomit. J’ai mal au cœur pour eux. Je vais chercher au fond moi la force d’arriver en haut. Je pense à ma fille, je traine la patte. Ca y est, j’aperçois le ravitaillement km57. Deuxième barrière horaire franchie. La musique résonne de nouveau sur le ravitaillement. J’ai très envie de danser mais je ne danse pas. La soupe, le fromage, les gâteaux sont excellents mais ce qu’il y a de plus excellent, ce sont ces bénévoles qui sont là pour nous, qui nous motivent, qui nous offrent leurs sourires, leur bonne humeur, qui nous disent combien ils sont admiratifs de ce que nous sommes en train d’accomplir. Sans eux nous ne serions pas là. Nous avons besoin d’eux. Cette bonté, cet altruisme, cette générosité de leur part me touchent profondément. De nouveau, je me laisse submerger par l’émotion. Monia, qu’est- ce qu’il est inscrit sur mon corsaire ? Ah ce Stéphane, toujours là pour me faire rire. Tu es très jolie Monia mais pas quand tu pleures. Allez, on repart, la victoire nous attend me dit-il. On dégaine la frontale, une file indienne de lumière se créée dans les passages sombres et sinueux. On se croirait dans le film «Germinal» tels des mineurs allant au charbon. Finalement, je préfère imaginer la scène des 7 nains dans Blanche Neige quand ces derniers chantent à tue-tête «eh oh, eh oh, on rentre du boulot», C’est beaucoup plus joyeux.

Ecotrail Monia 2Les kilomètres commencent à devenir épuisants
J’ai mal aux pieds, je n’en peux plus. Je souffre à tel point que je suis obligée d’enlever mes baskets. Je fais un bout de route sans. Ca va, le bitume a fait son apparition et le parc de Saint Cloud va bientôt pointer le bout de son nez. J’ai hâte car je sais qu’à cet endroit m’attend Christian P. Je lui ai envoyé des SMS sur le parcours afin qu’il sache où j’en suis. Quand Ambre sera grande, je l’initierai au trail, elle est comme je l’ai rêvée, des yeux d’ange, une peau de velours, un sourire ravageur par contre, elle n’a pas de dent me dit Stéphane. De nouveau, j’éclate de rire en rentrant dans le parc de Saint Cloud. Quatrième et dernier ravitaillement km67 et troisième barrière horaire franchie. Je préviens Christian P. Il m’attend au km70. Je suis morte de fatigue mais la tête est là et je reprends la route. La victoire commence à être palpable, la dame de fer n’est plus très loin, les musiques endiablées échappées des péniches sur les quais de Seine m’appellent. Ca y est j’aperçois Christian P. accompagné de sa femme. Il voit bien que je suis épuisée, que j’ai mal aux pieds. Sa femme me dit être admirative de ce que je suis sur le point de réaliser. Christian P. me dit que qu’il n’est pas garé loin si je veux. Au grand jamais, je ne vais pas abandonner si près du but. J’avance lamentablement m’accoudant sur l’épaule de Christian P. J’alterne course et marche. Ces 10 derniers kilomètres me semblent interminables quand soudainement, la dame de fer apparait dans mon champ de vision. Bien que je m’approche de plus en plus d’elle, j’ai l’impression qu’elle recule, je suis arrivée pile poil au moment où elle s’habille d’un’ merveilleuse lumière bleue qui scintille et devant laquelle, je suis époustouflée. Christian P. m’est d’un grand soutien. On discute, on court, on marche. Les photographes sont là. Je prends la pose avec un énorme sourire, l’arrivée au Trocadéro n’allant pas tarder.

Nous sommes dans le dernier kilomètre. Plus que quelques marches à gravir. J’ai le choix entre les marches ou l’escalator. Sport jusqu’au bout, je ne prends pas l’escalator. S’en suit, une descente qui nous mène dans les jardins du Trocadéro, une trentaine de mètres qui longe le bassin de ce dernier et là, je vois la ligne d’arrivée. La victoire n’est plus palpable, elle est réelle. J’en reviens pas, je suis allée au bout, j’ai couru 80 kilomètres. Christian P. me félicite. Maéliz a finalement fini elle aussi. On se sert dans les bras, on est heureuse d’avoir accompli un tel exploit car oui pour moi, c’est un exploit. Je rentre à la maison, la huitième merveille du monde m’attend.

Je porte le t shirt Finisher. Elle est fière de moi. Cette victoire, je l’ai rêvée, je l’ai voulue, je l’ai attendue. Elle est belle et bien là, elle me redonne confiance. Je ne douterai plus jamais de moi.

«Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort» Frédérick Nietzsche

 

La course d’Alain : Un apprenti sur l’ECOTRAIL de Paris

Dans le cadre de ma préparation marathon pour Azay le rideau, Jean-Pierre m’a proposé un dossard pour l’ECOTRAIL. J’ai donc validé cette offre et me suis inscrit sur la distance de 30km, ce sera une première, je n’avais à ce jour courus aucun trail.

Par ce beau samedi ensoleilé me voila donc dans le sas de départ devans l’observatoire de Meudon, l’ambiance est bonne enfant pas de stress, les premiers traillers partent, je suis dans le deuxieme sas, nous partons donc 5 minutes plus tard. A ma grande surprise, pas de notion de chrono, et dès les premiers mètres je dois déjà slalomer et doubler. Nous n’avons pas parcourrus plus d’un km que je découvre les particularitées du trail, soit un seul vantail du porche du parc est ouvert, nous passons en mode marcheur, puis pas de barrières, uniquement des morceaux de bandes plastique accrochée aux branches d’arbres pour nous guider. Les chemins sont étroits, je continu à slalomer, je ne m’attendais à de telle difficultés, je pensais trouver des allées cavalières comme dans le bois de Vincennes. Le kilométres passent, sans aucun répere, je ne sais pas ou j’en suis, j’ai soif, je suis parti avec mon camel bag, mais comme j’ai eu la bonne idée de changer la poche à eau, et que je ne l’avait pas encore testée, impossible de boire, j’ai beau aspirer, pas une seule goute. Les difficultés continus, chemin étroit, montée abrupte, alternance course et marche, chaleur et soif me sappe le moral. Je ne sais toujours pas ou nous somme, j’ai hate de rejoindre le ravitaillement du Km 21. Après cette pose le parcours devient un peu plus roulant, je retrouve enfin le bitume. 2H45 de course, je passe le portique de l’arrivée face à la tour EIFFEL. Je suis finiser.

Pour un premier trail, je n’ai rien à redire de l’organisation, mais habitué des courses sur routes, je n’ai pas retrouvé mes repaires, pas de marquage kilométrique, pas de public ni animation. Et sans préparation j’ai payé cash cette sortie, de grosses courbatures, un passage chez l’ostéo et une semaine de prépa tronqué. En conclusion, trés beau parcours, mais je ne suis pas certain de devenir trailer, je vais continuer pour le moment les courses sur routes.

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