Triathlon de Deauville 2014

Publié: 16 juin 2014 dans Récits
Tags:, , ,

Triathlon de Deauville 1

Dans la conscience populaire, Deauville est synonyme de fastes et de lumières. La ville du cinéma et des stars accueillait pour la troisième année son triathlon international. L’épreuve a réussi en peu de temps à s’imposer comme le 5e triathlon français en terme de participants. Retour sur cette épreuve qui est promu à un bel avenir !

Durant deux jours la station balnéaire, va vibrer au rythme de quatre compétitions. Avec un record de participation car plus de 2600 triathlètes seront présents sur les lignes de départ. Au programme, un longue distance, un découverte, un courte distance et une épreuve jeunes (2 minikids et 1 trikids).

Mon avis sur la course
La course n’est pas rentrée dans le top 5 par hasard. L’organisation est bien rodée, je n’ai pas attendu plus de 5mn pour retirer le dossard. Les bénévoles sont charmants et avenants. Le parcours vélo est entièrement coupé à la circulation avec trois bosses dont la première qui fait mal aux pattes. Une course à pied en deux boucle avec toujours le front de mer comme comme compagnon. Mon seul bémol sera sur les ravitaillements. Surtout celui d’arrivée, où vous sont servi soit de l’eau, du jus d’orange bon marché ou de la bière. Des misérables bretzel, du pain d’épices ou des pâtes à l’eau. Ce point mérite plus d’attention et d’effort car il marque les esprits. La barre ayant été placé très haute sur les courses aux labels IronMan. Je vous le concède, le prix n’est pas le même…

Le but de ma participation
Pour ma part, le but est d’accompagner mon ami Guy qui participera à son premier triple effort. Nous nous sommes connu il y a près de sept ans lors des entraînements Nike. J’ai eu la chance de l’accompagner sur son premier marathon. Me voila à nouveau à ses côtés pour son premier triathlon, en route pour un week-end qui s’annonce fort en émotion. Être mentor rajoute une pression incroyable, je suis mort de trouille face à la mer déchaîné, et pourtant je dois faire bonne figure devant mon poulain qui n’en mène pas large. Plutôt que de vous racontez ma course, je vous propose de revivre la première fois de Guy.

.

.

Le jour où je suis devenu un triathlète.

Cette 3ème édition du Triathlon International de Deauville devait marquer mon entrée dans cette belle famille que constituent les triathlètes. Un défi initié (il y a quelques années !) par mon ami Jean-Pierre et un rêve qu’il n’a cessé d’entretenir et d’encourager en moi depuis.

photo 3-1Alors après le rendez-vous manqué du Triathlon de Paris pour … annulation, la date du 15 Juin 2014 était mon objectif de cette saison. Pour cela, je me suis licencié au club de Courbevoie Triathlon et j’ai passé les 9 derniers mois à m’entraîner avec des volumes conséquents pour le débutant que je suis avec environ 12 heures par semaines.

Ce samedi, me voici parti pour la station balnéaire normande très prisée des Parisiens en compagnie de JP et sa famille (la mienne d’adoption). En arrivant en fin de matinée, après le retrait des dossards et le déjeuner, nous passons pratiquement toute la journée à encourager les triathlètes du format L ; nous les verrons pratiquement tous arrivés du premier au dernier sous un ciel bleu très ensoleillé. Après un dîner, il est temps pour nous de rejoindre notre hôtel et d’essayer de passer une bonne nuit avant le jour J.

15 Juin 2014
Au lever, je vois que le temps n’est pas au beau. Le sol est trempé, les nuages gris ont pris place et le beau ciel bleu de la veille n’est plus. Un coup d’oeil sur les massifs de fleur me font vite comprendre qu’il y a du vent. L’épreuve ayant lieu à 14h00, nous avons loisir de laisser traîner le petit-déjeuner ce qui est appréciable car cela change des réveils à 5h30 pour prendre part à un marathon. J’avoue aisément que pour moi le stress monte au fil du temps.

Arrivé au parc à vélo, je scrute le rivage et là une vision d’horreur s’offre à moi : la mer est agité et on peut voir des vagues déjà bien formées ; du coup le stress augmente d’un cran. Je retrouve mes collègues du club qui arrivent au compte-goutte, nos conversations tournent autour de la météo qui ne semble vraiment pas favorable pour la natation et la fameuse côte de Saint Laurent que nous auront la joie de gravir dès le début du vélo.

Une fois le vélo installé, les sacs de transition pendus et les combinaisons enfilées, avec Jean-Pierre nous nous dirigeons vers la plage pour nous immerger et nager un peu dans la mer afin d’appréhender l’épreuve qui nous attend. Une chose est certaine, ça ne va pas être une partie de plaisir. Une bonne nouvelle tout de même ; nous n’avons pas froid dans l’eau.

14h00
Nous sommes à l’arrière du peloton quand le départ est donné. Il n’y a pas de bousculade et hormis les candidats à la victoire, tout le monde entre dans l’eau sans précipitation. Comme beaucoup, je rentre dans l’eau au plus loin possible pour éviter de prendre les premières vagues. Après quelques instants, je me mets à nager en water-polo pour regarder devant. Les vagues se succèdent et comme l’avait annoncé le speaker officiel, l’essoreuse est bien en marche.

La partie natation consiste en deux boucles avec sortie à l’australienne. Du fait du vent qui souffle nord-nord est, les organisateurs avaient décidé de changer le sens de la natation, ce qui fait que la partie difficile est d’arriver à la première bouée. Son approche et son passage se révèlent effectivement difficiles car à son niveau, il y a de gros creux et un entonnoir où tous les concurrents essaient de s’insérer. Bref c’est la galère … et la bagarre. Le reste se passe plutôt bien si ce n’est le courant qui nous fait tous dériver ce qui fait qu’à la sortie de la première boucle je me retrouve loin des arches de passage ce qui m’oblige à courir le long de la plage. Pour autant que je sois soulagé d’en finir, il faut y retourner et se remettre au coeur de la machine à laver.

Cette deuxième boucle se déroule un peu mieux. D’ailleurs je prends le parti de viser les bouées jaunes intermédiaires pour ne pas trop m’éloigner de la trajectoire au lieu de me focaliser sur les seules grosses bouées rouges même si ça reste très compliqué. Je suis quasiment arrivé et quasiment en position debout lorsque je me fais surprendre par une vague arrière. Mon épaule droite – déjà fragilisée par le passé – n’y résiste pas, résultat elle est luxée. J’arrive à la remettre en place et étant bien réchauffé après plus de 40 minutes de natation, je ne ressens pas de douleur.

1ère transition
photo 2
je prends mon temps vraiment tout mon temps. Je rince mes pieds qui sont couverts de sable. Après avoir pris mon sac « vélo », j’enlève ma combinaison et je m’essuie les pieds pour faciliter la mise des chaussettes. Ensuite j’attache le dossard, je pose le casque, ferme la jugulaire et j’enfile les chaussures. Je suis prêt pour aller prendre mon vélo et me diriger vers la fin de la zone de transition pour pouvoir monter dessus.

Un de mes coachs nous avait prévenus : après la natation emmener un braquet qui permette de faire tourner les jambes pour éviter d’avoir les mollets durs. C’est ce que je fais d’autant plus que la très grosse difficulté du parcours arrive très vite. Après environ 2 km, la côte de Saint Laurent qui fait la réputation du Triathlon de Deauville se dresse devant les cyclistes avec son pourcentage moyen de plus de 10% et un passage à 15%. Les consignes étaient claires : mouliner sur la première partie en gardant des dents à l’arrière tant que l’on peut et lorsque le mur s’annonce, anticiper en mettant tout à droite (petit plateau et grand pignon) et envoyer. Je m’en sors plutôt bien, en fait la plus grande difficulté pour moi sera de passer entre les concurrents qui sont à la peine et zigzaguent sur la route.

Le parcours vélo est très vallonné et les faux-plats se succèdent ne donnant pas vraiment de répits. Les descentes très pentues demandent une attention de tous les instants et certains virages sont très techniques. Bref la vigilance est de mise. A noter un passage en réfection qui donnait l’impression d’avoir enfourché un marteau-piqueur plus qu’un vélo, c’est le seul bémol du tracé selon moi. Dans la dernière difficulté du parcours, j’ai le bonheur d’entendre les encouragements de Nathalie – la femme de JP – et de leurs enfants Clément et Quentin. Ca me fait un bien fou. Merci à eux. S’ensuit alors la descente vers le parc à vélo.

Seconde transition
photo 2-1Elle se fait beaucoup plus rapidement puisque je n’ai juste qu’à changer de chaussures et enlever le casque. Et c’est parti pour la course à pied. Je n’ai pas de problème pour courir normalement, les entraînements de multi-enchaînements vélo/course portent leur fruit. Les sensations sont en revanche pour le moins étranges voire contradictoires. J’ai l’impression de ne pas avancer alors qu’au final j’avale le 1er kilo en 3’50 » ce qui n’est pas très éloigné de mon allure sur un 10K sec. Mais rapidement mon rythme se stabilise autour des 4’05 » sur ce premier tour. La partie courue sur les célèbres planches est un peu galère car elle se fait vent de face. L’avantage est qu’il y a aussi beaucoup de monde qui encourage les athlètes. Bien sûr il y a les personnes de mon club mais aussi des anonymes qui grâce à notre prénom inscrit sur nos dossard donnent de la voie. Je dois dire que ça aide énormément à ne pas faiblir.

Peu après le 2ème kilomètre s’organise la distribution des bracelets indiquant le nombre de boucle parcouru ; à Deauville il faut en faire 2 de 5km chacune. Il faut montrer pattes blanches (enfin 2 chouchous un blanc et un rouge) pour avoir le droit de passer sur la moquette bleue et franchir la finish line. La boucle longe le bord de mer que ce soit la plage ou le port. Il y a deux parties sur herbe dont la seconde où l’entrée est si étroite qu’elle ne permet le passage que d’un concurrent à la fois. Elle est aussi piégeuse car défoncée et il faut faire très attention où l’on met les pieds au risque d’y laisser une cheville.

A mi-course je passe devant la terre promise mais il me reste encore une boucle à terminer avant de l’atteindre. Je sens que mon allure faiblit et effectivement je coure dorénavant aux alentours de 4’12 » au kilo mais sans vraiment de difficultés. Je ne veux pas me faire mal – mais en aurais-je eu la capacité ? – pour gagner quelques secondes car là n’est pas mon objectif alors je conserve mon rythme jusqu’à la fin. Juste devant moi arrive la première féminine et je savoure alors chaque mètre de ce sol bleu sous mes pieds qui m’amène à l’arche d’arrivée.

Voilà en 2h50, je suis finisher mais là n’est pas le plus important : je suis devenu TRIATHLETE !

Dans l’espace ravitaillement d’après-course réservé aux concurrents, je retrouve les membres de mon club et JP où nous nous congratulons tous et où nous échangeons nos points de vue sur la course. Un élément fait l’unanimité : « on a pris cher à la natation ! ». Après quelques palabres, une petite bière et une bonne douche, nous repartons pour Paris. Dans la voiture je me surprends à avoir un léger sourire de satisfaction et de fierté, le même que j’avais vu sur le visage lumineux de JP quelques années auparavant à la fin du Triathlon de Paris et où je m’étais dit : « Je veux ressentir ça ! ». L’aventure devait alors commencer…

Plus d’infos sur la course : www.triathlondeauville.com 

commentaires
  1. PhilRun dit :

    Bravo Guy! Le Tri, c’est un sport de guerrier.

  2. Pierre dit :

    Bravo pour cette course, qui est loin d’être facile. Machine à laver en natation, parcours vélo avec dénivelé et peu roulant. Seul la cap est « facile » (façon de parler :)). L’organisation était vraiment top comme tu l’as signalé. Tu prévois qu’elle course pour la suite ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s