Saintélyon 2015 : le rêve devenu réalité !

Publié: 9 décembre 2014 dans Récits
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Saintélyon 1

La Course qui relie Saint-Etienne à Lyon n’en finit pas d’attirer les apprentis trailers en quête de dépassement et de sensations fortes. Ce qui est paradoxal, c’est que le propre du trail ce sont les dénivelés, les chemins de terre et les beaux paysages. Dans cette course de 72 km, nous trouvons une part importante de bitume et des paysages limités au champ de vision de la lampe frontale… Cette année, Camille et « sa bande » ont relevé le défi avec brio, le tout saupoudré d’un zeste de folie !

Camille Hermann :

La Saintélyon, j’en avais toujours entendu parler, même avant de courir. Elle relevait pour moi du mythe, de la famille des « courses pour surhommes ».

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette épreuve: il s’agit d’un trail nocturne de 72 Km, entre Saint Etienne et Lyon (Départ à minuit le samedi, arrivée le dimanche jusqu’à 15h de l’après-midi). Pour combler tous les niveaux et toutes les demandes, elle se décline également en relai, Saintexpress (44 Km) et Saintéspeed (22 Km).

Voilà trois ans que mes amis runners m’en parlent avec passion. Ma première réaction à l’époque, lorsque mes amis (Adrien et Carine, d’ailleurs, petite dédicace à leur attention) rentraient sur Paris, fraîchement « finisher » de leur Saintélyon, je ne pouvais me dire : « mais attends….72Km…C’est monstrueux ! » Cette distance me paraissait juste imbuvable, gigantesque, impossible à achever. Peu à peu, cette course est rentrée dans mon esprit comme une obsession. Je cours un marathon, puis je cours la Saintélyon ! Aussitôt dit, aussitôt fait, je bouclais mon inscription pour la Saintélyon le soir même de mon Marathon de Paris achévé. J’entraînais avec moi toute ma Team: Laurent, Amadou, Carine et mon homme, Alexis.

Niveau challenge, tout était clair pour moi depuis toujours: je ne voulais pas aller sur ce monument du running pour le relai, la Saintexpress ou encore la Saintéspeed. LA Saintélyon, dans mon esprit, la seule et Unique, c’est la distance de 72 Km, réalisée seule, et de bout en bout. Mais ça n’engage que moi, et je sais que beaucoup de mes amis se sont amusés comme des fous sur les relais !

Octobre. La préparation commence. Je viens de prendre un nouveau tournant professionnel, le topo est simple: j’ai des semaines chargées. Je sacrifie donc tous mes temps libres pour la prépa, Les weekends se résument à repos et sorties longues avec Laurent ou Alexis; Je m’entraîne à Paris sur les hauteurs de Saint Cloud, ou en Franche Comté pour des terrains « plus trail »

Fin Octobre: Gros coup de fatigue, épuisement même. Stress, angoisse…prise de sang… »anémie tapée » (dixit mon médecin). Aurais-je assez d’énergie pour aller jusqu’à la Saintélyon ? Je m’accroche, je me soigne, mange viande sur viande et me perfuse aux vitamines. En trois semaines, je sens déjà l’énergie revenir. C’est mon rêve, j’irai à Lyon !!!

Vendredi 5 décembre. Nous y sommes ! La Team part pour Lyon ! Je rejoins l’après-midi, Alexis et Laurent, arrivés le matin, au Stade Gerland pour le retrait des dossards. Nous faisons le tour des stands et partons dîner sur Lyon. Repos pour tous chez Carine jusqu’au lendemain soir.

Saint Etienne, minuit. Nous sommes tous dans le sas de départ. Il fait froid, de minuscules flocons nous tombent sur le nez. Nous sommes un groupe de 6 au départ: Laurent, Carine, Amadou, Guillaume, Alexis.et moi.

Deux mois que nous nous préparons ensemble et que nous parlons de cette course sans arrêt ; Ça y est, nous y sommes ! Mon cœur bat la chamade…est-ce que j’arriverai jusqu’au bout de cette course de dingue ? On ne sait jamais ce qui peut arriver…blessure, hypothermie, épuisement, etc. Aucune garantie de franchir la ligne d’arrivée.

Je note qu’il y a très peu de femmes, et celles que je vois portent un dossard « rouge » (relai). Carine me dit que nous sommes entre 7 et 10% de femmes sur la Saintélyon (allez, venez les filles ! Elle est splendide cette course). Le départ est lancé…ça y est, nous partons !

Ravitaillement de Sainte Catherine, 27ème Km. Tout se passe diablement bien ! J’ai une forme d’enfer et dévore les descentes à « pleine dents. » Alexis, Guillaume et Laurent avec qui je cours sont au top également. Carine et Amadou sont devant, ils sont très bien partis.

35ème Km. Nous avons perdu Guillaume, gobons gels sur gels et sommes boueux jusqu’au cou. Il fait un froid aberrant. Passé le ravitaillement de Sainte Catherine, la neige est là, et c’est l’heure la plus froide de la nuit. Ne surtout pas s’arrêter de courir est notre crédo essentiel. Le moindre ralentissement nous gèle les pieds et les mains. Le jour se lève doucement vers 8h du matin. Soulagement, bonheur: Nous sommes sortis de la nuit !

Ravitaillement de Soucieu, 50ème Km. L’énergie se dégrade…Alexis traîne des douleurs gênantes depuis le 40ème Km et elles ne cessent de s’intensifier. Au 50ème KM, il est totalement bloqué, les muscles des jambes tétanisés et semble souffrir d’un début d’hypothermie. Impossible pour lui de courir. Il marche sur des jambes verrouillées. J’indique à Laurent d’avancer sans nous, et je pousse Alexis. Il est capable d’aller jusqu’au bout, c’est évident, il ne le sait juste pas encore. Je ne le lâche pas, lui énumère toutes les images positives possibles pour l’aider à avancer, m’époumone pour qu’il ne lâche rien. Nous terminerons cette course comme nous l’avons commencée: ensemble !

J’ai la gorge qui brûle, dû au mélange du froid et de l’intensité que je mets dans la voix. Alex est un guerrier. Il avance difficilement, mais il avance. Le froid nous glace le sang, forcément, les muscles se refroidissent avec la marche…je commence à grelotter, vivement le ravitaillement et le thé chaud !

60 ème Km. Nous venons de dépasser le ravitaillement de Chaponost. Alexis s’est alimenté, les parents de Carine, incroyables pour leurs encouragements sur la course, lui ont donné des médicaments au passage; Il reprend quelques couleurs mais la douleur se lit sur son visage…et là, miracle ! Il se remet à courir; Je l’accompagne et continue de l’encourager.

Je pense à Laurent qui doit galoper devant tel un chamois et me demande où en sont Carine, Amadou et Gui que nous avons perdus de vue, Laurent C que j’ai croisé au départ.

La fin est interminable, chaque Km en paraît 10 ! Quand enfin, nous apercevons le stade…bonheur intense ! L’arrivée est proche.

Nous terminerons cette Saintélyon en courant, largement avant la clôture de course (Bonus!!) Nous finirons en 12h26 minutes, livides, les yeux rougis par le froid, mais tellement heureux…!!

C’est les larmes aux yeux et submergée d’émotion que je regarde l’arche finale. Cette arche que nous venons avec Alexis de franchir…WE DID IT !!

commentaires
  1. sicomaviblog dit :

    Bravo Camille quel courage, quelle aventure. Je me souviens t’avoir rencontré sur les pentes de Montmartre aux Foulées du Tertre. Que de chemins parcourus, on peut le dire. Vraiment impressionné ! Milles bravos !!
    Jean Pierre BARDERA

  2. szymczak dit :

    Quel récit Camille! Vraiment très émouvant! Vous avez été ultra courageux! Je suis fière de vous les amis!

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