DUST : mon premier contact avec le désert

Publié: 12 novembre 2015 dans Récits
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Lorsque j’ai commencé la course à pied, j’ai rêvé de marathon, de New-York, mais jamais je n’aurais imaginé courir dans le désert. Lorsque l’opportunité, c’est présentée, je dois l’avouer, j’ai hésité… Aujourd’hui, je vous l’annonce, rien de rien, je ne regrette rien !

Le Dust (Dakhla ultimate sahara trail) est une nouvelle épreuve, un raid de trois jours dans le sud du désert Marocain proche de la Mauritanie. Son organisateur n’en est pas à sa première expérience. Il est par exemple le créateur du fameux raid Amazone réservé aux équipes féminines.

J’ai hésité à répondre favorablement, pensant que ma place n’était pas légitime dans le désert, moi qui ne pratique quasi pas de trail. Le parcours ne possède quasi aucun dénivelé, donc rien avoir avec une CCC ou une 6000D réservées aux “montagnards”. Au fil du temps, plusieurs de mes amis sont venues grossir la liste des engagés, alors pourquoi pas moi ?

Cap au sud
Nous embarquons à Paris/Orly direction Dakhla via Casablanca. Cinq heures d’avions sans compter les escales et les transferts. Au total, un voyage de près de 8 heures. Une vraie épreuve avant l’épreuve. Nous arrivons en pleine nuit, difficile dans ces conditions de se faire une opinion sur les paysages.

Je me réveille au paradis
Le réveil sonne à 6h, nous ouvrons les fenêtres et nous hallucinons… face à nous l’océan et tout autour les dunes de sable. La nuit fut courte, nous avons encore les heures de voyage dans les pattes. Mais l’excitation prend la place sur la fatigue.

DUST_RUN_RUN1Première épreuve
La première étape de 30 Km part du bord de mer pour la longer sur près de la moitié de l’épreuve. Nous sommes plutôt prudents, nous partons calmement et un peloton se forme rapidement constitué exclusivement d’amis parisiens. C’est incroyable d’être si loin et de courir avec ses amis. Le moment est délicieux.

Très rapidement, une douleur au mollet gauche apparaît, je tente de ne pas y prêter cas. Je veux rester avec la bande. Nous traversons des terrains meubles ou il difficile de trouver la bonne trace et d’autres ou le sable est dur comme du béton. Les vitesses oscillent entre 10 et 12 Km/h.

Au 20e kilomètre, je souffre mon mollet, mais également la fatigue du voyage. Je n’arrive plus à suivre le groupe. Je fais un stop prolongé au ravitaillement. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Mes amis Fabrice et Greg pourtant trailer sont également carbonisés. Nous terminerons en alternant marche et course lente dans une souffrance collective.

Le bivouac
Nous nous attendions à tout sauf à une telle installation. Un village de tentes marocaines, nous attend, à l’intérieur des lits de camp avec un matelas confortable. La surprise est identique au niveau des repas. De la véritable gastronomie marocaine en plein désert.

L’endroit est situé en bord d’océan, il y souffle en permanence une brise qui rafraîchit et aide à supporter les 35°. Nous avons une bonne partie de l’après-midi pour faire connaissance avec les autres concurrents constitués aux deux tiers de Français et le tiers restant de Marocains d’un excellent niveau.

Nous faisons le point sur nos bobos. Certains ont des ampoules énormes, pour ma part rien à déclarer, sauf… mon mollet qui tire.

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Deuxième épreuve
En me levant, je dois prendre une décision. J’ai encore très mal, je boite, je ne vois pas comment je pourrais courir 30 Km dans le désert. J’en fais part à l’organisation et annonce la mort dans l’âme ma décision. Je demande une faveur, celle de partir à mi parcours et de faire l’épreuve en marchant. Celle-ci fut acceptée et me permettra de vivre cette étape qui s’annonce magnifique.

Nous devons faire 35 mn de 4×4 dans le désert pour nous rendre sur le point de départ. Les voitures sont chargées à bloc, il y a dans certains véhicules 11 personnes. Ambiance…

J’assiste au décompte et vois les concurrents filer. Je remonte dans la voiture avec les organisateurs. Nous découvrons en prenant des raccourcis des paysages sublimes. Le désert est un endroit fascinant.

Le reste du parcours, c’est en marchant que je le ferais. J’attends pour démarrer que passent les premiers pour croiser mes amis. Lorsque qu’ils arrivent, je suis partagé entre deux sentiments : je suis très heureux de les retrouver et en même temps un peu “honteux” d’avoir jeter l’éponge.

Dans les derniers kilomètres, je suis rattrapé par Damien, un habitué des raids et du marathon des sables. Il marche, il est à la peine. Je ne sais pas ce qui me prend et lui propose de repartir. Je vais l’accompagner en courant alors que je ne peux “normalement” pas ! La magie de la motivation, fait que nous courons côte à côte. Je lui sers de lièvre et l’encourage tout du long. Lorsque nous atteignions l’arche, je m’écarte, car je ne mérite pas de la franchir. Il insiste et me prend par la main. Nous franchirons ensemble ce portique et un grand sourire envahira nos visages. La magie du sport.

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Troisième et dernière épreuve
Au moment du réveil, une voix me parle et me dit : “lève-toi et cours !” Il faut toujours écouter la petite flamme qui brûle en vous et vous invite au dépassement. Je prendrais le départ, mais à une condition : je stoppe si la douleur est trop forte. Autre condition, je partirais avec les derniers et à rythme lent. J’accepte sans condition toutes ses contraintes.

Le départ est donné, les premiers concurrents filent comme des fusées, à l’arrière, c’est une autre ambiance, plus décontracté, plus espiègle. Les gens parlent beaucoup, j’en profite pour faire des interviews. Il y a devant moi un marocain qui doit avoir plus de 60 ans avec des baskets de supermarché et un vieux sac en coton qui doit peser une tonne. À côté de lui, un jeune à qui il manque une jambe et qui court avec une lame en carbone. La vision est irréelle.

Je trouve au fur et mesure des kilomètres mes marques. Je me sens bien, j’ai envie d’accélèrer pour voir ? Je rattrape rapidement un groupe de filles avec qui je partagerai une bonne partie du périple.

Des bosses en plein désert
Cela peut paraître incroyable, mais il y a dans cette partie des collines qui font face à la mer, un peu comme des falaises. C’est dans cette partie que mes qualités de “grimpeur” feront la différence et à partir de ce moment-là je ne révérais plus mes compagnonnes.

Je rattrape des concurrents, je commence à me prendre au jeu. Je vais de plus en plus vite. La dernière partie est dans une cuvette qui représente à cette heure-là de la journée une vraie fournaise. Ma tête est proche de la fusion, je me verse de l’eau sans cesse sur le chapeau pour la garder au frais.

Un final époustouflant
Nous sommes à 29 Km pour une étape qui en compte 32. Au lieu de filer tout droit en direction de l’hôtel ou se tient l’arrivée, nous grimpons en haut d’une butte “assassines”. Durant l’ascension, je peste, je trouve inconscient de nous infliger de telles souffrances. Au sommet, j’efface toutes ces accusations et savoure une vue incroyable. Nous avons d’un côté le désert et de l’autre l’océan que nous surplombons. Par moment l’arrête est mince et il faut se servir de ses mains pour franchir certains passages.

Une grande descende de sable pour rejoindre la plage. Je suis depuis une demie heure toute seule, je ne vois personne devant et encore moins derrière. J’ai un doute sur le parcours. Je tourne à gauche, mais je ne suis vraiment pas sûr de moi, je ne vois plus de balisage. Des traces de pas dans le sable humide me réconforte et viennent soulager mes inquiétudes.

J’aperçois, la ligne d’arrivée, je ne force pas l’allure, le speaker clame mon nom et les amis arrivent pour m’encourager. Je suis envahie par l’émotion ! Malgré mon départ très lent, et mes nombreuses interviews sur le parcours, je termine à une dizaine de minutes des copains. Je suis finalement plutôt à l’aise dans le désert ?

Conclusion
Le désert est-il réservé aux ultra-trailers ? La réponse est non ! Le désert, se mérite, est doit être apporté par des personnes entraînés et habitués aux efforts longs types marathons ou vélos.

L’organisation fut à la hauteur des attentes, Bruno et toute son équipe sont restés à l’écoute et aux petits soins pour touts les concurrents, du premier au dernier. J’encourage chacun de vous à vivre au moins une fois une telle épreuve. Je serais surement au départ de la prochaine édition, pourquoi pas vous ?

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