Marathon des sables, le début d’une grande histoire…

Publié: 23 avril 2018 dans Récits

Marathon des sables #1

Le désert possède un pouvoir de fascination, qui de part son aridité, laisse l’esprit vagabonder et se reconnecter sur l’essentiel. Je suis allé à la rencontre de la course désertique la plus connue au monde : le marathon des sables.

Il y a encore très peu de temps, je n’aurais jamais imaginé aller courir dans le désert. Moi le coureur urbain plutôt habitué aux marathons des grandes villes, s’est pris de passion pour les grands espaces.  Mon périple au Mexique n’y est surement pas étranger. J’ai vécu sur cette course des choses si fortes dans un pays si différent que je tente désormais de retrouver ces sensations.

Le Maroc et sa partie saharienne offre un sacré terrain de jeu ! Patrick Bauer y organise depuis 33 ans, le rendez-vous annuel des ultra-fondus. Une course en 6 étapes pour un total de 250 Km à parcourir en autonomie complète. Seule l’eau vous sera fournie chaque jour. Sinon, vous devez emporter tout le reste. Nourritures, vêtements, mais aussi matelas gonflable et duvet pour la nuit. Les sacs avoisinent les 8 à 10 Kg en moyenne.

Une invitation tardive

Trois semaine avant l’événement, le magazine Wilder via son rédacteur en chef Sylvain Bazin me demande si je serais partant pour couvrir l’épreuve ? Il s’agit d’un voyage de presse de 4 jours seulement pour découvrir la course, son ambiance et pourquoi pas y courir la première étape ? Il ne me fallut pas longtemps pour accepter cette proposition. Me voilà en route pour le plus grand barnum au cœur du sud Marocain.

Lorsque nous prenons la route en ce vendredi après-midi, les concurrents sont déjà partis la veille ou le matin. Nous ne serons qu’une poignée de journalistes à faire ce voyage express. Notre équipe est constitué de Trek TV, Le Figaro, BEin Sport et France 24. Très vite le courant passe entre nous, le voyage s’annonce joyeux !

Nous partons de Paris Orly à destination de Casablanca. Une pause de 2h puis un nouvel avion à destination de Ouarzazate. Lorsque notre taxi nous dépose à l’hôtel, il est 1h30 du matin. Le rendez-vous est fixé dans le hall à 6h45. La nuit va être courte…

Nous prenons possession de notre 4 x 4 le lendemain direction le départ de la course. Il n’y a que 300 Km mais 5 heures seront nécessaires pour rejoindre les concurrents. La plupart d’entre nous en profites pour finir leurs nuits… Les paysages sont fabuleux et augures de belles images pour nos reportages respectifs.

Arrivée sur le camp

Nous pourrions parler de village voir de ville, tant c’est grand et peuplé ! Imaginé 1000 concurrents, et pour les servir, 600 bénévoles. Tout cela en plein milieu de nulle part. Une vision assez incroyable. Dans ce village, rien n’est laissé au hasard. Il y a des zones pour les concurrents, d’autres pour l’organisation, et certaines sont perméables. Un concurrent n’a pas le droit de venir du côté organisation. Il existe cependant des zones mixtes ou les deux populations se retrouvent pour échanger, se soigner ou se restaurer avant que la course ne commence.

Je suis immédiatement fasciné par l’ambiance et les concurrents. Ils viennent du monde entier et pour certains de très loin comme de Chine, Australie, Japon… Ils sont différents, mais en même temps si proches. La pratique de l’ultra-trail les rend citoyen d’un monde imaginaire ou tous trouvent facilement leurs places.

Je prends ma caméra, et passe de tente en tente pour recueillir des témoignages. J’avais identifié des personnes avant mon arrivée, je commence par elles. Puis me laisse aller à des improvisations.

Première étape 30 Km

Je passe ma journée à marcher et interviewer des concurrents, mais il ne faut pas oublier que demain je cours 30 Km dans le désert. Il faudrait peut-être que j’économise mes jambes ? Pour moi cette étape, n’est pas une course, mais un voyage initiatique. Je viens prendre la température en vue d’un saut dans le grand bain pour un futur proche.

Nous voilà le dimanche matin jour de course. Les 1000 concurrents, n’ont qu’une hâte, participer à la légende ! Pour certains cela fait plus de 24 h qu’ils sont sous la tente à attendre l’heure. Les jambes ont besoins de se dégourdir. Cela va être le départ dans peu de temps. Le directeur de course Patrick Bauer grimpe sur le toit d’un 4 x 4 en guise de tribune pour s’adresser aux concurrents. Avant même qu’il n’ouvre la bouche, les coureurs l’acclament comme une rock star. Patrick est aussi important que le Sahara dans cette course. A eux deux, ils forment l’équipe gagnante de cette épreuve. Un petit mot de bienvenue, quelques consignes sur la course et place à « higway to hell » du groupe AC/DC qui symbolise le départ.

Je pars avec les derniers pour voir l’ambiance à l’arrière du peloton. Je remonte ensuite en courant sans peine les concurrents qui sont nombreux à adopter la marche dès le départ. J’en profite pour discuter avec ceux qui semble enclin à le faire. Je retrouve sur le parcours, deux des personnes que j’avais choisi d’interviewer : Christian Ginter recordman du MDS avec 31 participations et Jean de Latour coach FFA. Avec chacun d’eux j’échange, je discute, je me délecte de leurs visions de la course et tente de percer la motivation qui les anime. Ces entretiens sont filmés pour garder une trace de leurs témoignages.

Et si je pensais un peu à moi ?

Après voir marché puis trottiné, j’ai envie de courir ! Je vais me faire plaisir en allongeant le pas et foule ce sable chaud si fin qu’il pénètre dans mes chaussures pourtant recouverte d’une guêtre. En l’espace d’une vingtaine de minute, je remonte une centaine de concurrents. L’enjeux pour eux est ailleurs. Ils doivent s’économiser pour tenir jusqu’au bout de ces six étapes et 250 Km. Je savoure à chaque foulée cette étape et me répète en boucle « mais quelle chance j’ai d’être là ! ». Je pense déjà à mon retour dans le Sahara. Car c’est une évidence, je reviendrais dans le désert faire ce marathon des Sables. Mais quand ?

Premier ravitaillement

Tous les 10 Km se trouve des ravitaillements. A ce moment, de la course, l’organisation distribue une bouteille de 1,5 litre à chacun des concurrents. Une chose surprenante est opérée. Le numéro du dossard est noté sur la bouteille et le bouchon. Si l’on retrouve des traces de plastique dans le désert, c’est une forte pénalité de temps qui sera infligé au coureur. Plutôt astucieux ?

Pour ma part, j’ai la « flemme » de vider mon sac pour remplir la poche à eau. Je bois sur place le plus que je peux et repars la fleur au fusil. Grave erreur de débutant… C’est pour cette raison que presque personne n’a de poche à eau sur l’épreuve. Préférant les bidons pectoral et une bouteille d’eau qui se glisse en transversal sur l’abdomen. Il n’y a pas à dire, participer au MDS nécessite une véritable stratégie d’équipement. Sinon, c’est la catastrophe assurée.

Je remonte toujours les concurrents. Certains me font part de leurs bobos. Ils ont déjà des ampoules. Comment cela est possible après seulement 12 Km de course ? Il faut savoir que les ampoules constituent et de loin la première cause d’abandon sur le MDS. Pour certains, le calvaire débute très tôt, souhaitons leurs de soigner tout cela rapidement et sans trop de souffrance…

Deuxième et dernier ravitaillement

Je retrouve avec « tristesse » ce deuxième ravitaillement. Il symbolise la presque fin de mon aventure. Je dois en profiter au maximum. Mais comment faire pour en profiter plus ? J’ai déjà les yeux et les sens grand ouvert sur ce nouveau monde ? Les paysages qui défilent sous nos yeux s’enchainement mais ne se ressemble pas. C’est là toute la magie du désert.

J’ai fait le plein d’images dans ma tête, mais également sur ma caméra, dont la carte mémoire semble bientôt pleine. Je rapporterai en France de beaux témoignages de concurrents mais également des paysages incroyables. J’espère que mon rédacteur en chef Sylvain Bazin sera satisfait ?

Au sommet d’un djebel j’aperçois l’arrivée. Elle semble toute proche, mais en consultant mon GPS, il reste tout de même 2 km. Je décide, contrairement aux concurrents de prendre mon temps et de savourer ces derniers instants. Je dois le confesser, j’ai imaginé un instant faire demi-tour pour continuer à vivre cette aventure… Mais la raison l’a emporté, je me dirige vers ce qui semble pour la plupart une libération. C’est drôle comme les coureurs qui semblaient pourtant « au bout de leurs vies » retrouvent des forces à la vue de la ligne d’arrivée.

Une arrivée presque triste

Lorsque je franchis cette ligne d’arrivée, je suis partagé… Je viens de vivre un truc de dingue, mais en même temps il s’arrête déjà ! Dans ce cas, il faut prendre les choses de façon pragmatique. Le deal était clair, je venais pour un séjour court et j’avais la chance de courir la première étape. Pas question maintenant de revenir sur ce pacte. Je me dois d’apprécier cet instant qui en emmènera d’autres c’est certains.

Je suis plutôt en bon état. Je n’ai pas d’ampoules et encore moins de courbatures. Je vais contrairement aux concurrents pouvoir manger un bon repas et boire autant que je le souhaite.  Pour eux, depuis ce matin a débuté « l’autosuffisance », ils ne mangeront que ce qu’ils ont pu emporter. J’aurais une pensée en buvant un Coca-Cola et en mangeant de « La Vache qui Rit » qui a une saveur toute particulière dans ce restaurant mobile au milieu du désert.

Reviendra, reviendra pas ?

Après cette première incursion en terrain pas si hostile, ma volonté est d’y revenir le plus vite possible. Pourquoi pas dès l’an prochain ? Une préparation spécifique qui débutera au mois de décembre me permettra d’envisager d’être finisher de l’une des plus belles épreuves du monde ? J’ai tout l’été pour réfléchir à cette probabilité qui viendrait rajouter une expérience de plus dans mon casier déjà bien plein !

Pour en savoir plus sur le marathon des sables :  http://www.marathondessables.com/fr

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commentaires
  1. Anonyme dit :

    ça donne envie mais c’est un autre monde pour moi

  2. Hello Eric, je pense que tu as toutes les qualités pour participer au Marathon des Sables. La plupart des concurrents font la totalité du parcours en marchant. A méditer…

  3. cado dominique dit :

    Si tu es à la recherche d’une excellente prépa pour ton premier MdS, j’ai tout ce qu’il te faut ….. 😉 ….. J’ai un ami cardiologue pointilleux au possible qui a dû le faire 5 fois et qui a préparé une bonne dizaine de personnes à le faire entre 2 et 3 fois pour chacune ….. et toujours réussi ….. jusqu’à, pour gagner du poids de sac, couper le manche de la brosse à dent ….. 😉 …..
    Et juste pour info, pour répondre à ton interrogation sur : comment sur une fin de course, alors que l’on semble cuit, il nous reste de l’énergie pour accélérer : http://www.lalignebleue.net/fr/information/44506/le-gouverneur-central ….. 😉 …..

  4. Merci Dominique pour cette information. Je pense que je ferais appel à ton ami 🙂

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