Marseille-Cassis, 40 ans et plus en forme que jamais !

Publié: 7 novembre 2018 dans Récits

Il y a peu de courses en France dans le cercle très fermé des classiques avec une existence qui date d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre. Dans ce club très select, il y a (en autre) les 20 Km de Paris, Marvejols-Mende, Auray-Vannes et puis Marseille-Cassis…

Lors de la première édition en 1979, il y avait déjà 700 participants pour une épreuve de « course hors-stade » comme elles étaient nommées à l’époque par la Fédération Française d’Athlétisme. Ces pionniers s’élançaient du siège de la SCO Sainte-Marguerite à Marseille pour une arrivée à Cassis. Ce « concept » de relier les deux villes est né dans l’esprit d’André Giraud alors jeune athlète qui habitait à Marseille, licencié au club de la SCO et dont les parents habitaient à Cassis. Lorsqu’il était en préparation marathon, il partait le dimanche matin à l’assaut de la Gineste pour un footing d’une vingtaine de kilomètre et il n’était pas rare qu’il fasse le retour en fin d’après-midi. C’est ainsi que l’idée d’organiser la course entre ses deux villes de cœur est née dans l’esprit de celui qui deviendra par la suite le président du club, puis aujourd’hui le président de la FFA.

Depuis, la course n’a eu cesse de se réinventer en changeant notamment plusieurs fois d’arrivée. Celle qui retiendra, et pour longtemps encore les esprits est sans aucun doute l’arrivée sur le port de Cassis. A seulement une centaine de mètre de la plage, les coureurs une fois la ligne franchie avaient pour habitude de prendre un bain salvateur dans une eau fraîche et revigorante. En quelque sorte, l’ancêtre de la cryothérapie…

Mon histoire personnelle avec Marseille-Cassis

Lorsque j’étais enfant, mon père était un pionnier des courses sur route. Il n’a pas participé à la première édition, mais à partir de la seconde, il les enchainera durant des années. Je me faisais une joie de partir avec ma mère et mon frère pour accueillir ces forçats du bitume. Puis adolescent, j’ai suivi les pas de mon père, d’abord sur des courtes distances comme les cross, puis les 10 Km et un jour c’est le grand saut, je demande à mon père de m’inscrire à Marseille-Cassis. Je vais devoir courir près de 21 Km sans m’arrêter. Je ne sais pas si je suis attiré par le défi, l’inconscience ou la performance sportive. Surement un mélange des trois. Cette première édition fut « éprouvante » je terminai en deux heures dans un état proche de l’épuisement.

Depuis, j’ai couru cette classique des dizaines de fois, avec un record en 1993 en 1h 13’ ce qui est l’une de mes plus grandes fierté d’athlète. Dorénavant, mes ambitions sont moins chronométriques mais davantage dans le partage. J’ai quasiment chaque année accompagnée des amis sur la distance et tous me remercie pour cette découverte.

Depuis deux ans, j’accompagne et motive mon complice de toujours Richard Miron aujourd’hui en charge du sport pour la Ville de Marseille. C’est lui qui une trentaine d’années plus tôt m’a donné, non pas le gout du sport car ça c’est mon père, mais le gout de la compétition. Aujourd’hui, nous sommes âgés de 61 et 51 mais nous sommes animés de la même passion. Malgré le temps qui passe, nous essayons de faire mieux chaque année. Cette année, nous terminons encore main dans la main en 1h 36’ 42’’ ce qui reste plus qu’honorable.

Alors ce nouveau Marseille-Cassis ?

Depuis l’an dernier, le parcours a changé. Fini l’arrivé carte postale sur le port de Cassis, c’est désormais les vignes qui accueillent les concurrents sur les hauteurs de la Ville à près de 3 Km de la grande bleue. Forcément l’ambiance n’est pas la même, fini le temps ou les coureurs refaisaient la course durant des heures les pieds dans le sable en sirotant une bière. Désormais, une fois la ligne franchie, vous récupérer un sac contenant des victuailles de la marque Bio’C Bon et vous allez les consommer plus loin. Concernant les sacs laissé à la consigne, il faut s’armer de patience ou finir dans les premiers. Mais le « pompon » revient aux navettes qui assurent le retour des coureurs à Marseille. J’ai commencé à faire la queue, pour estimer qu’il faudrait surement plus de deux heures pour monter dans le bus. Je me suis alors rabattu sur un plan B. Les bus pour Aubagne avaient beaucoup moins de voyageurs. En 15 mn, j’étais dans le bus direction la ville chère à Marcel Pagnol. Au terminus, je me mets en mode « Pekin Express », je dois redescendre à Marseille sans argent. Je trouve assez rapidement un couple qui accepte de me rapprocher. En route pour l’aventure.

Malgré le tableau qui peut sembler sombre que je viens de dresser, je trouve cette course incroyablement belle. Elle est organisée par un club et non pas une société ce qui fait une énorme différence. Il faut donc un peu d’indulgence. Pendant des années la course était limitée à 12 000 concurrents, cette année un grand cap fut franchi puisque nous étions près de 20 000 inscrits, pour 18 500 « finishers » les 5000 personnes de plus se ressentent sur les vestiaires et les retours que ce soit en bus ou en train. Mais cela est pardonné car j’aime trop Marseille-Cassis !

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commentaires
  1. Stephane dit :

    Bonjour Jean Pierre
    En terme de classique, il y a aussi la sedan Charleville .. 100 eme édition l’année prochaine 🙂

  2. Éric dit :

    Beau reportage Jean Pierre
    C’était Une première je pense y revenir l’année Prochaine
    Pourquoi pas alterner
    Une année Marseille Cassis
    et l’anne suivante Cassis Marseille
    Ça pourrait être intéressant

    • Eric, c’est une bonne idée, mais tu imagines le bazar pour emmener les concurrents à Cassis ? 🙂

      • enoirault dit :

        Il suffirait d’emmener les concurents au niveau du pk les gorguettes et la route est assez longue pour faire tenir les 20000 runneurs jusqu’au départ mais il faut une organisation sans faille en effet pas facile et ça implique que tous les concurents soient arrivés avant le 1er départ

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