Tendon d’Achille, le maillon faible

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Tendon d'Achilles

Tout le paradoxe du sport, réside dans son dosage. Trop peu, inefficace, trop intense néfaste pour la santé. Comment savoir ou se trouve le bon dosage. Quel sont les signes qui indiquent que nous sommes dans le rouge ? Lire la suite

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Préparation marathon dans l’œil du cyclone

Préparation marathon_Run Reporter Run

Le marathon de Paris est dans trois semaines, nous voilà dans la période la plus dure. Les sorties sont  plus longues, les fractionnés plus exigeants et donc un corps qui commencent à accuser le coup…

Je ne sais pas pour vous, mais moi je commence à sentir l’effet « prépa » sur mon organisme. De vieilles douleurs au mollet droit, un bassin qui coince et l’impression que chaque matin est une torture. Pourtant c’est la première fois que je m’accorde autant de temps de sommeil. Je suis au lit à 23h maximum depuis le début du pland’entrainement, ce qui aide à la récupération. Mon ostéo à qui je posais un jour la question sur les compléments alimentaire, m’a répondu que la seule chose dont le sportif avait réellement besoin était d’une bonne nuit de sommeil.

Il faut le savoir, les phases de récupération sont aussi importantes que les phases d’entrainement !

Détails du plan d’entrainement
La semaine en cours est la plus éprouvante. Je rentre du semi de Lisbonne, avec un peu de fatigue dans mes bagages et me voilà à l’attaque de la charge suivante :

  • Mardi : 45 mn d’endurance
  • Mercredi midi : musculation
  • Mercredi soir : 12 x 400m
  • Jeudi : 1h15 mn d’endurance
  • Vendredi : musculation
  • Samedi : 10 x 1000m
  • Dimanche : 2h30 mn avec variation d’allures.

Nous pouvons parler de week-end choc ! Les 10 fois 1000m se feront sur piste à Issy les Moulineaux sous l’œil attentif du coach Xrun : Jean Delatour. La cadence : 4’ 09’’ au km avec une récupération de 2’. Dimanche nous prenons les mêmes et nous recommençons.  L’une des spécialités de Jean c’est la répétition et l’effort solitaire, alors dimanche nous partons tous ensemble mais très vite chacun à son rythme et surtout nous tournons en rond autour de l’hippodrome de Longchamp. L’intérêt, selon lui, personne ne se perd et les premiers rattrapent les derniers et les encouragent au passage. Deux coachs sont là pour encadrer ces séances en vélo avec des ravitaillements. La grande classe, non ?

Petits bobos
Comme à chaque préparation marathon le mollet droit tire un peu, la faute à un bassin qui a tendance à se bloquer. La solution, passer entre les mains de David Mignot mon Kiné Ostéo qui connaît maintenant mon corps par cœur. Souvent, je m’interroge sur ses fonctions car en plus d’être dans la manipulation manuelle, il joue un rôle de « psy » tant son écoute est importante. Je passe entre ses mains tous les mois environ pour mon plus grand bien.

Dernière ligne droite
A partir de la semaine prochaine les séances et le kilométrage redescendront à la normale pour finir en semaine de repos avec le 6 avril dans le viseur. Serons nous prêt ?

Visite de l’usine Isostar pour la Runnosphère

Isostar_Runnosphere_Run Reporter Run

Le groupe Nutrition & Santé qui regroupent des marques leader comme Gerblé, Isostar, Gerlinéa, Milical, Modifast, Pesoforma, Céréal Bio, Soy… nous a ouvert ses portes à Revel tout près de Toulouse pour une visite mémorable en compagnie de Benjamin Malaty meilleur marathonien français et athlète Isostar. Suivez le guide…

Notre équipe de blogueurs, composée de Philippe (Jahom), Salvio (Je cours Paris) et moi-même, quitte Toulouse au matin pour un rendez-vous surprise. La rencontre se fera sur le parking d’un supermarché encore fermé à cette heure là. Voilà qu’apparaît Benjamin Malaty meilleur performance française sur marathon lors du marathon de Paris 2013 avec un chrono de 2h 11’ 59’’. L’usine se situe à une cinquantaine de kilomètres de la ville rose. Les questions fusent dans la voiture et nous font oublier le trajet.

Dès le parking nous apercevons l’unité de production immense et moderne. Nous sommes accueilli par Christian Vienot le directeur du site qui nous narre l’historique du groupe ainsi que les différentes marques qui le composent. Il faut savoir que le groupe existe depuis quarante ans et règne sur le marché européen de la diététique et de l’alimentation biologique. Toujours à la pointe de l’innovation grâce à son laboratoire de R&D tout en se souciant de la naturalité des ingrédients et de leurs saveurs gustatives.

Les lignes de productions
Nous plongeons au cœur de l’usine, celle-ci ne tourne pas le week-end, nous pouvons donc la visiter à notre guise. Christian, notre guide, a les yeux qui brillent quand il parle de ses produits. C’est un passionné et ses histoires sont passionnantes !

Les différentes lignes sont regroupées par spécialités, par exemple les biscuits, les barres chocolatés, etc… celle qui retiendra notre attention est sans aucun doute, la ligne chocolat qui fera penser au film « Charlie et la chocolaterie ». Une douce odeur de cacao plane dans les ateliers.  Un vrai délice !

Les innovations
Retour en salle de réunion pour découvrir en exclusivité les tendances de l’année suivante. Certains produits sont soumis à notre palais pour validation et d’autres déjà validés attendent leurs packaging définitif. Emmanuel de la Teyssonnière, chef de produit Isostar, nous livrera son plan sponsoring pour 2014 avec des axes qui restent ancrés sur les sports d’endurance : course à pied, vélo et triathlon.

Laure Kernéeis_Isostar_Run Reporter RunPour mieux cerner l’esprit Nutrition & Santé, trois questions à Laure Kernéis, directrice marketing sport & slimming.

Quels sont les produits phares de la marque Isostar ?
 La gamme Isostar est aujourd’hui très large. Elle couvre l’ensemble des besoins des sportifs d’endurance (préparation, hydratation, énergie, récupération…), au travers d’une grande variété de formes, de produits et de saveurs, pour répondre aux attentes de chacun d’entre eux. Mais les produits les plus emblématiques de la marque restent les préparations pour boissons Hydrate & Perform. Ce sont les premières poudres pour boissons isotoniques lancées en Europe, elles font partie de l’ADN d’Isostar.

Elles sont aujourd’hui déclinées pour répondre aux besoins de tous les sportifs : par exemple, en version pH neutre avec la poudre Sensitive ou en version Long endurance pour les efforts de longue durée, pour les trailles par exemple, via des apports énergétiques adaptés. Et en 2014 nous lançons une formule riche en antioxydants, saveur Cranberry Fruits rouges.

Existe-t-il encore des segments de nutrition sportive à découvrir?
Oui bien sûr. Les attentes des sportifs en matière de nutrition sont de plus en plus pointues. Des sports qui étaient quasi inexistant il y a 10 ans se démocratisent, le trail par exemple. Tout cela fait émerger des besoins nouveaux. A nous de les identifier et d’y répondre pour inventer la nutrition sportive de demain.

Comment voyez-vous l’avenir de la marque et de la diététique en général ?
La diététique en général est en pleine démocratisation. Elle ne peut plus aujourd’hui être qualifiée de « niche » ou d’alimentation spécifique. Elle répond au souhait de chacun de préserver son capital forme et santé. Concernant la nutrition sportive, la pratique impliquée de sport d’endurance étant en forte croissance, elle est aussi en cours de démocratisation.

Plus d’info sur le site de la marque : http://www.isostar.fr – www.nutrition-et-sante.fr

Compressport, la preuve par trois

Compressport 

A l’origine, la compression était réservé à nos mollets. Apparu il y a cinq ans environ, les manchons se sont démocratisés dans les pelotons. Surtout utilisés sur les longues distances comme le marathon ou le trail, il n’est pas rare aujourd’hui d’en voir sur courte distance.

La marque Suisse Compressort, fait parti des pionniers en la matière. Démarrant par les manchons mollets et les chaussettes de récupération, elle a complété rapidement sa gamme avec des vêtements compressifs. Le modèle que j’ai testé est destiné au triathlon et se compose d’un cuissard pourvu d’une peau de chamois synthétique pouvant aller dans l’eau, sans absorber la moindre goutte.  A l’extérieur des picots de silicone apportent un grip, évitant ainsi tout mouvement intempestif sur la selle. Autre nouveauté, une poche pouvant loger des gels, des barres ou même un téléphone mais qui se trouve à l’avant . Je ne vous cache pas que j’ai trouvé cela très déconcertant la première fois, me demandant même s’il ne s’agissait pas d’une erreur . Comment peut on imaginer dans un bureau de R&D que l’on va placer son Iphone ou des gels contre son sexe pour courir ou pire pour faire du vélo ?

Le look et la performance
La coupe est très ajustée pour avoir l’effet de compression et de retour veineux. Alors là autant vous le dire tout de suite, vous avez intérêt à être sûr de vous, car cela ne pardonne pas. Le moindre bourrelet, le moindre petit kilo en trop et c’est le boudinage…

Ce que nous allons rechercher dans ce genre de vêtements c’est une compression et un gainage qui améliore l’évacuation des toxines, la sensation de fatigue est reculée. La fonction gainage « oblige » le corps à se tenir droit, ce qui permet de maintenir le centre de gravité optimum. Le tee-shirt possède un système de tressage de toute beauté. Sur le devant un lycra vient se mélanger harmonieusement à une « dentelle » du plus bel effet. Dans le dos, un tissu ajouré viendra apporter fraicheur et évacuation de la transpiration. Deux poches design contiendront vos barres et gels. Elles sont à mon goût difficiles d’accès et trop profondes, ce qui rend délicat la prise d’un gel qui serait descendu tout en bas.

Il faut un certain temps d’adaptation pour se faire à l’effet compression. J’avoue, les deux premières séances avoir ressenti un « étouffement » sur la cage thoracique. J’avais l’impression d’avoir pris le tricot de mon fils ! Puis chemin faisant, on s’habitue et même l’on devient accroc à se maintien et surtout à cette sensation de « non fatigue » si importante sur les sorties longues.

L’ensemble possède un look magnifique, le code couleur n’est pas sans rappeler la tenue Salomon de Kilian Jornet mais la comparaison s’arrête là. Je vous invite à découvrir ce qui sera surement le standard de demain : la compression intelligente.

Plus d’information sur le site de Compressport : http://www.compressport.fr/

Marathon Nice Cannes 2013


En seulement quelques années le marathon Nice Cannes a réussi à s’imposer à la seconde place derrière Paris. Pas de mystère, un parcours magnifique, une organisation sans faille. Il n’en faut pas moins pour ravir les marathoniens pourtant très exigeants. Cette année c’est notre ami Frédéric PICCHIARINI, patron de l’agence de relations presse sport Epic, qui se livre au délicat exercice du récit. Il aborde ce marathon avec une campagne menée tambour battant pour une célèbre marque de montre GPS qui lui a quelques peu puisé son énergie.

“Mon 1er marathon des Alpes Maritimes”

Dès la sortie de l’aéroport, je suis saisi par la différence de climat en ce samedi 9 novembre. Mon accoutumance à la météo parisienne, aggravée par des origines nordistes, se heurte à une douceur météorologique qui me donne l’impression d’être dans un autre pays et en vacances qui plus est. Le marathon de Nice Cannes surprend d’abord par son dépaysement et le bien être qu’il procure.

Fred PicchiariniCette parenthèse ensoleillée permet aux coureurs d’appréhender la course dans des conditions idéales. La séquence touristique terminée, il ne reste plus qu’à passer une dernière nuit de sommeil avant d’affronter la ligne bleue. Dimanche 10 novembre. Le départ est prévu à 8h. C’est tôt, mais il faut pouvoir rapidement libérer la zone de l’aéroport que croise le parcours au km 5. Le soleil est encore au rdv, ça parle anglais, italien , néerlandais, un peu français et d’autres langues encore en plus du kenyan et de l’éthiopien qui se pratiquent loin de mon sas des 3h30.

Les 10 premiers kilomètres s’avalent au rythme de la grand bleue qui nous accompagne presque tout au long du parcours sur notre gauche. Nous traversons Saint Laurent du Var, une petite boucle dans Marina Baie des anges et ses immeubles aux formes triangulaires du pire effet. Après une interminable ligne droite entre la voie ferrée et une plage de galets peu accueillante, nous atteignons le semi avant de rentrer dans Antibes- Juan les Pins et son centre ville typique de l’architecture de la région. C’est magnifique. Cette beauté pourrait presque me faire oublier le dénivelé positif qui freine ma progression. Je ne savais pas que le pire était encore à venir.

Au delà des faux plats montants, des côtes, une tempête de vent pouvant atteindre 80kms en rafale vint cueillir les coureurs et sévèrement faire fléchir leur moyenne. Difficile alors d’apprécier l’agrément du panorama. Même si des points de vue plus beaux les uns que les autres jalonnent notre chemin , le vent m’empêche de l’apprécier. C’est devenu un adversaire à combattre au même titre que le mental qui s’émousse à cause d’une préparation perfectible.

Le km 37 se profile avec en plus l’apparition de crampes qui feront dégringoler ma moyenne. D’étirements en progression à saute pied je bouclerai ce premier Nice Cannes en un peu plus de 3h31mn aux pieds de l’hôtel CARLTON, accueilli par une foule en liesse.

Mon seul regret sera de n’avoir pas pu profiter complètement des paysages à cause de douleurs trop envahissantes. C’est décidé, je participerai à une nouvelle édition de cette course qui conjugue, dépaysement, beauté des paysages, ambiance et encouragement sur la route et une organisation sans faille.”

https://www.facebook.com/agenceepic

ESP-Consulting

ESP Consulting Run Reporter Run

Basé à Aix en Provence cette structure à la pointe de la technologie vous propose de prendre en charge votre santé, votre forme ou votre carrière sportive. Reportage…

Vincent Machet Run Reporter RunJ’ai découvert ESP-Consulting à travers le reportage fait sur Vincent Machet, une personne en surpoids qui avait le rêve de courir le marathon de New York. Les compétences du centre et le mental de Vincent ont amené celui-ci à franchir le portique mythique de Central Park. Je vous propose d’en savoir un peu plus sur ce centre innovant.  Le champ d’action d’ESP-Consulting se décompose en trois pôles : Santé, Recherche, Performance

  1. Le pôle Santé  à pour objet d’améliorer la santé au travers de la pratique de l’activité physique en se fixant un objectif.  Ce département touche essentiellement les personnes en surpoids, les diabétiques ou tout autres en retour de blessure.
  2. Le pôle Recherche s’occupe d’évaluer les performances d’un produit et d’en mesurer les effets sur l’homme. Comme par exemple avec une raquette de tennis, des sièges automobile, des chaussures de course à pied.
  3. Le pôle Performance propose  3 type de préstations :
  • Des Tests des capacités physiques physiologiques et biomécaniques (VMA, VO2, Seuil, Déséquilibres musculaires)
  • Des entrainements et une planification individualisées pour préparer un objectif sportif
  • Un suivi avec Tests + Plan d’entrainement à réaliser seul

Rencontre avec Jean-Bernard Fabre le responsable du centre

Jean Bernard Fabre Run Reporter RunComment vous est venue l’idée de ce centre ?
Après avoir passée mon brevet d’éducateur sportif 2éme degré je m’occupais de joueurs de tennis professionnels sur le circuit et lorsque j’ai débuté ma thèse j’ai été effaré de voir le laxisme et le manque de savoir qu’il y avait dans la calibration des charges de travail et le suivi des athlètes internationaux. Cette double casquette de scientifique et d’entraineur, m’a donné l’idée de proposer un service d’entrainement basée sur la preuve et la rigueur scientifique..

Quel est votre passé sportif ?
Un touche à tout, mais surtout un joueur de tennis (classé milieu de seconde série.)

Quel sont vos clients ?
Tout dépend du département (recherche, performance ou santé). Hormis les industriels, toutes personnes ayant un objectif sportif (un marathon, un ironman, monter un sommet etc…) , j’aime assez le mixe qu’il y a entre l’athlète de haut niveau et la personne souffrant de déficience qui se retrouve sur le plateau d’entrainement animé par la même volonté d’atteindre un objectif sportif

Que proposez-vous que les autres n’ont pas ?
Une prise en charge sur mesure basée sur l’expertise scientifique. Nos tests sont développés en interne sur la base du retour d’expérience de nos athlètes professionnels.  Cela permet de créer des tests spécifiques en fonction des disciplines sportives et ainsi de pouvoir réaliser un entrainement  et un suivi sur mesure adapté aux objectifs de chacun.

Comment voyez-vous l’avenir d’ESP ?
AH, c’est un peu tôt pour en parler, mais d’ici quelques mois nous devrions annoncer officiellement la suite . La seule chose que je peux dire c’est que  vous allez en entendre parler car nous passons à une vitesse 10 fois supérieure

Pouvez-vous nous citer des noms de sportifs ayant recours à vos services ?
Le triathlète François Chabaud , l’ex skieur Luc Alphan, le Handballeur Nikola Karabatic, et beaucoup d’autres

Pour conclure…
J’aimerais réellement sensibiliser les sportifs à l’intérêt de s’entrainer correctement. Non pas pour valoriser notre savoir-faire , mais surtout car depuis des années, le sport se développe de plus en plus et les pratiquants ont souvent tendance à trop en faire et sans réflexion (surtout dans les sports comme la course à pied).  Le résultat est sans appel,  blessures, surentrainement, pathologies récurrentes et ainsi privation d’activité physique. L’entrainement est une science et nul besoin d’être un sportif professionnel pour pouvoir en bénéficier.

L’objectif de tout ça reste avant tout le plaisir de pratiquer le plus longtemps possible…

Retrouvez toutes les infos sur : http://www.esp-consulting.fr

Première Diagonale des Fous : Jusqu’au bout du Courage pour Giao…

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L’ami Giao est un touche à tout de talent, il débute la course à pied il y a seulement quatre ans et le voila engagé dans l’une des courses les plus dure du monde. Folie ou aventure humaine ? Il revient pour nous sur son incroyable périple en terre réunionnaise. La parole à Pierre-Marc Giao…

Il est des courses qui font rêver nombre de coureurs même parmi les plus expérimentés, parmi les plus dures de la planète figurent Le Grand Raid de La Réunion dont c’était la 20ème édition cette année. J’ai eu l’immense privilège d’y participer, quelle course de folie c’est le cas de le dire.

La Réunion se situe à 9.300 km de Paris et de l’autre côté de l’Equateur, l’été commence vers le 10 novembre, l’hospitalité y est exceptionnelle surtout chez Fabienne et Johnny Pérot, le soleil toujours présent dans leur coeur et dans le ciel depuis leur terrasse. Comme je ne supportais pas la chaleur, j’étais parti une semaine avant ma plus grosse course de l’année pour m’acclimater aux 26°C et à l’humidité ambiante. J’avais même poussé la blagounette jusqu’à courir deux heures sur un site prisé par les traileurs, le Piton-Babet du nom d’un des anciens maires de Saint Joseph, la ville du Sud où j’avais posé mes trail-runnings. Tout se passait bien et je coulais des jours heureux bien chargés de sommeil réparateur et préparateur jusqu’au matin du 18 octobre le jour de la course. Le premier contrôle matériel avait lieu à 19h heure locale et le départ à 22h. Je retrouvais Le Bagnard de Kikourou et Daniel qui faisait sa deuxième traversée de l’Île après 2010 et ses 140 km. Pour la vingtième édition, le comité directeur de la course organisée par Robert Chicaud avait sélectionné un plateau relevé des anciens vainqueurs du Grand Raid entre autres Cléo Libelle, Vincent Delebarre et Kilian Jornet.

Le Grand Raid n’est pas une course comme les autres !
La sécurité est primordiale. Après que Johnny m’ait déposé vers Saint Philippe à 800 m du Cap Méchant, je me présentais au point de contrôle. Les bénévoles vérifièrent que je transportais bien mes deux bandes adhésives, ma couverture de survie, ma frontale, mon téléphone, mon sifflet et ma réserve d’eau. Après avoir passé ma puce au premier point pour homologuer mon départ, je m’installais dans un coin en attendant de voir des têtes connues. Ce fut Le Bagnard de Kikourou que je reconnus en premier puisque nous avions fait l’objet d’un article chez Maya et d’encouragements de la part de Jean-Pierre Run Run.

Puis ce fut mes retrouvailles avec Daniel du groupe OVS du samedi matin du BdB – le Bois de Boulogne – il me disait que nous étions des branques à nous taper 170 km et 10845 m de D+ alors que les copains allaient faire leur 9 ou 13 km avant de passer à l’apéro. Plus nous approchions des 22h plus la tension était palpable, les tamtams réunionnais marquait le rythme des encouragements d’une manière tribale, tous les yeux étaient rivés vers le compte à rebourg ou plutôt l’heure officielle de la course. Les raideurs laissèrent passer les favoris de la course pour ne pas les gêner ensuite ce fut le plus gros des 2.783 coureurs à entrer en position. Je m’étais mal débrouillé et était resté en quasi-dernière position avec Daniel.

Quand le signal de départ fut lancé, une grande clameur se fit entendre et tous les coeurs battaient en même temps au rythme des chaussures de trail battant le bitume de St Philippe. Nous avions devant nous 5,5 km de faux plat montant puis descendant. Après le rond point, je fis la bise à Johnny et Abraham qui s’étaient postés pour m’encourager dès le départ, deux heures trente d’attente pour dix secondes de moments de partage, c’est beau.

Le début de La Diagonale est ce qu’il y a de plus facile
7,7 km de route bitumée de la RN2 suivie par des passages larges dans la forêt jusqu’au second point de contrôle au début du Chemin de Ceinture (7,7 km). A partir de là, cela commençait à grimper mais ce n’était pas méchant, 500 m de D+ pour 3,4 km c’était un bon début car sur un sentier relativement plat. Premier bémol de la course, lorsque nous sommes arrivés au ravitaillement de Kiosque Mare Longue / Le Banc (11,1 km) , il ne restait plus rien juste des morceaux de sucre et de l’eau pour nos Camelbak, plus d’eau chaude, des bananes ne restaient que les peaux et quelques morceaux de fruits secs se battaient en duel dans les assiettes cartonnées éparses. Je vis déjà le premier abandon à cet instant. La course commençait à peine et derrière ce ravitaillement sans point de contrôle, nous allions attaquer le gros morceau de la première partie : l’ascension du GR2 Puy Raymond. Une sucessions d’escaliers en single-track, les coureurs en file indienne. C’était interminable, on avançait d’une marche ou de deux puis on attendait, des petits malins s’amusaient à nous dépasser quand même, avec l’avancée de la nuit, l’excitation et l’énervement commençait à se faire sentir. L’ascension de 15,5 km pour 1.900 m de D+ avait duré 8h car j’étais parti à l’arrière et avait perdu plus de temps à attendre qu’à avancer. Nous commencions à voir des raideurs rebrousser chemin tout penauds, d’autres étaient habillés en short, tee-shirt et manchons, un peu léger pour affronter les -2°C ambiante. La vue était sublime avec le soleil rasant le sommet des volcans. Je me retournais pour prendre quelques clichés. J’arrivais à 6h56 au point de contrôle de Foc Foc ( 29 km) et le temps de prendre une soupe, du coca-cola, de consulter et d’envoyer deux textos, j’étais reparti vers la Route du Volcan et j’avais 7 km à boucler en 1h40.

J’étais reparti dans un schéma de course à étapes
J’attaquais chaque échéance l’une après l’autre. Le Piton de la Fournaise émergeait majestueux des nuages et je poursuivis mon chemin dans un paysage lunaire en direction de l’Oratoire Sainte Thérèse (38,9 km) puis au point de contrôle du Piton Textor (42,2 km). Je venais de passer la distance symbolique du marathon sur la Diagonale des Fous et il était 10h15 soit 12h15 après avoir pris mon départ, jamais un marathon n’avait été aussi long et intense. Quand je pouvais je trottinais, essentiellement sur les faux-plats descendants. Dans l’étape suivante, je devais rejoindre Mare à Boue soit 9 km en 2h30 et je perdais au passage 500 m de dénivelé. Facile je vous aurais dit, en réalité à La Réunion, la descente n’est jamais en ligne droite et plutôt une succession de montées et des descentes, avec une tendance pour l’ensemble plutôt en D+ ou en D-. La difficulté supplémentaire est qu’il commençait à bien pleuvoir et j’affrontais un nouveau terrain de jeu, la boue de ladite Mare. Les chemins que nous empruntions en était gorgés, je croisais une femme qui avait été écoeurée moralement et physiquement de patauger autant dedans. Je n’avais pas de technique pour pratiquer ce genre de chemin, je fis comme je peu. Sur les trois derniers kilomètres, nous retrouvions du bitûme et je me remis à trottiner car nous étions limites pour arriver hors délais. Mon état d’esprit était de poursuivre la course coûte que coûte, sauf en cas de blessure ou de rattrapage par les barrières horaires. A 13h15 je pointais tout content à Mare à Boue (52,4 km) et retrouvais un bon plateau repas avec du thé, du coca, de l’eau, du délicieux poulet cari et des pâtes coquillettes. Trois minutes plus tard, les arrivants étaient hors délais et disqualifiés mais n’avaient aucun moyen de revenir au point de départ ou d’arrivée, deuxième gros bémol d’organisation de la course. Non seulement on était amer d’avoir abandonné mais aussi le rapatriement était une deuxième galère et c’était la loi du système D et de la débrouille.

De Mare à Boue, je devais joindre le fameux Gîte du Piton des Neiges, j’étais bien requinqué par le repas et j’attaquais la suite de mon périple fantastique en pleine possession de mes moyens. Après un passage bucolique en rase campagne, je déchantais vite car la pluie avait fait son office et la boue était maintenant détrempée et gorgée d’eau. C’était pire qu’auparavant. L’autre principe de l’Île est que lorsqu’une difficulté est posée, elle n’existe pas pour quelques centaines de mètres, elle perdure sur plusieurs kilomètres pour bien nous la faire sentir. J’avais en théorie 5h pour parcourir 12,3 km pour un coureur sur route cela peut paraître un jeu de foetus, pour un traileur de campagne, c’est facile mais à La Réunion, cela m’a pris 8h.

A la difficulté de la boue, s’ajouta celles des rochers et des racines
La succession de descente et de montée entamait bien mon moral, je pris un bâton pour tenter de poursuivre mais l’avance que je croyais avoir se réduit comme une peau de chagrin. Je devais être dans les derniers coureurs quand je croisais deux nouveaux abandons puis Mano un réunionnais qui avait fait la course en 2000 et la trouvait bien dure cette année. Il avançait bien contrairement à moi qui commençait à perdre les pédales. J’avançais de plus en plus difficilement quand je croisais un cabri qui retira ses écouteurs quand je lui posais la question : « Dans longtemps le prochain ravitaillement ? » Il me répondit « 3 heures » mais c’était à son allure pas du tout à la mienne, puis il remit son casque et quand je me retournais pour le voir partir, il avait déjà disparu. Il avait quand même eu le temps de me dire : « tu continues sur le sentier, tu suis les balises et surtout tu ne t’arrêtes pas ».

Là je commençais à en avoir marre
Les montées, les descentes, ce n’était plus de la marche ou de la randonnée mais de l’escalade. J’avais des racines plein le sol et quand ce n’était pas elles, c’était la boue avec beaucoup d’eau. Je commençais à réaliser mon calvaire quand je vis un panneau indiquant « Gite du Piton des Neiges 6 km (3h30) ». J’étais démoralisé. A ce moment, Mano me rattrapa accompagné d’un curieux bonhomme en jupe. En fait il s’agissait de David un serre-file qui fermait la marche et avait la double mission de reprendre toutes les balises et de raccompagner les retardataires vers le poste de contrôle le plus proche. Et le plus proche pour moi était en théorie à 3h30 de l’endroit où nous nous situions. J’avais de plus en plus de mal à poursuivre même avec mon bâton qui m’aidait bien et quelques instants plus tard, nous fûmes rejoints par quatre autres serre-file donc Karine, Théo, Miguel et Eusébio. C’était la première fois que je rencontrais des serre-file dans une course et il faisaient un travail formidable. Il fallait déployer des trésors de psychologie pour m’encourager et me faire avancer malgré la fatigue, le manque de sommeil et l’hypoglycémie qui commençait à poindre  son nez. David affirma que nous étions à une heure du Gite puis à vingt minutes. Mais étonnamment, vingt minutes succédèrent aux vingt minutes puis encore vingt minutes.

C’était sans fin , un vrai calvaire, on montait des blocs de rochers, on en descendait, on passait par une rivière de boue et rebelote. L’histoire a duré et duré et duré. Miguel et David se relayaient pour m’aider à avancer car je commençais à aller mal. Finalement nous sommes tout de même arrivés au Gite du Piton des Neiges (64,7 km) à 21h au lieu des 18h30 escomptés.

J’étais exténué, à bout de forces
Très malheureusement, le gite ne pouvait pas garder les six raideurs car ils n’avaient pas l’infrastructure suffisant pour nous gérer, nous offrir un lit pour la nuit puisqu’ils devaient se préparer pour la course qui allait débuter le lendemain qui était le Trail du Bourbon (le semi-raid).

David et les serre-files décidèrent donc de nous faire descendre le bloc jusqu’au stade de Cilaos en pleine nuit jusqu’à vers minuit. Mon calvaire n’était pas terminé mais je commençais à prenre l’habitude, c’était La Réunion dans une course pas comme les autres, très très technique et où il n’y a absolument rien de facile, tout est difficile et quand c’est difficile, c’est aussi très long.

La descente du Bloc ne fit donc pas exception. Souvent à pic, avec des montées et des descentes, des marches, mais heureusement sans rochers et surtout sans la boue. Juste des virages et le précipice sans garde-corps mais à la limite dans la nuit noire, c’était le détail qui gênait le moins. Le mot « interminable » à La Réunion est une évidence et la descente qui devait durer 2h30 prit un peu plus longtemps et à la fin je n’étais pas beau à voir, un serre-file pour le bras gauche, un pour le bras droit, un à l’avant pour anticiper les difficultés et une pour me montrer les pas à suivre. J’ai appris l’humilité sur ce raid car j’avais compris que je ne savais pas marcher, poser les pieds et surtout les lever, assurer mes appuis. Je vous passe les détails car nous sommes arrivés à Cilaos et pour moi c’était bien la fin de mon Premier Grand Raid après 24h d’efforts intenses où je suis allé au bout du chemin où mon courage et mon entraînement m’avaient emmené.

C’était une superbe expérience
Même si elle ne s’est pas terminé par une médaille, j’étais content d’en sortir sain et sauf puisque l’épreuve s’est trouvée endeuillée par la chute d’un raideur de 53 ans au lieu-dit Col des Fourches à Salazie. La fatigue, le manque de sommeil et de lucidité ont eu raison de cet athlète pourtant expérimenté qui avait fait fait deux fois l’UTMB et deux fois le Grand Raid. Pour ma part, c’était bien d’en arrêter là car je n’avais pas le niveau pour continuer plus loin, j’ai envie de retourner à La Réunion pour faire des reconnaissances sur la suite du périple, de m’entrainer et pour aller plus loin les prochaines tentatives de ce monstre ultime qu’est La Diagonale des Fous.

 La route est longue vers le succès mais ce qui importe le plus c’est peut-être pas la destination, mais le chemin que l’on emprunte pour y arriver, plein d’enseignement et plein de richesses !

Je remercie tous mes amis pour leurs nombreux témoignages de sympathie et de soutien sur tous les supports possibles et inimaginables, pour leur accueil mémorable et exceptionnel mes formidables amis Fabienne et Johnny Pérot de Jean Petit que j’ai rencontrés grâce à Elé, une pensée particulière émue pour Carine, Guillaume, Gilbert et Amandine.

Pierre-Marc Giao

Retrouvez les tribulatons de Giao sur son blog : http://thegiao2001.typepad.fr/

Classement et résultats de la diagonale des Fous ici 

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