L’Odysséa de Monia

Odyssea Monia 2

Il est des courses qui ne sont pas des compétitions, mais de véritables rassemblements humains. Humain dans le sens « sensible et compréhensif ». La course Odyssea vous marquent pour très longtemps voire que l’on oublie jamais et pour cause et quelle cause ! On est tous concerné par cette maladie qu’est le cancer. On a tous un proche que cette saleté a emporté.

Odyssea Monia 1C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je me présente sur la ligne de départ qui est donné sous un tonnerre d’applaudissements d’un public venu très nombreux. J’en ai frissonné d’émotion, j’en frissonne encore.

Nous sommes quelques milliers à nous élancer tels des fauves sortant de leurs cages. 30 000 coureurs répartis sur toutes courses confondues, 12 000 sur le 10km (10km350 réellement) dont une majorité de femmes foulent le sol du bois de Vincennes sous un temps clément.

Je me faufile, je zigzague, bref, je dois faire 11 km au final. Aucun objectif temps, qu’importe le chrono, j’ai du rose plein les mirettes. Cette course qui vous fait voir la vie autrement, cette course qui vous donne meilleure conscience, cette course qui rapproche les êtres, cette course aux couleurs de l’espoir, cette course d’une dimension incroyable.

Je poursuis ma route avec une pensée pour ma mère que le cancer m’a enlevée. Je ne suis pas triste. Voir cette vague humaine rire, sourire, chanter, danser me remplit le cœur de joie, de bonheur intense.  Nous courons tous à l’unisson avec pour fil rouge des musiciens tout au long du parcours, je me suis même arrêtée quelques secondes pour entamer une danse du ventre sur des rythmes endiablés africains. Le bois de Vincennes prend des allures de royaume de Hadès où les coureurs errent en cortège les uns à la suite des autres.

Je ne veux pas que ce 10km s’arrête mais toute bonne chose a une fin, le km9 est annoncé, je boucle en une heure et des brouettes mais peu importe, je suis peinée de me dire que ce bel élan de solidarité s’achève, qu’il me faudra attendre l’année prochaine pour revivre cet indescriptible instant de partage avec des personnes que je ne reverrai sans doute jamais mais qui appartiendront à mes doux souvenirs quand soudainement, le speaker annonce le départ du 5km pour 11h. Bien que n’ayant pas de dossard sur cette distance, je me dis «Alléluia, encore de l’émotion, pleins d’images, pleins de bons moments à aller chercher qui resteront mémorables». A mon grand regret, je ne les ai finalement pas courus mais une chose est sûre c’est que mon coeur y était.

Ainsi s’achève mon Odysséa 2013, je signe évidemment pour 2014 et les années à venir.

« C’est pas vraiment notre faute si des femmes meurent du cancer du sein, mais ça le deviendrait, si on ne faisait rien »
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10 km du 14e ou la malédiction de l’annulation

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Il y a des courses qui sont mythiques pour moi, de celles ou chaque participation est un vrai plaisir, un vrai challenge. De celles qui me servent d’étalon pour mesurer ma progression. Bref, les 10 km du 14e la course de mon quartier est MA course, celle ou toute la famille y compris ma belle-mère fait le déplacement pour voir l’athlète en maillot.

Chaque année après les vacances à la neige il y a cette course qui sert à me remotiver suite à une coupure hivernale d’une semaine ou deux. Cette année, j’étais prêt, peut être plus que les autres années. Comme pour New York lorsque je retire mon dossard les organisateurs me souhaitent « bonne course » et me promettent que cette trentième édition sera à la hauteur de mes espérances.

Comme pour Big Apple la météo vient jouer les troubles fêtes quelques jours avant,  rendant incertain le départ. Les rumeurs commencent à circuler sur le net, partira, partira pas…

Dans la journée de samedi les communiqués s’enchaînent : « la course aura bien lieu », les moyens seront mis en œuvres pour que demain ce soit une grande fête. Il faudra attendre 17h pour que la nouvelle tombe : « par décision du maire la course est annulée en raison des conditions météorologiques, elle sera  reportée à une date ulterieure ». Comme pour New York, pourquoi avoir attendu le dernier moment pour annuler, car les conditions-météo annonçaient pour dimanche étaient exécrables ?

Comme à NY la puissance des réseaux sociaux mettent en place une alternative, ce sera une sortie entre amis sous la neige au Bois de Vincennes. Les messages sur Facebook et les SMS fusent et le lendemain matin, nous sommes une vingtaine à nous retrouver sur les bords du lac Daumesnil. Il y a parmi eux mes fidèles, des amis qui étaient également du voyage en Amérique, prêt à me suivre dans cette odyssée blanche.

Premier contact avec la neige
Pour beaucoup ce sera une première expérience sur la neige. Ce n’est pas évident de trouver le bon équipement, la bonne foulée. Les appuis sont fuyants, le souffle coupé par l’air froid. Il en faut beaucoup plus pour nous décourager. Nous abordons cette sortie dans la joie et la bonne humeur. Pas question de compétition où de vitesse, nous allons rester ensemble du début à la fin.

Difficile de se quitter
Le programme indique une heure, mais nous allons dépasser allégrement ce timing tant les conditions et l’euphorie sont là. Notre terrain de jeu habituel, se transforme en « terre inconnu » il est parfois difficile de reconnaître les passages et  lieu de repères. Pour ma part ce sera 12 km, mais quelle balade. Le chrono GPS indique 1h15 ce qui en temps normal serait une sortie raté, se transforme ce matin là en véritable bonheur pour runners.

Pour terminer l’analogie avec le marathon de New York, la course fut annulé, mais le plaisir fut présent. Celui de partager et d’échanger sur notre passion commune : « la course à pied » alors certes, il n’y a pas eu de chrono, mais ce sera pour la prochaine fois. Rendez-vous aux foulées de Vincennes qui, espérons le, seront plus propice à la performance…

La grande famille des runners