J’irai courir dans Central Park sous la neige

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Un nouveau « grain » s’est abattu en milieu de semaine sur New York. D’abord un vent glacial, puis des flocons de plus en plus gros pour finir en tempête de neige recouvrant Manhattan d’un manteau blanc magnifique.

Cette fin de matinée dans Harlem se déroule sous une pluie fine et glaciale, il est difficile dans ces moment-là de profiter sereinement. Les nombreux magasins de sports seront nos refuges ! Nous entrons finalement chez Sylvia’s une adresse incontournable de la « soul food » un mélange de cuisine africaine et américaine pour prendre notre déjeuner. A notre sortie la pluie s’est transformée en neige, de fins flocons s’abattent sur le quartier noir de New York. Il en faut un peu plus pour nous décourager, la visite continue…

Direction le centre de Manhattan et plus précisément Greenwich Village, à notre sortie du métro, nous sommes dans un autre pays, un manteau blanc a recouvert les trottoirs. La visite est pénible est glaciale. Il en sera ainsi jusqu’à la tombé de la nuit. À l’heure du repas, il sera compliqué de rejoindre la pizzeria ou nous avons rendez-vous avec les membres du club de Nanterre.

Demain sera un autre jour
Au moment de se mettre au lit, je n’ai qu’une idée, faire un footing le lendemain sous la neige dans Central Park ! Au réveil à 7h je suis comme un enfant au matin de noël. Je m’habille en silence et quitte l’appartement ou mes colocataires dorment encore profondément.

Grosse déception, le parc est fermé pour cause de neige et donc de chaussée glissante, il ne reste qu’une solution observer le paysage de loin et rester sur les trottoirs qui longent cet espace vert.

Un pas vers l’illégalité
Soudain, une idée malveillante me vient à l’esprit, « et si je sautais le muret ? » Me voilà dans un Central Park habituellement bondé, seul au monde. La sensation est étrange, mais tellement excitante. Les allées sont blanches, il règne un silence inhabituel, c’est un dépaysement total. Démarre un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre, je me faufile, évite les grands axes et profite d’une demi-heure de quasi-tranquillité, quand une première sommation m’oblige à changer de chemin. Je file vers le nord…

J’aperçois tout près, les gyrophares d’une voiture de Police, ne surtout pas fuir. Ils m’avertissent d’une voie ferme « you must get out ! » j’acquiesce de la tête et me dirige vers la sortie. Ce footing restera à jamais dans ma mémoire comme une revanche prise sur New York qui nous a privé de marathon.

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Par un samedi matinal sur Central Park…

Quand on débarque à New York, courir est une nécessité. D’abord parce qu’on a vite fait de tomber dans une alimentation composée essentiellement de burgers et cupcakes, le tout accompagné d’une petite bière, mais aussi et surtout car entre l’Hudson River Park et Central Park, les terrains d’entrainement sont vastes, magnifiques, et extrêmement bien aménagés.

L’association New York Road Runners propose de très fréquentes courses pour jalonner la vie des joggeurs New Yorkais d’objectifs chronométrés. La première course de l’année part le 1er janvier a minuit, a la lumière des feux d’artifice de Central Park, et déguisée s’il vous plait.

Cette année je n’avais fait qu’assister au départ (après tout le 31, j’avais préféré les talons aux baskets…), mais je me suis vite rattrapée avec le premier 10km de l’année dans Central Park, le NYRR Joe Kleinerman 10K. Inscrite un peu au dernier moment (ici pas besoin de licence ou de certificat médical, ce qui facilite les décisions de dernière minute), je regrettais un peu ce choix le samedi 7 aux aurores, le départ de la course étant fixé a 8h.

Bonne surprise, la météo est de la partie !
Ici, il fait un jour tres chaud pour la saison, le lendemain extrêmement froid, un jour le ciel est bleu pur, et le lendemain on patauge dans les flaques. Bingo, la il fait chaud (pour la saison tout du moins) et beau… Plus de 5000 concurrents sont au départ. Comme avant tout événement sportif ici, le silence se fait au moment de l’hymne national (pas besoin de se lever, tout le monde est déjà debout dans les sas…) et nous avons aussi droit a quelques mots sur Joe Kleinerman dont la course porte le nom, un des fondateurs du NYRR (qui, excusez du peu, organise quand même le marathon de NY…) et qui a aussi beaucoup fait pour la course féminine (sur 5307 finishers de la course, 2533 sont des femmes, ca tombe bien…).

Enfin c’est parti
Si Central Park est si charmant, c’est aussi que le parc est assez vallonné, ce qui donne a ce 10km une difficulté supplémentaire, et un challenge appréciable.

Je lâche tout dans la première descente (ca doit être le souvenir de Marseille Cassis), et essaye de perdre le moins possible dans la montée qui suit, probablement la plus rude du parcours. Au passage du premier mile (heureusement que j’avais anticipé les calculs pour m’y retrouver, 5mn du kilomètre = 8mn du mile) je suis nettement en dessous de mes temps a mes précédents 10km. Mais après tout, on est dans Central Park, le paradis des joggeurs, dont beaucoup d’ailleurs se retrouvent par hasard nez a nez avec la course sur leur sortie habituelle, et qui joignent leurs encouragements a ceux des volontaires de NYRR. Ceux ci sont nombreux, car participer a 9 courses avec le NYRR et en encadrer une, le tout sur une année, permet d’avoir un dossard garanti au marathon de l’année suivante, dossards précieux a décrocher…

J’ai l’air en forme ?
Les ravitaillements sont tous les 2 miles, mais je les passe sans m’arrêter, puisque j’ai l’air en jambes autant profiter de ces quelques secondes de gagnées. Le parcours est balise tous les mile, je me demande encore si cela est plus facile (il n’y a que 6 jalons, on arrive plus vite au bout) ou plus dur (entre deux panneaux on sent bien qu’il y a 1.6km et non 1km…), enfin c’est le panneau du sixième mile, et les 200 derniers mètres qui suivent, qui valent le coup d’un bon sprint même si mes jambes me font bien sentir que j’ai couru un peu au dessus de mes chronos habituels. Ca valait le coup, avec un record perso diminue de près de trois minutes malgré le dénivelé !

Pas de médaille a l’arrivée mais des Bagels en guise de ravitaillement, après tout nous sommes a New York…

Il est juste l’heure de rentrer pour une petite sieste et se relever, comme après une grasse matinée, juste a temps pour le brunch de 13h a Greenwich Village…

Prochain objectif, le semi de Manhattan (rebelote, Central Park 8h du matin…) et le marathon de Washington. De quoi bruler encore de nombreux burgers…

Stéphanie Woringer

Plus d’info sur le site du New York Road Runner Club : http://www.nyrr.org/races/2012/r0107x00.asp