We run Paris avec Bob Tahri


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Chaque semaine les coureurs parisiens ont rendez-vous pour des « running sessions » avec la marque Nike. Ces séances gratuites proposent des runs ludiques et festifs à travers les rues de la capitale.

Ils sont jeunes, ils sont beaux et partagent la passion du running. Voilà le point de départ du Run75Crew ! Un peu à la manière des « afterworks » ou « happy hours »  ils se retrouvent à la sortie du bureau pour un moment sportif et festif. Les qualités sportives ne sont pas prédominantes, seules comptent la bonne humeur et l’envie de partager. La centaine de personnes se décompose en deux groupes, pour le premier une distance de 5 km et 10 km pour le second. Les coachs animateurs se servent de sonos portatives pour rythmer les  sessions. L’ambiance est garantie…

Des invités prestigieux
Régulièrement des athlètes Nike viennent accompagner et prodiguer de précieux conseils. La championne olympique Allyson Felix avait, à l’occasion de l’ouverture du nouveau Nike Store Running inauguré ce concept de guests. Par la suite, Christelle Dauney meilleure marathonienne française et auteure d’une magnifique 4e place au dernier marathon de New York, avait participé également. Ce jeudi, celui que tout le monde attendait est l’ancien recordman d’Europe du 3 000 m steeple à Berlin en 2009. Bob Tahri a opéré en 2013 un grand virage dans sa carrière en « montant » sur marathon. Il s’aligne sur le mythique marathon de New York avec de grosses ambitions. Après avoir joué aux avant-postes avec les redoutables kenyans, il touche le « mur » du 30e km et doit laisser filer. Il termine à la très honorable 15e place avec un chrono de 2 heures 18′ 16″. La course est remportée par le kenyan Geoffrey Mutai en 2 heures 08′ 24″.

Mes questions sur les ambitions de Bob Tahri en 2014
Bob Tahri_Run Reporter Run
« 2013: j’ai fait mon premier marathon. 2014: je pulvérise mon chrono ! » La principale question que j’avais pour Bob Tahri portait sur sa participation au marathon de Paris en avril ou New York en novembre ? Le service de presse m’indique qu’il est un peu tôt pour l’annoncer et que sa décision n’est pas encore prise. La seule chose que je puisse communiquer est qu’il a soif de revanche à New York, il y a donc de forte chance qu’il soit à Big Apple. Son ambition chronométrique ? Passer sous la barrière des 2h 10’ ! Ce chrono est à sa porté selon les spécialistes. Nous ne manquerons pas de suivre sa progression. Sinon pour le reste, on ne change pas une équipe qui gagne, il continuera de faire confiance à Jean-Michel Dirringer son entraineur et reste licencié au club de sa ville : Athlétisme Metz Métropole. Idem pour son équipementier, Nike qui lui renouvelle toute sa confiance. Alors souhaitons lui bonne chance pour cette nouvelle année…

Plus d’infos :
http://runningfrance.fr/tag/run75crew/

http://www.bob-tahri.com

J’irai courir dans Central Park sous la neige

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Un nouveau « grain » s’est abattu en milieu de semaine sur New York. D’abord un vent glacial, puis des flocons de plus en plus gros pour finir en tempête de neige recouvrant Manhattan d’un manteau blanc magnifique.

Cette fin de matinée dans Harlem se déroule sous une pluie fine et glaciale, il est difficile dans ces moment-là de profiter sereinement. Les nombreux magasins de sports seront nos refuges ! Nous entrons finalement chez Sylvia’s une adresse incontournable de la « soul food » un mélange de cuisine africaine et américaine pour prendre notre déjeuner. A notre sortie la pluie s’est transformée en neige, de fins flocons s’abattent sur le quartier noir de New York. Il en faut un peu plus pour nous décourager, la visite continue…

Direction le centre de Manhattan et plus précisément Greenwich Village, à notre sortie du métro, nous sommes dans un autre pays, un manteau blanc a recouvert les trottoirs. La visite est pénible est glaciale. Il en sera ainsi jusqu’à la tombé de la nuit. À l’heure du repas, il sera compliqué de rejoindre la pizzeria ou nous avons rendez-vous avec les membres du club de Nanterre.

Demain sera un autre jour
Au moment de se mettre au lit, je n’ai qu’une idée, faire un footing le lendemain sous la neige dans Central Park ! Au réveil à 7h je suis comme un enfant au matin de noël. Je m’habille en silence et quitte l’appartement ou mes colocataires dorment encore profondément.

Grosse déception, le parc est fermé pour cause de neige et donc de chaussée glissante, il ne reste qu’une solution observer le paysage de loin et rester sur les trottoirs qui longent cet espace vert.

Un pas vers l’illégalité
Soudain, une idée malveillante me vient à l’esprit, « et si je sautais le muret ? » Me voilà dans un Central Park habituellement bondé, seul au monde. La sensation est étrange, mais tellement excitante. Les allées sont blanches, il règne un silence inhabituel, c’est un dépaysement total. Démarre un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre, je me faufile, évite les grands axes et profite d’une demi-heure de quasi-tranquillité, quand une première sommation m’oblige à changer de chemin. Je file vers le nord…

J’aperçois tout près, les gyrophares d’une voiture de Police, ne surtout pas fuir. Ils m’avertissent d’une voie ferme « you must get out ! » j’acquiesce de la tête et me dirige vers la sortie. Ce footing restera à jamais dans ma mémoire comme une revanche prise sur New York qui nous a privé de marathon.

Marathon de New York : le rêve américain de Lionel

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Vous avez tous entendu parlé de ce marathon mythique dans cette ville hors du commun qu’est New York. Certains d’entre vous l’ont déjà couru. Et oui, les runners français sont habituellement les plus nombreux. Ca n’a pas été le cas en 2011 puisque ce sont les Italiens qui nous ont devancés, avec une délégation de 3390 coureurs.

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La traversée des Dentelles de Gigondas

La 25e édition de cette course nature aura lieu le dimanche 24 juin. Cette année l’accent sera mis sur deux valeurs chère aux organisateurs à savoir la solidarité et l’éco-responsabilité.

Par solidarité, ils soutiennent des actions de prévention-santé et en particulier des maladies cardio-vasculaires. Sur chaque inscription deux euros sont reversés à Alliance du cœur, association de malades cardiaques, et à l’AFAF. D’ailleurs le Professeur Cabrol, qui réalisa en 1968 la première transplantation cardiaque en Europe sera à Gigondas le samedi 23 juin. Il parrainera la course et parlera des bienfaits du vin sur la santé cardiaque.

Éco-responsable ensuite, car l’empreinte carbone de cet événement est entièrement compensée. L’organisation s’engage à soutenir des actions sur le massif des Dentelles de Montmirail ce qui préservera, espérons le, plus longtemps possible ce magnifique endroit.

Trois questions à Emmanuelle Blanck coureuse émérite et membre de l’organisation.

Comment une Parisienne devient membre de l’organisation d’une épreuve se déroulant dans le Vaucluse ?
Par le hasard des rencontres! Je fais partie de l’organisation des Foulées de l’Assurance, un 10 km qui a lieu au mois de mars dans le bois de Boulogne. Il se trouve que mon collaborateur connait très bien la région de Gigondas depuis plus de 20 ans, et y passe tous ses étés et pas mal de week-end. C’est tout naturellement qu’il s’est porté volontaire pour reprendre les rênes de l’organisation de la Traversée des Dentelles, et qu’il m’a embarquée dans cette belle aventure.

Quels sont les atouts de cette épreuve ?
La Traversée des Dentelles c’est 3 épreuves: la classique 21 km, le 10 km ainsi qu’une marche de 10 km. Elle sont en commun d’empreinter les circuits dans le massif des Dentelles de Montmirail. Le cadre est absolument magique et unique. Entre vignobles et pins, les parcours dans la moyenne montagne constituent de véritables épreuves sportives avec des pentes parfois difficiles mais toujours fantastiques.

La Traversée des Dentelles c’est aussi un événement solidaire et responsable. Des dons sont récoltés sur chaque inscription au profit de la préservation du massif protégée des Dentelles et pour aides des associations oeuvrant pour la santé cardiaque. Un village dédié au thème de la santé, du vin et du terroir avec des stands dégustation de produits ouvre ses portes en plein coeur du centre historique de Gigondas dès samedi 23 juin à 14 heures. Un événement pour la bonne cause et pour la forme!

La solidarité et l’Ecologie sont-elles des valeurs que tu partages également ?
Bien sûr, c’est d’ailleurs ma « marque de fabrique »! Je me mobilise pour le « Running solidaire et responsable », une démarche pour le sport « autrement » : solidarité et éco-responsabilité au service d’une santé durable. Le but est de fédérer une nouvelle génération de sportifs éco-responsables et solidaires, et d’inciter les organisateurs de courses à adopter de nouveaux comportements. De plus, l’aspect solidaire des événements sportifs me semble important, car la solidarité est l’une des valeurs du sport.

Informations et inscriptions sur : www.traverseedesdentelles.fr

Adrien dans le grand bain…

Adrien est plutôt un habitué de la distance mythique du marathon avec un record proche des 3h, mais en quête d’aventure, il tente le triathlon courte distance. Il nous parle de sa première expérience sur le triple effort, un récit émouvant et plein d’humour.

Cela faisait un petit moment que ça me trottait dans la tête, je voulais voir ce qu’était un triathlon courte (1,5 km/ 40 km / 10 km). Bon, maintenant je sais, il faut être fort en natation, c’est-à-dire tenir 1,6km en crawl (distance que je n’avais jamais fait en piscine), ne pas perdre trop de temps dans le parc à vélo pour enlever de sa combi et enfourcher son vélo pour s’élancer dans un parcours de 53kms, si possible tenir toute la distance sans problème technique. Ensuite il faut encore reposer le vélo sans tomber et chausser ses chaussures de running le plus vite possible pour 12kms de course à pied.

Peu importe le temps réalisé
Après tout ça, on a la satisfaction énorme d’être triathlète (bon, triathlète débutant, mais triathlète tout de même)! Et bien voilà, c’est uniquement pour me prouver que je pouvais enchainer tout ça que je n’ai même pas hésité en m’inscrivant pour le triathlon de Cergy 2012 (en fait non, j’ai tout de même hésité dans la distance, il y avait également une distance « découverte », mais bon je me disais, quitte à en baver, autant que cela vaille le coup, alors ça sera le CD ou rien !

Pour être triathlète il faut savoir se lever tôt le jour de la compétition, rejoindre l’air de départ avec un sac de voyage comme si on partait pour une semaine, bref cela demande une organisation draconienne pour ne rien oublier ! J’avais rendez-vous assez tôt avec jean pierre sur le parking de la base de loisir de Cergy; je ne connaissais rien du tout au protocole du triathlon: la mise en place de son matériel sur l’aire de transition, le brief de départ … Une grande première pour moi ! Justement, à peine le temps d’enfiler à la hâte sa combinaison et préparé ses gels pour les prochaines épreuves que le brief de début de course avait déjà commencé. La pression monte, j’étais stressé comme jamais, je n’avais jamais fait autant de distance en natation en une seule fois, c’est bien simple, si j’arrive au bout de la nage, le reste c’est de la détente!

C’est mort de trouille que je regagne le point de départ
Il s’agit de faire bonne figure et pourquoi pas ne pas terminer dernier ! Allez c’est parti, en quelques secondes je ne vois plus du tout jean pierre et les autres nageurs, ça va bien trop vite pour moi, peu importe je reste concentré sur mes rudiments de crawl et j’essaie au maximum d’allonger mes gestes. N’ayant pas du tout l’habitude de nager le crawl, je m’aide très régulièrement de la brasse mais avec la combinaison les gestes sont vraiment compliqués, au moins je ne suis pas gêné par les autres nageurs, j’en suis presque à me dire que ça serait sympa de rester plus longtemps dans l’eau d’autant plus que le lac est magnifique et le temps vraiment clément ! Bon allez on ne va pas coucher là, je vois enfin la rive, j’ai l’impression que je suis le dernier à sortir de l’eau … pas tout à fait mais presque …

Je rejoins le parc à vélo avec un grand sourire
L’épreuve que je redoutais tellement est derrière moi ! Jean Pierre est là, comme il m’avait dit, nous continuerons les deux dernières épreuves en duo ! Je serai donc chaperonné comme jamais. Un grand merci  pour me permettre de vivre pleinement cette première expérience du triple effort, ça a été un plaisir du début à la fin !!

Bon allez ce n’est pas tout ça, mais on a tout de même un triathlon à terminer ! Le temps d’enlever (difficilement) ma combi que le parc à vélo se dépeuple dangereusement. J’ai la bonne surprise de voir Jeff et mon père nous prendre en photo comme de vrais pros ! Allez c’est parti pour 53 kilomètres de « balade » à vélo ! Je ne devrais pas utiliser le mot « balade » mais bon, c’était bien le cas, j’essayais surtout de ne pas tomber et de suivre l’allure de jean pierre plutôt que de véritablement me demander où il m’était possible d’accélérer … j’ai un manque d’entrainement terrible en vélo, mais bon ce n’est pas bien grave, je ne souhaite pas me qualifier pour l’IM d’Hawaï !

Grâce aux très nombreux bénévoles qui nous indiquent la route à prendre et coupent la circulation, tout se passe bien, nous saluons même Monsieur Running Café sur le parcours (merci beaucoup pour les photos et les encouragements !!).

Après 53kms la balade est terminée, il est temps d’enfiler les running et de s’attaquer aux 12kilometres de course à pied ! J’ai été une tortue en natation, une vraie limace en vélo, il n’y a pas de raison que cela change pour la course à pied ! Ça sera en footing !!

Dernière épreuve…
Une fois sur l’aire de transition j’oublie complètement d’enfiler mes chaussettes (aie, aie les ampoules) et commence le footing !! Jean pierre est toujours à mes côtés, il en profite pour faire quelques vidéos et nous discutons tranquillement tout au long du parcours ! Finalement au bout de presque 4 heures toutes les bonnes choses ont une fin il faut se résigner à terminer la course ! C’est sous les acclamations du speaker et des encouragements de Jeff et de mon père que je passe comme un champion la ligne d’arrivée !

Quelle formidable expérience !!! Un triathlon en mode tranquille c’est vraiment parfait ! Je sais qu’il faut que je me force à nager en piscine et enchainer les sorties vélos si je veux être prêt pour l’année prochaine et participer à la seconde édition de ce superbe tri@Long !

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Run Happy Days de Brooks

Jeudi 10 mai, ce fut l’occasion de faire de nombreuses connaissances. Un événement avait lieu dans le 11e arrondissement de Paris, l’ouverture d’une boutique spécialisée dans le running. Pour l’occasion un « Run Happy Days » était organisé par Brooks afin de faire découvrir leurs nombreux modèles.

La Runnosphère par l’intermédiaire de Salvio (Je cours Paris) était conviée à cette soirée placée sous le signe de la découverte mais aussi de la bonne humeur. C’était l’occasion pour moi de chausser pour la première fois cette marque venue des USA. Pour la petite histoire, la marque a été créée en 1914 à Philadelphie, mais ce n’est qu’à partir du milieu des années 70 que la marque se spécialise dans la chaussure de running. Autant dire que la marque n’est pas une débutante.

Ce fut également l’occasion de découvrir la nouvelle boutique Unik Sport pour les passionnés de running. Celle-ci a ouvert ses portes quelques semaines auparavant sous l’impulsion de Philippe Milleret son directeur. Elle se positionne dans le milieu et haut de gamme, elle répond aux attentes des passionnés et des athlètes les plus pointus. Elle couvre aussi bien les pistards que les marathoniens en passant par le trail, sans oublier le triathlon.

Pour ce test, je fais le choix d’une paire orienté « compétition », Maxime de chez Brooks me conseille la Pure Flow un modèle polyvalent entraînement et compétition pour coureur léger.

Une photo devant la boutique et c’est parti pour un footing d’une heure en direction du lac Daumesnil à travers la coulée verte. Le groupe est homogène et chacun donne ses impressions. Sur le retour deux membres de la Runnosphère prennent la poudre d’escampette afin de tester les chaussures dans leurs dernier retranchements, il s’agit tout de même d’un modèle «compétition». À notre arrivé à la boutique, un copieux apéro nous attends, l’occasion de rendre notre verdict sur cette marque.

Mon impression : un chaussant très confortable, mais une drôle de sensation avec l’avant du pied plus haut que l’arrière comme avec des chaussures de vélo. Le responsable m’explique que le but c’est de modifier la foulée en accentuant l’attaque sur l’avant du pied. Le résultat n’est pas probant sur moi, car il m’occasionne une gêne sous le pied gauche que je garderais deux jours. En conclusion, il n’est pas possible d’être objectif et précis pour un test chaussure avec seulement un footing. J’attendais pourtant beaucoup de cette marque car les éloges sont si courante notamment de la part de mon ami Patrick alias Running Coffee.

Je souhaite longue vie à la boutique Unik Sport et vous invite à leurs rendre visite. Voici l’adresse : Bastille : 16/18 Bd Beaumarchais 75011 Paris. www. Unik-sport.com

Retrouvez la gamme Brooks sur leur site internet : http://www.brooksrunning.fr/products/1101071D161/fr_44/PURE-FLOW.html

Ekiden de Pontault Combault 2012

Lorsque le réveil sonna à 6h30 ce dimanche, je ne savais toujours quelle serait ma stratégie de course ? Le constat était pourtant simple, je n’avais quasiment plus couru depuis le marathon de Paris. Quatre semaines d’inactivités relatives, puisqu’entre-temps j’étais passé en mode «triathlète» et avais remplacé les nombreux footings par des séances de vélo et natation.

Pourtant l’entraîneur comptait sur moi, nous avions une équipe de vétérans qui pouvait obtenir la qualification pour les championnats de France les minimas étant de 2h 50’. Je n’avais aucune idée de mon état de forme ? Je décidai de jouer la prudence et de courir au cardio, départ à 90% et ensuite une vitesse de croisière aux alentours de 92% de la FCM. Cela me laissait en théorie une plage de confort. Verdict dans quelques heures…

L’Ekiden de Pontault Combault est toujours l’occasion d’une fête pour le club, nous alignons pas moins de 11 équipes de 6 concurrents soit 66 compétiteurs. Vous rajoutez les supporters et vous obtenez le chiffre impressionnant de 80 «Nacards» !

La définition de l’Ekiden
Selon Wikipédia : épreuve d’origine japonaise consiste à la succession de relais sur route pour six compétiteurs. La distance est celle du marathon (42,195 km). Les six coureurs ont des distances imposées à parcourir dans l’ordre suivant: 5 km, 10 km, 5 km, 10 km, 5 km et pour finir 7,195 km. Ils se transmettent un témoin léger, pour ne pas entraver le coureur.

J’ai en charge le dernier relais, c’est un poste ingrat, car en cas de retard de l’équipe, c’est sur les épaules de celui-ci que pèsent de rattraper les précieuses minutes. Durant l’échauffement, j’ai les jambes en coton, pas de jus ! Je ne vois pas comment dans quelques instants je vais pouvoir «aller vite» ! Je m’échauffe seul et ne force pas l’allure. Je rejoins la zone de passage de témoin pour attendre le dernier 5 km.

Le voilà, je l’aperçois au loin
Je me place afin de récupérer au mieux le précieux témoin. Le départ est accompagné d’une décharge d’adrénaline, tout à coup je me sens bien ! Je surveille mon cardo, il est bien sûr 90% de la FCM. Je passe le premier kilomètre en 3’ 49’’. C’est une bonne allure lorsque la forme est là, mais en cette période j’envisage plutôt un 3’ 55 / 4’

Partir en dernier, confère un avantage, celui de remonter les retardataires, c’est toujours grisant. Je maintiens jusqu’au 5e km un tempo de 4’ 55 puis j’accuse un peu le coup. À ce moment-là, les  nombreux supporters du club scandent mon nom, je suis durant quelques secondes sur un nuage.

Derniers virages et c’est l’arrivée, j’aperçois mon fils au loin. Quand je le passe, il emboîte mon pas et durant quelques centaines de mètres nous sommes côte à côte, c’est émouvant !

Je franchis la ligne les yeux rivés sur le chrono général, nous terminons en 2h 40’ 13’’, la qualification pour les championnats de France était fixée à 2h 50’ nous y sommes largement. Ma montre indique un temps de 28’ pour ce dernier relais soit pile 15 km/h, je ne suis pas mécontent du résultat…

Place à la fête !
Nous pouvons passer au barbecue, oui vous lisez bien ! Le club emmène en plus de la tente pour faire office de vestiaire et un barbecue de compétition ou seront grillés pas moins de 10 kg de viandes. J’ai le souvenir que les diététiciens du monde entier recommandent un repas léger et sans protéines après un gros effort. La convivialité possède également de grande vertus !

En résumé, des amis, des chronos, des merguezs, what else…

Les albums photos du club :

https://picasaweb.google.com/ptittraileur/EkidenNac13052012

https://plus.google.com/photos/116332189393234314378/albums/5742099823963798705?banner=pwa&authkey=CJqM3_OC6Oz08gE

Portrait de Cécile Martin

Doit-on parler de la sportive ou de la photographe ?  J’ai découvert Cécile au travers de ses clichés, de superbes photos en noir et blanc prises lors des régionaux de cross sous un léger manteau de neige. Je prends contact avec le personnage et m’aperçois au fil de la conversation qu’elle n’est pas, que, photographe mais aussi une athlète de bon niveau.

Si tu le veux bien, nous allons commencer par la photographe. Comment est venue cette passion pour la photo ?
La photographie occupe maintenant une place relativement importante dans ma vie, mais c’est un fait récent. Certes, plus jeune, j’avais déjà pratiqué avec un réflex argentique, notemment lors de voyages. Mais ce n’était que ponctuellement. J’avais aussi d’autres priorités et la pratique de la photographie demande de la disponibilité. Cependant, j’ai été très tôt passionnée de cinéma et il y a eu une période, disons de 20 à 30 ans, au cours de laquelle je fréquentais assidument des festivals consacrés à des réalisateurs. Cette culture cinématographique m’a certainement aidée à construire mon regard.

En 2007, suite au décès de mon père, qui a toujours été un passionné de photo, j’ai repris son réflexe numérique de l’époque. C’est donc ainsi que j’ai débuté en photographie numérique. Ce n’est pas un hasard. Fondamentalement, je pense que la photographie est liée à la disparition et à l’éphémère, quelque soit le genre de photographie que l’on pratique. Photographier, c’est tenter de fixer cet éphémère, c’est refuser en quelque sorte cette disparition. Cela participe bien sûr également à la mise en place d’une mémoire.

J’ai donc débuté tout simplement en photographiant des sujets très proches de moi, en l’occurrence les amis de mon club de course à pied, qui était à l’époque le Vanves Running Club (VRC92). Avec des reportages lors des cross ou des compétitions Interclubs. En septembre dernier, j’ai rejoint le Photoclub de Palaiseau (Essonne) qui réunit des photographes amateurs et quelques professionnels. C’est une excellente manière d’échanger autour de la photographie, d’avoir des avis critiques et argumentés sur ses photos, de se motiver autour de projets collectifs, d’avoir des opportunités pour exposer…et surtout de progresser car je suis encore vraiment une débutante !

As-tu des sujets de prédilection ?
L’animateur du Photoclub de Palaiseau m’a dit que j’étais plutôt une photographe de l’instant (et m’a avertie que c’était un genre difficile). Il est vrai que j’affectionne particulièrement le genre reportage, que ce soit le reportage sportif ou le reportage de société, comme celui que j’ai fait en décembre dernier sur les marins-pêcheurs du Guilvinec et la criée (j’y retourne en avril et je compte passer une journée sur un bateau de pêche). Prochainement, avec quelques membres du Photoclub, nous partons en reportage sur la course cycliste Paris-Roubaix, dans la tranchée d’Arenberg. Mais ma pratique de la photographie est éclectique comme vous pouvez en avoir un aperçu sur ma galerie web. Je suis d’ailleurs d’avis que c’est la meilleure façon de progresser.

As-tu  déjà exposé tes clichés ?
Mon reportage sur la criée du Guilvinec va faire partie d’une exposition collective l’année prochaine à la MJC de Palaiseau. D’autre part, j’ai un projet à plus long terme sur le sujet du cross-country. J’ai décidé de me déplacer l’hiver prochain sur différents cross, que ce soit des petits cross départementaux ou des grands cross nationaux, pour photographier non seulement les courses, mais aussi tous les à côtés, qui apparaissent finalement assez peu dans les revues ou sites spécialisés. Je trouve d’ailleurs vraiment dommage que le cross qui est si photogénique soit si peu médiatisé.

Maintenant la sportive, tu possèdes un palmarès à faire pâlir les plus aguerris. Combien de marathon au compteur ?
J’ai couru 26 marathons, mon premier à Paris en 1995. Egalement un 100 kms à Cleder (Bretagne) en 1996. Quelques trails aussi de plus courte distance.

Quel est ton record sur marathon ?
 J’ai un record de 3h04’00 » réalisé en septembre 2003 au marathon de Berlin (à 40 ans, j’en ai actuellement 48).

Quels autres sports pratiques-tu ?
Depuis quelques années, je pratique aussi le vélo. J’aime surtout les ascensions de cols en montagne. En 2009, j’ai participé à l’Etape du Tour Montélimar-Le Mont-Ventoux (170 km et D+=3200m). Je suis une « Cinglée du Ventoux » (c’est le nom d’un club qui regroupe ceux  qui ont réalisé les trois ascensions du Géant par les trois versants différents dans une même journée). En 2010, j’ai  participé à mon premier duathlon, un duathlon longue distance, celui du Val d’Aran (avec l’ascension du col de Mente). Dans le passé, j’ai fait aussi un peu d’initiation à l’alpinisme (arête des Cosmiques, aiguilles de Chamonix), l’ascension du Grand Paradis (4000m), l’ascension du Kilimandjaro (5880m) et des treks de haute altitude au Pérou ou en Inde dans le Zanskar.

Comment s’articulent tes saisons, de façon méthodique ou à l’envie ?
Il fut une période où j’accumulais beaucoup de compétitions. Maintenant, avec l’âge, je deviens plus raisonnable. Il est indéniable que le corps récupère moins vite. Ma priorité est de ne pas me blesser et de préserver ma santé afin de d’avoir le plaisir de courir et de faire du sport le plus longtemps possible. Il y a des périodes où je suis une programmation relativement structurée, mais ce n’est pas systématique. L’essentiel de toute façon est bien d’avoir la motivation et le plaisir.

Es-tu dans un club, si oui lequel ?
J’ai pris ma première licence FFA assez tard, seulement en 2003, en rejoignant le Vanves Running Club (VRC92), alors que cela faisait plusieurs années déjà que je pratiquais la course à pied, notemment avec le club des Front Runners de Paris. De septembre 2009 à septembre 2011, j’étais licenciée à Essonne Athlétic (j’habite à Gif sur Yvette). En septembre dernier, j’ai rejoins l’US Triathlon Palaiseau, afin de mieux équilibrer ma pratique entre le vélo et la course à pied.

As-tu des rêves en sport ?
Faire le marathon de Big Sur, le long de  la côte californienne. Ou un long trail dans l’outback australien. Plus proches géographiquement, il y a de magnifiques cyclosportives en France et en Italie auxquelles j’aimerais participer.

Ta prochaine compétition ?
Les compétitions d’ores et déjà prévues sur mon calendrier sont la Vélostar le 1er mai, une cyclosportive en Essonne de 155 km avec 1000m de dénivellé positif, deux cyclosportives dans les Pyrénées cet été dont la Massi-Font-Romeu (149km et D+=3000m), et fin septembre, la Gentleman du Coeur, un contre-la-montre à vélo par équipe de deux, organisé par l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque.

Galerie Photos de Cécile : http://cecilem.smugmug.com/

Marathon de Paris 2012

Les marathons se suivent, mais ne se ressemble pas ! Je fus privé de marathon de Paris l’an passé pour cause de déchirure au mollet, j’avais donc cette année soif de revanche. Pour comprendre cette nouvelle aventure, il faut remonter 8 semaines en arrière.

Mardi 21 février, début de la préparation qui doit me mener aux 3h. Je progresse chaque année de quelques minutes, mais à mes yeux ce n’est pas assez rapide, j’avais imaginé passer sous les 3h plus rapidement ! Pour cette course je met toutes les chances de mon côté et me concentre sur l’essentiel. Je laisse tomber les « gadgets » montre GPS et autres cardios, désormais je vais courir à la sensation, je veux être encore plus à l’écoute de mon corps.

Je décide aussi de revoir mes temps sur fractionner légèrement à la baisse, avec mon précédent entraîneur, chaque séance était une compétition. Après les séances difficiles, il n’était pas rare que je ne trouve pas le sommeil ou que je n’ai plus d’appétit, tellement j’étais épuisé.

Je suis reparti sur de nouvelles bases grâce à Abdel Rezzag l’entraîneur du club de Nanterre. Dans un premier temps, définition de la vitesse VMA afin d’établir les vitesses de travail. J’ai une VMA de 17,5 km/h grâce à ça je vais pouvoir étalonner toutes mes séances. Autre étape importante augmenter mon volume  kilométrique, passer de 60/80 km à 80/90 km par semaine. Ça ce sont les bonnes résolutions, place à la course.

La préparation
De mémoire, je pense que c’était ma première préparation sans blessure. J’ai souvenir de déchirures, de périostites, etc… Celle-ci comme dans un rêve, le corps obéissant à l’esprit ! Mes résolutions sur les vitesses de fractionnés n’y sont pas anodines. Idem pour les sorties longues réalisées toutes avec le club de Nanterre. Il n’y a pas à dire, quand un groupe se met en marche, rien ne peut l’arrêter !

La dernière semaine
Les jours qui précédent sont très importants, ils servent à récupérer et à « compenser » les huit semaines de charge de travail intense. De longues nuits de sommeil et une alimentation stricte sont de rigueur. J’avais décidé de ne plus prendre de Malto, je ne le digérais plus. Je passais à la méthode ancienne, pâtes et riz à tous les étages !

Marathon expo
Toujours un grand moment que cette foire dédié au running. Il y a de tout et pour tous les goûts. C’est en général ici que ce font les réserves de gels et autres boissons énergétiques. Les prix ne sont pas plus intéressants qu’en boutique, c’est juste l’offre qui est pléthorique… Depuis trois ans, j’organise une pasta party le vendredi midi afin de réunir les gens que j’aime, pour partager nos espoirs de chrono et nos craintes.

Le matin de la course
Rendez-vous avec le club à 7h30 près de l’arrivée. Chacun des participants possédera son lièvre, une personne dédiée qui aura en charge de donner le tempo, mais aussi de prendre les ravitaillements pour éviter les pertes de temps. Ce sont donc les derniers échanges avec le coach et les lièvres. Sébastien m’attendra au 22e km et portera pour moi les gels ainsi que quatre petites fioles de boisson énergétique. Au final plutôt une mule qu’un lièvre !

Objectif de course
Le tempo avait été décidé depuis 10 jours, je suis conscient que je n’ai pas le niveau pour faire 4’ 16’’ au kilo pour faire 3h, alors j’opte pour un plan B. Je partirais sur un rythme de 4’ 20’ / 4’ 23’’ ce devrait m’assurer un chrono de 3h 04’/ 3h 05’

Le départ
Nous rejoignons nos sas respectifs. Le froid et le stress m’empêchent de respirer correctement. Je connais de nombreuses personnes qui sont dans ce sas et bizarrement, je suis seul ! Je suis concentré et confiant, ce sera un jour avec… Coup de pistolet, c’est parti… je fais parti de la première vague avec les élites. La descente de la plus belle avenue du monde est toujours un grand moment ! Je regarde mon chrono à chaque kilomètre, car il est facile de partir trop vite.

10e km
Nous entrons dans le bois de Vincennes, le 10e km se trouvant au pied du grand rocher de l’ancien zoo. Je suis dans les temps, j’ai même 13 secondes d’avance (Temps au KM 10 : 00:43:37), je dois l’avouer, j’ai même l’impression de faire un footing, pourvu que ça dure…

15e km
Nous sommes à l’hipodrome de Vincennes dans une partie qui monte légèrement et malgré cela je possède encore 30’ d’avance sur l’objectif. (Temps au KM 15 : 01:05:08)

Semi-marathon
Le passage au semi est très important sur un marathon, il est un bon indice chronométrique et de fraîcheur et puis je sais que c’est la que je retrouverai mon lièvre Sébastien. J’ai 50’’ seconde d’avance et je me sens bien. Je retrouve une bonne partie du club, et leurs encouragements me font chaud au cœur. (Temps au KM 21.1 : 01:31:08)

30e km
Pour moi la plus belle partie de cette course est après Bastille lorsque nous descendons sur les quais avec un panorama sur Paris magnifique. Les tunnels ne me gênent pas contrairement à beaucoup. La tour Eiffel indique au loin le 30e km et aussi le début de la vraie course, car il est assez facile de courir jusque là c’est ensuite que les ennuis commencent ! Je suis un peu rapide, j’ai 1’ 25’’ d’avance sur le tempo, mais je me sens toujours bien alors pourquoi pas un hold-up ?

35e km
Dépassé la maison de la Radio, commence un long faux plat qui mène à Molitor, l’ascension pénible casse bien les jambes. Nous contournons Roland Garros et à nouveau un faux plat pour atteindre le rond point d’Auteuil où cette fois une vrai côte achève les concurrents. Je suis toujours bien malgré le dénivelé, Abdel Rezzag apparaît sur un vélo et m’encourage énergiquement. Sébastien joue à merveille son rôle de lièvre, il s’occupe des gels et des boissons. Nous sommes toujours en avance d’une minute. (Temps au KM 35 : 02:32:28)

40e km
Je déteste cette dernière partie, elle est triste est monotone, les longues lignes droites ont le don de vous saper le moral. Depuis le 37e km, je fatigue, j’arrive au 38e km complètement épuisé, j’ai l’impression de ne plus avancer. Sébastien entame son coaching mental et me donne la force de continuer…

Nous apercevons au loin Rogedi un membre du club, il est entouré de deux lièvres et malgré cela, il est en pleine détresse. Je suis triste pour lui ! Nous le rattrapons au 40e km, ma tape sur l’épaule et des encouragements n’y feront rien. J’ai moi-même du retard 35’’

42e km
L’arrivée n’est plus loin j’entends les bruits de la sono et pourtant je n’en peux plus, je suis vidé ! Je ne vais pas fléchir si près du but ?  Pourtant mon réservoir est vide !

Dernier rond-point et c’est l’arrivée. Je donne tout, je ferme les yeux, je suis dans un état second. Derniers mètres, dernières souffrances !

Temps final
La ligne franchie, je titube, je suis blême. Je demande à Sébastien de rester près de moi car je sens que je vais tomber dans les pommes. Je récupère t-shirt et médailles et m’enfile deux bouteilles de Powerade assis sur mon bout de trottoir. Je me sens mieux !

Un coup d’œil sur le chrono : 03:06:42, ce n’est pas les 3h 05’ escomptées, mais cela représente quand même mon nouveau record. L’ancien datant de 6 mois à Amsterdam en 3h 10’.

Je décide d’être positif est m’autorise à être heureux !

L’après-course
Le meilleur moment d’une compétition, c’est lorsqu’elle s’arrête ! Et que tranquillement installé avec ses amis, l’on refait la course. Globalement, ils sont tous ravis et leurs sourires font plaisirs. Beaucoup jurent que c’est le dernier, car la distance est trop dure, le dernier jusqu’au prochain…

J’aime le marathon car cette distance est une vraie aventure humaine, rien n’est certain à l’avance, la défaillance peut survenir à n’importe quel moment…

Marathon de Washington : “Get ready to rock the capital”

Quand on court et qu’on part habiter a New York, on s’assure de se voir poser 1000 fois la question « tu vas courir le marathon ? ». Mais voila, le marathon de New York est en novembre alors que bien sur je suis outre atlantique de decembre a juin, et meme si –quand meme- je me suis inscrite au tirage au sort, les dossards sont rares… Bref, qu’a cela ne tienne, la cote est est riche en magnifique villes a courir, et il y a quelques mois déjà que j’avais porte mon choix sur Washington.

4h de bus m’amenent vendredi apres midi en plein cœur de « DC », et je prends le metro pour aller vers « DC armory », ou se fait le retrait des dossards. Le batiment appartient a l’armee donc on a le droit a la fouille complete a l’entree, mais a l’interieur, l’environnement habituel : les stands de sport, courses et autres organisations qu’on aime tant a visiter, avec les coureurs d’un peu partout. L’organisation est americaine, comprendre : ultra efficace. En 3mn j’ai retire mon dossard et change mon numero de sas (je me suis inscrite en objectif 4h15, apres un marathon de Paris en 4h20 en 2011, mais, confiante de mon entrainement, vais viser plus haut).

Dimanche matin, temps magnifique, temperature clemente… Je vais prendre un metro plein a craquer de coureurs. Le depart est commun au semi, qui compte l’ecrasante majorite des participants, et au marathon. Dans le sas, ceux qui s’elancent pour 42km – pardon 26.2 miles- se reconnaissent avec leurs dossards bleus et echangent des regards entendus.

Le depart, apres l’hymne americain habituel
Il est donne a 8h pile, je franchis la ligne quelques minutes a peine apres le coup de feu. La premiere moitie de la course (le trajet du semi donc) est en pleine ville, on tourne autour du Capitole en point de repere, on longe la maison blanche, on profite des encouragements de la ville sur la place animee de Dupont Circle, on comprend quand on en avale le dénivelé pourquoi on parle du « Capitol Hill » (colline du Capitole). Le temps superbe, la floraison des cerisiers, qui est arrivee tres tot cette annee et pour laquelle les touristes se pressent chaque annee dans les rues de la ville que nous courrons, rendent la course superbe. Je fais les deux premiers miles trop rapidement, mon chrono est formel (a moins que je ne pense finir en 3h30…), donc me freine un peu, et me retrouve bientôt a la hauteur des meneurs d’allures de 3h40. A ce moment la résonne dans mes oreilles la derniere conversation avec le coach du Nanterre Athletic Club (NAC) qui, malgre les kilometres, a suivi de pres ma preparation, et m’a repondu la veille alors que j’expliquais que mon objectif était de passer sous les 4h qu’il savait que j’etais capable de mieux, et qu’il me fallait viser entre 3h40 et 3h50. Objectif totalement irrealiste mais je me repeterai un bon millier de fois dans la suite de la course « s’il a dit que c’était bon, tu peux le faire », et decide de m’accrocher a ce petit groupe autour des 3-4 meneurs d’allure. Les miles filent, accompagnes d’un petit soupir decourage quand nous passons sous le panneau « half to the left, full to the right » et que tous les coureurs du semi marathon tournent a gauche vers leur ligne d’arrivee quand les rangs clairsemes des marathoniens continuent pour la deuxieme partie sur la droite.

On se tape dans la main au passage du semi avec la meneuse d’allure que je ne lache plus d’une semelle, elle me garantit que la 2eme partie, sur les bords du fleuve Potomac, n’a plus de denivele. Le paysage, moins citadin, est un peu moins joli, ou peut etre est-ce que je commence a vraiment souffrir, mais je m’accroche, les miles et les gels d’effort defilent, et je tiens toujours. Quand je dis, vers le 19eme mile, a un des meneurs que j’ai fait mon dernier marathon a 4h20, il m’assure « you’re gonna crash that » ! Un coureur devant moi a un T-shirt avec marque au dos « pain is the weakness going out of your body » (la douleur, c’est la faiblesse qui sort de votre corps). Je pense au T-shirt du NAC que je porte, au statut facebook triomphant que je vais poster sitot arrivee… On s’accroche aux motivations qu’on peut… d’autant plus que le soleil commence a trop taper et les jambes a trop tirer.

3 miles avant la fin, les meneurs d’allure me lachent
Je n’avance plus que dans la douleur, mais je sais déjà que je suis en train de faire une belle course et je m’interdis de ralentir. Un dernier pont et je vois le stade de l’arrivee, je m’offre meme le luxe d’un mini sprint et termine en 3h41 et 22secondes, une performance que je n’aurais jamais pense atteindre. Oui, vraiment j’adore Washington !

A peine la ligne passee, un bagel (obligatoire…) avale, la medaille autour du cou, j’envoie mon temps a ceux, ici et en europe, dont les pensees m’ont portee dans la course. Illico le coach Abdel, le gourou devrais-je dire, passe un petit coup de fil. Je ne sais pas s’il se rend compte a quel point je dois cette perf au NAC et a son coaching.

Plus tard, apres une apres midi passee, sans repit, en visites et balades dans la ville, et apres etre sortie jusqu’à 3h du matin (apres tout c’est la Saint Patrick), les jambes lourdes mais dopee par le plaisir pris a la course, je me poserai la question qui me confirme que je suis atteinte de la grave pathologie psychologique du coureur accro aux endorphines… alors, a quand le prochain ?

Stéphanie Woringer